197
46
11728
Ou l'histoire d'un grand Secret...

News
Livres
Chroniques
Liens
Forum
Ouvrir
Fermer
Focus
Copyright © ‑ Tous droits réservés ‑ Jean‑Pierre Garcia ‑ http://www.rennes‑le‑chateau‑archive.com
Léo Bourbon - Rennes-le-Château Archive

Les Mémoires d'un ancien chercheur...  Léo Bourbon

Rennes‑Le‑Château ou l'histoire d'un grand secret

 

    Dans l'affaire des deux Rennes, les témoignages  d’anciens chercheurs sont d’une importance capitale. Ils nous relatent non seulement le visage du Haut Razès il y a 50 ans, mais aussi tous ces petits épisodes, importants ou non et toutes ces pistes, souvent oubliées, qui ont construit au fur et à mesure la mythologie de cette énigme.

 

   Régulièrement, la nouvelle génération de chercheurs et auteurs croient défricher des idées inédites mais souvent, c'est en relisant les premiers ouvrages qu'on s'aperçoit que les bases étaient déjà posées depuis longtemps.

 

   Le temps efface les souvenirs comme certains acquis. D'ailleurs Boudet nous le souffle sur sa tombe :


Les premières recherches à RLC
Yvette Charroux, Denise Carvenne et Corbu‑Charroux (de son vrai nom Robert Grugeau) en prise avec le détecteur Lenoir

1.11   On ne se souvient pas de ce qui est ancien; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.

 

(Message laissé par Boudet sur sa pierre tombale)

 

   C'est donc avec un grand plaisir que je publie ici le récit inédit d’un ancien chercheur qui a accepté de nous livrer non seulement son parcours étonnant, mais aussi quelques pistes non seulement dignes d’un grand intérêt mais également teintée de géométrie et de numérologie. Elles rejoignent d'ailleurs un thème développé sur le site à propos de la géométrie du Domaine. Il se présentera au début sous le nom de LEO BOURBON afin de ménager le suspens. Aujourd’hui âgé de 66 ans, certains le reconnaîtront sans doute.
 

    Son récit est rempli de nostalgie et il vous transportera quelques dizaines d’années en arrière, un temps où il fallait réfléchir avant de prendre une photo, un temps où publier était réservé à une élite, un temps ou tout était à découvrir…

 

 

Ce récit est inédit et a été confié à RLC Archive ‑ Les illustrations sont du WM

Toute copie totale ou partielle est interdite sans autorisation de son auteur
Copyright © RLC Archive

« Pour re‑mythifier un tableau, faut‑il commencer par le démystifier ? »  

                                                              (D’un humoriste inconnu)    

 

 

 Chapitre I ‑ Notre maître d’école était‑il un initié ?

 

   Ce fut en mon école de village, en Limousin, que mon premier contact avec le si célèbre tableau titré Les Bergers d’Arcadie (la seconde version de Nicolas Poussin), se produisit ce premier octobre de rentrée 1951, alors que je feuilletais négligemment un volume très usé mais qui serait pour l’année scolaire mon unique livre de lecture, quant à la page 47*, je fixais mon attention sur une gravure en noir et blanc, en laquelle on discernait quatre personnages costumés semblant mimer une mystérieuse scène à l’antique, devant un sinistre mur en pierres de taille.

 

   Sous cette gravure, on lisait « Et in Arcadia ego » et en dessous, « Les Bergers d’Arcadie de Nicolas PoussinPeintre français classique, etc...»

 

   Bizarre, pensais‑je, cette image depuis un long moment mobilise toute mon attention mais, peine perdue, je n’y comprends toujours rien. Qui sont ces drôles de gens habillés comme ça ? Des Grecs, comme sur les livres d’histoire ? Que font‑ils, que se disent‑ils ? Pourquoi ce mur qu’ils semblent nous montrer avec insistance ? En plus, ils n’ont pas l’air de s’amuser ! C’est triste comme tout. Oh, et puis celui‑là, qui regarde vers nous, il me rappelle quelque chose…

 

Je regarderai mieux demain, on verra. Et je replaçais le livre.


Les Bergers d'Arcadie ‑ Gravure du 19e siècle
© Collection Franck Daffos

   Le lendemain matin, n’en pouvant plus de curiosité, je profitais que l’instituteur calligraphiait posément la phrase de morale du jour au tableau noir, pour re‑ouvrir en douce mon livre de lecture à la bonne page et je commençais à rêvasser. C’était encore ce personnage du milieu qui m’intriguait le plus.

 

Eh bien, voilà, soudain je comprenais tout !

 

   Un des personnages formant le groupe que j’imaginais être un quarteron de figurants de cinématographie surpris en pleine action, celui qui est « l’homme du milieu », peut‑être le chef, pose comme chez un de ces photographes forains hantant encore aujourd’hui mes souvenirs de kermesses patronales de ma toute petite enfance… Souvenez‑vous, le trou rond dans lequel il convient de poser sa bobine (ou sa pomme… bleue ?) à l’arrière d’une vaste toile peinte représentant une quelconque scène de genre… adopter la mimique de son choix et puis il nous fallait attendre sans sourciller ni éternuer, en lorgnant l’objectif, que le petit oiseau se résigne à sortir de sa chambre noire, ce qui mettait du temps et surtout ne jamais bouger la tête, si non le portrait était raté ! Enfin vous versiez une certaine somme au photographe ambulant, receviez un reçu daté, tamponné, signé et contresigné, patientiez une bonne semaine pour recevoir le cliché par la Poste, ou bien il fallait passer le réclamer au studio itinérant du photographe (hasardeuse entreprise !)

 

   Mais encore, décidément, qui était‑il encore, ce berger central qui me rappelait cet épisode de frairie patronale ? Celui qui est sur le tableau original habillé de rouge, avec la jambe gauche juchée sur une grosse pierre, qui nous montre l’ovale d’un visage gracieux, un rien interrogatif et semble songer ou marmonner quelque chose comme cela : Hein ? Qu’en pensez‑vous, ne suis‑je pas le plus beau, sinon peut‑être le plus malin ? Tout en lançant un coup d’œil en biais vers les mirettes de la douce et monumentale belle plante de femme, laquelle tendrement saisit de la main droite, le tissu du vêtement lui passant sur l’épaule, pour le rassurer ?

 

   Ce drôle de berger semble désigner du doigt et nous vanter un tristounet pan de maçonnerie où il ne se passe désespérément rien, que la présence d’une énorme pierre de taille scellée dans un mur de tombe massive qui nous gâche le paysage, un lourd monument parallélépipédique ! Bof… Rien de bien fameux… pensais‑je tout d’abord… pas de quoi en faire un fromage… Et Dieu ce qu’ils ont l’air bizarre, ces quatre plaisantins costumés… hum, ils se sont déguisés en quoi au fait, pour se faire photographier ? Sous l’image, me raconterait‑on des balivernes ?

 

   Ils ne sont sûrement pas travestis en bergers, ou alors en quelle sorte de berger de fiction, puisque je savais, moi, à quoi ressemblait un berger. Il en existait encore de bien vaillant en mon entourage. Fallait pas m’en raconter.

 

   Pour commencer, ce n’est jamais aussi propre que cela, un berger et ça ne vêt pas non plus de vêtements larges et sans ceinture ni poche. Avec de tels frusques bouffantes et si extravagantes, il leur serait impossible de déambuler sans dommages dans les buissons d’un maquis, ou de tracer les massifs de ronces et d’ajoncs en quête des brebis prises entre des griffes épineuses, ou de les sauver du collet noué d’une liane piégeuse.

 

   En plus, pour se parer du soleil ou de la pluie, ça porte toujours un grand chapeau, un vrai berger, très important, le chapeau du berger. Il doit être pointu et large, comme une vraie mini toiture portative !

   Ils ne marchent jamais pieds nus ni en sandalettes de plage, à cause des épines, des souches des taillis coupées raz et invisibles dans l’herbe, des pelons de châtaignes, des bruyères rêches qui vous égratignent les chevilles, des caillasses coupantes, des éclats de verre produits par les bouteilles de bière éclatées, jetées négligemment par les chasseurs et les bûcherons et puis il y a les serpents mortels et des crapauds urticants.

 

   Sans parler des traquenards à renards dissimulés, pièges d’acier redoutables et à dents rouillées qui vous mordent  la cheville jusqu’à l’os et risquent de vous porter en sus, les tortures tétaniques dont on trépasse atrocement… Je ne vous parle pas du reste… métier viril et rustique, labeur des quatre saisons, dès février où il leur faut surveiller et gérer les naissances.


Le berger et la mer (Jean de la Fontaine)

       Ce sont les mises bas des mères brebis, souvent dans la neige ou sous la pluie, si ce n’est pas la rigueur d’une sévère gelée. Au contraire, en juillet, sous la canicule, il convient de faire siester le troupeau à l’ombre des châtaigniers, car elles ne peuvent quitter leur pull à col roulé de grosse laine, les pauvres bêtes ! Enfin ils ont un chien ! Pas qu’un brave chien jaune tout juste bon pour la caresse du matin, la gamelle du midi, ou à japper comme un asthmatique entre deux sommes, contre les bohémiens passant prudemment leur chemin ! Il leur faut un chien racé, très spécialisé. Un chien de berger, quoi et sans chien parfaitement dressé, un berger serait comme un paysan sans bœufs herculéens dressés à extraire la charrette embourbée hors des sentiers noueux. En tous cas c’est comme ça sur notre vieux plateau humide, frais, verdoyant, pittoresque, éternel, hanté de vide et d’absence, parfois torride.

 

   De surcroît, l’ensemble du chef d’œuvre me parut statique, sévère, emprunté et véhiculant des symbolismes bien trop abscons pour le petiot que j’étais encore, lors de cette bizarre et somme toute, inquiétante rencontre…

 

   En vérité, mes petits camarades et moi, nous ne comprenions rien et en revanche nous ressentions presque de l’aversion à l’encontre de ces personnages invraisemblables, fixés comme des statues en un temps improbable, inimaginable pour nous autres !

 

   Pourtant, paradoxalement, je demeurais fasciné par ce qui me semblait être tout de même une œuvre d’art. Puisque c’était marqué dessous, j’étais donc prié de le croire !


Les Bergers d'Arcadie ‑ Version II ‑ Nicolas Poussin
(officiellement élaboré entre 1638 et 1640) Plus vraisemblablement vers 1650

      Déjà j’imaginais des couleurs et je pensais que la peau dénudée de ces bergers et bergère d’opérette devait être cuivrée comme celle des belles vacancières huilées à l’anti coup de soleil… et à peine revêtues de nouveaux maillots collants très ajustés, fleuris, deux pièces, très tendance des années cinquante, naïades sexy que j’avais zieutées l’été dernier, s’ébattant dans l’étang de la commune entre nénuphars fleuris et joncs verdoyants. On a beau être gosse, on n’est pas de liège… comme disait le prince de bois, titillant comme un bouchon de pêche aux gardons parmi les joncs. (Bluette qui m’avait été transmise par mes aînés… on sortait d’une longue période surréaliste et André Breton flânait toujours au bord du Lot dont il collectionnait patiemment les galets)

 

J’espérais que mon maître d’école allait tout expliquer et sans doute nous lever le voile ?

 

Finalement je ne garde pas de cet évènement trop espéré le souvenir d’une bienheureuse illumination. Pis ! Le mystère pour moi alla en s’épaississant.

 

   Le maître d’école, le jour convenu de lecture de la page convoitée, en laquelle il était question d’une visite au Musée du Louvre, nous proposa le thème sinistre et compassé de la mort inéluctable et rédhibitoire et cela même en un soit‑disant lieu idéal, mythique, presque un paradis terrestre, imaginé par un poète latin, un certain Virgile, prônant un retour benoît à la terre, en un lieu qu’il aurait appelé « Arcadie » comme l’antique province d’Arcadie, celle du Péloponnèse Grec.

 

Et pour appuyer son propos, il nous sortit la carte géographique de l’Europe.

« Voyez, c’est là, au bout de ma baguette ! »

 

   Mais il nous montra l’Italie, Mantoue en Lombardie, en nous expliquant que c’était ici ou Virgile probablement naquit, puis Naples sous le Vésuve, ou il passa le plus clair de sa vie, rêvant d’une Arcadie nouvelle imaginée en sa province natale, la Lombardie, parce que la vieille Arcadie géographique était là, en Grèce, et il pointa le centre de la péninsule du Péloponnèse. Voilà !

   « Et pour votre gouverne, mais vous n’êtes pas obligé de le retenir,  j’ajouterais que le nom d’Arcadie vient du grec ancien arktos ou arcos (racine arkth), signifiant l’ours. » 

 

   Et il nous écrit ces noms barbares au tableau ! Nous étions sidérés.

Heureusement que nous étions dispensés de retenir !

 

« Plus exactement c’est le Roi ARCAS (de Arcos) qui donna son nom au royaume d’ARCADIE, précisa‑t‑il. Le pays s’appelait avant lui, LYCANOMIE, puis PELAGIE… »


Portrait de Virgile

« Comme ma cousine Pélagie ! Lança le petit rigolo de la classe » …

 

Ben voila que le cours prenait l’air sérieux et austère d’une leçon de grec pour les grands ! Rasoir ! Fallait se détendre !

 

« M’sieur, m’sieur ! La scène du tableau, elle se passe en Italie ou en Grèce ?

 

         Cela pourrait être en Italie, me répondit‑il, puisque Poussin, quoique Français, né en Normandie et sujet du roi de France Louis XIV, vécut et peignit plus souvent en Italie qu’en France. Mais cela pourrait, bien entendu, se passer en Grèce, car les paysages se ressemblent. En fait, dites‑vous bien que cette sorte de paysage méditerranéen avec ses montagnes arides, vous pourriez l’observer aussi en quelques endroits du midi de la France.

 

          Ou en Espagne, m’sieur, ajoutai‑je tout content ?

 

         Certainement. Même en Afrique du Nord, en Turquie ou sur la côte Dalmate, pourquoi pas, conclut‑il. 

 

          M’sieur ? Y’a toujours des ours, en Arcadie ?

 

          Non. Depuis que j’en suis parti, il n’y en a plus, se permit de plaisanter notre maître d’école »

 

   Inutile de décrire le bon rire de la classe des chenapans. Faut bien avouer que notre maître ne ratait que rarement une occasion de nous faire rire… Quoiqu’il se montrât souvent coléreux et redoutable pour ses paires de gifles ou ses rapides coups de règles qu’on ne voyait pas venir. Il alternait  le chaud et le froid, le doux et le violent. C’est ainsi qu’il se faisait aimer autant que craindre. Nous connaissions les limites et tout baignait dans l’huile.

 

Et le bon instituteur (histoire de casser l’ambiance) de nous raconter que l’on mourrait malgré tout en Arcadie, pays de tous les délices et félicités.

 

Ah oui ?  Même entourés des délices arcadiens, l’on meurt ?

 

Voilà que nos Bergers soudain se retrouvaient face à leurs angoisses métaphysiques et existentielles ! Bigre … ? De plus en plus obscure pour nous pauvres gosses…

 

Je suis convaincu aujourd’hui que notre bon maître, comme eut pu le faire n’importe quel amateur de peinture classique française du XVIIe siècle, commis une certaine confusion.

   Il aggloméra complaisamment au tableau poussinien aperçu en sa médiocre reproduction de notre livre de lecture, l’esprit de la toute première mouture du peintre, portant à l’identique le titre des Bergers d’Arcadie, que le grand artiste peignit vingt ans au moins plus tôt en 1628.

 

   Sur cette première version, on observe derrière un vieillard largement couronné de laurier apollinien, assis au sol, qui n’est d’autre que le dieu Alphée versant son perpétuel flux aqueux destiné aux cours souterrains, depuis une jarre en terre cuite vernie, trois jeunes gens, dont à légère distance de la tombe, une fraîche et désirable jeune femme remontant sa toge sur une cuisse avenante, comme s’il fallait sans préalable proposer aux garçons de pallier séance tenante au déficit éventuel de présence humaine vivante, précédant deux grands et beaux gosses.


Les bergers d'Arcadie I ‑ Toile réalisée par Nicolas Poussin entre 1629 et 1630

   C’est un trio d’Arcadici* dans la fleur de l’âge, incrédule mais bouleversé par la découverte d’un tombeau baroque, déjà gravé, comme l’énorme tombe du second Poussin que nous connaissions déjà, d’une obscure inscription latine privée de verbe, mais qui signifierait idem que l’on meurt aussi en Arcadie ! Et in Arcadia ego ! Et sur le tombeau est posé un crâne humain, une tête de mort !

 

Le maître avait porté pour argumenter son cours, une photo en noir et blanc de ce premier tableau, provenant de  sa collection personnelle et la fit circuler dans la classe. « Voici la première version sur le thème de l’Arcadie, peint par Nicolas Poussin … Vous avez la seconde version reproduite sur votre livre, page 47. Comparez les deux versions et faites passer l’image. Des questions ? »

 

Sans blague, pensions‑nous, ces jeunes hommes là, s’imaginaient‑ils sérieusement être immortels ? Mais nous n’osions formuler notre interrogation.

 

   La grande nouvelle, la belle histoire, pensais‑je. N’est‑ce pas là un grand benêt, cet Arcadicus barbu qui semblerait être le chef (car portant la longue crosse de berger servant à crocheter une patte des animaux rétifs afin de les maîtriser au sol, ou à tirer les brebis enlisées de la fange du ruisseau et qui ressemblait diablement à la crosse de Monseigneur l’évêque le jour de notre Confirmation !), lequel Arcadicus ne sait pas encore à son âge que l’on meurt partout, sauf en paradis, le seul, le vrai, celui qu’on m’avait enseigné en famille être au ciel et dont un peu plus tard on m’avait réaffirmé l’existence au petit catéchisme et enfin qu’avait proclamé définitivement et solennellement Monseigneur dans son tonitruant prêche de Confirmation en lequel il invectivait Satan.

 

Voilà ce que je j’en disais.

 

   Mais les personnages de la seconde version de Poussin, celle du Louvre, que nous avions découverte précédemment, étaient‑ils toujours ces Arcadici naïfs présentés sur la première toile ? Pas sûr…

 

  D’abord, les voici maintenant quatre, nos soi‑disant bergers, et le dieu couronné s’est envolé, tout comme l’eau qu’il versait. Evaporée ? Il n’y a qu’à voir la rigole de la source asséchée, laquelle  sourdait de sous la tombe, à droite, ou bien venait‑elle de nulle part ? D’un autre monde ? Serait‑ce de celui des morts ?

 

Ou encore, le flux lancé par le Dieu depuis le premier tableau, ne se serait pas écoulé suffisamment pour alimenter la source ?

 

   Et le dieu Alphée a donc cédé la place à un nouvel arrivant, un grand jeune homme aux cheveux châtains frisottés sur les tempes, portant une couronne de laurier, comme portait le dieu Alphée disparu, mais en plus discrète.

   C’est un nouveau pasteur, un gardien de brebis, le personnage debout à gauche, tenant comme son compère le barbu, une houlette terminée en une palette recourbée, servant à projeter des boules d’excréments secs d’animaux ou de terre sur les troupeaux afin de les faire fuir en une direction choisie… ce qui me prouvait que ces amateurs‑là ne possédaient pas de chien capable de s’en charger !

 

   Autre différence : le crâne a disparu ! Donc, ce n’est plus ce que l’on nomme traditionnellement une vanité, un tableau de genre sur lequel cet inéluctable symbole de la mort nous nargue en nous rappelant à des sentiments plus humbles !

Beaucoup de différences !

 

   Quant à notre instit. (La dénomination de prof. leur étant interdite à l’époque), qui semblait connaître les deux  tableaux par cœur, je lui sais gré aujourd’hui de nous avoir inscrit au tableau noir, en lettres capitales, à la craie rouge et en respectant l’ordre de la composition originelle de la grosse tombe, la célébrissime devise (mais encore au jour d’aujourd’hui, imparfaitement traduite), peinte sur les deux toiles des Bergers de Poussin :  

 

ET IN ARCADIA
EGO

 

 

Remarque : Sur la première version, le berger barbu pose l’index sur la lettre D de ARCADIA, et sur la seconde, son compère le berger barbu pose l’index sur le R de ARCADIA. (C’est bien connu.)

 

Pour les amateurs d’insolite, une question de test jeu :

S’il y avait eu une troisième version des Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin, sur quelle lettre croyez‑vous que le nouveau berger eut posé son index ?

 

Cela a‑t‑il un sens ? Question saugrenue !

 

Oui ! Certes, mais ce n’est pas pour autant une plaisanterie d’écolier.

 

Réponse : Le nouveau berger aurait posé l’index sur la troisième consonne, le C.

 

Parce qu’il s’agit de la dernière consonne disponible du texte ?  Ouais, mais ce n’est pas une raison suffisante vous en doutez ! Nous serions ridicules de nous en tenir là.

 

Que constatons‑nous en analysant ce mot ARCADIA ? Il est fait de trois consonnes et de quatre voyelles. La belle affaire ?

 

Mais qu’ont de si particulier ces lettres somme toute banales ? Vraiment rien ?

 

    Ah mais si ! Présentez ce texte devant un miroir. Vous vous rendez compte aussitôt que quatre de ces lettres ne bougent pas, sont toujours lisibles et conservent leurs dessins originels immuables. Ce sont les quatre voyelles, A  A  I  A, mais quatre voyelles aux dessins symétriques, lisibles dans les deux sens. OK ?

 

   Trois autres lettres, par contre, s’inversent radicalement au miroir et ne veulent plus rien dire de fixe ni de reconnu dans le sens convenu de lecture… Avec elles nous entrons discrètement dans l’inconnu et la création pure… dans le domaine du fini et de l’infini, du contenu et du discontinu, de la création ou de la répétition, donc dans la vie et la pensée évolutive, dans l’éternel inachevé, au contraire des voyelles invariables. Ce sont les trois consonnes R  C  D.

 

   Ces consonnes là, sont dites de forme chirale. Regardez vos mains face au miroir, la droite devient la gauche et vice versa. La chiralité dans la nature est remarquable. On présume  aujourd’hui que les molécules qui ont dû créer la vie sur terre (avec l’aide du Verbe ?) étaient de forme chirale. C’est un grand principe que les alchimistes, bien que ne connaissant pas les structures atomiques des corps simples et moléculaires, avaient pressenti !  Saluons leurs intuitions de génie.

 

   Il existe plus de lettres chirales que de symétriques dans l’alphabet, et les lettres chirales sont plus usuellement employées que les symétriques. C’est pour cela qu’il est fort rare de rencontrer des gisements de lettres chirales et de lettres symétriques rigoureusement identiques, dans une expression française ou latine.

 

Rendez vous compte, vous‑même :

 

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

 

11 lettres symétriques, dont les lettres Y X W H qui sont peu utilisées, contre 15 lettres chirales avec parmi elles les lettres les plus utilisées, tel E N C L R S etc. (amusante, la phonétique de ce dernier groupe de lettres lues en texto… En clairs !)

 

   Mais convenez que cela aurait pu tomber autrement, pourquoi pas l’inverse, ou bien alors les lettres auraient pu se retrouver mélangées dans les genres, n’importe quel mélange est possible… ce qui n’aurait semblé vouloir ne plus rien dire du tout, en tous cas, rien d’évident.

 

Le mot ARCADIA est donc un mot assez intéressant, puisque les consonnes sont toutes chirales et les voyelles, toutes symétriques !

 

   Curieux, on dirait que Poussin nous souligne cette disposition très particulièrement… Début de piste ?

 

   Souvenez vous des N inversés systématiquement existant à RLC ou à Saint Sulpice de Paris, les mêmes N, ceux de la signature du peintre Emile SIGNOL, inversés en une croix de saint André écrasée dessinée de par les ailes du transept, centrées sur le chœur du maître autel de l’église, devant le tabernacle, le saint des Saints, entre les quatre fresques géantes représentant l’Arrestation de Jésus, la Mort de Jésus, la Résurrection et l’Ascension… et le texte de la croix entièrement inversé en ses trois langues sur la Mort de Jésus… Alors serait‑ce là un indice supplémentaire, ou bien le début du cryptage de la solution ? Il est judicieux de constater que les N inversés dans les signatures du peintre sont sous les fresques ou Jésus est vivant. Ce détail n’a rien d’insignifiant ! Qu’on se le dise. La chiralité est bien synonyme de vie et d’évolution, même à Saint Sulpice de Paris.


La trahison de Judas ‑ Signol (1879)

 


La signature de Signol et le N inversé


Le Titulus Crucis peint par Signol (détail de la fresque "La Mort")

   Mais je ne suis pas venu aujourd’hui  pour vous débrouiller tout cela. Le décryptage est très complexe, long, passionnant, palpitant, mais exige la connaissance d’entités que nous sommes encore loin de saisir puisque ne sommes nous pas sensés de ne pas même en soupçonner l’existence, ni l’utilité ! Eh bien oui, nous ne sommes qu’au début de notre histoire. Patience. Et nous reviendrons fatalement à saint Sulpice car entre les bêtises romanesques et policières qu’on en a dites et les négationnistes qui vous disent qu’il ne s’y passe rien, il y a un boulevard de sublimes révélations nous concernant ! Y’a qu’à piocher !

 

  Ceci étant dit, seulement pour vous confier encore une fois que les réflexions mystérieuses de mon "instit", auront avec le temps porté leurs fruits à maturité, d’autant que j’eus la chance de rencontrer une autre personne qui me confirma la validité de ces débuts de piste.

 

Soit, alors je continuerai un petit peu quand même.

