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Ou l'histoire d'un grand Secret...

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Cartes postales Saunière - Rennes-le-Château Archive

Les 33 cartes postales
de Bérenger Saunière et leur analyse

RennesLeChâteau ou l'histoire d'un grand secret

 

 

 

   À partir de 1890, Bérenger Saunière se mit à collectionner des cartes postales qu'il aimait trier et ranger, et cette activité le poursuivit jusqu'à la fin de sa vie. Réfugié dans sa bibliothèque au rez‑de‑chaussée de la Tour Magdala, il agissait en parfait collectionneur, classant et archivant les nombreuses images. Pour enrichir sa collection, il n'hésitait pas à demander à ce qu'on lui envoie des cartes usagées ou neuves. Pour cela, il n'hésitait pas à publier des petites annonces diffusées dans des magazines comme « La semaine de Suzette »

 

   Les grands travaux de Saunière et les nouveaux aménagements de son Domaine offrirent évidemment de nombreux sujets inédits et propices à la carte postale. Cette passion de l'image et de la photo aurait donc tout naturellement conduit le prêtre à posséder sa propre collection, un ensemble de 33 photographies qu'il aurait produit lui‑même et qu'il commercialisa sur place ou par correspondance. Il écrivit même dans une lettre à l'un de ses amis :

    "Les cartes postales sont des vues de Rennes‑le‑Château, il y en a 33 à 0,10 c l'une. Tous les baigneurs prennent la collection complète. Ces cartes ont un tel succès que je puis à peine leur en fournir. Ces cartes sont neuves et ma propriété."
                                                                      Bérenger Saunière

 

 

   La collection du prêtre aurait eu, semble‑t‑il, un franc succès auprès des curistes de Rennes‑les‑Bains. Les images offrent non seulement un souvenir de RennesleChâteau et de la région, mais elles ont aussi une portée religieuse et répondent sans aucun doute à une demande de l'époque.

   À cela, il faut ajouter l'existence d'une série supplémentaire de deux petits livrets de cartes détachables qui auraient été imprimés à la même époque en plus des 33 cartes, des cahiers très rares et pour le moment inédits.

 

   Longtemps mélangées avec d'autres photos de l'époque, les 33 photographies doivent être étudiées séparément. Elles permettent de lister les lieux d'intérêts qu'affectionnait Saunière dans son Domaine et aux alentours. Surtout, cette collection offre un témoignage qui n'a subi aucune manipulation postérieure à 1917. Elles représentent une source d'information authentique et non falsifiée pour les chercheurs et les passionnés. L'observation du Domaine fraîchement terminé ainsi que de l'église Marie-Madeleine et des jardins permet d'affirmer que les scènes furent certainement photographiées entre 1904 et 1907.

 

   Le thème général est bien sûr religieux. Rien d'étonnant pour une collection éditée et commercialisée par un prêtre désireux de promouvoir ses restaurations du culte. On y trouve l'église Marie‑Madeleine, son porche et le tympan, quelques statuaires comme Saint‑Antoine de Padoue ou Saint Jean le Baptiste, le diable accablé par le bénitier et ses 4 anges. Il y a aussi la fresque haut‑relief de la Montagne Fleurie ainsi que le confessionnal. À l'extérieur, dans le jardin de l'église, d'autres aménagements religieux font aussi partie de la sélection comme le calvaire, les grottes artificielles, ou ND de Lourdes sur son pilier inversé.

   Plus éloigné du culte, le Domaine est aussi largement représenté avec la Villa Béthanie et son potager, le belvédère, la Tour Magdala et son parc, la Tour de l'Orangeraie. Sur certaines photographies, Saunière pose seul ou avec Marie Dénarnaud, parfois avec un parapluie blanc. Nous verrons d'ailleurs que ce détail a son importance. 

 

   Le périmètre augmente encore avec le château d'Hautpoul et ses tours. Enfin, il reste une série d'images difficiles à intégrer dans la logique de la collection. Il y a deux vues des Rochers de la Rouïre plus connus sous le nom "Roco‑bert", les cascades du Saoutadou, et enfin deux vues d'un moulin et de ses annexes... Étrange assemblage, à vrai dire...

 

   Notons également que les cartes postales ne sont pas numérotées ce qui dénote à priori une volonté de ne pas proposer un tri ou un ordonnancement des prises de vue. Pourtant, nous allons voir qu'au fil de leur analyse certains détails ne sont par fortuit, voire particulièrement porteur d'information.

 

   Pour les chercheurs, l'intérêt principal de ces cartes est évident. Élaborées vers 1904, date de la fin de construction du Domaine, elles permettent d'avoir une vision précise sur les jardins et ses aménagements, l'église Marie‑Madeleine, ou le château d'Hautpoul. Elles sont aussi une aide essentielle à la reconstitution du plan du Domaine dans son exacte proportion, un travail publié sur le site RLC Archive et qui permit de mettre en valeur sa géométrie sacrée et de faire bien d'autres découvertes.