Mais étais‑je obligé de croire en ces oracles ? Longtemps j’en ai douté, jusqu‘au jour où…

 

 … Mais pendant que nous causons, les plus perspicaces d’entre vous auront déjà jeté un coup d’œil aux quatre mots et quatorze lettres de la locution gravée sur les deux tombes de Poussin :

 

ETINARCADIAEGO. Est‑ce ainsi qu’il faut l’écrire ? Bien sûr que non, mais c’est ainsi qu’il vaut mieux la lire :

 E T I N A R C A D I A E G O

 

Que constatez‑vous ?

 

Le nombre des lettres chirales est égal au nombre des lettres symétriques et elles sont respectivement de 7 unités en chaque genre.

Serait‑ce tout ?

 

Non ! Les lettres apparaissent en couples. Chaque couple, naturellement est mixte, une lettre chirale et une lettre symétrique !

Magnifique ! Bravo !

 

Ce système de couples, quasiment prodigieux en‑soi, nous en reparlerons bientôt et concernant ce même tableau des Bergers. Mais poursuivons :

 

ET     IN     AR     C   DI     A   GO

 

Les lettres chirales étant en rouge et les lettres symétriques en noir, admirez les 7 couples !

Or si l'on fait le total ordinal de chaque famille on a :

 

7 lettres chirales valant en tout : 56 (14 ×4)= 5 + 14 + 18 + 3 + 4 + 5 + 7

7 lettres symétriques valant en tout : 56 (14 ×4) = 20 + 9 + 1 + 1 + 9 + 1 + 15

 

Pour rappel :

A B C D E F G H I J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26

 

Vous avez bien lu. Impressionnant !

 

   Le total ordinal alphabétique des 7 lettres chirales est identique au total des 7 lettres symétriques. Nouveau prodige ! Et il y en aura  d’autres, de plus révélateurs encore, des miracles, que personne en mon entourage n’aura jamais soupçonné…

 

   Essayons donc de trouver une autre expression latine qui déjà va cumuler ces mêmes toutes premières coïncidences. Nous n’y arriverons pas, d’autant qu’il existe d’autres divines coïncidences plus stupéfiantes encore, qui font de ET IN ARCADIA EGO, une expression mieux que rare puisque unique en son genre, une locution divinement orpheline,  crée  par des gens bien plus forts et intelligents que nous et qui n’avaient pas même de logiciels, ou bien par Dieu soi‑même qui est au logis cieux ? (Pardonnez‑moi le jeu de mots mais le calembour comme le pensait Hugo, de manière déguisée, ne choque que les fats et n’instruit que les sages qui comprennent la langue des oiseaux …oiseaux  incontinents ! Tel l’Esprit  qui fientent à tous les vents la graine enrobée de l’engrais de guano, engrais nécessaire à l’épanouissement de la pensée … Pigé ?)

Allez savoir ? Et… oserais‑je le dire, elle est une des sublimes serrures du décryptage, une des divines surprises !

 

   Et si vous êtes curieux et vous l’êtes, recommencez le même calcul en isolant cette fois les lettres paires d’un côté et de l’autre les lettres impaires, respectivement en leurs valeurs ordinales et comparez. Vous n’avez pas fini de vous étonner… Et ce ne sera pas tout ! A ce niveau, le phénomène est supérieur au meilleur des tours de magie de music‑hall. Cette expression n’est plus une curiosité, mais un petit miracle permanent. Je veux dire qu’ici rien n’est truqué, ni pipé. Cela nous change.

 

Paires :

T (20) + N (14) + R (18) + D (4) = 56

 

Impaires :

E (5) + I (9) + A (1) + C (3) + A (1) + I (9) +A (1) + E (5) + G (7) + O (15) = 56

 

Alors ? Les multiples de 7 semblent favorables !

 

7   14   28  56  112  224 sont des repères boudétiens en La Vraie Langue Celtique.

Les expressions de quatorze lettres sont toutes des clefs.

 

La lettre N (trame de l’) est aussi une clef et n’oublions pas que l’azote, gaz si important à notre subsistance est  N = 14. Et qu’un N à l’envers, en sa chiralité, est le symbole très fort de l’élément vivant évolutif et créatif.

 

Quant à 5 + 6 = 11, nous avons la clef de base récupérée par Boudet. (Les choses sérieuses débutent chez Boudet page 11)

6 / 5 = 1, 2 le rapport d’Osiris, si indispensable en nos décryptages.

 

Mais tout cela, ça se prouve !

Facile à dire, à recopier et à répéter.

Qui l’a prouvé ? Seules les preuves comptent.

 

   Et dire qu’il y en avait  tant pour vouloir changer l’expression, sous prétexte que Poussin aurait pu se tromper, le nigaud ? Quelle dérision ! Ou as‑t‑on vu qu’il fallait changer la serrure pour qu’une quelconque clef y puisse fonctionner ? Absurde. On ne change pas la serrure à moins qu’elle ne soit cassée. Celle‑ci est la merveille technologique du millénaire et n’est pas prête de tomber. Le seul gros souci est de trouver la bonne clef dans notre trousseau de geôlier des enfers. Pas commode ! Ou alors si la clef manque vraiment, faudra‑t‑il la forger ou la couler dans l’empreinte aménagée sur le sable de l’arène, avec le bon laitier de minerais ?

 

   Enfin des prémices de vrais scoops promis sur cette vieille chose de tableau, qui pour moi (et bientôt sur vous) agira, vous le verrez, tel un élixir de jeunesse tel l’effet de la Pierre Philosophale … mais je plaisante… à peine…

 

  Pour l’instant, retenez ceci : (56, le père du nombre !) ® 6 / 5 = 1,2 le fameux rapport d’Osiris qui sera un des guides phares en nos décryptages mathématiques de Poussin (idem de l’abbé Boudet qui grâce à ses amis intellectuels aura tout ou presque copié sur Poussin.)

 

 1,2 = 666 / 555 = P /j². Cela vous dit‑il quelque chose ? Non ? Rassurez‑vous, cela viendra bien vite. Aucune difficulté !

 

Nous en resterons là pour aujourd’hui.

 

Croyiez‑vous que Poussin eut été nul en arithmétique et en sciences ?

 

   En vérité, voilà bien une question qui ne se posait pas couramment sur la Colline entre historiens. Non ? Ils s’en fichaient jusqu’à présent, les historiens et les littéraires bien au tiède dans leurs bunkers tramés et enchaînés, en pages et en lignes ! L’avenir est maintenant aux matheux, aux alchimistes et aux bricoleurs de génie informaticiens. La revanche des créateurs ? Des intellos chirales ? Je plaisante toujours… à peine.

 

   Nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec cet honnête homme et immense artiste si finement cultivé et qui fut au fait des inventions, des techniques et des connaissances dites confidentielles ou bien carrément secrètes, à l’avant‑garde de l’élite européenne qui avançait dix fois plus vite que les pouvoirs civils et religieux, ultra conservateurs, ceux‑là et qui freinaient de leurs quatre fers les progrès intellectuels et parfois scientifiques.

 

Quoique Poussin n’ait pas été le Leonardo français, il n’en fut pas si éloigné que ça par l’esprit et par les connaissances !

 

   La Renaissance italienne avec la redécouverte des précieux grimoires des savants orientaux, était passée par là et aura provoqué un élan pérenne. Les temps modernes étaient arrivés ! L’Europe entière allait redevenir, grâce aux racines orientales, la civilisation la plus brillante et inventive du monde mais la plus violente, dominatrice, impérialiste et redoutable à tous les niveaux !

 

   La toute première piste est donc amorcée … nous n’irons pas plus avant, pourtant Dieu sait si cette voie mène à l’infini, somme toute aux confins du Paradis … !

  

En outre, notre maître nous fit remarquer que cette phrase de quatre mots était écrite en latin, avec 11 + 3 caractères, sur deux niveaux, avec EGO, mot les deux fois écrit sur le niveau inférieur, et en la seconde mouture, plus distancée encore qu’en la première version, mais que cette locution était une formule écrite en un latin déstructuré, puisque privé de verbe.

 

Bof, les amateurs de SMS, ne s’effarouchent pas pour si peu !

 

Pourtant se garda‑t‑il (et grâce à Dieu il résista), de céder à la tentation d’y ajouter ne serait‑ce entre parenthèses, le verbe présumé manquant : sum, le verbe être en latin, conjugué à la première personne du présent de l’indicatif.

Cet excellent homme, qui était lui aussi finement cultivé*, se contenta de nous traduire la phrase par :

En outre, en Arcadie, moi !

 

   Le comble de l’égotisme, ou du narcissisme, pensais‑je plus tard, quoique ce pauvre Narcisse n’aura jamais su à quoi il ressemblait exactement, du moins avant l’invention de la photographie qui se moque en les maîtrisant, des problèmes de chiralité !

   N’est‑ce pas l’inévitable Jean Cocteau, que je soupçonne, grâce à un document  confidentiel, mais dont un fac‑similé est toujours en ma possession, d’avoir été un heureux initié actif en notre affaire. Il s’agit d’une création graphique très étrange et énigmatique, mais qui fut éditée à tirage limité il y a deux ou trois décennies et datée de 1956, année du dépôt d’une certaine association aux apparences toutes bidons, nommée témérairement Prieuré de Sion ! (Et pourtant ce dessin n’est pas un faux Plantardien !)

   Lequel Jean Cocteau, le grand artiste poète, fut soupçonné d’en avoir été un temps le maître, et qui disait en outre (je cite de mémoire) :

 

« La poésie (et ses avatars) est (sont) un (des) mensonge(s) qui dit(sent) la vérité »  

 

« Les miroirs feraient mieux de réfléchir avant de nous renvoyer notre image »


Jean Cocteau 1889 ‑ 1963

   Jolie formule qui lui ressemblait tant, à cet immense créateur touche‑à‑tout, et soi‑même si complaisamment narcissique, à savoir, sans doute que le poète pensait : (il est toujours aventureux de faire penser les morts)

 

« Le miroir de Narcisse auraient dû me renvoyer mon image corrigée, tel qu’un comparse la voit naturellement, c'est‑à‑dire, dans le bon sens, tel je me découvre enfin avec mon vrai visage, grâce au cinématographe »

 

Etonnez‑vous après cela que cet artiste, ange aux talents polyvalents, et possédé par la dévorante curiosité, devînt le plus grand de nos cinéastes poètes !

 

   Bref… après ces considérations sur la chiralité, revenons à nos moutons de bergers contés par notre maître d’école, qui nous affirmait qu’on ne saurait mieux faire, qu’il serait présomptueux de vouloir corriger Poussin qui avait été un honnête homme, conscient de la grandeur de son œuvre. En somme, nous fit‑il comprendre que si l’artiste avait cru bon de recopier ainsi la locution latine, c’est qu’il pensait que ses inventeurs ou concepteurs avaient eu de bonnes raisons pour l’écrire de cette manière abrégée (et nous le pensons toujours car nous en possédons, chaque jour un peu plus, les meilleures preuves que nous gardons au chaud sur le coin du foyer !!!).

 

   En attendant, l’instituteur compétent et passionné, ne nous cacha pas que cette sentence boiteuse demeurait à l’entendement général, fort mystérieuse… (il a bien dit, à l’entendement général… je me rappelle le terme comme si c’était d’hier ! … je me demande aujourd’hui s’il s’incluait personnellement ou non dans : l’entendement général ? Tout comme la date de création de l’œuvre... Personne ne la connaissait avec certitude.

 

   Mais le cours sur Les Bergers d’Arcadie ne s’arrêta pas sans qu’il nous fasse remarquer quelques détails amusants et significatifs.

 

 Chapitre II ‑ Les trois doigts

 

   Maurice Leblanc (tiens, encore lui ?) le père d’Arsène Lupin, à moins qu’il ne s’agisse encore de l’inverse, aura écrit un bien étrange et fantastique roman de fiction, nommé les trois Yeux.

 

   Mais que penser de Nicolas Poussin qui dessina sur son tableau des Bergers « les Trois Doigts » … Mais si… souvenez‑vous préalablement du rôle essentiel d’un astre, l’étoile du berger du roman (entendre : et toile du berger ! … La peinture fabuleuse contenant la montagne d’Arcadie, nous dit Boudet) en l’occurrence, Vénus, dans le roman les Trois Yeux… N’est‑ce pas de cette planète (déesse suprême), d’où nous provenaient, dans le roman, les images diffusées sur l’écran du génial inventeur qui démarraient à l’heure du berger quand son étoile se levait au ciel  ? Ainsi les premiers babils de la télévision nous parvinrent (venus) de Vénus, l’étoile des Bergers… ?
   C’est ce que nous affirme Leblanc, bien avant l’invention de la TV, mais bien après l’invention du ciné.  Bref.

 

   En effet, n’est‑il pas vrai que le berger du milieu tenant son aiguillon, ne nous montre que trois doigts entiers de la main droite, l’auriculaire, l’annulaire, et le majeur, puis l’index plié par derrière le bâton aiguillon (objet dont nous découvrirons l’essence, toute sa valeur symbolique, mythologique puis topographique), comme pour indiquer peut‑être qu’ici serait justement présent le pouce dissimulé ? Et le berger ne saisit‑il pas son accessoire  de bien inconfortable manière ?

 

Le pouce serait donc occulté par l’aiguillon ?  

   Il y aurait‑il derrière le bâton, une affaire de mesures anciennes et modernes (le pouce, pour commencer ? … Allez savoir, sait‑on jamais ?), que nous aurions à démêler ? … La ligne, le pouce, la paume, la palme, l’empan, le pied, la coudée ? Tiens, tiens ? A suivre … mais attention au retour du bâton !

Mais pourquoi racontai‑je cela ? Eh bien, voilà :

 

   Notre maître qui était un homme pragmatique, désigna un « volontaire » adulte, en l’occurrence lui‑même, et s’essaya à prendre la pose du bouvier (ben oui, toujours le personnage du centre, le chef présumé, qui tient de quatre doigts un aiguillon, un aiguillon pointu du gros bout et parfaitement rectiligne, utile à piquer les bœufs et les rétifs taureaux !), le pied gauche sur la corbeille métallique à papier retournée qui devint pour la circonstance, la grosse pierre du tableau.

   Le manche du balai de la femme de ménage, d’un pouce environ de diamètre (=~ 3 cm), figura l’aiguillon et notre maître tenta de tenir la pose cinq minutes avec les doigts repliés à la manière du bouvier Arcadien, sans que le pouce ne dépasse… Il ne tint en fait que deux minutes tellement la douleur lui envahissait déjà la main ! Rires des enfants, mais quelle jolie leçon de choses !

 

   Cela prouvait que cette manière de tenir l’aiguillon était possible, mais non naturelle, donc pas tenable longtemps sans un entraînement spécial.

 

   Je demandais alors à mon instituteur si des fois Poussin ne se serait pas trompé en peignant la main tenant l’aiguillon ?

   Il réfuta avec dédain mon hypothèse et laconiquement termina par ceci : « Poussin n’était pas homme à se tromper et s’il a fait ça, c’est qu’il avait, soyez en tous convaincus, de bonnes raisons ».

 

« M’sieur ! Et si le berger avait perdu un doigt comme mon tonton Bébert, le maçon, le jour ou une pierre de taille lui a taillé le doigt ?

 

« M’sieur, et si le berger était né avec quatre doigts au lieu de cinq … comme les moutons à cinq pattes ?

 

«  Ha oui … quatre doigts, comme Mickey Mouse ! … coupa le petit rigolo de la classe, le pince sans rire. 

Notre instit, quelquefois nous laissait jusqu’à un certain point, délirer à notre guise.

 

Gros rires par ailleurs, que le maître n’encouragea pas. De suite il répliqua :

 

« Vraiment, hé bien, Georges, si tu crois qu’il a perdu un doigt, cherche donc, essaie de nous le retrouver à sa place … ! Non ? »

 

   Lui, interloqué, fixa d’un œil ahuri le maître. Quelques rires dubitatifs et dispersés dans la division… Puis ce ne fut qu’une brochette de vingt petites bouilles dubitatives, muettes ou perplexes… Chercher le pouce perdu ? Ben, ça alors… ? Il en a de bonnes, le monsieur ! Qu’il le cherche, lui, s’il a du temps à perdre !

 

   Mais qu’il avait l’air malicieux, cet instituteur, à prononcer ce : essaie donc de nous le retrouver à sa place ! Je ne savais pas s’il plaisantait un tantinet, s’il se moquait franchement, ou bien s’il avait quelque chose de sérieux dans la tête.  Encore est‑il que je m’en souviens encore et que cette suggestion je l’ai reprise à mon compte, beaucoup plus tard et le plus sérieusement du monde, sans ambiguïté, au premier degré comme au second, et avec, je le pense sincèrement, un certain  bonheur. J’en conclus finalement qu’il avait plutôt quelque chose de sérieux dans la tête …

 

   Ainsi nous passâmes sur ce nouveau mystère, à la leçon de grammaire. Mais mon esprit, déjà accaparé par les énigmes en cascades que j’entrevoyais en ce tableau troublait mon attention et je n’écoutais plus guère.

   Pas plus qu’aujourd’hui je n’écoute complaisamment les mille et un commentaires proférés par mes collègues chercheurs qui ne font mieux que de répéter au sujet de ce tableau ce qui aura été déjà dit souvent à tord par des auteurs, pour quelquefois à raison, sans mieux regarder en profondeur, pendant le temps qu’il faudrait, des mois, des années, s’il le fallait, pourquoi pas ?

 

   Il existe encore aujourd’hui une timidité (ou une paresse), en tous cas une réserve (pour moi inexpliquée) qui empêcherait d’ouvrir simplement grand les yeux sur cette œuvre du maître.

 

Même des intellectuels de très haut niveau ont doctement préféré écrire quelques sottises mémorables ou contre vérités flagrantes (et répétées par tout le monde), au sujet de cette composition, plutôt que de perdre leur temps à contempler, analyser, scruter, mesurer suffisamment le chef‑d’œuvre, si judicieusement cependant mis en scène par le peintre, où subsiste en cache un monde particulier, ou rien n’est insignifiant. Rien ! Ah, s’il s’agissait seulement de cliquer pour en connaître le cache…

 

   Il n’y a pas d’approximations, ni n’existe pas de part du hasard (ou de la part aléatoire de Dieu), dans la composition des Bergers d’Arcadie.

   C’est comme du Mozart, qui ne saurait tolérer la moindre faiblesse technique ni spirituelle des exécutants ni les moindres facilités du chef d’orchestre. Médiocrement jouée cette musique meurt et choie au vent de la mode comme feuille d'automne, car le musicien a composé avec des petits « riens ».

   Seule la perfection sied à Mozart comme à l’oreille des Mozartiens, et itou à celle de Dieu qui soi même, d’après la Genèse, aurait créé la matière et l’énergie infinie du cosmos avec ses « riens » à lui, portés seulement sur le souffle du Verbe !

Ce que je prétends là n’a rien de présomptueux, quoique le verbe, qui n’est pas le Verbe,  soit bel et bien absent de notre pseudo phrase latine ….

Seule la rigueur de l’œil et la justesse de la lecture convient à Poussin, et aux Bergers d’Arcadie. Faut nous y faire. Toute une ascèse.

 

   La Divine Section d’Or, son arithmétique, sa géométrie, et les trois variantes triangulaires du Nombre d’Or, rectangle, isocèle flamboyant, isocèle sublime, et les suites de Fibonacci avec leurs intermédiaires, règnent en maîtresses sur cette surface (tout le monde ?) semble le reconnaître, mais personne ne l’a prouvé rigoureusement ni recherché une vraie piste à partir de ces fabuleux points de départ.

 

   Je ne parle pas des sympathiques, mais approximatives esquisses (exquises comme les cadavres … exquis …), d’un Henry Lincoln, et que tout le monde aura hélas, recopié les yeux fermés ou presque.

   Cette analyse était de toute évidence profondément inexacte… vide de sens, mais pas de charme, mais ne nous aura mené qu’à une impasse et à des projections spectaculaires sans lendemains (Haï, déjà me fais‑je des ennemis de mes amis … serait‑ce le cruel prix à payer, je m’y attend et m’y prépare…)

   Enfin, pire, elles nous auront fait perdre, ces utopies, un temps fou. Deux décennies de recherches gâchées. (Pas pour tout le monde… ?)

 

   Personne ne s’était sérieusement inquiété, à ma connaissance, de ces étranges trois doigts paraissant à tord pour certains anecdotique et entité dérisoire, à part pour l’excellent et malicieux Alain Féral, qui fut un de ceux qui regardèrent au plus près le tableau. Mais ce qu’il en déduisit, ce sur doué le garda pour lui.

  

   Autre exemple, tout à gauche du tableau est une montagne lointaine qui ressemble comme une sœur jumelle à ERYMANTHOS la montagne culminante de l’Arcadie grecque, toute enneigée en hiver, le haut lieu d’un célèbre travail d’Hercule, Héraclès (R à clés) l’Arcadien, l’histoire de la capture par notre héros favori du sanglier géant et furieux d’Erymanthes, si curieusement contée par l’abbé Henri Boudet en son livre qu’on dit à juste titre, archi codé, nommé La Vraie Langue Celtique et le Cromleck de Rennes les Bains… un titre d’une certaine complexité et cependant basé d’entrée sur une contre‑vérité flagrante, car le Cromleck en question, non seulement n’existe pas à Rennes‑les‑Bains (une entité purement virtuelle et symbolique, mais suggérant par contre l’existence d’un authentique et indispensable cercle, avec son centre, qu’il nous faut découvrir en son intégrité arithmétique et géométrique), ni non plus cette orthographe de Cromleck qui en aucun temps ne fut correcte, ce qui laisse présager sur ce qui va suivre, puisque qu’on va s’apercevoir que le titre, sans aller plus loin, est lui aussi codé, en ses lettres, en ses mots, et en ses chiffres latents !

 

Erymanthos, au lointain, à gauche (au sud‑est ?), simple coïncidence ? Hum … ?

 

Illusion, protesteront les sceptiques !

 

   Voyons. Serait‑ce le lien tant recherché (un de plus) avec le rocher de Blanchefort, indiscutablement représenté à droite ?

 

   Savoir repérer l’ébauche du profile de la montagne qui est la plus emblématique de l’Arcadie : Erymanthos, en l’occurrence, sur le tableau d’un peintre comme Poussin, toujours bien documenté, et cela justement sur le projet d’un tableau sensé représenter un paysage arcadien hérissé de montagnes, des montagnes qui sont alors, selon toute logique et légitimité, arcadiennes, est‑ce si inattendu ou si foldingue que ça ?

 

   Personnellement cela me semble au contraire n’avoir été que la moindre des choses. Oserais‑je dire, une banalité ? C’est au contraire l’absence d’une telle montagne si chargée de mythologie et de légendes poétiques qui m’eut interloqué !

 

   Et surtout il est facile en naviguant sur le Net, de comparer les bons profils d’Erymanthos avec celui dessiné par Poussin !


La montagne Erymanthos en Arcadie (Grèce)

   Quant à Blanchefort, le rocher, serait‑il là pour nous dire, entre autres choses, qu’il existerait une osmose géographique et culturelle entre l’Arcadie de Virgile, ou l’Arcadie géographique grecque, avec l’Arcadie Occitane (le Languedoc), ou coururent jadis, non pas la reine … quoique ( ?) … mais les armées de Simon de Montfort, et que c’est à nous de savoir en jouer si nous voulons trouver le fil du décryptage du grand mystère.  Curieuse famille et quelle saga que celle des Blanchefort que nous suivons de Normandie au Razès, en passant par le Limousin !

 

   D'autre part, serait‑il trop abusif, voire délirant, de lire en (Boudet LVLC, page 301, ligne 26) : "L'histoire du sanglier d'Erymanthe est la peinture fabuleuse... etc. " par cette simple substitution :

"L'histoire du sang, lie R d'Erymanthe, Est la peinture fabuleuse... etc."... Sans ne rien changer à l'ordre des lettres, sauf que la phrase par ce biais, relue, signifiera tout à fait autre chose, puis une autre encore, et lier devient lie (verbe lier), R, la lettre montrée par Héraclès, le berger accroupi montrant le R sur le texte de la tombe (R à clés = Héraclés) et Est, l'orientation, se substitue à est, la conjugaison du verbe être !

 

DE ERYMANTHE EST (14 lettres) via ET IN ARCADIA EGO (14 lettres)

 

   Après les R sont respectivement 10 lettres + 8 lettres = 18 caractères. 18 = R

A vous de voir et de juger sur la toile du Maître en considérant en symétrie la montagne située au Sud‑est à gauche. Erymanthe esquissée en lointain, avec le rocher de Blanchefort à droite, très net (Sud‑ouest), symétrie reportée sur la ligne horizontale passant sur le bout de l'index du berger bleu "R à clés", l'index indiquant alors (entre autres choses importantes), le point de symétrie.

 

   Ce passage, au plus que double langage (quadruple ?), aura intrigué tous les chercheurs. Pour moi, les pages 300 et 301 sont un gisement de messages de premier ordre, et des plus révélateurs, imaginés soit par l'abbé ou ses amis, qui d'autre part nous auront déjà codé les particularités géométriques (toutes relatives au nombre d'Or), du tableau des Bergers de Poussin, jusqu'à nous célébrer ses mesures officielles, longueur et largeur comprises (121 x 85), celles que nous connaissons précisément aujourd'hui (à ce propos consultez la très instructive analyse de Patrick Merle sur le site de Jean‑Pierre Garcia) "Chronique Patrick Merle ‑ Les mésaventures des Bergers d'Arcadie"

 

   En Arcadia Virga, je révèle pourquoi Erymanthos se trouve être parfaitement située par rapport à une orientation précise codée dans ce tableau à partir de la tombe et qui ne doit rien au hasard, je vous le jure. Mais qui l’avait repérée et notée ? Bien évidemment, je présume que pas mal avaient dû la remarquer, ce n’est pas possible autrement, comme bien d’autres choses non dites et qui le resteront, mais … ? … Quelquefois, dire la vérité nue sur la colline ne vous fait pas que des alliés.

 

   C’est ce qu’un certain Gérard de Sède (le très regretté), qui n’a pas eu que des amis sur la Colline, m’avait déjà soufflé en citant maints exemples édifiants, alors qu’il vint rencontrer, à Puivert, en tout bien tout honneur, une comédienne, celle qui devint un temps ma compagne, dans la Salle des Musiciens du château de Puivert, le château médiéval des cours d’amours et des grands troubadours, lors d’une splendide nuit étoilée de juillet de l’année 69.

 

69, année initiatique et… Pourquoi pas ?

 

   Nous côtoyions les fantômes de la dame Blanche et de feu les dames de cœur des Cours d’Amour des troubadours qui défilèrent jadis en ce lieu chargé de culture et d’histoire, qui tous aimèrent et chantèrent passionnément et désespérément en cette salle qui leur aujourd’hui est dédiée, ces idéaux féminins de l’amour courtois. Alors, pourquoi ne pas, dans la foulée, qualifier cette année 69, d’année érotique ? … puisque ainsi fut elle saluée, par Gainsbourg et Jane … le couple érotique et sulfureux de l’année ?

 

Mais, sérieusement, que cherchait Gérard de Sède en 69 à Puivert ? 


Le château de Puivert à Belcaire ‑ Pays de Sault (Aude)

      Il savait qu’il allait retrouver une ancienne camarade, avec qui il fit un bout de Résistance à Paris. Ils étaient bien jeunes tous deux pendant les années noires ! Lui, je ne sais pas, mais elle, elle n’avait que quinze ans, cette pétroleuse quand elle fut libérée des geôles nazies par les Américains ! Elle fit partie des plus jeunes résistants de France et fut décorée par le général qui vous savez, en personne. Cela ne nous rajeunit pas …

Mais aussi était‑il venu voir et féliciter l’initiée, en cette personne même. Je reviendrai sur ce sujet.

   D’autre part il assista précédemment à notre spectacle et en fut ravi. Nous passâmes un grand bout de la nuit ensemble, dans la salle des Musiciens à parler ardemment de tout ce qui nous passionnait devant des mètres de saucisse de Toulouse, des tourtes de pains noirs, et des pots de vin tanniques des Corbières… et plus particulièrement nous discutâmes de la tombe des Pontils qu’il connaissait secrètement depuis une petite  année ! (scoop ?)

   C’est, je pense, dés 68 que de Sède comprit l’importance de l’info qu’il venait de recevoir au sujet de ce curieux monument, c'est‑à‑dire l’année ou je la découvrais aussi avec une émotion inoubliable, grâce à une de nos comédiennes, celles justement dont je parlais précédemment, et avec qui il partagea un moment le combat dans les années sombres, et moi, bien plus tard, je partageais avec elle un des plus beaux moments de ma vie, dans la paix absolue, mis à part la récré de mai 68 !

   Le Razès fut pour moi, comme pour beaucoup, une histoire d’amour mouvementée et riche en émotions.

   L’historien Gérard de Sède, l’appréciait aussi pour sa connaissance particulière du dossier des deux Rennes, bagage spirituel hérité de son père, déjà décédé à cette époque, et qui fut quelqu’un d’important …

 

   J’ai lu récemment un livre signé par un jeune homme ou il était écrit que les initiés en matière de secret Castel rhédaen, n’existaient pas.

C’est vrai. Tant qu’il ne parle pas, un initié n’existe pas pour le commun. Mais quand il parle et qu’on ne le reconnaît pas en tant qu’initié, il n’existe pas non plus.

A ce que je sais, celui qui a sorti cette perle téméraire sur la colline, existe, mais n’est certainement pas un de ces initiés en question dont il nie l’existence… !

 

   Quant aux musiciens troubadours pétrifiés avec leurs instruments sur les chapiteaux de la salle du donjon de Puivert, je puis garantir qu’à l’époque vous aviez affaire aux originaux et non à des copies en plâtre, celles que vous admirez aujourd’hui, et qu’à l’époque ce spectacle sculpté était libre, gratuit, authentique, et que personnellement je profitais de toutes les libertés prêtées par l’air du temps, et ne me gênais pas pour profiter de cette aubaine.

   Par exemple, d’aller coucher seul la nuit en ce château féodal hanté de son fantôme erratique, la célèbre Dame Blanche.

 

   Je me sentais très bien avec les ombres des rapaces nocturnes passant aux fenêtres gothiques et meurtrières, à écouter les hululements du chat huant, le frôlement des lérots traçant leur chemin sur les clématites des murailles, surveiller ses lézards verts logeant en les interstices le temps de la nuit, ses mini scorpions inoffensifs dont j’avais pourtant si peur, ses araignées géantes fascinantes tant qu’elles demeurent statiques, et ses chauves‑souris rassurantes demeurant sagement suspendues dans les recoins sombres du jour.

   Avec également ses inquiétants rôdeurs nocturnes, randonneurs largués sans lumière, campeurs en souffrances, bergers insomniaques ou discrets amoureux du site et de simples et innocents jeunes (et vieux) amants romantiques ou nostalgiques. Jamais d’assassins ni de bourreaux malgré les oubliettes et la salle des tortures.

   Chaque petit matin je m’éveillais sous un imaginaire concert de bombardes, de violes, cabrettes ou orgue positif descendant des chapiteaux sculptés. Je me rendormais aux chants imaginaires des troubadours et des damoiselles … mais sursautais aux caquetages assommants des dames oiselles nichant entres les pierres descellées des voûtes.

 

   Enfin je montais lentement savourer l’incroyable paysage aperçu du haut du donjon carré. Là haut, nu comme un ver, la tramontane me fouettait le sang devant une vue à 360°, balayant des blanches Pyrénées Ariégeoises au Canigou Roussillonnais, Bugarach, le Cardou, la Montagne Noire se dressant devant Hautpoul et par temps très clair et muni d’une paire de jumelles, vue imprenable sur Monségur, sur toutes les forteresses cathares jusqu’au château d’Opoul Périllos en Roussillon Catalan !

 

   Qui voit le soleil levant du solstice d’été s’élever, du haut du mythique donjon, sous le ciel apercevra les anges, et un instant ne saura reconnaître la terre des hommes comme refondue au contre‑jour étourdissant !

 

   Quand Gérard de Sède nous visita, nous étions, mes camarades et moi en plein festival de Puivert, le second, en 69, et nous venions de jouer don Juan de Molière en la cour d’honneur du château, et comme dans la chanson de Pierre Péret, j’étais Sganarelle ! Je ne vous raconte pas…

   Don Juan dormait banalement en une chambrette, mais Sganarelle le petit malin romantique, logeait au donjon millénaire en la haute salle historique et gothique et couchait entre les décors des  tragédies grecques et les masques flamands ricaneurs en écoutant le vent jouer de l’orgue dans la tour ouverte aux quatre vents.

 

   Monsieur Gérard de Sède (déjà en grand secret sur la piste de la tombe des Pontils depuis 68), fut parfois obligé de mentir, pour protéger la Vérité, et non pas promouvoir, comme certaines mauvaises langues l’assurent, sans bien être averties, sa vérité ! Mais ce n’est pas une autre histoire… Rendez‑vous aux prochains chapitres. Car, encore une fois ce que j’affirme là ne concorde pas formellement avec les versions officielles des choses répétées par les spécialistes de l’histoire de la Colline !

 

   Ceci étant dit (et il fallait que ce soit dit), alors pourquoi ne pas remonter à la source et de recommencer à parler des choses vraies et concrètes, palpables, mesurables, en dressant l’inventaire contrôlable, visible et lisible, à fond, avant d’aller rechercher l’inexprimable seulement entrevu en filigrane sur la toile des bergers ?

 

   Ces dernières entités, d’ordre ésotérique et symbolique (y rajouter l’invisible absolu !)  viendront naturellement d’eux‑mêmes pour qui sera patient et perspicace, mais pour une fois ils et elles existeront et s’épanouiront sur des bases plus crédibles, ou à défaut, mourront d’elles même, sans  nos regrets.  

 

Chapitre III ‑ Des arbres et des paysages

 

    Une chose aura touché plus tard le rural indécrottable que je suis. Nous savons tous que Poussin fut un des premiers peintres à s’intéresser concrètement aux paysages et précisément aux arbres qu’il s’est t appliqué à peindre autrement que pour un quelconque décor convenu, avec un souci de réalisme.

Les essences d’arbres sont souvent identifiables chez Poussin.

 

   Quelques auteurs* avaient judicieusement reconnu en ce tableau une espèce de chêne d’une essence méridionale*, le chêne quercus Ilex alias le Chêne Vert ou le Yeuse, mais sans aller envisager cette hypothèse :

 

   Et si l’artiste avait caché une indication ultra précise par le biais des noms des essences d’arbres représentés… ?

 

   Mais n’anticipons pas… Nous savons déjà que les lettres du mystérieux texte des Bergers vivent en couples… Et puis zut, ne sommes‑nous pas encore en 1951 ? Et je n’avais que 8 ans… Mais, tout de même, à gauche du tableau et encadrant la tête du berger couronné de laurier apollinien (et joliment frisotté à l’anglaise sur les tempes, ce qui est assez rare chez un viril et rustique berger, convenez en !), nous  reconnaissions déjà, bien que n’étant que les petiots de CM2, des silhouettes d’arbres de chez nous ! 

 

   Nous connaissions tous des bûcherons et des scieurs de longs (les derniers !) et nous savions reconnaître nos arbres d’essences très diverses à leurs formes, à leurs feuilles et à leurs troncs, et nous savions que les arbres représentés sur le tableau, à gauche, ne pouvaient être que des hêtres.

 

   Je m’aperçus des années plus tard que ce sont de grands hêtres sylvestres roussâtres comme il en poussent de magnifiques sur un certain contrefort des Pyrénées, en Corbières, et pour être plus précis, en Haut Razès !  


Hêtre adulte européen (Fagus sylvatica) ‑ arbre à feuilles caduques
de la famille des Fagaceae

    Donc, j’en déduisais que la scène représentée devait se passer en une région méridionale à cause du relief aride, de la présence indiscutable de deux spécimens de chênes verts, mais que si des hêtres y poussaient si bien (ces derniers qui ma foi préfèrent la fraîcheur septentrionale !), c’est que probablement, à l’arrière‑plan de la tombe, à une altitude de 800 à 1 000 mètres (?) le micro climat rafraîchi et hydraté présentaient les conditions  favorables à l’épanouissement du grand hêtre roussâtre.

 

   Devons nous en conclure, ou seulement retenir cette première hypothèse, que ce lieu se présenterait comme une zone méditerranéenne affleurant en un pays de climat majoritairement tempéré, telle la France ? Cette dernière constatation, en vérité, je ne la saisis encore une fois que beaucoup plus tard en reprenant l’analyse systématique des noms des essences d’arbres probablement figurées sur cette toile.

   Mais ma première intuition de gosse était, je le reconnais aujourd’hui, tout à fait porteuse et me conduisit donc vers quelques découvertes* inédites et totalement inattendues*… Bref, rien n’interdisait non plus que nous soyons en Arcadie grecque ?

 

   Vraiment, vraiment ? Croyez‑vous ?

 

   Mais à consulter des ouvrages spécialisés, il m’apparut que fort peu d’espèces de hêtres poussaient ou s’acclimataient en Grèce ! Pour ainsi dire, quasiment aucune !

 

Même sur les hauts flancs de l’Olympe ou ceux de la montagne Erymanthos, aujourd’hui plutôt couverts de conifères, on dit qu’ils n’y poussent pas naturellement. Faudrait tout de même y aller voir de plus près… Mais dites‑vous bien que l’équivalence du mot hêtre n’existe pas en grec ancien, ce qui nous en dit suffisamment long sur son inexistence en tant qu’arbre indigène !

   En outre, en Haut Razès, le cas existe, et il est même remarquablement spectaculaire sur les flancs de la Serre de Bec !

   On y accède par les Escudiès (Racines gréco‑latines ? L’ombre du jour ? Est‑ce de la poésie ? Voir, nous en reparlerons, car cette hypothèse qui laisse rêveuse, peut se défendre… !) et par le Col du Vent, le bien nommé… Tout un programme. La magie des lieux commence par leurs dénominations.

 

    La grimpette se fait à pied jusqu’à un promontoire, un colossal rocher à falaises, visible d’un point précis des propriétés de l’abbé Saunière, roc géant prolongeant l’extrémité Est de la Serre de Bec, montagne longuement étirée (caractéristique commune à toutes les montagnes nommées serre) … sauf que la Serre de Bec possède cette autre curiosité que d’épouser exactement la forme d’une tête d’oiseau munie d’un long bec, comme son nom l’indique, et que son sommet dentelé s’appelle crêt d’Al Pouil (la crête de la poule).

 

    Voilà donc de quoi évoquer poétiquement le nom de Nicolas Poussin, le « poussin », le petit de la poule, se disant en vieux Français, le POUILLARD (prononcer pouilar)

 

Serre d’Al Pouil … ? Serre (de l’oiseau ?) de Bec … tout cela fonctionne si bien … trop bien, même, pour être honnête !

 

Mais il ne faut rien jeter !

 

   N’aviez‑vous donc pas remarqué que nos personnages représentés sur le tableau du Poussin, s’inscrivent géométriquement dans un ovale spécial, qui est précisément la forme de l’œuf de poule ? La forme de l’œuf de poule est géométriquement porteuse de la section d’or si chère à Nicolas, le Poussin. Je développe cette coïncidence dans mon livre en chantier, Arcadia Virga.

 

    Nous accédons donc en regardant vers le Nord, au faîte d’une falaise située à l’extrême Est de la Serre de Bec, faisant face à une autre, de falaise, méchamment chaotique du Pech de Bugarach, ce géant des Corbières. N’est‑ce pas magnifique ? On y découvre un des plus beaux et saisissants paysages de la région sur la vallée du Bézu à l’Ouest et en se penchant, si l’on ne souffre pas trop du vertige, nous  observons également en se tordant le cou, plein Ouest, les flancs à colonnades partant à l’assaut du ciel, des autres falaises vertigineuses des Crêts d’Al Pouil de la Serre de Bec… Sublime… Une idée de paradis, quoique vous soyez suspendu au bord du précipice, debout sur l’extrémité d’une fragile languette, une mince corniche minérale calcaire, celle de la partie supérieure d’une gigantesque vague pétrifiée en son mouvement infiniment lent et  qui vous embarque tout doucement vers la fin du monde. Ici, vous vous trouvez sur l’ultime débris, si ténu, du crêt de la vague géologique.

 

   Et vous vous prenez à rêver le nez en l’air, vertical, ivre de vent, comme surfant sur l’écume de la vague déboulant sur des nuages immobiles … telle celle chantée par Charles Trenet, le citoyen Narbonnais, « O, bergère d’azur compte tes blancs moutons ?

 

Mais enfin, éveillez‑vous ! Vous n’êtes pas ici en sécurité sur la plage.

L’écume de roche peut s’abîmer dans le vide n’importe quand sans prévenir puisque c’est la loi du mouvement et le principe de Newton, dont il eut conscience selon la tradition, en regardant choir des pommes … bleues ?

 

   C’est la vie. Et la mort aussi. Imparable.

On ne surfe pas sur les crêtes des vagues de montagnes, sans son parapente !

Voila qui est plus impressionnant encore que de méditer sur la philosophie picturale poussinienne se résumant (en apparence seulement) à : ici aussi l’on meurt !

 

   Décidément, de quoi se plaignaient nos Bergers, enfants gâtés, cocoonés et sécurisés jusqu’à leur mort naturelle, n’ayant jamais eu ni faim ni soif, chouchoutés par le climat, nourris de ses fruits, et par des dieux suzerains, si complaisants et résidants familièrement avec leurs bergers, en Arcadie, eux aussi ! Les grands dieux ?  Ils sont tous nés en Arcadie ! Chez eux, en Arcadie, leur pays de lait !

 

 Zeus, Pan, Hermès Mercure, Artémis Diane, tous d’authentiques Arcadiens, etc.

 

   Plus ce drôle de poids lourd, le héros que tout le monde voulut récupérer au cours des époques, les dieux Olympiens,  les grecs, les étrusques, les Latins, les Gaulois, comme les Chrétiens occidentaux de la Renaissance, le sympathique et tout dévoué, Héraclès Hercule !

 

   Des tortionnaires, les dieux ? Certainement pas pour les bergers gérant leurs infinis troupeaux ! Car ne vous y trompez pas, les brebis que vous ne voyez d’ailleurs justement pas sur le tableau, sont les propriétés des dieux !

   Les dieux immortels ? Des emmerdeurs, certes parfois, très irritants par leurs disputes incessantes d’adultes gâtés, capricieux, jaloux et exclusifs, peut‑être, mais rien en général de franchement tuant pour les simples mortels. On ne meurt pas forcément écrasé sous l’ego monstrueux des dieux ! Mieux, un dieu a le pouvoir de vous prolonger la vie, s’il vous a à la bonne ! Et les dieux ne demandent qu’à se laisser séduire par les belles et les beaux mortels ! Mais attention au désamour et aux fatals règlements de comptes !

 

   Enfin, au Nord exactement, derrière le flanc gauche de la bosse du mont Cardou, on aperçoit les falaises recourbées en arc, immaculées, blanches saturées, craie et kaolin, s’élevant derrière Peyrolles, à 12 km environ d’où nous sommes. Le rêve, encore. Là bas, le blanc persillé de tâches vertes des falaises, rivalise avec bonheur avec les ocres du sol. Un petit Colorado.

 

   Mais si vous regardez au bord du vide, vous devinez sous vos pieds les canopées d’une première forêt s’élevant en très hautes futailles de hêtres, bordant le mur de la falaise grise.

   Si vous vous retournez, c’est une autre opulente forêt de hêtres sylvestres roussâtres attaquant en pente douce la Serre de Bec.

De telles forêts de hêtres si majestueux, sûrement implantés artificiellement en ces forêts domaniales, ex domaines royaux, présentant exactement la forme des arbres dessinés par Poussin sur la toile des Bergers, sont plus que rares ailleurs sur cette latitude déjà méridionale. 

Oui, Poussin en a bien peint quatre, et non deux.

 

   Scrutez à l’aide d’une loupe sur une photo très nette, et vous verrez deux fois deux troncs fort proches et parallèles. Les hêtres mêlent leurs feuillages. Cela devrait signifier à mon sens, deux choses. Les arbres mêlant leurs feuillages peuvent évoquer la forêt dense. Mais ce sont aussi deux couples de hêtres. Poussin aura couplé toutes ses essences d’arbres sur la toile des Bergers ! Personne n’avait osé relever, encore, ce fichu « détail ». Males et femelles ? Je résous cette délicate énigme quelque part au début de Arcadia Virga, mon livre prochain.

 

   Toutefois, regardez bien maintenant les personnages : un couple homme femme à gauche, et à droite, un duo d’hommes. Sept couples ou duos en tout ? Cinq couples d’arbres et deux couples d’humains. Donc, quatorze individualités appartenant à un règne supérieur du vivant, respirant un air commun.

   Vous savez aussi qu’il y a quatorze lettres en l’expression Et in Arcadia ego composée de quatre mots, et … de sept couples de lettes des deux genres … Ha, ah ? 14 couples en tout, 7 vivants et 7 neutres, abstraits (vraiment ? Voir …) qui sont des caractères, oui mais des caractères qui représentent soit  un  principe de l’achevé, de l’immuable, et les autres, le principe contraire, celui de la vie évolutive et peut‑être, mais n’est‑ce pas aller trop loin, le principe de l’Evolution d’un certain Darwin, qui ne fut pas le premier à y penser, mais en tous cas ne fut pas le dernier à développer cette théorie ! Vous savez, nos alchimistes eurent de ces intuitions rejoignant parfois notre science actuelle… à moins que ce ne fût, encore une fois, l’inverse ?

Que signifie ?

 

   A la limite, on pourrait aussi fantasmer, rêver que Poussin eut pu avoir l’idée de suggérer avec son duo d’hommes situé à gauche, un couple d’invertis ?

J’entends déjà ricaner sous les chaumières ! Voila que Poussin nous aurait pacsé des hommes ? Elle est forte, celle‑là !

 

   Mais, dites moi, mes chers amis, c’est oublier ou méconnaître d’autres audaces de ce genre chez l’artiste qui malgré toutes apparences trompeuses était tout à fait avant‑gardiste, des audaces plus incroyables encore pour une époque qui ne plaisantait pas (officiellement) avec la vertu ni avec la morale, ni l’ordre établi !

   Poussin se permit de transgresser en toute impunité les tabous sexuels du grand siècle, tellement puritain qu’on risquait l’embastillement pour moins que cela !

   Ne fut‑il pas le seul peintre classique à avoir osé représenter un coït humain sans aucune ambiguïté (Galatée et Arcis, inspiré d’Ovide, les Métamorphoses XIII), avoir représenté ailleurs de manière réaliste le magnifique membre phallique d’un certain dieu (Priape, fils de Dionysos et d’Aphrodite, le dieu de la virilité qui favorisait la reproduction des troupeaux).

 

Priape, Ovide, deux personnalités qui nous rapprochent encore du mythe arcadien.

 

   Et si vous le recherchez sur le Net, vous trouverez ce dernier, tableau, Priape, revenu fraîchement restauré du Brésil et rendu à son intégrité primitive, car en d’autres temps, on avait censuré le phallus énorme du dieu que pourtant les bigots de Louis XIV n’avaient pas cru bon de voiler, car Poussin était protégé ! Et ne manquez pas d’apprécier ce coquin de détail, une muse ne pose‑t‑elle pas sa jolie menotte, si douce, si experte, sur un des points des plus sensible, un point G, comme on dit, du bon mâle normalement constitué ? Rien qu’à contempler la mine extasiée, ravie, du dieu, on sait que la jouissance est proche et que sa semence sacrée va jaillir en fécondant la terre, les airs, les limbes et le Cosmos ! Réaliste et à la limite très excitante, mesdames … ou messieurs, puisque…  ainsi va la vie !

 

   Que croyiez‑vous ? Poussin un refoulé, un pisse tiède ? Du tout.

Il aura bousculé maints tabous et aura changé le regard de certains peintres révolutionnaires jusqu'au dix neuvième siècle, dont ce cher et pudique Paul Cézanne, notre premier grand peintre moderne.

 

   Mais il n’y a rien de franchement choquant ni de vulgaire chez Poussin. C’est comme un autre tableau à peine pornographique et scandaleux, intitulé la naissance du monde peint par le grand Gustave Courbet soi‑même. Un incompris, lui aussi, très contesté… Voici la classe, et voilà le génie ! Bel exemple.

La clé ? La distance modulable avec le sujet traité.

 

   Comme d’ailleurs chez ce gentil (et génial) Paul Cézanne qui passa de nombreuses heures au Louvre à croquer à la mine de plomb notre bouvier à l’aiguillon, le personnage du centre, sans doute à la recherche, lui aussi (?) d’un fabuleux secret ? Et je crois qu’il su le trouver malgré ses doutes affreux, Paul, le secret du génie inventif, un trésor valant infiniment mieux que celui de son papa grand bourgeois, respectable banquier en Aix.

 

   Si vous doutez de mes descriptions, courrez contempler les tableaux en question et les croquis de Cézanne, si toutefois ils se trouvent encore visibles quelque part dans le monde, et ensuite précipitez‑vous dés les beaux jours, par temps calme, aux endroits superbes que j’ai décrits précédemment, avec votre barda, non seulement une carte IGN pour retrouver les sentiers, mais aussi, n’oubliez pas votre reproduction des Bergers d’Arcadie… Plus un appareil photo… Et toujours la bonne boussole du baroudeur… Des jumelles… Tout le sinfrusquin. Mais surtout n’oubliez pas non plus vos yeux, ceux du dehors, comme ceux du dedans, avec un bon pied et une oreille interne garantie anti vertiges, c’est le principal !

 

Prêts ? 

 

Chapitre IV ‑ Pour une amourette

 

Du parfum alchimique de la comtesse de Cagliostro
aux beaux yeux de Paname

 

 

   Toulouse, quai de la Dorade. Une fin de matinée, autour du 15  avril 1964. Les cours à l’école des Beaux Arts s’achèvent pour moi. Roue libre. Face aux verrières de l’atelier, pointe loin au dessus de l’antique Pont‑Neuf, un bout de scie immaculée appartenant aux cimes pyrénéennes… signe qu’un beau temps clair et stable s’installe. Plier couleurs, bouquins et pinceaux devant le fleuve et changer d’air, de bocal et surtout de tempo ! N’importe où.

 

 Place Esquirol, c’est une agréable cohue parmi laquelle des quidams vous sourient !

 

   Portes vitrées de bars béantes contre portails d’immeubles qui claquent et fenêtres ouvertes donnant sur rue. Partout des éclats de voix et de rires amicaux de voisins qui se saluent ou s’invectivent ! C’est le réveil printanier de la grand’ ville rose, l’énorme village du midi, comme on disait  (mais rose pisseux et crasseux en son centre historique à l’époque !), devant le premier bon soleil. Le crieur habituel de la Dépêche hurle son éternel refrain : « Enfin ça y est ! » ... Ce jour là, je crois bien qu’il annonçait  pour de bon l’arrivée du grand printemps après de nombreux faux départs, seule nouvelle intéressante depuis des mois.