 

   Certaines photos sont célèbres et ont fait le tour des auteurs. D'autres restent parfaitement méconnues et n'ont eu visiblement aucun succès. Il faut dire que pour certaines d'entre elles, leur esthétique et leur intérêt paraissent discutables. Or, c'est là que le sujet devient intéressant...

 

    Mais avant d'aller plus loin, dressons l'inventaire de ces cartes ainsi que leur localisation. Car, si le sujet de la localisation peut paraître puéril, certaines cartes ont demandé beaucoup de travail de recherche afin de déterminer le lieu exact, notamment pour l'une d'elles intitulée "Les cascades du Saoudatou". Fort heureusement, une mémoire locale existe encore...

    Et ce n’est pas tout. La résolution de cette carte postale a pu enfin clore un long travail d’analyse qui comporte quelques surprises, notamment autour des photos sur Roco-Bert et d’une certaine aiguille rocheuse… Eh oui… Certaines cartes postales ne sont pas innocentes et véhiculent des messages subliminaux… Il fallait sans douter… Bérenger Saunière était-il au courant ? Peu probable…

 

Les 33 cartes postales
Le Domaine de Saunière

   12 cartes postales sont consacrées au Domaine fraîchement terminé et elles sont très riches d'enseignement pour ceux qui savent être curieux. Les photos certainement prises vers 1904 montrent des jardins tout juste plantés, et le contraste avec les alentours est saisissant. Il suffit d'observer l'aridité des paysages environnants pour comprendre qu'à cette époque, la région était très peu boisée. Il faut aussi admirer avec quel soin les bordures ont été dessinées. Les chemins du parc sont soigneusement installés et une fine végétation sert de tracé. Ce sont d'ailleurs ces cartes postales qui apportèrent une aide irremplaçable à la reconstitution du plan de référence du Domaine. Il faut dire que toute la propriété respecte une géométrie sacrée très précise et la volonté des architectes a été d'éviter toute ambiguïté dans son élaboration. Il est aussi amusant de remarquer que la Tour de l'Orangeraie était nommée "Vérandha" et que le belvédère s'appelait "terrasse"...

   Bérenger Saunière aime aussi apparaître sur certaines cartes, mais nous allons voir qu'il le fait à chaque fois sur des édifices clés ou des lieux particuliers, une manière sans aucun doute d'attirer notre attention... Une carte montrant la Villa Béthanie échappe pourtant à cette règle. Un prêtre pose devant la porte d'entrée de la Villa et attend qu'on lui ouvre. Véritable mise en scène, voici certainement le lazariste Jean Jourde, maître d'oeuvre du Domaine, tenant des papiers dans les mains, et laissant discrètement sa signature dans le jeu de cartes...


La Tour Magdala et le parc agrémenté d'une jeune plantation
Le sas d'entrée n'était pas encore installé


La Tour Magdala et le parc tiré au cordeau
Saunière pose fièrement appuyé à la Tour Magdala
Marie Dénarnaud, sa mère et Julie Fons sont dans le parc
Photo prise depuis la Villa Béthanie


Vue sur la Villa Béthanie, l'église Marie-Madeleine à gauche,
et le château d'Hautpoul au fond. A droite le potager et ses deux cercles
Photo prise depuis la Tour Magdala


Une autre vue du potager circulaire devenu aujourd'hui un jardin restaurant
On peut observer au fond à droite le Bugarach
Photo prise depuis la Tour Magdala


La Tour de l'Orangeraie est en cours de montage
et sa tourelle n'existe pas encore
Photo prise depuis la Tour Magdala


Le double escalier et son bassin central
La vue donne une idée des dénivelés considérables qui a fallu entreprendre


Le belvédère (terrasse), la Tour de verre (véranda) et la Tour Magdala
vus depuis l'extérieur du Domaine. A cette époque les ouvertures n'existaient
pas encore puisqu'elles sont apparues avec Noël Corbu
lors de l'aménagement de son restaurant "La Tour"

   La carte suivante pose question, car elle est plutôt inesthétique. On y voit un pignon de la Villa Béthanie et le clocher de l'église. Le titre de la carte est d'ailleurs étrange, évoquant une vue d'ensemble. Pourquoi ce choix ? Fallait-il suggérer un aperçu sur le petit cimetière source de préoccupation de Bérenger Saunière lors de la restauration de l'église ? Il est vrai que présenter directement sur une carte postale le cimetière aurait été de mauvais goût... 

Vue sur la Villa Béthanie, l'église Marie-Madeleine
et son petit cimetière derrière l'enceinte du Domaine

    Si les précédentes cartes postales paraissent anodines, les quatre suivantes le sont moins. Deux images sont consacrées au potager circulaire. On y voit Bérenger Saunière posté près du bassin central, la première avec son pied sur la bordure, la seconde avec un parapluie blanc, une manière d'attirer notre attention sur cette construction concentrique atypique. Et pour comprendre les enjeux, il faut se reporter aux dernières recherches concernant le plan du Domaine et son positionnement sur la carte d'État major 1866. En effet, une fois le Domaine calé sur la carte, le bassin circulaire se pose de manière très précise sur un lieu symbolique et sacré de Rennes-les-Bains largement commenté par Boudet : la Source du Cercle...

Vue sur le potager circulaire et le bassin central
Saunière s'affiche fièrement, un pied posé sur le cercle du bassin,
un bassin qui a toute son importance dans la cartographie du Domaine...
Il est accompagné de Marie Dénarnaud et sa mère et de Julie Fons
La photo a été prise depuis une fenêtre de la Villa Béthanie
    Notons que la construction d'un potager circulaire n'a absolument rien de rationnel ni de pratique en matière de culture. Au fil des ans, le maintien de sillons parfaitement concentriques lors des plantations et des coups de bêches demande un travail important et minutieux. D'ailleurs, il existe à côté de ce potager un autre espace maraîcher beaucoup plus classique. Il est évident que cette mise en forme circulaire avait un tout autre objectif que celui de rationaliser l'exploitation des plantations... La carte postale suivante poursuit cette même volonté de nous montrer l'importance du bassin "La Source du cercle"...

    Dans le processus de fixation du Domaine sur la carte d'État major Quillan 254 datée de 1864, le bassin circulaire se pose sur La Source du Cercle à Rennes-les-Bains. D'après Boudet, cette source représente le centre du cromlech autour de laquelle deux cercles de pierre parfaits sont disposés. Le potager trace effectivement deux cercles concentriques parfaits façon croix celtique (*)

 (*) Pour plus de détails, se reporter aux ouvrages "La Rennes d'Or ...là où dort la Reine" Tome 1 et 2. Voir également les conférences 2020 sur YouTube

Vue sur la Villa Béthanie, le potager circulaire et l'église Marie-Madeleine
Saunière est de nouveau présent au pied du bassin circulaire
et marque son importance avec un parapluie blanc

    Les deux cartes suivantes portent aussi chacune un message. Sur la première, la Villa Béthanie vient d'être achevée. Les volets sont clos et un prêtre en tenue lazariste fait mine de frapper à la porte d'entrée. Sa main gauche tient des documents. La scène a bien sûr été préparée pour la photo, et nous avons sans aucun doute ici celui qui oeuvra dans l'ombre pour que le Domaine sorte de terre : le R.P. Jean Jourde. En s'affichant sur une carte, Jean Jourde signe finalement et très discrètement la fin des travaux vers 1904, une façon de laisser à la postérité son empreinte discrète... Il faut avouer que ceci a bien fonctionné...

Une des cartes les plus intéressantes montrant un prêtre lazariste devant
la porte d'entrée de la Villa Béthanie

Il s'agit sans aucun doute du R.P. Jean Jourde
posant devant la porte et tenant dans
sa main gauche des documents

    La seconde carte est aussi très symbolique. La Tour Magdala vient également d'être terminée et un personnage, tel un capitaine sur son navire, scrute l'horizon. Il s'agit de Bérenger Saunière s'affichant en haut de sa tour et observant le plateau du Bal des couleurs. Voici le dernier seigneur de Rennes, tel un nautonier, fier de son domaine. La mise en scène est également très évocatrice...
   Il est aussi intéressant de noter les tonnes de remblais présentes au pied de la tour Magdala et qui montrent les travaux monumentaux qui ont été entrepris à l'époque pour effectuer le terrassement...

La Tour Magdala et Saunière.
Le remblai présent donne une idée du terrassement très important
qu'il a fallu effectuer

Bérenger Saunière est au sommet
de sa tour Magdala et scrute l'horizon
en direction du Sud
et le plateau des Bals de Couleurs

Le jardin de l'église

   Quatre cartes sont dédiées au jardin de l'église Marie-Madeleine, et deux sont plutôt redondantes. ND de Lourdes posée sur son pilier carolingien inversé est en effet présentée deux fois ; sur la première carte seule, et sur la seconde avec le prêtre. Notons aussi que ces photos n'ont pas été prises à la même période et qu'elles sont de qualité différente. Il fallait ici montrer le fameux pilier de l'ancien autel inversé et qui fut à l'origine des premières découvertes dans l'église.

ND de Lourdes
sur son pilier carolingien inversé

ND de Lourdes
et Bérenger Saunière

   Les deux cartes suivantes présentent des éléments fondamentaux du codage du Domaine. La première porte sur le calvaire situé au centre du triangle équilatéral du jardin de l'église. La grande croix est installée sur un socle formant une tour.