 

   Du fond des brasseries s’égosillent les juke‑boxes porteurs des derniers succès anglais, ricains, mais aussi de chez nous : « ... et voila que notre vieux printemps au loin refleurissait... », nous fredonnait depuis quelque temps et avec insistance une voix nouvelle, fragile et si saisissante, celle de Lény Escudero, ici échappée d’un café, ailleurs de transistors d’ados heureux d’écouter enfin salut les copains, dehors au doux soleil enlacés avec les copines.

 

   On s’embrassait comme dans l’autre chanson de Georges, sur les bancs publics fraîchement laqués vert, au jardin des plantes du Grand Rond, offrant ce contrepoint charmant aux pigeons roucoulants et aux merles nicheurs se volant amoureusement dans les plumes...

 

Midi sonnait au loin, place du Capitole comme les sirènes rugirent. Pour moi, j’en étais à sept révolutions effectuées tête baissée sur le parc, du bien nommé le Grand Rond.

 

   Rassasié de virer ainsi en cercle parfait et de rechausser sans cesse mes pas dans le sable (de l’arène ?) dont le centre géométrique était un vénérable tulipier géant, datant du siècle de Linné, un arbre historique qui encore un coup réussissait invariablement sa floraison, et d’autre part me souvenant opportunément que j’avais moi aussi, peut‑être bien un béguin (top secret, à Paris, mais pas gagné d’avance... ouais, fallait bien se motiver !)

 

   Je décidais séance tenante de partir au galop pour la Ville lumière... Hum, non, plutôt tranquillement et en stop. Et si le voyage s’éternise, c’est tant mieux, car je restais ouvert et disponible à toutes sortes d’aventures et d’errances dont j’étais demandeur, simplement vêtu d’un imperméable couleur mastic, style commissaire de police d’une série télévisée noire et blanc, d’une chemise bleu gendarme à épaulettes, effets spéciaux négociés pour deux ronds sur le banc des surplus de la police municipale au marché dominical de St Sernin, ce qui, je pensais, mettrait les braves gens en confiance ou à l’inverse me ferait craindre des margoulins !

 

   L’imper était décoré de vastes poches, dont l’une, la droite, contenait mon rasoir électrique, un service minimum toilette et linge de rechange, un tube d’aspirine, un « suisse » auvergnat à seize lames et à tout trancher, ouvrir, décapsuler sans risquer de se blesser, et dans l’autre, quelques pièces d’un franc qu’on disait encore nouveau, plus 75 centimes en diverses piécettes jaunes, une boite de pansements, et peut‑être bien dans la poche du pantalon un paquet de Gauloises bleues entamées avec une pochette d’allumettes publicitaire, deux mouchoirs en coton et trois ou quatre billets cradingues de cent balles pliés en 8, juste ratio de mes anti économies et de tous mes (dès) espoirs... Enfin, bien planquée dans la doublure, une carte d’identité et un permis de conduire... Ah, j’oubliais le plus important, mon vrai trésor, sur le cœur, un recueil manuscrit de poèmes... Bof... On ne sait jamais... ? Si par miracle je rencontrais un éditeur complaisant... On peut rêver... ? Ce n’est pas tous les jours printemps.

C’était tout.

 

   Vous ne croyiez tout de même pas que j’allais m’encombrer d’une valise ou d’un sac à dos ou à main ? Et pourquoi pas prendre le train dont le parcours est fixé au demi‑millimètre près depuis plus de cent ans ?

   On ne doute de rien, dés qu’on a vingt et un ans, l’âge de la majorité civile (à l’époque)et c’était le signal de la liberté absolue dans l’indépendance... Coûte que coûte, larguons les amarres ! Geste rituel ! L’air du temps et la société recommandaient cet évènement quasi initiatique.

 

« Pour une amourette qui passait par là, j’ai perdu la tête...

 

   Oui, Lény ! Figure toi que ce coup‑ci... mon coco (c’était le mot à la mode), je t’entends sur radio des vallées d’Andorre, le poste à Marcel, un routier (encore bien sympas, à l’époque, les routiers !), fonçant vers le Septentrion ! Chauffe la route, Marcel, ouvre tes vitres et haut ta zique ! La vie est belle !

 

   Je ne vous raconte pas (mais si…) le voyage qui dura une paire et demie de semaines en flânant dans le Quercy, ses magnifiques forêts de chênes, ses sols de causses blancs criblés d’avens et de gouffres géants, la splendide Dordogne ou chaque ferme, même la plus modeste est une gentilhommière à pigeonnier et tout vrai château sur la vallée un pur saisissement, la Corrèze toute en contrastes et à elle seule représentant le monde, puis dans la Creuse, verte absolument, ses immenses futaies de hêtres et de conifères et ses déserts humains, l’Indre et ses blés en herbe d’un vert plus tendres où j’allais surprendre les fantômes de Beautrelet, le jeune lycéen surdoué et d’Arsène Lupin, vers Crozant, (Voir l’Aiguille Creuse), le pays aux mille peintres, puis celui de Georges Sand, le Cher et ses douceurs, le Loire et Cher, sur les pas improbables d’Alain Fournier et du grand Meaulnes, et plus sûrement pistant les petits crus de vins blancs, patrimoine exceptionnel de Menetou Salon, Reuilly à Quincy, Sancerre avec son superbe amphithéâtre naturel garni de coteaux barrés de vignobles, sautant d’une fourgonnette l’autre, de celles brinquebalantes des plombiers, puis cliquetantes des marchands de vin toujours semblant être entre deux verres (dont le troisième m’étais gentiment offert)

 

    « Jeune homme, pensez donc, c’est la fin du métier, les gens se mettent au whisky ! Les idiots ! » ... du bon boulanger en fin de tournée, du boucher idem, tablier moucheté rouge sanguin, en harmonie avec le visage grêlé et rubicond de celui qui a idem bien arrosé, son grand couteau à désosser posé sur un linge, entre conducteur et passager, sans doute pour intimider l’autostoppeur qui aurait  la tentation de lui taxer son portefeuille rebondit ?

 

   Sous le siège, luisait la large feuille nickelée à trancher dans le vif de ce petit monde adorable et poujadiste qui disait une grosse part des vérités, mais se plaignait le bec plein, avec pour actif des actions en bourse rondelettes placées chez des sociétés toutes plus ou moins complices de la male bouffe et du mal boire organisés, et qui exultait en râleuses franchouillardises dans ces bocages sinueux et romantiques d’un Berry aux coteaux restaurés par le printemps, et que griffaient des cours d’eau nonchalants, en lesquels frayaient truites sauvages arc‑en‑ciel, gardons blancs entre les écrevisses indigènes, les moules de rivière pas encore décimées par la pollution, des grenouilles vertes et reinettes grises. L’opulence ! Après nous, le déluge ? Pour l’instant, le nombril de la France était au beau fixe.

 

   C’est alors que soudain, mon indolence de randonneur errant se transforma  en une frénésie romanesque aux relents sulfureux !

 

   A force de taquiner les références romanesques comme fait le pêcheur du dimanche d’une truite un goujon, on provoque l’aventure, et celle‑ci de venir vous taquiner ou de vous ferrer au vif.  C’est ce qui m’arriva en ce mémorable printemps !

 

   Elle apparut non loin de Bourges, au centre prétendument géométrique de la France, après avoir visité le matin la cathédrale aux vitraux flamboyants et m’être recueilli en la fraîche pénombre du vaisseau, bercé par la répétition du maître de chapelle s’attaquant sans trop de conviction à un routinier canon de Jean‑Sébastien Bach, je fus pris en charge par une lumineuse et bien jolie dame (un autre de canon, si j’ose m’exprimer ainsi, mais d’un effet plus convainquant), se disant de la bonne aristocratie francilienne (à la trentaine plutôt flatteuse ?), élégante, intensément parfumée fleur de réséda printanier avec un petit rien de musc sauvage, les yeux doucement taillés en amandes, yeux bleus azur diaphane...Iris bleus perses comme la déesse Athéna virant parfois au violet, ou tantôt au vert selon le moment du jour, visage assez pale, lèvres minces et vermillon au dessin parfait, avec une opulente chevelure, celle de la blonde Mélisande (dans la scène près de la Fontaine, vous savez ?), mais domestiquée, doublement nattée par l’arrière jusqu’aux bas des reins, la peau délicate, laiteuse, poitrine de vierge italienne des meilleurs tableaux Renaissance, anches souples, harmonieusement arrondies et fesses rondes, bien saisies sous une taille vénusienne. Une silhouette de stradivarius et « Bonjour... », hou la, la, une voix ravissante tirant légèrement sur les graves... comme j’aime. Une grande diva, une comédienne ?!


La cathédrale de Bourges, ancienne capitale de France
traversée par le
Méridien de midi

   Avec deux seuls bijoux, soi‑même rayonnante, d’une prestance  sidérante et entre un décolleté provoquant une énorme pierre d’émeraude pendue en sautoir, enchâssée en une coquille argent ciselée étincelante de mille reflets blancs et verts. Pour seul maquillage, probablement un rouge a lèvre vermillon très soutenu ? Mais non. Je m’aperçus bientôt que vermillon était leur couleur naturelle ! Vermillon absolu, c’est rare.

 

   Elle ne me demanda pas où je voulais aller et démarra en trombe en faisant hurler les pneus. Le timide maladif que j’étais n’osait à peine la regarder... Cloué au siège, particulièrement confortable ! Je me pinçais croyant rêver et je m’aperçus que je ne sentais plus même le pincement, me trouvant comme tétanisé, mais sans douleur. Je me ressentais peu à peu gagné par un étrange bien‑être et bientôt comme flottant entre deux nuages roses. Je n’avais jamais imaginé qu’une telle sorte de beauté puisse exister, en dehors des fictions les plus planantes des champions de la bande dessinée qui ne faisaient que de vous inviter à entrer en leurs propres fantasmes.

 

   Je ne vous en dis pas plus (si ?), eh bien, soit, un jeu de jambes affolant (sous ?) une minijupe minimum, velours noir soyeux de jais et bas couleur de lait, assortis à son visage de déesse lunaire, portes jarretelles crème résilles, à peine visibles. J’arrête, vous n’en pouvez plus... pieds mignons enchaussés daim précieux, hauts talons clairs et... Je meurs... Cette simple évocation me bouleverse encore...

 

   Pilotant à 160 à l’heure sur les départementales défoncées, une grosse guimbarde allemande, une vieille berline tout à fait originale dont aucune marque n’apparaissait, qui fut certainement splendide à l’état neuf, mais dont je n’aperçus jamais la copie, dont l’arrière était décoré et aménagé comme un coin caravane de baroudeuse gitane, plus un jeu de miroirs, une chaîne de baffles musicaux aux graves généreux qui vous cognent directement au plexus, jouant ce midi‑là, une musique classique baroque Italienne tous décibels dehors, comme pour me plaire avec le printemps de Vivaldi comme jamais je ne l’ai entendu.  Mais quel frisson alors que nous traversions ainsi une opulente futaie toute en verts tendres parfaitement en harmonie avec la musique, soudainement traversée par trois biches auxquelles la donzelle, semblant fraîchement sortie d’un livre de contes imaginé par un satyre, semblait sourire et leur parler doucement sans se soucier du danger, ni du fait que la voiture, s’était faufilée à une vitesse indécente entre la seconde et la troisième biche de manière quasiment  miraculeuse ! Mais à ma grande surprise, je n’avais pas eu peur.

 

   Collées aux portières sont quelques décalcomanies aux signes me paraissant vaguement ésotériques, plus trois mystérieuses lettres adhésives, K N R, collées sur une affiche, une cavalcade de chevaux sauvages, lettres que je pris d’abord pour être le sigle d’une marque célèbre de révolvers américains, une boule de cristal en sa boite transparente, callée sur la plage arrière entre deux hiboux grands‑ducs, pas poussiéreux pour deux sous, comme sortant de la boutique du taxidermiste. Presque encore vifs. Sur un siège, un large coussin oriental avec un petit chien blanc la tête sous la patte, qui dormait. Je m’aperçus bientôt que le chien imitait parfaitement, comme ses cousins les grands‑ducs, le monde du vivant. Quoique... ?

 

   Une pétroleuse de la route ? Une superbe madame Irma en tournée de gala ? Une cool girl de luxe en partance sur la Côte, faire sa saison ?
   M’étais fais‑je piégé sur un tournage de film magique ou à effets spéciaux ? Non, je sais ! Une super caméra cachée ! Non ? Une publicité ? Allait‑elle me proposer un concours, un voyage, une crème cosmétique anti vieillissement ou l’achat d’un tapis volant, ou d’une fusée lunaire ?

 

   Ce devait être un ange ? Qui osera dire après cela que les anges sont asexués ? Faudra d’urgence revoir le dogme.

 

   Cette belle plante me fit comprendre tout aussi précipitamment qu’à son âge (?), il n’était plus question de refuser une occasion.

 

   Je crus d’abord, vu l’état de son char et considérant le trouble en mon cerveau, qu’elle devait gérer un négoce international de voitures automobiles d’occasion, qu’elle vendait, prospectait, ou qu’elle livrait à domicile, ou bien, qu’elle était une de ces pin‑up qu’on admire se déhanchant en mini short et chinchilla contre une berline de luxe, même d’occase... ou posant prosaïquement en string pour un calendrier de garagiste de banlieue. Je répondis bêtement que je n’y connaissais rien en ce genre de négoce, que, désolé, je ne pouvais pas l’aider. Elle éclata de rire. « Toi au moins, t’es un pur, coco ! Hou, là, là, je t’adore ! Cela m’excite ! Bébé Cadum, vient qu’on fasse connaissance…humm …comme c’est mignon tout ça …»

 

   C’était comme ça. A prendre ou à laisser. Plus fort que dans les B.D. les plus irréalistes. Parce que j’avais fini par saisir où elle voulait en venir, et rapidos, puisque déjà à l’ombre des marronniers roses en fleurs elle baissait les sièges et baissait les rideaux. Qu’auriez‑vous fait à ma place ? Et c’était si aimablement emballé, comme avance, et si inattendu ! Un vrai super colis de noël qui vous embarque... destination le septième ciel ! gratos, direct... sans passeport, pas de certificat de vaccination ni de tampons sanitaires, sans accessoires latex, ni obligation de sacrifier à un douloureux mais rituel combat avec l’Ange.

 

   C’était le printemps de mes vingt et un ans et je n’avais pas à demander la permission... Et la dame était sereine. Connaissant mon âge, la belle savait qu’elle pouvait  disposer de mon corps à son aise et à sa guise, en toute légalité et comme je n’avais rien à objecter de sérieux au sujet de cette plus que séduisante O.P.A., aussitôt je signais de la bouche, des deux mains, puis du corps entier, les yeux bien ouverts et fort enthousiastes. Bon, je chercherai à comprendre demain... Pourquoi moi... Physiquement très quelconque, complexé, timide, et qui n’avait pas le don de tomber les femmes, même tristounettes, en ne levant qu’un seul pouce depuis le bas côté herbeux des pissenlits, ni ne dire mot qui vaille ?

 

   Ainsi le voyage traîna encore quatre ou cinq, voire six ou sept  jours, un week‑end du premier Mai à la triple rallonge (de gigolo ?), car elle m’entraîna en un tourbillon style rallie touristique à tombeau ouvert dans un jardin d’éden, (on n’avait pas encore inventé en notre doux pays, la répression anti chauffards !), dînant, dégustant et couchant en ces délicieuses auberges de charme blotties sur le Cher alangui ou devant le Loing immobile, entre le fleuve sauvage de Loire et ses châteaux chefs‑d'œuvre époustouflants conçus pour les plaisirs du beau roi François, ou d’Henri III le fol et de ses mignons champions hors catégorie de bilboquet, ses rivières aux eaux molles couleur de caramel, saules pleureurs lascifs et extrême douceur du grand Val, sa fine gastronomie, ses vins blancs aux bouquets inimitables haussés fleurs blanches, aubépines muguet et seringas sur des fromages de chèvre roulés, pyramidaux ou cylindriques, toutes positions géométriques du Kama Soutra gastronomique, produits les plus suaves de l’univers vous fondant parfois en une bouche extasiée, et pour finir en beauté, sa fine literie fleur de lin, senteur de tilleul emmiellé acacia, chanvre et lavande douce. Chaud, chaud, chaud... Les mille et une nuits de la luxure commençaient. Carré blanc pour l’action ! (Tous droits réservés). Je souhaite que ce genre d’enlèvement vous arrive un jour.

 

   C’est à moitié fier de moi, ébloui mais vidé, que je débarquais sans discrétion à Paname, avachi en une berline Allemande, grosse cylindrée, bleu pétrole, jadis métallisé et chromes éblouissants, conduite par une amazone qui aimait passionnément les jeunes gens, à vous les dévorer en brochettes, une chauffarde diabolique de luxe, une ogresse de charme et de forme... Une fée ?

 

   Comme je lui faisais remarquer que je me sentais un peu gigolo et que je culpabilisais (si peu... mon dieu, quel hypocrite !), elle éclata encore de rire (elle était autant coléreuse que rieuse !), et me dit d’un ton de voix qui semblait tomber du ciel :

 

« A quelle époque vis‑tu, coco (on disait toujours coco à l’époque) ? Hé là ! Sais‑tu que les femmes s’émancipent ? Et devais‑je dire amen et jouer les gourdes quand mon bel amant, mon traître de Laurent, s’est tiré en douce en week‑end prolongé de mai avec la Bernadette, sa jeune et jolie petite garce perverse de secrétaire... une roturière ! … vint et un ans... rougeaude, pisseuse, une pucelle ! Monseigneur très virilement désire exercer librement malgré ma haute réprobation, son droit de cuissage ?

 

Ah ! Ah ! (Pour les plus jeunes lecteurs, je précise qu’à cette étrange époque on pouvait trouver des filles splendides, vierges, même à l’âge paraissant aujourd’hui canonique de 21 ans ! ), il n’aime que ça, le fourbe, les vierges, ce petit salopard « de Mes Choses » (C’était sa façon de s’exprimer quand la jalousie prenait de dessus) ».

 

 ‑ Ah bon... 21 ans... comme moi... fis‑je, rêveur.

 ‑ Dis donc, doucement, coco bel œil... ! Tu ne vas pas t’y mettre, toi aussi ?

 ‑ Ne le prenez pas mal, Darling, je disais seulement pour l’âge, vingt et un ans !
    Belle analogie entre nous quatre. Et en quelle région sont‑ils partis ?

  La même que nous, coco.

 ‑ Quoi ! Comment le saurais‑tu ?

  Eh, hé... ? Mon petit doigt !

 ‑ Mais on risquait de se rencontrer. C’est fou !

 ‑ On s’est rencontré, coco.

 ‑ Tu plaisantes ?

  Du tout, coco. Rien de plus réel. On a dîné l’autre soir dans la même salle
    de restaurant sur le Loing.

       ‑ Bof... Tu me la bourres... Je ne te crois pas

 

       ‑ Cela t’en bouche un coin ?

   Ils sont arrivés comme les fleurs de mai, sans se douter, avec les fromages de chèvres. Tu étais trop absorbé dans tes rêves, ta dégustation et ta contemplation de ma personne pour t’en être aperçu.
    T’aurais vu la tête de mon Laurent de Mes Choses ! Et la Bernadette, c’te souillon, c’te bécassine qui se prend pour Cendrillon au carrosse et au prince charmant, qu’il a chopé dans le ruisseau, verte, lui, qu’était bleu ! Je n’ai pas moufté. Toi tu me parlais. Sais‑tu qu’on leur a gâché leur soirée à nos tourtereaux et surtout leur nuit, hou ! hou ! Ils avaient loué la chambre contiguë à la notre... monstrueux hasard ! Si, si ! Ils nous ont entendus, hein, oh oui, coco amour, me ronronna‑t‑elle à l’oreille avec un soupir suggestif et la main experte au toucher virtuose caressante sous ma « limace » (mot d’argot signifiant : chemise) bleue à épaulettes de pandore. Hou là, là... Mais, eux, ils se sont tenus tranquilles, crois moi ! … Elle se recula violemment en me rejetant, devint livide, figée par une subite fureur, sa fine bouche crispée devint sanguine …je ne l’avais jamais vue ainsi …et ses yeux pers virant soudain du bleu azur au violet puis au rouge cardinal ! Impressionnant !

 

 Non ! Tout ça, Darling, c’est du roman de gare, mais reconnais que cela aurait pu mal tourner ?

 

 ‑ Penses‑tu ! Je connais mon petit monde, moi. Je maîtrise la situation, moi. Tous des lopes ces mâles qui veulent profiter de mes charmes sans retour et se servir de mes réels pouvoirs, et leurs petites femelles au berceau, pft... des pétassons en herbe, ou des liserons conjugaux en boutons ! Mais, c’est égal, t’aurais vu la tête de …

 

 Comment ? Y’avait un troisième ?

 

 Mais oui, coco ! Ah ! La tête du détective qu’il avait arrosé, mon Laurent, mon pauvre chéri de salopard de mes choses, pour me surveiller, t’aurais vu ! Hé bien il a fait son travail, le détective, il nous a retrouvés ! C’était ce même soir. Il est entré décontracté, à commander une conso au bar, pensant passer une soirée de patachon à draguer les servantes, et en se retournant le voilà qu'il découvre nos deux couples rivaux. Gris, il est devenu, non pas de boisson, mais de mine. Il ne savait plus quoi faire, plus quoi en déduire. Un moment de grande solitude, pour un détective.

 

 ‑ C’est trop fort, ça. Et alors ? Je n’ai pas fait attention à tous ces détails croustillants. Je tournais le dos au bar et certainement à l’autre couple. Et alors, elle est jolie la petite Bernadette ? Haï ! que n’avais‑je pas dit ?! Furieusement elle me griffa jusqu’au sang en me montrant ses dents... adorables.

 

 Tais toi, petit impertinent !  Alors il est reparti sous un signe discret de Laurent, sans même consommer et nos tourtereaux ont filé, je présume, le rencontrer dehors... ou peut‑être ils sont allés directement vers leur chambre, d’où ils nous on fait la belle, au milieu de la nuit, comme deux enfants honteux surpris par la bonne à jouer à touche pipi. Ils avaient du payer la chambre par avance, avant de monter, je suppose.

 

  Je n’ai rien vu. Ils sont arrivés à quel moment ?

 

Laurent et sa petite garce, la Bernadette ? Quand tu me racontais ton histoire craquante sur Marie‑Madeleine, la belle et opulente copine rousse à Jésus, comme tu disais. (Sur ce elle se refit tendre …hou la, la …). Et  le détective de mon ami de mes choses a fait son entrée quand tu en étais à l’affaire d’Arsène Lupin contre Herlock Sholmès, son redoutable adversaire et pourtant comme tu disais, son maître à penser, et qu’on en rigolait comme des bien heureux, tu te souviens, les vexantes farces Lupinesques à l’endroit du pauvre détective britannique, que je m’en suis presque étouffée de rire... à ce moment j’entrevois mon Choubrenc, le détective de Laurent, commander un Baby au bar, Choubrenc de l’agence Goutrand et compagnie, Orléans, 21 quai Jeanne d’Arc, Georges Choubrenc, c’était bien lui, en personne !

 

  Tu le connaissais ?

 

  Que non, coco ! L’intuition.  Et j’ai saisi son identité par déduction un peu plus tard, aidée par mon miroir de cristal.

 

Que veux‑tu dire… ton miroir de cristal ? …

 

Laisse cela, veux‑tu ? Tu ne peux pas comprendre (et son visage se ferma)

 

 Pardon. Très fort ! Un excellent départ de roman d’aventure Belle Epoque, à la Maurice Leblanc. Je n’en reviens pas... et le mystère avec ! Tu nous auras manipulé comme des gosses... Mais  tu as été très classieuse ! (on ne disait pas encore : géniale). Cependant, un détail pourtant qui me chiffonne, comment pouvais‑tu être aussi sûre que les tourtereaux allaient échouer en cette auberge paumée, sur le Loing ?

 

 Mais, coco, je l’ai su par le mien, par mon détective, qui n’est justement que le patron de l’agence, Serge Goutrand, soi même ! Donc par le patron de Georges Choubrenc, le détective de mon petit salopard de mec, marquis de Mes Choses. Pour qui se prend t‑il ce petit hobereau... hein ? Pour le comte de Saint Germain ? C’est en tous cas ce qu’il fait croire a sa gourdasse, ce crétin, et elle c’te linotte qui fait mine de le croire, la perverse de petite pute. Serge Goutrand était, dès le début au courant de tout parce que la petite bécasse lui aurait parlé, et l’autre, Georges Choubrenc, qui est sa dernière recrue talentueuse arrivant de Paris, grassement payée par mon chéri plein aux as... avec l’argent qu’il m’a volé ! Il ne s’attendait pas à nous retrouver en cette auberge, à côté de son nouveau patron attablé, avachi devant un tourteau mayonnaise de deux livres, plus toi, coco, la part incongrue et inattendue, le même soir et sous le même toit d’auberge. Imagines‑tu son malaise ?! Et...

 

 Et... Quoi ? Le patron était donc là, lui aussi, Serge Goutrand ? De plus en plus fort ! De plus en plus fou ! Ne me dis pas que Goutrand c’était le... l’imbécile au tourteau géant mayo ? Si ? De mieux en mieux ! C’est trop ! Hou ! hou ! hou ! Ah, ah, ah !