    Dans le processus de calage du Domaine sur la carte d'État major Quillan 254 datée de 1864, le calvaire où plus exactement la tour du calvaire doit être posée sur la tour d'Arques (*)

   La seconde carte concerne les grottes artificielles que Saunière fit construire dans le petit jardin. La première forme une arche et s'ouvre sur la seconde, la grotte ronde au banc. Une troisième grotte non visible sur la photo était sur la droite à la pointe sud du triangle. Elle a aujourd'hui disparu et il ne reste que quelques pierres.

    Le Domaine étant posé sur la carte d'État major 1864, la pointe sud du triangle équilatéral montre les grottes du Bézis "La Cauno" dont l'une possède un banc naturel... (*)

(*) Pour plus de détails, se reporter aux ouvrages "La Rennes d'Or ...là où dort la Reine" Tome 1 et 2. Voir également les conférences 2020 sur YouTube

Le calvaire et la croix installée
sur un socle en forme de tour 

La première grotte arche s'ouvre
sur la seconde grotte au banc

L'église Marie-Madeleine

   Cinq photos sont dédiées à l'église restaurée. La paroisse était la fierté de Bérenger Saunière et pourtant le prêtre n'y apparaît pas. Autre curiosité, un sujet important n'a pas été retenu : le bas relief Marie-Madeleine. Il fallut sans doute faire des choix. À la place, le baptême de Jésus et saint Antoine de Padoue fait partie du jeu de cartes postales. Il est vrai que Saint Antoine de Padoue est le patron des objets perdus...

Le baptême de Jésus
par Saint Jean le Baptiste

Saint Antoine de Padoue
sur son socle luxueux

    Les trois cartes suivantes sont importantes puisqu'elles concernent le bénitier avec Asmodée et les quatre anges, la fresque haut relief "La Montagne fleurie", et le tympan de l'église. Chacun de ces éléments porte des codages différents.

Le diable Asmodée, le bénitier,
les salamandres, les quatre anges...
un symbole alchimique

La fresque de la Montagne fleurie
Il faut noter que le carrelage en damier
n'était pas encore posé

Le tympan de l'église
Marie-Madeleine
    Le bénitier porte un message alchimique avec les cinq éléments : de bas en haut, la Terre (le diable, archange déchu), l'Eau (le bénitier), le Feu (les deux salamandres), l'Air (les quatre anges), l'Éther (la croix celtique).
   L’eau éteint le feu, le feu brûle la terre et transforme l’eau en air, or l’air n'agit pas avec la terre ou avec l’eau, mais ces principes conditionnent l'Éther...

   La fresque de la Montagne fleurie porte deux codages qui sont les peintures latérales gauche et droite.

Le tympan présente Maria de Magdala montrant le chemin en orientant une croix qu'elle tient à l'horizontale. Ce chemin se comprend en observant le Domaine fixé sur la carte d'État major puisqu'elle pointe les grottes du Bézis... (*)


(*) Pour plus de détails, se reporter aux ouvrages "La Rennes d'Or ...là où dort la Reine" Tome 1 et 2. Voir également les conférences 2020 sur YouTube

 

Le château d'Hautpoul

   Pas moins de six cartes postales montrent le château du village. Était-il nécessaire de présenter toutes les faces de ce château seigneurial ? Visiblement oui. Il fallait sans doute insister sur l'importance de cette édification fortifiée qui a appartenu à la baronnie des Hautpoul et qui est très liée à la mystérieuse stèle de la marquise de Blanchefort.
   Nous voici donc arrivés à cette fameuse
marquise, dame de Niort et Roquefeuil qui cristallisa pendant des dizaines d'années l'énigme de Rennes autour d'une mystérieuse pierre gravée, sa stèle mortuaire.

  
Marie de Négri d'Ables fut l'épouse de François d'Hautpoul
, dernier seigneur de Rennes‑le‑Château. Les recherches historiques ont montré aussi qu'il y eut un procès retentissant entre Blaise d'Hautpoul et Nicolas Pavillon, évêque comte d'Alet; le baron se plaignant que des gens du roi Louis XIV foulent ses terres...
   Ce procès long et complexe se terminera à Grenoble en avril
1666 à l'avantage de Nicolas Pavillon, mais après que le Roi cassa les jugements en faveur de l'évêque.

Vue ouest du château de Hautpoul
Photo prise depuis le clocher de l'église Marie-Madeleine

Le château vu côté nord

Le château et ses ruines

Le château côté sud

Le château côté sud à midi

Le château d'Hautpoul sur sa face nord-ouest

Rennes-le-Château

   Il n'existe qu'une seule carte postale montrant le village de Rennes-le-Château dans son ensemble, et le moins que l'on puisse dire c'est que le choix de la vue n'enchante pas. En effet, la face nord-est ne met en valeur ni le Domaine ni le château ni l'église. La Tour Magdala et la Tour de verre sont absentes et la photo ne montre aucun point d'intérêt particulier. Pourquoi ce choix ? Voulait-on montrer l'aspect rude et isolé du village ?