 

 Eh bien oui, coco, il était aussi dans la salle, le patron. C’était bien ce gros barbu à la table n° 3 près de la fenêtre et dont tu t’es tant moqué quand par maladresse cet abruti a laissé échapper de sous sa pince d’acier chromée à briser les crabes (elle n’en pouvait plus de rire), une autre pince, celle du tourteau mayonnaise bien huilé, qui est venu brutalement échoir sur notre table, parmi les fromages en manquant de renverser ton verre... ce qui te mis en fureur ! Et que tu lui as rendu une fois ressuyé, entre deux feuilles de chicorée frisée, sur un plateau d’argent en te payant carrément sa tête !


   Hi hi hi ! Que tu lui as dit très haut qu’il n’était sûrement pas Arsène Lupin la classe, mais plutôt ce gros rougeaud maladroit de « Béchoux » (nom de l’inspecteur de police un peu faiblard, éternel souffre douleur d’un Arsène Lupin manipulateur), pour tirer aussi mal du crabinoscope 75, comme tu lui as joliment déclamé ! T’as été gonflé, quand même, mais tellement bien inspiré sans le savoir. Il a rougi d’ailleurs plus vite qu’un crabillon surpris à marée basse, en entendant ta réflexion. Il ne s’est pas excusé, d’ailleurs toi non plus et il est reparti furibard bien avant le dessert sous les ricanements et les gloussements retenus des attablés qui commençaient à beaucoup s’amuser. Rouge comme un coq de concours.


Hou la, la, il est gravement fâché ! J’espère qu’il me fera une réduction d’honoraires pour s’être conduit comme une lopette ! »

 

   C’était d’un burlesque ! Avec des personnages courtelinesques en vacance chez Feydeau ! Que peut‑il arriver de plus croustillant ? Du grand art ! Mais qui aurait pu virer vinaigre, Grand Guignol et compagnie !

 

   Je ne regrettais pas ce soir là, de m’être innocemment costumé en flic avec une chemise bleue à épaulettes, ceinturon et futal noir, achetés au surplus de la police du marché saint Sernin avant de partir, pour aller vivre cette aventure invisible et rocambolesque en resto de luxe, en ajoutant, sans l’avoir voulu, par mon apparence de policier municipal, une nouvelle louchée de confusion dans l’ambiance générale ! Quand je confiais à  L. cette dernière remarque, nous repartîmes en un fou rire épuisant, mais libérateur.

 

   Difficile de bien conduire en de pareilles circonstances, d’un fou rire l’autre ! Pourtant cela ne semblait pas la gêner et la voiture enfilait les avenues de la capitale avec des feux toujours aux verts et se faufilait en douceur entre les autres véhicules aussi souplement qu’un deux roues bien piloté ! Comment faisait‑elle ? Un numéro d’illusionniste, grandeur nature ? J’étais suffoqué, mais j’avais compris qu’il ne fallait pas que je pose de questions qui pourraient rompre le charme.

 

   Ainsi nous arrivâmes en un temps record place de la Concorde ou elle stoppa sèchement à la hauteur de la grande Fontaine de la Mer ou le dieu Triton curieusement barbu comme Neptune, tient sa conque de la main droite et sa pagaie à main gauche entre deux vrais tritons statues crachouillant l’eau.

 

      « Tu stationnes là, Darling, fis‑je inquiet ?

      ‑ Tu es arrivé, coco, répondit‑elle comme avec un ton de regret.

 Ici ? Place de la Concorde ?

 Je veux dire, coco qu’il faut que nous nous quittions ici.

 Je savais bien qu’il fallait se quitter, là ou ailleurs, soupirai‑je sur un sourire de bois en me blottissant près d’elle. 

  Nulle part ailleurs, il n’y a plus d’ailleurs. Me fit‑elle d’un ton mystérieux.  Nous y sommes. C’est là, ici même que nos vies se séparent. »

 

   Ces deux dernières injonctions, soulignées par un sourire, lequel, illico se referma et son visage s’endurcit.

 

   Je remarquais subitement que nous étions tous deux en cet endroit mythique où Lupin passa et repassa des centaines de fois en ses aventures, l’axe Passy Quai des Orfèvres aller et retour ! Le carrefour de Paris, de la France, presque, l’endroit le plus Lupinien et Lupinesque de Paris et du monde ! Force était de constater qu'elle avait soigneusement choisi ce point stratégique... Etait‑ce uniquement en hommage à Lupin ?

  

   Enfin, nous nous quittâmes sans plus de pathos au pied de la grande fontaine.

Puis elle a démarré en coup de canon (qu’elle était toujours !). Bye ! Bye ! Elle se fondit immédiatement dans la circulation ordinaire... de suite invisible... disparue la belle... par le boulevard du Cours la Reine, vers Passy aux demeures cossues et secrètes à doubles entrées et triples sorties de Lupin, et d’où, très au lointain, on imaginait courir le paysage supportant la route de Haute Normandie, que je rêvais, naïf, toujours hantée par Lupin et sa bande, puis Rouen, l’entrée du trigone d’or de Caux, Dieppe, Le Havre, et moi ici, qui la cherchait encore du regard, Darling, debout comme un con devant Triton, le dieu indifférent, siégeant à côté de la Méditerranée, la figuration allégorique, avec son dauphin de bronze bafouilleur d’eau, et dont  une saute de vent m’amena quelque embrun aux yeux, comme je tentais de scruter encore une fois, fort loin, après le Cours la Reine et le prolongement de la Seine... la gorge nouée, les dents serrées... la vue brouillée...

 

Mais où avais‑je planqué mon mouchoir vichy, bon sang ? Ben non, j’ne pleurais pas...

 

   Elle ne s’était pas évaporée sans m’avoir laissé un souvenir, glissé en ma poche, un mot confidentiel... un petit compliment sur papier bleu, fortement parfumé au réséda musqué, un de mes petits grands trésors éternels. Je le conserve toujours et son parfum est toujours intact.

 

   Sincèrement, je ne saurais jamais si cette histoire avait été purement et simplement fantasmée par cette femme superbe, mais, Dieu que le premier rôle féminin avait été exquis et à la hauteur.

 

   Pensif et tristounet je revins à pied jusqu'au boulevard Saint Michel et me mit à flâner aux devantures des libraires avec un certain vague à l’âme... Depuis cette bizarre séparation, flottait en boucle en ma tête cette fameuse phrase énigmatique d’ALCOR, extraite du roman de Leblanc (la comtesse de Cagliostro), que Lupin sut décoder bien avant Joséphine Balsamo :

 

Ad  Lapidem  Currebat  Olim  Regina

Vers la pierre courrait jadis la Reine...

 

   Soudain je me figeais, sidéré devant un bac à livres d’occasion de chez Gilbert Jeune. Saperlipopette !

 

   Sur le devant, était sorti du tas un livre de poche d’occasion, un spécimen que je reconnaissais et qui illuminait à lui seul toute la pile.

   En première de couverture, justement, l’image de Joséphine Balsamo, comtesse de Cagliostro, la brillante et démoniaque fille du mage, le Saar Cagliostro, elle, la seule au monde, à posséder le secret de l’immortalité ! ... et dont le teint était si délicat, pale sur visage oblong, généreux cheveux blonds, les yeux mignonnement fendus, l’iris azur éthéré, femme éternellement jeune et belle mais curieusement sans âge visible, grâce à un élixir et à un miroir magique hérité de son mage de papa (fameux personnage ambigu mais historique du XVIIIe siècle qui hanta toutes les grandes Cours d’Europe, fit tourner les têtes princières, les tables, ensorcela les reines et grugea rois comme empereurs), la blonde et terrible Joséphine ressemblant tellement à son père, plus la beauté...

 

   Dans le roman de Leblanc elle est l’amante ravageuse du jeune, tendre et orageux Arsène Lupin, presque encore un adolescent, un enfant disait‑elle, au siècle naissant, héroïne du livre qui fut le plus étrangement chouchouté par Maurice Leblanc, qu’il peaufina plusieurs décennies avant d’en décider enfin l’édition, jaloux de sa merveilleuse histoire d’amour et de chasse au trésor déposé par les moines Normands, ceux des grandes abbayes, joyaux de la belle et riche  province, la Normandie... un trésor fabuleux en pierres précieuses, caché dans la grande roche trouée des moines, le dolmen de la Reine, sous laquelle, la magnifique Juliette Sorel, la femme la plus resplendissante et courtisée du royaume, attendait jadis, les nuits d’été, sous la constellation de la Grande Ourse, que son royal amant lui rende hommage

 

 Ad lapidem currebat olim regina...

ALCOR, nom de la huitième étoile de la Grande Ourse,
tout juste visible à l’œil nu et pouvant servir de test d’acuité visuelle...

Vers la pierre courrait
jadis la reine, souvenez vous, les aficionados !
 

La Grande Ourse et l'étoile ALCOR (la seconde étoile en partant de l'extrémité du manche de la casserole). En fait il s'agit d'un couple d'étoiles Alcor et Mizar. Mais la résolution des instruments montre aujourd'hui un vrai système (Mizar se compose de 4 étoiles et Alcor est double) 

   Quel clin d’œil superbe que de m’avoir quitté à l’ombre de la pierre la plus emblématique de Paris, l’Obélisque de la Concorde, près de l’arrivée de l’avenue du Cours la Reine longeant la Seine ! Grande classe et femme exceptionnelle !

 

   Joséphine ! Le portrait craché de la belle qui venait de me quitter pour de nouvelles aventures

 

   Joséphine, la reine des manipulatrices et des escrocs en jupons ! Recherchée par toutes les polices du monde, comme Lupin ! Joséphine l’irrésistible et l’insaisissable !
   le terrible double féminin d’Arsène, tous deux immortels... pour le meilleur et pour le pire.

 

   Machinalement je recherchais le mot bleu qu’elle m’avait glissé avant de partir...

je m’asseyais à la terrasse du café concomitant... lui aussi peint en bleu...
« Mon coco amour … etc. … hum …hum … avec les compliments de Josine »

 

Josine ?!! Articulais‑je très haut, au grand dam des consommateurs qui cherchèrent désespérément Josine du regard. (Comme en une autre chanson …)

 

Tonnerre ! Josine était le diminutif de Joséphine Basalmo !

 

   Tout était incroyable. Tout, comme vous savez, les petits chevaux maigres, mais magiques, de Josine, la Cagliostro, lesquels  jamais ne se fatiguaient ni ne se restauraient ni ne buvaient… ni ne s’arrêtaient...

Vous m’entendez ?

 

   Jamais, en ces six jours, je n’avais surpris Josine, stoppant en route pour faire le plein de sa voiture, pour abreuver sa grosse berline allemande, qui pourtant aurait du être très gourmande de carburant, étant donné la vitesse nettement excessive de la  croisière... ah... oui, le texte maintenant me revenait :  Leblanc évoquait une grosse berline (la voiture allemande ?) tirée par deux chevaux infatigables, se dirigeant seuls, ne se nourrissant jamais, et cette voiture qui filait comme le vent même dans les côtes les plus raides, et qui abritait les amours chaotiques de Lupin et de Joséphine … le texte revenait, écoutons Maurice Leblanc :

 

« La voiture filait avec une rapidité inconcevable, souvent par des chemins détournés qui évitaient les traversées de villages. Ni les montées, ni les descentes ne rebutaient l’ardeur endiablée des deux petits chevaux maigres. A droite et à gauche, des plaines glissaient et passaient comme des images … »

 

   Mais comment s’est‑elle débrouillée, alors, ma Josine pour créer tant d’illusions, sans que je ne soupçonne l’imposture, comment a‑t‑elle rusée ? C’est trop fort ! Jusqu’aux feux verts qui lui ouvraient sans cesse la voie et les automobilistes qui complaisants la laissait doubler et se faufiler de queues de poisson en zigzags tracés à toute allure ? Nul policier ne l’avait arrêtée, ni contrôlée et personne sur le chemin ne semblait s’inquiéter de cette chauffarde qui slalomait entre les piétons, ambulances, autobus et voitures de police en maraude.

 

   De toute manière, je ne comprenais rien à cette mise en scène fantastique romanesque autant que burlesque... en laquelle tout me dépassait depuis le début. Reprochera‑t‑on aux artistes de music‑hall de vous affoler par leurs tours les plus fins ? Cela énerve, c’est tout, et on en redemande, comme des gosses en tapant des mains. Il ne faut pas tout vouloir démystifier.

 

   Bof... ? Etais‑je tombé sur une mytho nympho épatante, une artiste, une surdouée, qui m’avait joué les Joséphine Balsamo, la digne fille du Saar Cagliostro, à la perfection... ou alors... oui ? ... ou ... heu ...

Eh bien, ou alors, quoi … d’autre ?!  

Le roman de Maurice Leblanc "La comtesse de Cagliostro" parut en 42 feuilletons quotidiens de décembre 1923 à fin janvier 1924 dans "Le Journal"

Le récit passionna littéralement le public et le livre sera publié dès juillet 1924

C'est dans cet épisode que l'auteur dévoilera l'enfance d'Arsène Lupin et son origine,
20 ans après ses premières aventures parues dans la nouvelle: "L'arrestation d'Arsène Lupin" (magazine "Je sais tout") en 1905...

Le WM

   Le parfum entêtant de la belle était bien là, envahissant, et si intense et enivrant que j’osais à peine m’approcher des gens qui d’ailleurs se retournaient étonnés après m’avoir croisé. Un parfum comme ça n’est sûrement pas distillé à partir d’aromes naturels. C’est de la chimie de synthèse, ensorceleuse. Ou bien était‑ce de l’alchimie ?

 

   Oui, savait‑on mieux rêver à l’époque ? ... Où était‑ce l’époque rêvée qui nous berçait en nous rêvant en son sein ? Car le rêve debout allait se poursuivre, souvent pour le désenchantement, mais aussi pour le meilleur.

 

    Et puis me voilà ! (Suite et fin de la chansonnette de Leny) J’arrivais donc flapi et parfumé à Paris...

 

   Une heure plus tard, cinquième étage ! (Je déteste les ascenseurs), immeuble cossu du quartier de Notre Dame (Mais oui... encore une gosse de riche, ma parisienne... on l’avait oubliée, celle‑là... mais ne fut‑elle pas prétexte à mon départ),  le cœur battant prêt à exploser, toc,  toc, toc… devant la porte de son studio d’étudiante dorée aux balcons émaillés de cent cactus observables depuis le bas de l’immeuble.

 

   Je m’imaginais déjà au balcon, détendu, en peignoir (comme au cinoche, Bebel !), Gauloise bleue au bec, restauré, douché, débarrassé du parfum embarrassant, serrant dans mes bras MC, (j’allais l’être, douché, oui, mais d’une eau plus fraîche !), en regardant vers la Seine et la cathédrale de Paris, toute pimpante et dont on avait achevé la toilette ordonnée par André Malraux...


    Je devinais les saules opulents (c’était la saison !) du quai Notre Dame, penchés vers l’eau miroitante de tous les ciels arlequins de Paris et des pers iris de la Seine, ah les couleurs changeantes des beaux yeux de Paname ! ... aurait chanté un Charles Trenet ! ... ou toutes images surréalistes qu’aurait pu écrire un Léo Ferré, et que j’aurai pu fredonner le soir sous le balcon de ma Juliette, comme Nougaro ivre d’alcool, d’accentuation, de mots et d’articulation des mots, pour l’amour de sa belle, prêt à toutes les clowneries pour qu’elle apparaisse un instant, et que je puisse écouter son rire, espérer un sourire ou seulement supposer un soupire, puis j’imaginais l’enfilade des ponts de pierres blanchâtres et ocres pales, avec les longs chalands des barges remorquées étirant leur sable sous les arches vers le pont Mirabeau d’Apollinaire... apercevoir les bouquinistes bougons entre leurs boites laquées noir, aux trésors, défoncées... la foule jamais ennuyeuse des piétons traçant le pavé au radar, les terrasses bondées des brasseries parfumées au friton et aux relents alcooleux, et Dieu sait si les parisiens ont l’air charmants dés que le doux soleil de Mai pointe son nez et qu’ils consentent à descendre de leurs voitures... La carte postale idéale. Ne manquent que les cloches de Notre Dame qui ébranlent leur concert d’airain, et ainsi va le cœur historique de Paris, la plus émouvante, sinon la plus belle cité du monde... cela valait le déplacement... et puis... cette voix doucereuse, maintenant, derrière la porte, là, tellement proche, à moins de deux centimètres :
 

    « Ouiiiii ? Qui est‑ce ? » Hou la, la... C’est sa voix.

 

   Je respirais un grand coup, passais la main dans ma tignasse, cessais de respirer... boum... boum... boum... comment faire taire son cœur... ? Ne plus l’écouter ! ... silence... Mais je ne pouvais rien articuler... de là on percevait la sirène d’une ambulance semblant se rapprocher parmi les roulements lointains et assourdis des voitures... (m’était‑elle destinée ?). Puis, soudain, toujours derrière la porte, brusquement, une voix mâle, plutôt jeune : «  Qui est ce ? »

 

Patatras. Chute de cinq étages, sans l’ascenseur...

 

   Une voix de jeune homme ? (Merdre, madame Ubu, merdre ! Me dis je, tout bas, histoire de refuser de prendre la situation au tragique... son cousin sans doute, ou un camarade de fac ?)

 

     « Qui est‑ce, enfin ? »

 

  Rien... personne... j’allais courageusement effectuer un lamentable repli stratégique quand la porte s’ouvrit. Un type immense aux noirs sourcils m’apparut, comme un ours géant des Pyrénées poussant au premier jour de dégel, la pierre de sa tanière. 

«  Ah, bonjour monsieur, c’est seulement moi, voyez‑vous, un ami à M.C., juste de passage... heu... on peut lui parler une seconde ?  Je suis entre deux trains, (n’importe quoi), là... heu... je file sur la Belgique (idem)... si non je repasserai... pas vous déranger... je me présente... ».

   Je paniquais mollement et bafouillais des mensonges inutiles. J’avais le cerveau en capilotade. Lui, l’ours, était mort de rire.

 

«  Oui, M. C. m’a parlé de toi. Bon, ben, putain con, reste pas là planté comme un poireau, entre donc ! ... M. C., ma chérie ! C’est le poteau à toi qui s’était annoncé. Il passe pour te biser, alors, bise‑le. »

 

   Elle accourut, belle, fraîche, épanouie et adorable. On se bisa intensément. J’étais grisé... Je crois bien du coup avoir perdu la boule et lui avoir mieux qu’effleuré les lèvres. Hou, la, la, quel frisson. Mais elle eut un brusque mouvement de recul et elle changea immédiatement de physionomie et s’esquiva ! Je l’avais donc perdue ?

 

   Et l’autre, l’ours noir des Pyrénées, plus docile dans le fond qu’il ne le paraissait, qui heureusement faisait semblant de ne rien remarquer !… Ajouté à la fatigue, bouleversé, je ne savais plus qui je suis ni qui j’étais, ni surtout où j’en étais. Présent, passé, demain, tout m’était égal. Josine, la terrible Josine, m’avait ensorcelé, m’avait piqué ou fait respirer un philtre de sa création !? Mais c’est bien sûr ! Le philtre de Josine était bien cette réalité tenace et imprégnant vêtement et peau pour trois bonnes semaines au moins (il demeura beaucoup plus !). Le parfum réséda rehaussé d’une note musquée de Josine, le parfum de bête charmante éveillée au printemps qui avait violemment indisposé M. C. est ce qui expliquait sa soudaine reculade... J’étais mal. Haï, haï ! Mais Feydeau, toujours pas mort ?

 

Lui : « Assied‑toi. D’où tu viens ? De Toulouse ? Raconte‑moi. Y’avait du monde, putain con,  dans ton train ? Dis, oh ! Qui c’est la nana dans ton compartiment qui t’a refilé ce parfum ? … Pas banal, hein, dis, M. (il la rappela), sent moi ça ma chérie, toi qui est un nez, une spécialiste ? Raconte‑nous, elle était jolie, au moins ? C’était quoi son petit nom ? Tu connais ce parfum, toi ma chérie ? Pas possible comme ça pète (on ne disait pas encore comme ça shoot) ! Prodigieux, jamais senti ça ! C’est dément ! Chapeau, t’as pas du t’emmerder dans le train. J’ai toujours dit, un voyageur solitaire est un diable !» 

 

   Il en remettait des tonnes et des tonnes et m’enfonçait avec jubilation. Finalement il me faisait par procuration la scène que M. aurait du me faire si nous avions été seuls ! Je transpirais de plus en plus fort et une grosse goutte s’écrasa sur ma chaussure.

 

« Tu  prendras bien un verre ?  Merde, y’a plus de bière au frigo ?  con ! … Alors, j’ai : Bordeaux, Cahors, Fronton, con, ou Quincy blanc du Loire et Cher ?»

 

   Je tressaillis jusqu’aux os en entendant ces derniers mots... Je devais avoir la fièvre. Le Quincy, mon vin blanc de Loire préféré... Où avais‑je planqué l’aspirine ? J’avais comme un coup de fièvre. Telle l’écrevisse d’eau douce du Cher, je rougissais à mon tour et transpirais comme faisaient les grosses jarres poreuses gardant l’eau fraîche au soleil du Mexique... Je clapotais en mon bouillon... je disjonctais sans étincelles... fermais les yeux... cherchais en vain une diversion, délirait en mon fort intérieur.

 

   Aucun doute, ce garçon là était bien, là, chez lui. Vous l’aviez compris, la belle n’était plus libre depuis un fameux baille et n’avait pas osé m’envoyer un bristol.

  

  Déjà je craignais ce grand diable macho à la voix de stentor et à l’accent ariégeois, loquace et roulant ses galets plus qu’un gave des Pyrénées. Mais je ne pouvais me douter que ce pseudo rival de la taille d’un Goliath, était aussi l’ange noir annonciateur qui allait dés le surlendemain me mettre en rapport (pour se débarrasser de moi et m’éloigner de la belle ! Mais dans la vie il existe des coups de pieds au cul salutaires, comme celui‑ci, qui ne fut en vérité qu’un coup de pouce libérateur du Destin, un sacré coup de chance ! Car il ne pouvait me rendre meilleurs service !), avec un de ses bons amis pyrénéens à lui, prof en banlieue, un poète et comédien, qui fut élève en comédie et mise en scène du maître Jean Vilar (celui du festival d’Avignon), s’il vous plait, et je ne sais plus quoi encore, lequel en fin de compte allait devenir pour longtemps mon grand ami et protecteur.

 

   Ce garçon, de trois ans mon aîné, trimballait des rêves et des projets qui me fascinèrent sans délai. Lui, était tout aussi grand que son ami l’ours, mais élancé, presque maigre, émacié, le teint clair et vif argent comme un chanteur de flamenco sévillan. Tantôt pale et le visage long et ovale de Joséphine Balsamo, mais avec les yeux noirs de jais... Mais pourquoi dis‑je cela ? … Aurais‑je remarqué malgré toute sa virilité apparente, comme un penchant plus féminin qui s’exprimait ?

 

   « Ouais, toi un jour tu me joueras Sganarelle, Sancho Pansa, et dans trente ans, quand tu auras pris de la bedaine, l’apothéose ! Tu seras mon Falstaff dont j’ai déjà écrit la mise en scène ! Tu es ces trois personnages. Tu as une bonne voix, puissante, claire, timbrée, pas d’accent, tu articules, ce qui est rare, plusieurs registres dans la voix, ce qui est rare aussi, t’es marrant quand tu le veux, t’as de la présence quand tu ne bouges pas, mais t’es franchement mauvais dés que tu bouges. Il faudra prendre des cours  pour corriger tes mouvements. Même avec les réserves, je n’en demandais pas tant ! Pour commencer, tu feras Canciano le cocu  boiteux, second rôle dans les Rustres de Carlo Goldoni.

 

   C’est G. une comédienne professionnelle sensas qui tient le rôle de dame Lucrèzia, ta femme dans la pièce. Tu la connaîtras dans quelques jours. C’est quelqu’un, tu verras. Elle dégage. Un peu folle mais avec les pieds sur terre, comme tu les aimes, sûrement, les femmes. Non ? Je me trompe ? Et puis elle est assez belle, ma foi. Où crèches‑tu ? Nulle part ? Bon, si ça te dit de coucher quelque temps chez moi, j’ai encore un lit. Tu amèneras tes bagages ? Ta petite amie ? Tu n’en as plus. Ni l’un ni l’autre. Libre comme une fleur. Bien, bien, alors tu restes ?

 

 Ben, oui ! (Difficile d’en placer une avec un généreux bavard de cet acabit)

 

   Ce qu’il ne pouvait encore soupçonner et moi non plus, c’est que je n’allais plus décoller de chez lui, ou si peu, pour faire des course ou plus tard aller bosser (dormir au bureau), découcher en célibataire, et que nous allions habiter ensemble et déménager trois fois ensemble, venir au centre de Paris, en repartir, y revenir, payer les loyers en commun, dîner, sortir, travailler en commun, avec un autre jeune comparse comédien (son petit ami... son coco, ben oui, et alors ? Je vous disais bien que cet homme d’aspect très viril avait cependant un côté joliment féminin), galérer pendant de longues années actives et foisonnantes, et que la fameuse G. , un sacré bout de femme de 40 ans qui en fait  28, que je vis effectivement peu de jours après (effet du parfum, toujours prégnant ?), allait doucement me conduire à vivre de plus en plus intimement avec elle, me fit découvrir tous ses trésors de femme qui a bourlingué, galéré, mais que la vie n’a pas usé et qui ne l’avait rendue que moins lisse, moins facilement jolie mais qui l’avait sculptée plus belle et toujours plus désirable, sa bibliothèque héritée de son exceptionnel papa, qui fut le dieu bienfaisant et initiateur pour sa fille chérie unique, chez laquelle je découvrais une planète et un univers totalement nouveau pour le petit merdeux que j’étais, la Kabbale, les œuvres de Papus, de Léon Bloy etc... etc... et puis aux années 68 et 69, dans l’Aude, le Razès, elle me conduisit de Puivert, château des cours d’amour, à la tombe des Pontils encore debout, celle de mes Bergers vénérés et en l’Eglise de l’abbé Saunière, puis à Montségur.

 

   Elle me fit rencontrer un certain Gérard de Sède, historien, trotskiste, surréaliste, ex‑résistant de l’ombre.

   C’est en Résistance qu’ils se connurent alors qu’elle était (en principe) toute minaude, jeune ado, jouant les pétroleuses et les porteuses de messages contre les occupants entre nounours blanc et poupée d’enfance ! Belle histoire aussi.

 

   Mais une autre d’histoire, m’arrivait par De Sède qui se passionna pour la vie de nos curés monarchistes et légitimistes du Razès et pour les Templiers de Gisors... N’est‑ce pas curieux, cette rencontre de deux idéologies extrêmes.  Le curé Monarcho admiré par le surréaliste Gaucho, n’est ce pas, paradoxal ?… Où nous conduit parfois le surréalisme ?

(Ce qui était aussi ma culture ! ... donc... Pas de limites... et les femmes inspirées, alors ? Encore plus loin ! ? ...

 

   Parce que personnellement avec G, j’accomplis un chemin comparable. Du petit anar nihiliste et couillon que j’étais parce que l’air du temps m’y portait (et aussi parce que c’était peut‑être bien ma nature ?), mais sans ne rien renier de mes vrais fondamentaux, j’allais toutefois découvrir avec passion ce qu’était une autre France et une autre culture de l’Occident. Une pensée tellement différente !

Stupéfiant ! Mais envers laquelle, greffon tardif, j’allais conserver une certaine distance utile et prudente.

 

Le journaliste historien  Gérard de Sède était en mission d’info top secrète.

 

« Jeune homme, votre destin ne tient qu’à vous ! »  Me confia‑t‑il, mi‑sérieux mi‑rieur, une belle nuit étoilée au château de Puivert...

 

« On commence les répètes quand ? Risquais‑je enfin à C. 

 

 Dès qu’on aura édité le premier numéro de notre revue littéraire en projet. T’as écris des poèmes, m’a‑t‑on dit ? Il y a  intérêt à ce qu’ils soient superbes, si tu veux que je les édite ! Si non, tu referas ta copie jusqu’à ce que ce soit bon... Je les lirais en ma classe, demain matin. Je mettrai les gamins en interrogation écrite une heure pour avoir la paix ! »

 

(On peut noter en passant que l’école en ces milieux banlieusards de l’Est parisien était encore facile et gratifiante pour tout le monde)

   J’extrayais en tremblant mes papiers manuscrits froissés que je retrouvais à grande peine coincés, au quart déchirés et devenus presque illisibles dans la doublure de mon imper de commissaire baroudeur. Il trouvera ça horrible, pensais‑je.

 

Hum mm !… Tiens, décidément, la liasse était, elle aussi, empreinte du parfum entêtant de Josine... zut... Je bafouillais encore de confusion.

 

« Je... Je... crois que c’est ça... mais... mais... désolé... ça alors, ça sent drôlement, n’est‑ce pas ?

 

‑ Oh ? Eh bien, ou as‑tu capté un tel magnifique parfum, me fit‑il extasié ? Je ne savais quoi répondre, et puis...

Voilà. C’est le parfum d’éternité. Celui de Joséphine Balsamo, comtesse de Cagliostro, lui répliquai‑je le plus benoîtement du monde.

‑ Eh bien, tu en as de belles relations, et des plus sulfureuses ! ... me répondit‑il, plutôt moqueur.

 C’est elle avec son parfum qui m’a propulsé ici.

 Ah, ah... bizarre... bizarre... eh bien, soit, c’est la Cagliostro qui t’envoie. Donc c’est du sérieux, je vois. »

 

   Je ne l’étonnais pas. Il était poète. On peut tout dire à un poète, sans jamais paraître ridicule ! Il n’empêche ! ... Toute blague à part, à qui devrai‑je mes meilleures années ? A quoi ? En grande partie aux effets saisissants du parfum ensorcelé de Josine.  C’est vrai, ma pau’ve dame, mon pauvre monsieur, à quoi tiennent nos vies... Il en est de même pour les empires... O vanités... ?


Don Juan, Molière, juillet 1969 au château de Puivert (de gauche à droite : B. , C. et G.)

   Quelque temps après nous tombait une critique fort flatteuse et encourageante dans les Lettres françaises, l’hebdomadaire du célébrissime Louis Aragon, le Fou d’Elsa (Triolet) ! Nouvel effet du parfum de Joséphine ? Tous s’accordaient à trouver nos  poèmes bons.

 

   Je trouvais vite sur simple demande verbale, sans le moindre piston et sans fournir de curriculum, un job (Encore l’effet parfum ?) en une administration respectable qui m’occupa à classer, à vérifier, ordonner et à tamponner manuellement des centaines de dossiers de brevets d’invention par semaine avant de les expédier à l’Imprimerie Nationale. Travail peu fatigant, égaillé de beaucoup d’heures libres volées que je passais en douce à la bibliothèque des archives des brevets d’invention à écouter, béat, les discutions entre chercheurs loquaces, rats de bibliothèques et puissants rêveurs et prospecteurs, que d’aucuns prenaient pour des illuminés.

 

   Ce fut donc, à l’INPI (ministère de l’Industrie, rue Amsterdam dans le IXe), que je me frottais pour la première fois à de vrais chercheurs professionnels. Personnellement je les trouvais messieurs dames distingués, posés, mais qui au moins véhiculaient des idées novatrices, originales, sommes toutes, d’authentiques créateurs en puissance ou inventeurs rompus.

 

   Certains possédaient cet esprit si particulier du bon chercheur méthodique de trésors ou de chevalier du Graal, comme on en lisait les aventures dans des meilleures bandes dessinées ! (Aujourd’hui, ce sont les mangas nippons qui ont assimilé et orientalisé notre mythologie celto‑teutonne). Beaucoup auront secrètement rêvé avoir inventé le Nautilus de Jules Verne, un autre, l’arbalète de Guillaume Tell ou pourquoi pas, la fusée de Tintin ou le caducée du dieu Mercure !?  

 

   Un inventeur ne peut couper le cordon ombilical le nourrissant de ce trésor débordant, que fut une enfance réussie. Je suis inquiet de constater qu’on fait tout aujourd’hui pour voler aux gosses leur enfance, alors que mes chercheurs et trouveurs du moment étaient tous restés de grands enfants (simples ?), tout comme moi et se demandaient pourquoi ne pas partir dés les vacances d’été, découvrir avec leurs vrais gamins, le fabuleux trésor des Cathares, celui de Blanche de Castille ou le trésor d’Alaric, que certains espèrent encore retrouver en la ville rose près de la basilique de St Sernin, voire, celui déjà célèbre des curés millionnaires de Rennes‑le‑Château, qu’importe, mais, allez savoir pourquoi, avec toujours en ligne de mire, la barre blanche des Pyrénées ! 

 

Mais ne perdons pas le fil.

 

   Et en fait, malgré toutes les trompeuses apparences, je ne l’ai jamais perdu ni rompu en ce chapitre plutôt romanesque, et vous le comprendrez mieux aux chapitres prochains.

 

   Tout se décrypte et le destin bordélique à nos yeux imparfaits se révèle être en vérité, avec le recul, dessiné en douces courbes tranquilles, comme l’univers, et vous semblera finalement n’être, que d’une logique implacable et mathématique.

 

  Trois semaines sans aller visiter mes bergers favoris et je souffrais en état de manque comme un fumeur devant l’unique tabac du village, fermé pour congés annuels !

 

   Le dimanche, jour de gratuité, on pouvait m’observer contemplant des heures entières comme hypnotisé, le tableau de Poussin... Le vrai, l’original, cet omphalos de l’esprit et de la modernité ; ce qui ne semble pas évident à première vue... J’en conviens... Et pourtant, mes cocos...

  

Chapitre V ‑ La récréation des gardiens

des Bergers du Louvre

 

Des trois petits chevaux maigres mais entiers de Joséphine Balsamo,
à Rig, Kob, et Nag, les trois bidets à demi châtrés
de monsieur l’abbé Henri Boudet !

 

 

Avertissement :

 

   A ceux qui s’étonneraient que je révèle avec complaisance des arguments ressemblant à des indices de la vérité de l’Affaire, je ferais la même réponse que Joséphine, comtesse de Cagliostro :

«  Pourquoi pas ? Les connaître n’est pas les déchiffrer ! »

 

   En vérité, je montre de nouvelles pistes à cueillir, ou plutôt à laisser fleurir, mûrir et grainer… Mais seul le jardinier possède les clefs de la serre où mûrissent les sésames profonds alimentés par leurs racines.

 

   D’autre part, à ceux qui en lisant les dialogues suivants, en apparence seulement à demi farfelus, qui eurent lieu au Louvre quand j’étais jeune homme, reportés dans le chapitre qui va suivre, et  m’accuseraient de ne pas suffisamment prendre au sérieux les Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin, je réponds que l’esprit en est le même qu’avec un Philippe de Cherisey, sans vouloir me comparer à lui, grand initié devant l’éternel, mais poète humoriste, comédien et l’ami de l’incomparable auteur dramatique Roland Dubillard, et qui se sera bien moqué des gens trop sérieux qui n’ont rien compris en ses stratégies de diversion, qu’aujourd’hui certains perspicaces chercheurs commencent à peine à débrouiller.

 

   Je pense sincèrement que Boudet aura mis aussi beaucoup de fantaisie et d’humour en ses meilleures pages. Ces gens‑là n’étaient pas tous des « pisse‑froid » ! 

   Si la fantaisie n’est plus de mise en France (2010), en ce qui concerne nos affaires, de profundis, sachez qu’elle l’était encore ancrée en notre culture dans les années 60.

 

    Enfin, grâce à cette légèreté, beaucoup d’intellectuels et d’auteurs ont pu exprimer des choses impossibles à dire autrement. Une autre forme de langue des oiseaux ? Qui va s’en plaindre ? Qu’est‑elle devenue aujourd’hui ? Comme précédemment, dans le même but  j’ai utilisé un style romanesque, toujours en vogue, avec de nombreux cryptages. Maintenant, en voici d’autres portés par un autre style. Mélange des genres ? Qui s’en plaindra, encore une fois, car c’est Boudet lui même qui nous donna l’exemple ! ?

 

   Quant à la guerre des arbres, ce n’est pas une invention ! Elle est bien réelle et connue… et Poussin qui en fut instruit, l’aura aussi récupérée, comme toutes connaissances scientifiques accumulées en son plus grand chef d’œuvre, les Bergers d’Arcadie.

 

 

 

 

   J’avais fait les frais d’une paire de jumelles de théâtre dont je me servais comme d’agrandisseur de tableaux, me permettant d’isoler les minces détails des tableaux de mon choix.

   C’est ainsi que je découvrais que Nicolas Poussin en d’autres toiles, avait truffé ses paysages de minces détails réalistes à peine soupçonnables à l’œil nu. Alors, s’il s’était usé la patience et les yeux à peindre tantôt de microscopiques troupeaux de moutons paissant à l’ombre d’une haie, pourquoi en ses Bergers d’Arcadie n’avait‑il affiché que des espaces arides, une tombe austère et cinq bouquets d’arbres ? Ici, point de présence animale !

 

Semblent être représentés sur ce tableau :

 

   Le règne humain par les bergers, le règne végétal supérieur par cinq duos d’arbres, tous  identifiables et identifiés, deux duos de hêtres, un duo de chênes verts, deux troncs de pins, et un duo de petits charmes (donc les personnages, devraient l’être aussi ?) et le règne minéral par des monts arides (donc, les montagnes aussi seraient‑elles également identifiables ?)

 

   Je songeais souvent à ces hypothèses et au mystère de l’absence d’animaux, et en cherchait obstinément la raison, en bénissant celui ou celle qui eut  l’idée d’accrocher le tableau à hauteur des yeux d’un individu de taille moyenne ! J’abusais de cette intimité possible avec l’œuvre et souvent les gardiens s’en inquiétaient en me surprenant le nez dessus, à frôler le vernis ! Je les rassurais.

 

   « Savez‑vous messieurs que je retiens ma respiration et que je fais bien attention de ne pas éternuer sur la peinture, pour ne pas risquer de la contaminer avec un virus ou un mauvais champignon qui détruirait la matière picturale ! Je suis conscient ! »

 

   Mais je voulais respirer au mieux le vieux tableau, si fragile, un malade médiocrement retapé et aventureusement torturé. (Voir chronique technique de Patrick Merle). Les braves n’étaient pas rassurés pour autant et me prenaient pour ce que j’étais (et ce que je me reconnaissais volontiers d’être), un doux maniaque qu’il fallait sans cesse surveiller du coin de l’œil !

 

   A l’un d’eux, un faux naïf, bourré d’humour, et madré comme un vieux lynx qui venait me faire parfois un brin de causette, tous deux plantés devant les Bergers, je lui posais brutalement, ce jour‑là, quelques questions.

   Je me sentais particulièrement en forme et prêt à improviser une conférence... Mais pas de manière tout à fait habituelle, plutôt dans l’esprit de l’époque, grâce à l’esprit de mon gardien complice, comme moi facilement délirant, et avec pour lui un peu de la verve d’un Dubillard, père des Diablogues, qu’on ne cite pas assez à propos de ce duo désopilant qu’il forma longtemps à la radio, au Club d’Essai, ancêtre de France culture, avec Philippe de Cherisey, et avec qui il a écrit un livre original et non décryptable, intitulé « Livre à vendre », Grégoire, avec Amédée, oui, de Cherisey, l’exquis marquis, comédien et intellectuel à l’humour redoutable, touche à tout, et qui s’acharna, malgré sa véritable initiation, à créer une grande confusion en l’histoire des deux Rennes ! Tout l’esprit fantaisiste de l’époque qui me précédait, mais dont l’empreinte était encore bien vive.

   Bref, la France était un pays rayonnant et très écouté, mais qui dans la grandeur refusait de se prendre au sérieux. Quel luxe !

   Moi : « Hum... Hum...  Ne croyez‑vous pas, cher monsieur, que le personnage de droite sur le tableau des Bergers, la grande femme, bien costaude, pourrait être non pas une bergère, mais une Artémis Diane ? Il existe un tableau de Le Sueur, contemporain de Poussin, qui représente une Artémis Diane chasseresse au même profile, une grande et belle femme, bien balancée, une force de la nature. Le nom de la toile ? … « La chasse de Diane », cela vous dit quelque chose ? Et je crois bien que ce cher Le Sueur aura écrit en sa courte vie sur Poussin ? Non ? (Déjà des touristes, croyant à une conférence gratuite, se pressaient autour de nous.) 

Diane et Andymion ‑ Nicolas Poussin 1630

   Le  gardien (du tableau d’Arcadie) : Ben heu... Je ne sais pas. Mais puisque vous le dites, monsieur... soyez assuré que je vous crois

 

  ‑ Moi : Oui ? Vous êtes donc d’accord, hein !

 

  ‑ Le  gardien : Oui. Je le jure sur la tête de Germaine !

 

  ‑ Moi : J’ignore encore en quel musée est conservé ce tableau, ou s’il fait partie d’une collection privée, un chef d’œuvre, mais qui demeure pratiquement inconnu du grand public... Par ailleurs, voyez sur celui‑ci, le Poussin, le masque lunaire d’Artémis, la déesse lunaire, un véritable quartier de lune sur sa face, là, au bout de mon doigt, la lune, prête a changer une fois de plus de quartier. N’est‑il pas bien rendu par le peintre, le fameux masque lunaire trahissant la déesse Artémis ?

« Elle s’était enduite le visage d’un masque de boue blanche », nous raconte‑t‑on dans la mythologie, pour que ce vieux coquin de dieu Alphée ne la reconnaisse pas ! Marrant, non ? Parce que figurez vous que le vieil Alphée, sans doute aiguillonné par le démon de midi, courrait assidûment après la belle Artémis. Le harcèlement sexuel n’est point né d’hier ! Poussin, j’en suis convaincu, s’en sera souvenu. N’avez‑vous pas consulté cette croustillante affaire dans la Mythologie grecque ? 

  Le  gardien : Puisque vous me le dites... mais moi je ne lis pas toutes les revues à scandale... c’est plutôt Germaine, ma femme, qui les dévore... elle y craque son blé. Mais elle ne lit pas encore le grec, mais vous allez voir qu’elle est capable de s’y mettre.

 

  ‑ Moi : Et puis remarquez qu’elle est habillée de bleu, elle aussi, la Diane Artémis d’Eustache...

 

  ‑ Le  gardien : D’Eustache ? ...

 

  ‑ Moi : Si je ne me trompe, d’Eustache... oui... ça vous fait rire... d’Eustache Lesueur, bien sûr, le peintre ! Mais ce n’est pas cependant tout à fait le même bleu. Eustache Lesueur n’était pas Normand comme Nicolas Poussin, puisque né à Paris, mais il aura peint un long temps de sa vie, celle de saint Bruno, dit on, en la chartreuse de Bourbon Lès Gaillon, en Normandie. Que pensez‑vous de tout ça, mon ami, êtes‑vous d’accord ?

 

  ‑ Le  gardien : Hé bé ?... v’là que j’sais point, p’tèt ben qu’oui, p’tèt ben qu’non...

 

   ‑ Moi : A la bonheur ! Vous êtes d’accord avec moi. (j’élargissais le chant et m’adressais à la cantonade au grand amusement de mon copain le gardien). Et  pensez‑vous comme moi, que le personnage de gauche pourrait être son frère, faux jumeau, à Artémis ? Apollon, donc ?! N’est‑ce pas trop audacieux, hum, que de l’affirmer ?

 

  ‑ Le  gardien : Comme quand j’étais petit ! Mon frère Arsène , il était le faux jumeau de ma sœur Denise , croyez le. Ils n’ont pas le même âge, mais ma mère l’a voulu ainsi. Un seul anniversaire. Et quand je suis né, on m’a associé sans me demander mon avis à la commémoration ponctuelle des triplés, comme disait papa. Même il disait, c’est quand même plus pragmatique ainsi, un seul grand jour, un seul gros gâteau pour trois gosses, un seul cadeau, d’accord un peu volumineux pour qu’ils s’en souviennent, une seule bouteille de champagne pour les parents, plus grosse aussi, mais on s’y retrouve, et une seule bougie symbolisant l’année passée, plus grande elle aussi, et une seule allumette, de taille normale, par contre. Faut qu’elle soit bonne au départ, l’allumette, surtout ne pas la rater, ça porterait malheur au plus jeune, disait maman.  Un jour, j’avais quatre ans, elle l’a ratée, l’allumette qu’était humide. C’était moi le plus jeune des triplés. Résultat, je me suis fait gardien de musée. Pas de chance.

 

   ‑ Moi : A la bonne heure ! Félicitation ! C’est beau les grandes familles unies. Oui, Apollon ! Regardez la chevelure d’Apollon, frisée sur les  tempes, ce sont des anglaises, ma foi, (je prenais à témoin les auditeurs anglais), passée au fer à friser chaud sorti des braises. Voyez sa couronne de laurier...

 

  ‑ Le  gardien : Du laurier qu’il a mis à sécher sur ses cheveux chauds ?

 

   ‑ Moi : Du laurier nobilis Apollinien ! En France on l’appelle très vulgairement le laurier sauce. On est, nous autres, en France, que de la gueule... tout fini à la cuisine... voyez, comme quand votre Germaine vous fait des petits plats le dimanche, du lapin en sauce, par exemple, elle vous y met des herbes, du thym, du romarin, et une feuille de laurier bien parfumée, tout ce que le lapin aime manger dans sa vie de lapin, eh bien, c’est le même de laurier. Il a été souvent représenté ainsi coiffé et frisé, Apollon. Hum... ? Je pense bien, mais reprenez moi si je fais erreur, que Poussin a peint et repeint ce même type de visage ainsi coiffé en des tableaux représentant justement Apollon... si ! Les titres ne vous reviennent‑ils point ? ah mais si ! Il y a donc Apollon et les Muses... et puis, …Apollon et Daphné ! Non ? Qu’en dites‑vous ?


Apollon et Daphné par Nicolas Poussin (1625)

  ‑ Le  gardien : Puisque vous le dites. Hum, écoutez, ce n’est pas pour vous contrarier, mais elle ne me fait jamais ça, Germaine …parce qu’elle sait pertinemment que je ne tiens pas au lapin. Je préfère la viande rouge. Chacun voit ses goûts à la porte de son frigo.

 

   ‑ Moi : Et le bouvier, là

 

  ‑ Le  gardien : Le... ?

 

   ‑ Moi : Le Bouvier. Meuh ! (Je me pinçais pour ne pas rire) Celui qui est justement en rouge au milieu.

 

  ‑ Le  gardien : Ah oui. Mais il est fou, vous savez, il va se faire encorner, tout rouge qu’il est, par le premier broutard cornu venu, trouvez pas, votre crétin de bouvier ? Moi je préfère le bœuf attaché et en ficelle. Vous voyez.

 

   ‑ Moi : Crucifié comme Jésus, oui, sur les saintes cornes de la croix ! J’en ai peur, moi aussi. J’ai également remarqué, mon cher monsieur que ce personnage du bouvier était quasiment la copie conforme d’un des modèles stéréotypés proposés jusqu'au siècle dernier (19e), comme modèles traditionnels aux élèves peintres académiques.

   On dirait l’Hermès Mercure de ces modèles‑là, le messager des dieux, Hermès trismégiste, héritier du dieu Thot Egyptien ! J’ai retrouvé ça à Toulouse dans le bordel poussiéreux et allergisant des archives des Beaux Arts, quai de la Dorade. Les profs oublient toujours d’en parler. Il est pile‑poil ou presque ressemblant au stéréotype en question, je vous l’assure ! Pareil pour Apollon !

   Bizarre que personne ne l’ait encore clamé en quelque livre ou revue ? Ce n’est pourtant pas un secret d’état. La raison d’être de ces modèles était que le public initié pouvait ainsi identifier les véritables personnages représentés. Aurions‑nous perdu en notre mémoire collective tous les codes picturaux de nos ancêtres ? Il faut le croire, presque tous. Par négligence.

   Hum... Parce que le barbu accroupi, pas de lézard, vous êtes naturellement aussi bien d’accord, c’est le héros Héraclès Hercule ! Qu’on dirait sortant d’une déco de vase grec de la grande époque. Y’en a certainement au Louvre, non, des vases représentant Hercule vu de profil avec sa barbe, ses cheveux en broussailles, crépus, son nez pointu... toujours avec le nez pointu, Hercule !


Héraclès
(Hercule pour les Romains)

460‑425 av. J.-C. ‑ Louvre

    ‑ Le  gardien : Oh, moi, vous savez, pour la poterie ou les tableaux...
(Je l’avais libéré, cet homme, qui se
laissait aller enfin à bien délirer) c’est comme chez nous, pareil, vous savez, Germaine elle achète tout ce qui lui passe par la tête, et moi, bon tireur, j’en gagne aussi des tableaux, le dimanche, aux stands forains de tir à la carabine, au casse pipe, des tableaux, des monceaux de tableaux, ou sont peintes de jolies montagnes de Suisse, aussi bien ripolinées que celles du Louvre, je vous dis pas... la cuisine, chez nous, c’est comme ici... le même bazar, aussi bien peint. Des nids à poussière, mais elle dit, Germaine, et tes montagnes en tableaux, qu’elle dit, peintes à l‘huile, comme mes sardines en boites, épreintes à l’huile, tu les dégustes, hein, mes sardines en boite, mais ce n’est pas toi qui les époussettes, vieux cossard, tes montagnes en tableaux, peintes à l’huile et pas à l’huile anti poussière du droguiste, je vous jure ! ça non ! Voyez, je suis là au musée comme chez moi ... je vais, je viens en attendant les heures de la pause cafétéria, des repas ou de la débauche. Alors entre deux steaks frittes moutarde, coca, café, calva, Gauloise bleue, pissou, je m’emmerde un peu, alors je flâne et cause avec les gens... comme vous, qu’ont des idées à dire. Même si je ne les comprends pas toutes...

 

   ‑ Moi : Oh, que si, tu les comprends, vieux goupil. Il me tarde de venir visiter votre cuisine avec sa galerie Suisse ! Félicitation, monsieur le collectionneur. Pour moi sans moutarde ni coca, le steak frittes, je vous prie, et bleu... non pas bleu comme les cibiches ou les pommes Pont Neuf, non, le steak, bleu... hum... Par ce que, mon cher monsieur, tenez vous bien, et tenez le pour dit : Si j’énumère et considère les initiales des noms des essences d’arbres représentées sur ce tableau... vous me suivez ? Faites bien attention

 

  ‑ Le  gardien : Voui, voui, voui ! on ne dort pas, y’a pas de lézard.

 

   ‑ Moi : Comme vous pouvez le voir : Un couple de Hêtre, un autre couple de Hêtre, un couple de Chêne Vert, un couple de Pin

 

  ‑ Le  gardien : Pin ?