Vue nord-est de Rennes-le-Château

   Pourquoi diable Saunière a‑t‑il choisi de présenter certaines vues avec un si faible intérêt pour les paroissiens, les curistes et les visiteurs ? Les sujets ne manquent pourtant pas autour de Rennes-le-Château. Bérenger Saunière aurait pu choisir l'étonnant bas‑relief MarieMadeleine de son église, ou la superbe vue du plateau des Bals de Couleurs depuis le belvédère, ou bien encore les ruines de Coustaussa et le Cardou. Il aurait même pu réserver une carte montrant la Sals ou les thermes de Rennes‑les‑Bains. Et s'il fallait montrer une montagne caractéristique, pourquoi ne pas avoir choisi un cliché du Bugarach plutôt que la petite chaîne dentelée des Rochers de la Rouïre nettement moins connue ?

 

   L'ensemble de ces cartes postales semble à première vue normal, mais à y regarder de plus près, des curiosités apparaissent. L'incohérence de la sélection montre toute sa pertinence et les auteurs qui ont depuis longtemps présenté cette collection comme parfaitement anodine pourraient avoir des surprises. Or, nous allons voir que les cartes suivantes sont beaucoup moins banales...


Le moulin et ses dépendances

   Les deux cartes suivantes ont nécessité beaucoup de recherche pour retrouver le lieu exact du moulin. Sur la première, on peut découvrir un paysage plutôt aride et deux bâtisses reliées par un chemin. Sur le coteau gauche, des vignes sont probablement cultivées.  Le titre donne une indication : "Vue du moulin et de ses dépendances". Mais où est donc situé ce moulin ?

Vue du moulin dans son ensemble
    La seconde carte postale zoom sur la bâtisse principale, et cette indication suggère que le concept de moulin est important. Notons d'ailleurs que "Moulin" porte ici un M majuscule. Nous verrons d'ailleurs que ce procédé consistant à présenter deux cartes d'un même sujet est appliqué sur un autre lieu très symbolique.

La seconde carte est un zoom sur le "Moulin"

    La présence d'un moulin au creux d'une vallée implique le passage à proximité d'un ruisseau ou d'un cours d'eau. Or, il existe au sud de Rennes-le-Château, au bord du ruisseau "Les Bals de Couleurs", les ruines d'une ancienne construction accompagnées de plusieurs aménagements. Ce vestige est confirmé sur la carte IGN par la mention "Moulins Ruines".

Le moulin de la carte postale est situé au sud de Rennes-le-Château
et le long du ruisseau de Couleurs

    Alors que la carte postale présente un paysage aride parsemé de quelques résineux isolés, le site est aujourd'hui couvert d'une véritable forêt. Le ruisseau se cache au fond de la vallée. Il faut alors se rendre sur place pour espérer trouver les ruines du moulin.

Le site du moulin aujourd'hui méconnaissable au sud de Rennes-le-Château

Le ruisseau "Les Bals de Couleurs"

Les ruines ne sont plus très loin...

    Le site est entièrement abandonné et le ruisseau se transforme à certains endroits en marécage ou en eau stagnante. Les coteaux sont couverts d'une garrigues épaisse et il est difficile de croire qu'il existait ici des cultures.

Le ruisseau sous une végétation dense

Un coteau aujourd'hui abandonné

    Caché sous les arbres et les ronces, le moulin était bien là comme le témoignent quelques murs de pierre encore vaillants. On peut même y découvrir l'ancien tunnel voûté où était logée la roue, une citerne, et quelques aménagements, preuve que le temps et la végétation n'ont pas terminé leur digestion.

   Depuis des siècles, des dizaines de moulins à eau ont été édifiés dans les Pyrénées au fil des torrents et des rivières, utilisant la force motrice naturelle pour moudre le seigle, le maïs, le blé ou les noix. Malheureusement, ils furent progressivement abandonnés au cours du temps.

Les ruines du moulin

Des murs sont encore debout

La bâtisse principale

Les ruines du moulin

Il reste encore quelques infrastructures

Le tunnel voûté protégeant la roue

Les linteaux sont encore en place

Une citerne voûtée

Quelques traces d'aménagement

Restes de ferronnerie

Le moulin trouve un écho aux Pontils

   En suivant le raisonnement consistant à déterminer les indices qui se cachent derrière chaque carte postale, nous voyons ici que la notion de "moulin" est importante confirmée par la présence d'un zoom sur la seconde carte. Or, il existe un autre moulin qui occupe largement l'énigme de Rennes. Ce dernier est situé au lieu-dit "Les Pontils", là où se trouvait le fameux tombeau arcadien des Pontils inspiré des Bergers d'Arcadie de Poussin, là où à 250 m court le méridien de Paris, là où la vallée du Bézis ouvre ses portes vers la Voie sacrée...