 

  ‑ Moi : Oui monsieur, Pin. (long silence) On ne voit que les hauts troncs de ces pins là qui sont deux... peints. (silence) Pardon... hum... (Je n’en pouvais plus, au bord du fou rire et j’avais du mal à me concentrer... c’était pour moi une étrange expérience d’acteur, en laquelle et de manière un peu loufoque, j’abordais des thèmes top sérieux).  La canopée est hors cadre, là‑haut, vous voyez bien qu’on ne voit pas les cimes des pins ?! Comme les hauts pins, qui furent peints par certains fauvistes qui ainsi vous déroutent l’œil d’un coup de pinceau, d’un trait de couleur saturée, en créant un graphisme quasiment explosif vous pétant directement hors cadre, comme derrière les cordes du ring. Poussin nous l’a fait, plus délicatement qu’un fauve... Il a peint deux longs troncs qui vous font, comme je disais, déraper l’œil en haut à droite. Vous me comprenez, bien sûr, vous qui êtes un boxeur esthète de l’art et avant tout un collectionneur averti ! Et si vous contemplez un jour le tableau hors cadre, vous verrez que le phénomène de dérapage de l’œil fut un temps amplifié ! Curieux, n’est‑ce pas ?

 

  ‑ Le  gardien : Bien sûr... Tout a fait. (Je pensais aussi qu’il était de plus en plus persuadé d’avoir affaire avec moi, à un louf pas trop dangereux, mais qu’il ne fallait éviter de contrarier ou d’énerver, on ne sait jamais)

 

  ‑ Moi : Ce n’est pas tout... et enfin à droite du couple de chênes verts, et du couple de pins, nous observons deux spécimens d’une variété de Charme, un autre couple, le Charme est le meilleur ami du chêne et du hêtre. Ces derniers, les hêtres, comme vous pouvez le remarquer, là haut, ces beaux hêtres roux, ils sont plantés au flanc des montagnes. Vous les voyez, placés intentionnellement loin par le peintre, loin, loin, des chênes et des pins... Poussin l’a ainsi fait,  je pense, pour deux raisons essentielles. La première étant l’incompatibilité traditionnelle entre chênes et hêtres, et la seconde, la différence de températures ou du micro climat favorisant l’une ou l’autre essence. Poussin a pensé à tout ! Car il existe de sérieuses incompatibilités entre certains végétaux que l’on ne peut pas cultiver à proximité l’un de l’autre, et bien sûr cette guerre existe aussi entre les arbres.

La guerre des arbres ? Cela ne fait pas de bruit, mais c’est terriblement long et invisible à l’œil nu ! Exemple, vous plantez quelques chênes au milieu d’une hêtraie, ou bien l’inverse, quelques hêtres en une chênaie. Hé bien, supposons que vous ne reveniez que cinq siècles plus tard.

 

   ‑ Le  gardien : OH ? Le plus simple pour voir, aurait été de m’enterrer par petits morceaux de moi‑même, un sous chaque hêtre ou sous chaque chêne séculaire. Un bout pour bibi, un autre pour bomba, et on continue en supposant que les hêtres aient des petits noms comme ci ou les chênes, comme ça. Voyez ? Supposez.

 

  ‑ Moi : Oui, supposons, je dis bien, supposons, sans que personne ne soit intervenu en votre propriété pour changer l’ordre naturel des choses : soit vous ne comptez plus un seul hêtre en vos propriétés, vous ne comptez que des chênes et quelques autres essences amies ! Ou bien, le contraire, vous n’avez plus que des hêtres en place des chênes d’origine, et quelques autres essences amies ! Mais ! ... chênes et hêtres, arbres en guerre depuis les origines, ont depuis des siècles un ennemi commun biologique et de surcroît d’ordre économique, ennemi aux effets aggravés par l’homme qui construit de plus en plus en bois et qui consomme de plus en plus de meubles bon marché. C’est le pin !

 

   ‑ Le  gardien : Ah ! le pin ! Eh bien, ça tombe bien, mes petits paysages, ils sont alpins, ne dites pas le contraire, et en plus, ils sont alpins et à l’huile, de lin, avec des pins qui sont peints dessus, pins que je vous dépeins et puis peints à la térébenthine de pin avec des vaches suisses devant, voyez‑vous, dessinés au pochoir, les pins, derrière les vaches suisses au pinceau … ça vous fait un effet ! Bœuf ! Ils sont tellement bien couverts d’alpages, que la nuit, dès que j’écoute mes rêves, je crois entendre les jolies sonnailles, des vaches … à lait et le cliquetis du laitier… le vôtre aussi, de laitier, il cliquette? Mes laitiers ont toujours cliqueté. Je ne sais pas les vôtres. Mais en général un laitier ça cliquette comme le pain frais ça craquelle. Je raconte ça à Germaine à cause de mes casse‑croûtes. Je lui demande de ne pas économiser la sauce, précautionneusement mise à part, car autant qu’il est vrai que sans sauce y sont secs ses jambons beurre de mou de la mie du bout de gras, ils sont encore plus mous et dégueulasses avec la sauce dessus, et au boulot, en conséquence, je suis comme aujourd’hui obligé de manger à la petite cuillère. Je m’excuse, messieurs dames, c’est l’heure, mais ça fait partie du spectacle. Un camarade va passer parmi vous afin de quêter pour les pauvres gardiens à la retraite. Merci de votre générosité.

 

  ‑ Moi :  Certainement ! (Une minute de silence... à l’observer manger et regarder un collègue gardien quêter. Je me demandais parfois lequel de nous tous était le moins fou ?)... Mais encore une petite « remorque », le pin déploie avec une vitesse inégalée sous nos climats, des troncs longilignes, facilement exploitables et renouvelables. Le pin est devenu peu à peu l’arbre matériau bois industriel vedette de l’humanité et cela va le « booster » en sa lutte naturelle et biologique contre le hêtre et le chêne, ses ennemis héréditaires... car en plus, rien ne pousse sous une pinède, à part certains champignons peu savoureux ni très comestibles. Et, ce n’est pas tout. Ecoutez bien, entre les chênes ou les hêtres castrateurs de l’une ou de l’autre essence en votre propriété non visitée pendant un demi millénaire, auront poussé un charme, un autre et puis un autre encore, de charme, pleins de petits et de gros et vieux charmes noueux, cannelés comme sur le tableau du Poussin, tous fourchus, charmes insinués entre les essences par dame nature et les oiseaux, le charme, l’arbre ami et allié des hauts et petits feuillus, capable de mêler son feuillage avec bonheur avec celui du chêne ou du hêtre ! Et de son bois résistant, peu cassant, à partir duquel, cher monsieur, tous les bergers du monde, comme vous ne l’ignorez pas, fabriquèrent au cours des siècles leurs crosses et leurs houlettes, et les bouchers leur étal pour découper les brebis des bergers, avant de découvrir les matériaux composites modernes, beaucoup plus légers, mais plus onéreux et dévoreurs d’énergie ! Mais abandonnons nos moutons invisibles un instant, et regardons maintenant le tableau génial, au sens le plus fort du terme, de Poussin.

 

   ‑ Le  gardien : Oui, oui, oui, oui, oui, regardons, regardez, écoutons le jeune homme. Approchez ! Il ne nous mangera pas. Il n’est pas méchant. Permettez‑moi de boire un petit coup de rouge pour arroser mon frugal repas, avec ma timbale en étain. Je suis allergique au plastique. Dans le verre c’est meilleur, je suis d’accord, c’est pour cette raison qu’après un coup dans l’étain, je prends un coup dans le verre, pour la bonne bouche.

 

  ‑ Moi :  Que constatons‑nous ? (Dur de ne pas rire) D’abord qu’il aura pris soin de mettre de la distance entre chênes et hêtres. Ensuite il nous prévient que les deux chênes verts représentés sont menacés à cause de la présence des deux pins poussant à leurs pieds ! Mais aussi que les charmes très utiles à l’homme et son économie dans les sociétés pastorales (par conséquent ils seront cultivés voire protégés par les bergers !), poussent à proximité et, pourquoi pas, vont aider aux chênes à se sauver, puisque les pins hâtivement arrivés à maturité, seront bientôt sacrifiés, donc éliminés de la course à la vie et à la survie ! Les deux chênes et les deux charmes vont cohabiter positivement pour le grand bonheur de chacun.
   Vous me suivez, toujours, j’espère !!! Tout cela est logique et reconnu depuis longtemps par la tradition, et enfin, Dieu merci,  aujourd’hui, par la science. Grandiose histoire que Poussin, l’honnête homme fort bien instruit de tout, nous raconte ! L’histoire d’une stratégie imparable, et le tableau, je vous le jure est truffés de messages de cette espèce qui ont aussi, trait aux sciences. Et nous n’avons encore rien vu, mon ami. Des décryptages bien plus impressionnants et spectaculaires que ce hors‑d’œuvre attendent notre sagacité. Il n’y a pas que sciences naturelles en ce tableau, qui est à ma connaissance, le plus phénoménal des tableaux, je vous l’affirme. Il y a aussi les mathématiques, la géométrie, la géographie, la topographie, la connaissance des mesures anciennes et une sérieuse projection sur les mesures futures (eh oui !). Et je ne suis pas venu à Paris pour vous raconter des carabistouilles, mon infiniment cher monsieur, et ami... et cher public.  Maintenant, il ne nous reste plus qu’à comprendre pourquoi, et en quel but, Poussin nous décrit de telles stratégies. Stratégie des couples, stratégie des règnes biologiques, mais où les animaux sont cachés, stratégie des nombres, stratégie des échelles de nombres. Qu’en pensez‑vous cher ami ?

 

  ‑ Le  gardien : C’est très marrant, ce que vous dites. Parce que c’est sûrement vrai ! Mon beau père, oui, le papa de Germaine, un bon vieux chenu comme le chêne blanc, mais je vous le présenterai, il viendra ici même dans quelques jours accompagné de sa fille, avec sa boite à médicaments, son bracelet d’alarme, et avec son cabas du quatre heures, et tout le sinfrusquin, car c’est un morfale, croyez bien, lui aussi, possède une canne en charmille sur laquelle grimpe un tortillon de liane canne dont il ne se dessaisit jamais.

 

(note de l’auteur : tiens, un peu comme le bouvier Hermès, si vous observez bien en lumière rasante, la partie basse de son aiguillon et que l’on repère particulièrement bien sûr l’original, l’aviez‑vous remarqué ? )

 

   Mais à son âge, il se plaint, car le charme est devenu trop lourd au vieillard. Remarquez bien, comme il dit, le composite c’est efficace, léger, mais le composite, pour l’amateur de bois, ça manque singulièrement de charme.

 

  ‑ Moi :  Magnifique raisonnement ! qui n’est pas de la langue de bois, au demeurant, et vous en conviendrez, pourtant la langue de bois est bien à ma connaissance, la seule langue à énergie renouvelable, le bois dont je vous cause, monsieur, depuis un bon quart d’heure, et qui ne sert sur la branche qu'à supporter la langue des oiseaux ! Vous êtes un as. Un poète, doublé d’un humoriste distingué. Mais encore une petite « remorque » en bois... mais je manque à tous mes devoirs, croyez, monsieur, je serais charmé de connaître un jour votre beau papa porteur d’un caducée de charme !  Car croyez bien, c’est l’Arcadia Virga, la Verge, le mythique caducée d’Hermès Mercure chanté par tous les grands poètes latins du premier siècle avant J.‑C. et du premier après J.‑C. Nous touchons là au cœur du problème, très cher ami. Alors suivez moi. Et si je retiens A pour Apollon, H pour Héraclès, H pour Hermès et A pour Artémis, tous des Arcadiens et Arcadiennes authentiques, légitimes et incontournables … que se passe‑t‑il ?

 

  ‑ Le  gardien : Heu, justement, alors là, dites donc, je m’excuse monsieur, mais, si je vous suis bien, et je crois que oui que je vous suis bien, quoique je n’ai pas votre instruction... non, non, ne protestez pas... et si toutefois vous me permettiez de placer encore un mot entre vos judicieux et compétents commentaires, il me semble que nous avons affaire grâce aux initiales des divins personnages, avec tout le respect que je vous dois, et sans vouloir outrepasser mes prérogatives d’honnête petit gardien du Louvre, troisième échelon tout de même, dans six moi la quille, à une symétrie évidente :

 

 A H   H A. :  Apollon, Héraclès, Hermès, Artémis

 

n’est ce pas ? … C’est drôle, ça, trouvez‑vous pas ? Ah, ha ! Ma foi.

   J’étais bluffé. Ce type était vraiment trop fort. Il avait réussi à saisir le dernier mot, le bougre, et le plus drôle de l’affaire. Par ce que je n’avais pas même fait attention à ce dernier détail d’ordre symétrique, mais je ne retins plus mon fou rire. Lui non plus. Ce type, un malin, faisait merveilleusement l’idiot, le clown, l’Auguste, pour s’amuser, pour m’amuser aussi, en l’occurrence à m’inciter à lui jouer le monsieur Loyal, et sans aucun doute pour faire rigoler ses collègues qui observaient la scène, placés légèrement en retrait en se bidonnant discrètement. D’autres gardiens justement déboulèrent, et c’est entouré de surveillants bienveillants et hilares, plus une grosse poignée de badauds  Allemands, Nippons, Belges et Anglais, croyant au début que je faisais une conférence spéciale de formation professionnelle pour les gardiens (ce qui était presque le cas), que conclus mon cours magistral :

 

H + H + C +  P + C + A + H + H + A8 + 8 + 3 + 16 + 3 + 1 + 8 + 8 + 1 = 56

 

   Silence respectueux des gardiens pour celui (en l’occurrence moi‑même), qui en revanche eut le mot du nombre des bergers : le 56. (Se reporter au chapitre 1)

   Quelques remerciements polis du côté des Anglais et des Belges. Salut distingué des Nippons. Trois Teutons s’en allèrent froidement, n’ayant (eux non plus), rien compris... Nous les comprenons volontiers...

 

   Et pourtant A H   H A, ce quarteron de lettres symétriques, chacune achevée, immuable, puisque non inversables au miroir, composaient bien un ensemble, une nouvelle entité symétrique qui en tout faisait 18, un nombre lui aussi symétrique, symbolisant la chose aboutie, en compagnie de l’autre grand chiffre, le 9, chiffre le plus capé dans toutes les traditions symboliques de la planète, qui est bien là, lui aussi, imposé par la composition même des deux parties symétriques du groupe de lettres !

 

Et  18 = R de R à clés, (Héraclès). Entendre Héraclès, avé deux é pointus, comme dans de sud ouest et dans le midi ! Mais : (va falloir vous habituer aux chiffres ! Merci)

 

AH  HA  ®   H ×H = 8 ×8 = 64  (la symbolique de l’échiquier)
et  A
×A = 1 × 1 = 1  ®  en fin, 64 + 1 = 65   l’inverse du 56

 

121 (longueur officielle du tableau) – 65 = 56 (le nombre ! Inverse du 65)

Etonnant !

 

65 + 20* = 85 largeur officielle du tableau ! (20, symbole de cercle Boudétien par Boudet)... et 8/5 = ~j  suite de Fibonacci. Dire que Poussin eut conscience de peindre sur une toile contenant 8 et 5 (85 cm) évoquant la suite F de Fibo, pourrait passer pour abusif, étant donné que les mesures du système métrique n’existaient pas de son temps. Alors si vous lisez un jour mon livre, je vous réserve la surprise du siècle à ce propos !

 

Nota.

Ouvrons le livre.

Pages du Boudet, la n° 56 (je resterais sur la réserve, pas facile à résumer, ce que j’y discerne, rendez vous sur mon livre), puis : 56 ×2 = 112 (énorme décryptage, idem !) 

 

56 ×3 = 168  (1  6  8, les trois chiffres qui intriguent tant les chercheurs puisque très rémanents sur les documents clefs, ceux du message Bergère pas de tentation... Pax 681… puis les chiffres composant le nombre d’or : 1, 618 et 0, 618  enfin les chiffres indiqués dans le Codex Bezae : 186... Nous retrouverons le nombre Boudétien de 186 ! 

 

56 × 4 = 224, page vedette choisie par Boudet pour inaugurer le Livre dans le livre, l’apothéose des cryptages réussis, le Cromleck de Rennes les Bains.

 

56 × 5 = 280 : autre repère explosif, le dernier de cette chaîne si particulière.

 

Mais il existe d’autres chaînes plus révélatrices encore, à condition d’avoir digéré cette toute première ! La dernière étant la chaîne des triangles rectangles d’Or, pratiquement aux trois côtés en nombres entiers, à condition de se servir de 1, 618, une approximation usuelle du Nombre d’or, nombre irrationnel dont les décimales courent à l’infini.

 

Il faut les trouver, ces triangles stupéfiants. Boudet les nomme en sa « langue des oiseaux », si je puis m’exprimer ainsi, chevaux à demi châtrés, voir pages 154 (En clair, il faut lire l’inverse, mais qui est aussi le synonyme : chevaux à demi entiers ! Syndrome du verre a moitié plein ou à moitié vide). Je cite :

 

« Darioligum se traduit par : oser tailler un cheval ; ‑ to dare, oser, to hew (hiou) tailler, rig, cheval à demi châtré »

 

Cette fantaisie de l’abbé n’était qu’une blague (mais fort drôle !), bien connue à l’époque Boudet, par les élèves vétérinaires ! D’ailleurs l’abbé connaissait toutes les définitions de rig. Rig signifie cheval, bidet, mais aussi une farce, une plaisanterie !

 

Il est évident qu’on ne castre (hongre... coupe... émascule) pas à demi les chevaux, à quoi bon ? Pour les calmer à demi, pour en faire des demis reproducteurs, des demi étalons, des presque entiers ? Rigolo.

En réalité, oui, nos verrons (peut‑être) que la solution mathématique se trouve parfaitement et rigoureusement incluse dans l’expression CHEVAL À DEMI CHÂTRÉ, expression de 17 lettres telle que À  MIDI  POMMES  BLEUES.

 

Revenons aux pages 154 et 155, deux pages pittoresques et hautement pseudo cinématographiques tout juste avant l’heure... Souvenez vous de la course de chars celtiques sommairement décrite par Boudet entre les alignements de Carnac ! un celto péplum Hollywoodien à grand spectacle ! Avec les druides gérant les courses. Pas d’imagination, Boudet ? Un visionnaire, oui !

 

Vous savez, les trois bidets canassons : Kob, Nag et Rig, étalés sur deux pages !

 

Font‑ils partie de la course ? Tout a fait ! La course (aux décryptages) fluide en évitant les obstacles et les impasses du labyrinthe, comme Josine conduisant à Paris. Et, en ce cas, reconnaissons que les petits chevaux maigres mais entiers de la Cagliostro, forts dégourdis et non consommateurs de carottes ni de foin, nous seront nécessaires ! (Souvenez vous des initiales K N R, dont la numérotation ordinale alphabétique donne un triangle rectangle d’Or : 11, 14, 18, inspiré d’une suite de Fibonacci, comme nous verrons plus tard, ces trois lettres inscrites en la berline automobile de Josine !)

 

Il a du se donner beaucoup de mal, l’abbé Boudet, pour dégotter trois petits noms de chevaux en langue Anglo‑Saxonne, trois génitifs comportant chacun seulement trois lettres, et dont les initiales (et voici la grosses difficulté !), mises en ordre alphabétique forment itou le début de la série S de Fibonacci, avec un intermédiaire par la racine carrée de phi, (n Öj) !!! (Voir plus loin, je reviens sur cet extraordinaire détail, tout à fait révélateur.)

 

Que veut nous dire Boudet par ce petit tour de matheux lettré malin ?

 

Pour commencer, il nous imagine le triangle rectangle d’or pythagoricien, un de ceux qui nous seront utiles aux triangulations, plus tard, à effectuer sur la carte IGN (et carte de Boudet !).

 

Et, entre nous, car malgré les apparences trompeuses, je ne perds jamais le fil, même quand  je vous embarque en vous lâchant quelques poussières d’or... j’espère que vous êtes bons et attentifs orpailleurs... Il me semble, que M. Leblanc les aura sublimés et transcendés, ces canassons là, en question !

 

Eh oui, j’en ai déjà parlé, ces bidets‑là sont transcendants dans les deux sens du terme, au sens philosophique et au sens mathématique ! (Un nombre transcendant : nombre complexe qui n’est pas algébrique, vous enseigne le Petit Larousse sans aller chercher plus loin ! Ou alors les matheux préfèrent dire : Pas de polynômes non nuls à coefficients entiers dont P soit une racine... évident, mon cher W... !)

 

Phi (1, 618) est un nombre complexe irrationnel mais il est algébrique par sa démonstration (et ses avatars et déclinaisons mathématiques).

 

Alors, dans les nombres nous concernant directement il nous reste PI (3, 1416), qui est le type même du nombre complexe, irrationnel et non algébrique, donc transcendant et qui nous offre en attendant la benoîte transcendance du Cercle, des cercles à découvrir. Et si Boudet ne manque pas une occase pour nous célébrer Phi (j), il ne manque pas non plus de nous célébrer Pi (P) !

 

Alors quel est le cercle philosophiquement transcendant tournant autour de Pi qui nous attend en nos décryptages de la carte Boudet, des Bergers d’Arcadie et de la carte IGN qui n’est que le relevé du terrain ? Voila une belle question.

 

Curieusement le prénom JOSEPHINE (ah, Josine ! encore elle, ma Josine au parfum éternel) proposé par Leblanc est peut être aussi une clef ? Pourquoi pas ? Vous allez rigoler, mais Joséphine en total ordinal des lettres, chacune mise en réduction (comme en Alchimie), donne encore le 56 et Joséphine (Josine Balsamo), connaissait parfaitement l’alchimie, et pour cause, avec le papa qu’elle avait !

 

L’ensemble peut se calculer ainsi :

 

J O S E P H I N E ®  10  15  19  5  16  8  9  14  5  soit en éléments réduits : 

 

1  6  10  5  7  8  9  5  5  soit encore, mis en ordre croissant :

 

5  6  7  8  9  10  reste : 5  5  1 soit (5 + 5 + 1) = 11

 

Donc :  5 + 6 + 7 + 8 + 9 + 10 + 11 (jolie suite au poker tricheur) = 56

Peut encore être lue : 56 ® 78 ® 91 ® 011(=11)

 

Voici qu’apparaissent comme par hasard les nombres guides Boudétiens  passe partout : 56  78  91  11. Quatre nombres essentiels et utiles pour procéder à notre quête de décryptage et dont les pages éponymes sont très lourdement chargées en codages... à décoder !

 

Et l’anagramme évidente de JOSEPHINE est :  Phi ? Je n’ose !

 

(Marrant... Elégant, n’est ce pas... un style oublié... grand siècle de Cagliostro), OK, donc cela sera Pi, le nombre transcendant. Comme nous avions déjà décidé. Rien de neuf.

 

   Leblanc semble nous donner une piqûre de rappel dans La Barre‑y‑va, chapitre 11 (Penser justement que 56 + 78 + 91 + 11 ® se réduit à 11) : je cite :

« Ainsi s’écoulèrent le 5, le 6, le 7, le 8, le 9 septembre … »

Quelques lignes à peine plus bas nous lisons : « le 10 septembre … »

 

   Enfin quelques lignes encore plus bas, Raoul (alias A. Lupin)  dit : « Oui, demain matin 11 septembre. C’est ma récompense, ce petit voyage en Bretagne. » … nous savons déjà que Lupin a projeté de se rendre à Rennes …

5 + 6 + 7 + 8 + 9 + 10 + 11 = 56.

 

   Et Leblanc ne manquera pas dans « Dorothée danseuse de corde » de nous mener pour la solution de l’énigme IN  ROBORE  FORTUNA, encore une très belle histoire de trésor en diamants cachés sous l’aubier des chênes rouvres, (rouvres –rougeâtres‑ comme les hêtres du peintre Poussin ?), à Sarzeau, la presqu’île, dans le département du Morbihan, qui par ordre alphabétique était bien du temps de Leblanc, déjà, si l’on comptait bien sur ses doigts par ordre alphabétique, le cinquante sixième département, toujours le 56, comme les Rennes d’Aude étaient déjà situés en n° 11.

 

   Quant à mon histoire, celle avec Josine (JOSEPHINE), elle n’est pas un collage décalé pour frimer, pour faire le « kéké », c’est une histoire comme je les aime, qui devait m’arriver, et qui m’arriva, et qui vous arrivera, tout simplement parce que ne procédant que de la même histoire. Il n’y a pas de hasard. Ce n’est jamais du n’importe quoi, ce qui nous arrive, mes cocos … Et voilà pourquoi :

 

   Alors voici donc venir, pages 154 et 155,  les chevaux magiques de l’abbé, (ainsi dénoncés en langue des oiseaux par Leblanc qui s’en inspirera), avec leurs lettres dans l’ordre alphabétique, et comme par hasard, agencés dans l’ordre de la série d’or ! Infatigables et maigres petits chevaux, courants régulièrement et n’ayant besoin d’aucune substance, tout au moins chez Leblanc (voir le roman …même d’ordre ésotérique ?), pour filer leur train ! Les triangles entiers de l’abbé se nourrissent de l’air de l’aventure ! Quant aux demi entiers, il leur faut de la bonne avoine et de l’eau.