   Et comme pour commémorer ce moulin des Pontils, une borne placée en face du promontoire du tombeau indique clairement : "Le Moulin"... Avec un M majuscule...

Le lieu où se trouvait le tombeau des Pontils est borné "Le Moulin"
   Ce moulin des Pontils existait-il du temps de Saunière ? La réponse est oui, et depuis fort longtemps. En effet, un ancien cadastre rapporte qu'un moulin à blé était situé sur la rivière "Le Rialsesse" et appartenait à Mgr le duc de Joyeuse. Nous sommes alors au XVIe siècle...

   Le duc de Joyeuse, en fait Anne de Joyeuse, est le plus représentatif des membres de la maison de Joyeuse, filleul du connétable Anne de Montmorency. Il était baron d'Arques, baron héréditaire de Languedoc, vicomte, et duc de Joyeuse, dit Joyeuse, né en 1560 sans doute au château des ducs de Joyeuse à Couiza.
   Autre question : le tombeau arcadien existait-il du temps de Saunière ? La réponse est non puisqu'il n'a été érigé qu'en 1931. Alors pourquoi les deux cartes postales feraient-elles référence aux Pontils à l'époque de Saunière ? Il faut savoir que le lieu comportait déjà sur son promontoire un tombeau accompagné d'une dalle précieuse. Ceci nous le tenons d'un ouvrage du XVIIIe siècle de l'abbé Delmas et qui cite ce tombeau avec sur sa face nord une pierre verticale portant la devise : "ET IN ARCADIA EGO".

   Le caractère sacré du promontoire était donc connu depuis fort longtemps... Cette dalle qui aurait été amenée en 1789 depuis Serres à Rennes-le-Château serait devenue la fameuse dalle de Blanchefort

   N'oublions pas non plus que tout près des Pontils se trouve la grotte de Téniers, une grotte dont le profil a été très exactement reproduit sur le tableau de Saint Antoine "Les 7 péchés capitaux" (*) vers 1670

(*) Pour plus de détails, se reporter aux ouvrages "La Rennes d'Or ...là où dort la Reine" Tome 1 et 2. Voir également les conférences 2020 sur YouTube

Les Rochers de la Rouïre dits "Roco-Bert"

   Voici la seconde paire de cartes postales dont l'une est un zoom, signe d'un autre message important. Comme pour le moulin, ce montage prouve qu'il s'agit d'un jeu de piste qu'il faut interpréter et suivre. Les deux cartes postales affichent une partie remarquable de la crête rocheuse appelée "Roco-Bert" ou Rochers de la Rouïre. Cette dentelure grise très particulière  est nettement visible au loin depuis Rennes-le-Château en observant le paysage plein sud.

La chaîne des Rochers de la Rouïre
comme si on la regardait de près depuis Rennes-le-Château
   Il est d'ailleurs étonnant d'observer comment la végétation s'est développée depuis plus d'un siècle. Aux pieds des Rochers de la Rouïre, une très importante forêt recouvre aujourd'hui tout le secteur du bois du Lauzet et la partie inférieure nord de la crête a littéralement disparu sous les arbres...

Les Rochers de la Rouïre aujourd'hui

   Où se trouvent exactement les Rochers de la Rouïre ? La fracture dentelée fait partie d'une longue crête rocheuse bordant l'immense forêt "Les bois du Lozet" et se termine à l'Est par la Pique de Lavaldieu, point remarquable puisque situé sur le cercle circonscrit du Triangle d'Or des Bergers d'Arcadie. Roco-Bert est aussi très proche de la fontaine des Quatre Ritous, une source qui alimente le ruisseau du Carla.

Localisation des Rochers de la Rouïre sur la carte IGN Quillan
au sud de Rennes-le-Château

   La seconde carte postale zoom sur un détail de la crête rocheuse Roco-Bert.
À ce stade, il convient donc de comprendre ce que l'on veut nous montrer...

Zoom sur la chaîne des Rochers de la Rouïre
    Déterminons le centre de la carte postale en traçant les diagonales et examinons le détail central...

Zoom sur la chaîne des Rochers de la Rouïre
Une aiguille rocheuse trône exactement au centre de la carte postale

    Le photographe a visé avec précision une roche très particulière... Une grande aiguille. S'il faut bien reconnaître que l'image noir et blanc met peu en valeur cette curiosité géologique, la roche observée sur place ne fait plus aucun doute. Il s'agit d'une très belle aiguille qui se détache du reste de la chaîne rocheuse.

Zoom sur la chaîne des Rochers de la Rouïre
Une très belle aiguille trône exactement au centre de la carte postale
   Nous avons donc ici une volonté manifeste de nous montrer un détail important, une aiguille ressemblant étonnamment à celle du Bézis. L'intention serait donc d'interpeller les curieux, les initiés et les érudits, eux seuls pouvant établir un lien avec "L'Aiguille creuse" de Maurice Leblanc et l'Aiguille du Bézis... (*)

(*) Pour plus de détails, se reporter aux ouvrages "La Rennes d'Or ...là où dort la Reine" Tome 1 et 2. Voir également les conférences 2020 sur YouTube

Zoom sur la chaîne des Rochers de la Rouïre
Une magnifique aiguille trône exactement au centre de la carte postale
Il s'agit de l'Aiguille Roco-Bert

Rochers et cascades du "Saoutadou"

   Voici enfin l'analyse de la dernière carte postale qui resta longtemps sans réponse à propos de sa localisation. Le lieu aurait-il disparu ? A-t-il été transformé ? Urbanisé ? Est-il éloigné de Rennes-le-Château ? Certains chercheurs iront même jusqu'à démontrer que le lieu de la cascade du Saoutadou est très près de Brénac à 10 km au sud-ouest du village de Saunière.
   S'il existe bien une belle cascade à Brénac, la chute d'eau et les roches ne rappellent en rien la scène photographique. Il est vrai que le terme "Saoutadou" a disparu des toponymies locales compliquant furieusement les recherches.

   La solution est en réalité beaucoup plus simple. Après des années de recherche et de nombreuses hypothèses, la confirmation du lieu vint finalement d'un enfant du pays...
Je veux remercier ici Rémi
qui aida très fortement à la localisation de cette carte postale...


Rochers et cascades du "Saoutadou"

   Le mot « Saoutadou » n'est pas propre à ces cascades puisque l'on retrouve cette appellation dans de nombreux lieux en France. Il désigne simplement un « saut » ou une chute d’un cours d’eau, naturelle ou artificielle. On trouve par exemple le ruisseau de Saoutadou traversant Marsa et Quirbajou dans l'Aude.

 

   Deux personnages sont mis en scène sur la carte : Bérenger Saunière se tenant assis sur un rocher avec son parapluie blanc, et le second debout sur la berge. Les cascades sont composées de deux chutes d'eau visibles au centre de la carte. En arrière-plan et surplombant les cascades, un chemin traverse le site. 


Saunière et un autre personnage posent sur la carte (cercles magenta)
Les cascades se composent de deux chutes d'eau (cercles bleus)

Où a été prise la photo ?

 

   Il fallut beaucoup de persévérance et de patience pour enfin pouvoir repérer le lieu et comparer le paysage réel avec la scène photographiée. Après plus d'un siècle d'écart, les chances de retrouver un tel site étaient minces et les seuls éléments pouvant valider la recherche sont les gros rochers, en supposant que ceux-ci n'aient pas été déplacés, enterrés ou cachés sous la végétation.

 

   C'est finalement au sud de Rennes-le-Château que l'endroit exact a été retrouvé. La photo a été prise au bord du ruisseau "Les Bals de Couleurs" dans un secteur aujourd'hui interdit et réservé au captage et au pompage des eaux pour la commune.


La photo a été prise dans un secteur devenu aujourd'hui une station de captage
pour la commune de Rennes-le-Château, non loin des ruines du moulin
La flèche indique la direction de la prise de vue

   Le lieu extrêmement bucolique est aujourd'hui envahi par une végétation dense qui empêche d'observer les roches et les berges. L'eau est toutefois moins présente qu'il y a un siècle, mais elle continue d'alimenter les cascades et les larges étangs.


Les cascades du "Saoutadou" se cachent dans le ruisseau "Les Bals de Couleurs"

   C'est en remontant le ruisseau "Les Bals de Couleurs" en amont que le site des cascades du "Saoutadou" se révèle. La petite rivière prend un léger virage dans une gorge et descend plusieurs niveaux produisant deux cascades.


Le site des cascades du "Saoutadou" aujourd'hui, envahi par la végétation
Saunière se tenait assis à gauche sur les roches

   Du fait de la végétation et du manque d'eau aujourd'hui, le site est moins reconnaissable, mais les roches importantes sont toujours présentes et les chutes d'eau coulent toujours. En arrière-plan, derrière les arbres, l'ancien chemin existe encore. En comparant les photos, on s'aperçoit vite que le ruisseau était plus large créant une vaste retenue d'eau après les cascades.


Les cascades du "Saoutadou"
aujourd'hui

Le même site du temps de Saunière
Le niveau d'eau était plus élevé

Le ruisseau "Les Bals de Couleurs"
Le site des cascades en aval

  La localisation de cette dernière carte postale confirme les dires de Bérenger Saunière à savoir que...

    "Les cartes postales sont des vues de Rennes‑le‑Château, il y en a 33 à 0,10 c l'une. Tous les baigneurs prennent la collection complète. Ces cartes ont un tel succès que je puis à peine leur en fournir. Ces cartes sont neuves et ma propriété."
                                                                      Bérenger Saunière

Une curiosité étonnante...

 

   S'agit-il d'un montage volontaire pour attirer l'attention ou d'une simple coïncidence ? Le fait est qu'il existe un tracé topographique remarquable autour des cartes postales Roco-Bert et Saoutadou. La démonstration est facile à mettre en oeuvre sous Google Earth. Il suffit de tracer un axe entre la Tour Magdala et l'Aiguille de Roco-Bert pour constater que cet axe traverse très exactement les cascades du "Saoutadou"...


L'axe Tour Magdala - Aiguille Roco-Bert traverse exactement
les cascades du "Saoutadou" (image Google Earth)

L'axe traverse exactement
les cascades du Saoutadou

L'axe est exactement posé sur
l'Aiguille Roco-Bert

 

Allons plus loin...

   La rareté de ces cartes postales est aussi un élément à prendre en compte. Comme l'affirme Saunière, le jeu se vendait bien. Il est donc naturel de supposer qu'avec le temps certaines photographies auraient dû se retrouver sur le marché de la carte d'occasion, affranchies d'un timbre de l'époque, ou parmi les collectionneurs d'images anciennes. Or, rien. Tout se passe comme si les acquéreurs avaient précieusement conservé ces cartes pour leurs archives personnelles. La question rejoint donc celle de Boudet à propos de la diffusion de son livre codé "La Vraie Langue Celtique". Les ventes auraient‑elles ciblées des personnalités influentes, des érudits ou des notables ?

 

   Autre interrogation : ces cartes postales ont elles vraiment été produites par Bérenger Saunière ? La question mérite d'être posée. Dans un contexte où tous les codages du Domaine furent mis en place par une autorité lazariste ayant guidé le prêtre, l'hypothèse d'une production différente de Saunière est loin d'être absurde.

 

   L'une des pistes consiste à rechercher l'auteur et le dépositaire des droits d'images de ces cartes. Il s'agit de Michel Jordy, un photographe archéologue et amateur d'art. Connu dans le milieu de la carte postale, on trouve son nom sur certaines anciennes photos comme ici, sur une vue de Carcassonne.

Ancienne carte postale du même éditeur M. Jordy

 

MICHEL JORDY (1863‑1945)

ARCHÉOLOGUE ET PHOTOGRAPHE

 

   Amateur d'art, historien et archéologue, fondateur en 1911 de l'Hôtel de la cité, Michel Jordy se livra pendant plus d'un demisiècle à des recherches dans le monument dont il entendait prouver l'origine romaine. Il est l'auteur d'une "Histoire de la cité de Carcassonne" restée inédite. Il s'en fit aussi le photographe, lui consacrant sa vie et œuvrant pour son rayonnement. Ses clichés surprennent par leur abondance et par la répétition des angles de vue. Pour Michel Jordy, il s'agit de capter "la parole des pierres", de rendre compte des variations qui, dans les jeux de lumière et les changements de saisons, affectent de façon plus ou moins perceptible le monument...

Passionné par Carcassonne, il aimait aussi photographier des sites archéologiques de l'Aude comme ici, le château de Thermes...

 

Le château de Termes, situé en territoire Narbonnais, à cinq lieues de Carcassonne, était d'une force étonnante et incroyable.
Il semblait humainement tout à fait imprenable.


Pierre des Vaux de Cernay, vers 121

 

Le château de Termes (Aude) ‑ Édition M. Jordy

 

   Saunière a‑t‑il demandé les services de Michel Jordy pour éditer ses 33 cartes postales ? Qui décida des sujets à photographier ? Un rapide calcul permet d'observer que Michel Jordy avait environ 41 ans lorsqu'il édita les photographies de Saunière entre 1904 et 1906. Était‑il aussi le photographe ?

 

   Un dernier point reste à évoquer et pas des moindres. Michel Jordy était également franc‑maçon à l'Orient de Carcassonne "Les Vrais Amis réunis", la même loge qu'un personnage très célèbre : Déodat Rochet (1877‑1978), maire d'Arques, magistrat, philosophe, anthroposophe, et historien du catharisme.

 

   Car il faut savoir que l'énigme draine autour d'elle quelques personnages connus pour leur affiliation à la franc‑maçonnerie comme Ernest Cros, Dujardin‑Beaumetz, Jules Doinel, Chefdebien, et plus récemment François Mitterrand...

 

   Est‑il besoin d'ajouter que le nombre 33 est un symbole essentiel pour les francs‑maçons correspondant aux 33 degrés que l'on doit gravir pour atteindre la perfection suprême ?... Troublante coïncidence... De là à imaginer que ces 33 cartes postales sont porteuses d'un message, il n'y a qu'un pas...