Oui, fallait se les dégotter, morbleu, l’abbé ! (Pardon … c’est l’enthousiasme)

 

   Il a du en passer des nuits blanches à lire par cœur son dictionnaire anglais en cette quête, lui, le licencié d’Anglais au grand séminaire, qu’on voudrait nous faire passer pour un imbécile délirant. Et ces trois mots parfaitement passés inaperçus aux yeux fermés des petits génies qui l’assassinent régulièrement sans ne l’avoir jamais lu sérieusement, (la preuve, mais nous en trouverons de plus belles), sont tous trois des bombes à retardement qui leur vont leur péter à la figure. (Langage imagé, je ne suis pas terroriste)

 

 

Kob           Nag          Rig     

 

     K =11        N=14       R=18

 

(Pour commencer, trois mots de trois lettres formant sur le papier un superbe triangle équilatéral sur ces deux pages qui se trouvent, chose remarquable, être à la mi‑temps du livre, c'est‑à‑dire que Boudet aura consciemment choisi de caser (et de casser) son grand triangle isocèle formé de deux triangles rectangles d’or (aux mesures plus que révélatrices, mais nous n’avons pas le temps, ni l’envie de développer ici), agglomérés, sur deux pages, celles du milieu, se trouvant automatiquement sur le même plan dés qu’on ouvre le livre! Très pragmatique et élégant, Merci l’abbé ! Faudrait le mesurer, ce triangle et l’analyser de près. Il est aussi riche d’enseignements que Et in Arcadia ego, ce qui n’est pas peu dire.)

 

En attendant :

 

11    (14)    18  sont des nombres (à part le 14, l’intermédiaire, n, 11, en racine de phi), qui se trouvent vers le début de la série S de Fibonacci (la plus intéressante mais la moins citée : Sn = j puissance n), augmentée de son intermédiaire : le 14 : nÖj !

 

Tenez vous bien : 11 et 18 représentent, comme par enchantement les rangs 5 et 6 de la suite … ®  56.

Pas de soucis, le rappel nombre est là qui valide la piste, le nombre des Bergers, encore suggéré, et ce n’est pas fini ! On est fort confortablement guidé.

 

Idem pour les adjectifs du  titre (comme l’a fait judicieusement remarquer monsieur Alain Sipra, en se demandant si Boudet ne s’était pas servi du nombre d’or et de la série de Fibonacci pour crypter (Voir Terre de Rhedae 2009) : la vraie (5 lettres) langue celtique (8 lettres), 5 et 8 ® agglomérés, 58, inverse de 85, largeur des Bergers, et ces nombres arrivent au cinquième et au sixième [ ® (56) ] rang de la suite F de Fibonacci. Seconde suite et second 56 !

 

On est à combien de 56 ? Personnellement, j’ai depuis longtemps renoncé à les compter car il en existe à tous les carrefours de voies majeures ! Et les voies sont multiples.

 

Mais ce n’est encore rien.

K + N + R = 43

43 / 3, 89 (la clef d’or ! la connaissiez vous ?) ×1 =~ 11

43 / 3,89 ×Öj =~ 14

43 / 3, 89 ×j =~ 18                                Et :

 

K  N  R = 11  14  18 ® 1 + 1 + 1 + 4 + 1 + 8 = 16 ® 7     

O  A   I =   15  1  9  ®   1 + 5 + 1 + 9  = 16 ® 7

B  G  G = 2 + 7 + 7 = 16  ® 7

 

Les trois canassons Boudétien forment un petit carré magique, mais seulement à ½ entier ! Ce dernier détail vous étonne ?

 

Le 16 est le nombre symbole de Marie de Magdala, pour Boudet …et pour Saunière.

 

7 × 3 = 21

21 est bien le symbole numéral (d’après Boudet) du GRAAL.

Reste à connaître ce que signifie le mot GRAAL chez Boudet … !

                                                                         

Et le 7 est le chiffre de base de l’épitaphe des Bergers.

 

Pour mémoire,

 

Début de la série F (F comme Fibo.) de Fibonacci avec les chiffres 5 et 8 :

1  1  2  3  5  8 (8 = 5j) 13  21  34  55  89  144  233  377  610 etc.

 

Début de la série SL de Lucas, avec l’intermédiaire 14 entre 11 et 18 :

 

1  3  4  7  11  (14 = 11Öj)  18 ( = 11j)  29  47  76  123  199  322  521  843 etc...

 

 

Les matheux apprécieront ! Triangle rectangle géométrique d’Or :

Base = 11    

Grande cathète  (La hauteur) = 14    

et hypoténuse = 18.

 

1×1 + 1×Öj  +  1×j  = P = 3, 89.

 

     OK ?  P étant le périmètre. C’est quand même plus aisé quand on a la clef dans la poche (3, 89), non ?  

 

Il ne vous manque plus que de calculer vous‑même la bonne formule des triangles d’or binaires, les isocèles et d’en extraire la clef : le triangle isocèle dit Lumineux des F.M. avec deux fois 72° en base et le Flamboyant avec 108° de sommet, l’angle du pentagone régulier. Facile, vous avez le modèle avec la formule que je vous ai donnée du triangle rectangle géométrique  d’Or. A vous de jouer.

 

Pour les cossards (vous avez le droit de l’être !), je donne la solution au prochain chapitre.

Vous aurez appris au moins quelque chose, les clefs d’or arithmétiques des triangles d’Or. Ce n’est pas à l’école communale, ni au lycée ou en fac ou encore moins sur la Toile qu’on va vous les apprendre, celles ci. Personne avant moi n’avait pris soin de a calculer une chose si simple et utile à la fois et de la divulguer.

 

Il en existe d’autres, des séries. Il nous faut toutes les découvrir. Et, vous ne pouvez pas y couper car toutes sont concrètement utilisées par l’abbé et ses géographes de conseillers. Et chacune sera utile pour décrypter le terrain.

 

Rien d’ennuyeux quand on décrypte Boudet ou Leblanc qui ne manquaient ni d’humour ni de poésie. C’est du moins ma voie.  Je sais pertinemment que ce n’est pas la seule voie. Mais nous avons besoin de toutes les voies, des tordues comme des autoroutes, comme nous avons besoin de tout le monde !

 

Une autre série, la + importante, « la miraculeuse », volontairement ignorée par Fibonacci, mais méprisée par nos matheux contemporains, à compléter également par les intermédiaires de rigueur, la plus pointue et franchement hallucinante. Don Neroman ne va pas jusqu’à oser nous l’amorcer en clair ! Pas fou. Il nous la code. Puisque Fibonacci, le maître, ni Lucas, très prudents, ne nous l’auront élucidée ! Alors, Tabou ? Peut‑être ? On finirait par le croire !

 

Il s’agit de découvrir les vrais triangles rectangles d’Or aux trois nombres « entiers », qui sont les chevaux magiques de Josine Balsamo. La série utopique (à juste titre jugée mathématiquement impossible... mais les trucs d’illusionnistes, cela existe), série magnifique mais plus maigre que les autres quant au choix des nombres triangulés... à part ça... ils étaient tous parfaits les petits chevaux maigres de Joséphine, si l’on ne considère que l’usage courant qu’elle en fit journellement … OK ? Deux qui tirent la berline et le troisième, paisiblement resté en réserve, à l’écurie :  KOB  NAG et RIG.

 

Et si Josine nourrissait ses petits chevaux vaillants avec seulement un parfum ? N’avez‑vous pas remarqué combien les chevaux ont propension à humer l’air du temps avant de travailler ?

 

   Trouvez‑les vous‑même, nous suggèrent‑ils ! Et Boudet, fort justement semble nous nous recommander de découvrir pour commencer les canassons triangulaires boiteux, grossièrement proches des entiers, donnés assez clairement par Don Neroman (Le nombre d’Or, clé du monde vivant, pages 118, 119, 120 de son édition de 1945, encore en vente) en ses pyramides (d’Or) aux mesures  presque entières, toutes choses utiles, et comme en préalable, vous vous en doutez, puisque que c’est l’abbé et D.N. qui vous le proposent ! Le triangle père de tous, et très intelligemment crypté par D.N., un triangle à demi entier et transcendant, se trouve être repérable sur Magdala. Et comme la lettre volée, il vous attend logé à sa place. Ne vous êtes pas demandé un jour, pourquoi le facétieux Alain Féral, avait sciemment triché en deux de ses reproductions de Magdala ? Lui qui disait (merci, Jean Pierre) que seuls les murs n’avaient pas été déplacés ? Eh bien lui ne s’est pas gêné… A. Féral, comme l’ange dont Jean était le témoin, et qui tint durant de grands étés, dans les constructions de Saunière, le roseau d’or … !

 

   Relire l’Apocalypse, ce que symbolise, d’ailleurs la Tour. Mais il ne suffit pas de le dire et de répéter comme tout le monde, faut être capable de le prouver en avançant des arguments décisifs... la Tour nommée Magdala représente le mystère de l’Apocalypse ! Quelle présence aurait Magdala en cette Apocalypse ? Quel sera son rôle en la nouvelle Jérusalem céleste ? Je cru le comprendre un beau jour en visitant la crypte de la Cathédrale de Limoges, qui n’est ouverte que deux jours par an, les journées du Patrimoine, sur une fresque datant peut être du huitième siècle, car cette crypte n’est que le vestige de la première église de Martial, l’évangélisateur de cette partie de la Gaule ! Et cela je le développe en mon livre, comme la genèse des deux cercles de « l’Arène » d’en bas, celle de l’abbé Boudet qui en eut plus de quarante ans, la responsabilité.

 

Mais pour être honnête, je dirai, pour ceux qui douteraient, qu’un premier cercle sur les trois effectivement indispensables au décryptage du terrain, a été découvert il y a peu et révélé par son inventeur bien connu. C’est celui du Cercle de la Rennes d’en haut !

 

Mais toutefois, n’oublions jamais qu’il s’agit des mystères des deux Rennes, un couple strictement indissociable !

Des trois cercles, celui de la « Rennes d’en haut » est donc connu puisque publié, grâce à la découverte que je certifie être exacte, judicieuse, de T G du Mercure de Galion, théorie que je découvrais tout d’abord plutôt dubitatif, voire sceptique, avant de réaliser que non seulement tout semblait justifier sa présence, mais ce cercle que je ne soupçonnais pas en ses limites révélées, devenait pour mon amorce de chaîne, tout bonnement le maillon manquant. Celui que je cherchais et espérait depuis tant d’années, et qui se trouvait devant mes yeux, le Cercle de « la Rennes » (l’arène au Lion !) d’en haut, le maillon s’interpénétrant si intimement aux deux autres, par moi connus, pratiqués et éprouvés, était là, pondu tout chaud comme avec le tour classique des anneaux chinois.

 

L’autre duo concentrique de « l’arène » révélatrice de l’autre Lion, celle d’en bas, suggéré par le faux Cromleck de Boudet, et le Grand cercle de Poussin, duo non encore dévoilé mais archi prouvé et validé mille fois, et dormant dans les profonds dossiers inédits, de l’inconnu mystérieux, que je suis.

 

Car les trois cercles sont unis par un lien aussi singulièrement fort et à priori inattendu que les couples de lettres formant l’épitaphe de la tombe !

 

Ce n’est pas peu dire ! Une subtilité extrêmement intelligente et constructive de la part des codeurs, qui à elle seule prouve radicalement qu’elle n’est pas le fruit du hasard, en les légitimant une fois de plus tous les trois, si toutefois cela avait été encore nécessaire. (Mais ne nous plaignons pas si la mariée est trop belle).

 

Encore un de ces miracles dont les deux Rennes gardent, avec Poussin, jusqu’à la révélation totale, le Secret ?

 

Hors cela, un beau matin de fin d’hivers 1967, C. me dit :

«  Ouvre grande tes « zoneilles » ! Je reviens du 16° arrondissement (Tiens ?), où je me suis entretenu avec la comtesse (Ah, ah ?), propriétaire du château de Puivert. Je fonce à Puivert et à Chalabre la semaine prochaine, pour négocier la jouissance gratuite du lieu pour plus d’un moi d’été avec l’autre famille des ayant droit, et avec la municipalité, et le conseiller Général. Je ne t’emmène pas. Toi tu iras avec J.C. fin avril pour effectuer les repérages nécessaires pour les éclairages de la régie et prendre la température du lieu, rendre compte de l’avancement des travaux et des préparatifs.

 

Nous allons créer le premier grand festival de théâtre à Puivert dès juillet août 1968 ! Il ne nous reste que très  peu de temps !
Un sacré challenge … »

 

L’Histoire, (et mon histoire ?), mine de rien, tout doucement se remettait en marche avant la fabuleuse éruption énergétique de 1968 qui déjà pétillait au fond des marmites.

 

Paris, mai 68, Puivert, le festival, et moi tombé jusqu’au cou dans le chaudron, des deux Rennes ! Quelle belle année, (Crénom d’Hermès !) en ces lieux désignés et chouchoutés  par les Dieux qui, sachez le, si vous en doutiez, ne sont pas tous morts ! Loin s’en faut, puisque je les ai tous, ou presque (virtuellement !) rencontrés.

 

Toujours grâce à l’effet Parfum … possible, possible … ?

 

 

Chapitre VI ‑ Opération silence radio
De Puivert à  R.L.C.


La tombe des Bergers et
dialogue révélateur avec G.

 

 

Paris 1968, le 3 mai

 

   Encore un week‑end artificiellement prolongé du premier Mai !

Nous sommes J.C. et moi revenus de Puivert cette nuit et trouvons un Paris saisi par un début de grosse fièvre. Ce matin des rumeurs les plus folles nous arrivent depuis le Quartier Latin, certaines confirmées par les radios périphériques.

 

   Aujourd’hui, grand meeting annoncé dans la cour de la Sorbonne ? On parle de grève illimitée des étudiants et d’occupation probable de la Sorbonne... et d’un certain Cohn‑Bendit, un mystérieux diable politiquement rouge et noir, rouquin, enragé, que l’hebdomadaire Minute traite le 2 mai de juif allemand et l’Humanité, pour faire bons poids et bonne mesure, le 3 mai, d’anarchiste Allemand. Le pouvoir officiel ne dément pas ces élégants noms d’oiseaux ! Voilà l’ambiance délétère, laquelle pour les anciens rappelait de pénibles souvenirs.

 

   Les bruits s’amplifient. Le recteur sous la pression des gouvernants vient de donner l’ordre d’évacuer la Sorbonne ! « Jamais on n’a vu ça ! Même sous l’Occupation, pestent d’anciens profs ulcérés, c’est sans précédent ! »

 

   En fin d’après‑midi des étudiants furieux sur le Boulevard Saint Germain agressent déjà les CRS, ou le contraire, je ne sais plus. Personne n’aura attendu le 6 mai, comme on pourrait le croire à en lire l’histoire sur le Net, pour que les CRS s’attroupent et cognent sans ménagement ni discernement sur tout ce qui ressemble à un étudiant. Et ceux‑ci n’ont pas hésité à engager la bagarre, mangèrent tôt du CRS, dépavent dés le 3 mai un coin de boulevard, renversèrent itou quelques autos, oui mais, je crois, n’enflammèrent pour commencer, que des autos de police !!!

Personne n’est tendre et à cette heure de l’après‑midi, on cogne et on tire des grenades défensives

 

   Les premières grilles des marronniers volent, quoique plus lourdes que l’air qui devient à son tour plomb feu et soufre. Peu à peu  les étudiants nouent leurs mouchoirs mouillés devant le visage, chaussent des lunettes de fraiseurs, les premières grenades lacrymogènes roulent au pavé en fumaillant. On se les passe et repasse du pied, comme lors d’une chaude finale de championnat de foot qui va dégénérer à la baston, pour enfin les renvoyer claquer dans le camp adverse occupé par une armée casquée et caparaçonnée.

 

Remise en jeu … !

 

   C’est une lutte inégale, vaguement moyenâgeuse, sans arbitre et sans règles…

De jeunes révoltés défient à mains nues l’armée des chevaliers et des gens d’armes bien protégés du vieux roi et de ses ministres (O ironie, CRS payés et financés par les lourds impôts des géniteurs des révoltés, presque tous issus de familles patriciennes !) à coup de boulons et de projectiles hétéroclites. Leurs cartoucheries ? Les poubelles des riches parisiens et surtout les chantiers périphériques que l’on destinait sans doute aux futurs nécessiteux ?!

   Mais déjà on creuse carrière pour bâtir la révolte et construire les futures barricades. Les pavés sont donc sollicités, eux qui dormaient depuis la fin de la guerre sur une plage de sable... ou qui comptaient sans se lasser les ponts de voitures sans cesse défilant... Certains vont bientôt s’éveiller contre les casques noirs laqués des forces de l’ordre !

 

Ici, sur le pavé, on ne dort pas. On ferraille et l’on casse.

Le sang pisse à droite et à ma gauche deux jeunes filles gisent pâles sur la chaussée.

Les premiers éclopés...


mai 1968 ‑ Les CRS sous les pavés des étudiants

   Des sirènes d’ambulances couinent, des reporters radio en motos fuient oubliant leurs micros ouverts sous des pluies d’injures et de projectiles, des vitrines craquent, s’écroulent, et le kiosque à journaux fume. Voilà les pompiers qui déjà désespèrent de se frayer un passage pour maîtriser les premiers feux. Au carrefour saint Germain et  boulevard Saint Michel une voiture de police semble exploser, une autre flambe, et encore une autre !…

   En bas, le tocsin du Bourdon de Notre Dame s’ébranle, comme il tonne au cœur de Paname, une furieuse bataille ! … Effets saisissants. Les derniers commerçants ouverts activent leur manivelle et baissent leur rideau grinçant … les voitures de la Croix Rouge foncent tous klaxons et décibels dehors et les blouses blanches distribuent des collyres pour sauver les yeux… on emporte les blessés sur des civières… une très vieille personne, sans doute une veuve, en grand deuil arpente le trottoir tenant un minuscule chien en un panier d’osier, sans accélérer ni ralentir, comme quelqu’un qui en vit tellement d’autre, des conflits violents, et de pires… Je voyais  un instant en elle une allégorie de la mort. Le chien, tapis en son carré, en tous les cas, n’en mène pas large et pisse tout son saoul sur la robe de la veuve… donc ce n’est probablement pas la mort qui passe… jamais un chien n’oserait pisser contre une allégorie de la mort !

 

Mais enfin sont‑ils tous devenus fous, me lance un touriste québécois ?

 

Et... d’ailleurs, qu’est ce que je fiche dans cet enfer ? Etait‑ce donc la seule curiosité qui me mena ici ? Comme aujourd’hui je profitais du beau temps et de mon dernier jour de week‑end prolongé, je tenais à prendre la température de l’actualité. Il faisait si beau en ce joli cœur de printemps là …et au sud, le Razès se couvrait de couleurs, le thym sauvage y fleurissait et les fenouillèdes foulées aux pieds exhalaient déjà de si vifs parfums d’anis. J’eus mieux fait de rester vautré au cœur du maquis de la colline de Puivert, dans les massifs de romarin sous la caresse du tiède vent marin, à guetter l’apparition de la Dame Blanche hantant le Château féodal des cours d’amour durant les nuits claires de pleine lune.

 

   Hors ça, nous avions bien travaillé, et les gens du pays beaucoup mieux encore. Belle efficacité et quel enthousiasme, qui allaient être multipliés, comme ici même à Paris, sous l’effet  contagieux des évènements, parce que mai 68 ne se résuma pas à une bagarre géante de polochons, une grosse récré, souvent jouée à la triche, à coups de traversins lestés de pavés. 

   Beaucoup de projets des plus originaux naquirent en ce creuset d’enthousiasmes diversifiés. Certes, toutes n’accoucheront pas des lendemains tant attendus, ceux qu’on espérait béatement voir naître en chantant ! Si la femme accouche dans la douleur et que le petit humain naisse en pleurant et revendique le sein, il en est de même de toutes nos créations.

 

J’allais quitter le boulevard saint Germain et remonter sur Montparnasse ou nous habitions pour faire le point, quand derrière moi un mouvement haute pression et irrésistiblement ascendant se formait, c’étaient les étudiants qui s’étaient donnés comme mot d’ordre de remonter au galop pour en découdre avec les cerbères de la Sorbonne.

   Résultat des courses : de la queue du peloton ou je glandais en matant la castagne, je me retrouvais en tête de la nouvelle manif avec les meneurs, poursuivis par les CRS du St Germain, pour me retrouver face aux mêmes casqués noirs laqués et armés, pas plus aimables que les précédents, ces derniers bouclant les accès de la Sorbonne, ou je n’avais rien de spécial à faire ni à gagner. Après tout je n’avais qu’à prendre congé, et m’en aller… hein ?

 

   Je me retournais … haï … derrière les premières lignes, une masse compacte de manifestants tenaillés par des  K. noirs laqués (autre version) bouchait l’issue en  scandant  « Nous sommes tous des juifs Allemands !!! Libérez nos camarades !!! » Je me mis donc à l’unisson. Et soudain, une saisissante Internationale, la première d’une longue série s’éleva suivie aussitôt d’une solennelle Marseillaise, puis ce fut chant de la jeune garde.


mai 1968 ‑ Il y a plus de 40 ans déjà...

   D’accord, j’étais content de n’avoir pas raté ce spectacle qui menaçait de devenir historique, mais que faire maintenant, coincé en cette souricière en laquelle je n’avais rien à défendre de précis, puisque non étudiant, non syndiqué, ni assurément gauchiste, et chargé par contre de responsabilités qui m’incitaient à la prudence. Je me sentais pour commencer solidaire de la compagnie théâtrale. Fallait surtout pas que je me fasse coffrer. Et c’était pourtant ce que j’imaginais déjà m’arriver : La police : « Que faisiez‑vous en première ligne avec les étudiants ? Vous qui ne l’êtes pas, et vous n’avez pas même non plus l’excuse d’être journaliste ou enseignant … Alors, garde à vue ! En attendant on va vous cogner un peu, voyez pas d’inconvénient ? ! »

 

   Eh bien justement, à propos de spectacle, non loin de moi, tel un bateleur surdoué, le jeune Dany le Rouge (mon âge moins deux ans et deux mois), glissé en première ligne en compagnie des leaders étudiants agaçaient déjà les K. noirs‑laqués, comme certains les avaient déjà baptisés, (« les cressons noirs», les nommais‑je aussi personnellement), en leur offrant l’exclusivité de son dernier numéro de grimaces.

   Un ou deux photographes se retrouvant ici idem coincés et confus, en profitèrent pour cadrer des clichés dont certains devinrent emblématiques de Mai 68. Personne ne pouvait se douter encore que cette petite fripouille d’anar, de fils à papa et de « juif allemand », comme éructait haineusement certains, ce diable rouge, allait devenir un leader vert, un politique people, une des coqueluches du début du vingt et unième siècle, tutoyant et manipulant et déstabilisant les grands à chaque élection ! Une belle réussite d’intégration franco‑allemande avant la Réconciliation officielle mitterrandienne ! Pas vieilli, le bougre ! Serait‑ce nous autres qui aurions pris un méchant coup de vieux ?

 

   Quand le 21 mai, il disparut pour mieux revenir, tout le monde le croyait en Allemagne… Services secrets compris… Mais je ne trahirai pas un secret de polichinelle. En Allemagne on ne vit que  son sosie, son frère. Disons plutôt qu’il était parti se ressourcer quelque part sur le plateau de Millevaches pour se refaire la cerise, précisément sous les cerisiers tardifs en fleurs, se colorer les cheveux, se laissant pousser la barbe, comme un Arsène Lupin, en pêchant les écrevisses les pieds dans l’eau ! Il arrive aussi que les RG soient leurrés, surtout en cas de crise aiguë de société.

 

   Alors à partir d’ici, station Sorbonne, carré noir, je ne sais plus rien et ne me demandez pas comment je sortis de là, je n’en ai aucune conscience et personne ne m’a raconté avec grande précision.

 

   Pourtant cela fut dur et chaud puisque 600 interpellations, prétend‑on aujourd’hui, auraient été opérées par les forces de l’ordre des k.noirs‑laqués. (Ce jour là, les radios nationales et la télé, ne parlèrent seulement que de 45 interpellations, dont la plus part déjà libérés, un premier petit mensonge d’état, y compris pour les libérations, car ne furent libérés à minuit que les chefs … curieux … curieux ?).

   En vérités, d’autres, des inconnus, s’étaient obligeamment occupés de me sortir inanimé de la mêlée qui fatalement, comme au rugby des sombres jours de défaite, finit par dévisser et s’écrouler. Après, plus rien.

 

   Je repris tranquillement connaissance à l’ombre d’une infirmerie de quartier, campée rue d’Ulm, en excellente compagnie de dadais de bonnes familles cabossés et comme moi largement sonnés. Un dur de dur m’expliqua que probablement, dés la toute première charge particulièrement ravageuse des K. noirs‑laqués, j’aurais morflé sous un coup de matraque bien ajusté derrière le crâne, une de leur spécialité maison, sur lequel impacte d’ailleurs, on m’avait scotché un pansement reniflant la pharmacie. Il est vrai que j’avais encore très mal à l’arrière crâne. Si l’on avait eu la courtoisie de demander mon avis, j’aurais préféré un coup de botte au …, plus classique et civilisé, bref, un de ces gestes intégrés en notre culture et art de vivre, mais avec ces sauvages, point de délicatesses excessives ! En tous cas je m’esquivais comme un chat en compagnie du « dur de dur » sans attendre un interrogatoire de la police qui était annoncée pour un instant, l’autre.

 

   Bon. A part ça, tout allait pour le mieux. J’étais baptisé, surtout déniaisé et tiré des pattes de la police. J’avais ma médaille. Ancien combattant, blessure, évasion (et trépanation, pourquoi pas, aurait dit un Louis Ferdinand Céline avec son exagération jubilatoire habituelle). Quelle rigolade … nous ne prenions en mon entourage, encore que fort peu au sérieux ces gesticulatoires prémices de révolution, jouée aux dés pipés et au baston sonnant, tombant en une France particulièrement injuste et cruelle envers ses travailleurs francs du collier, mais ne connaissant pas encore le chômage, une France en paix militaire, roulant des jours paisibles, prospères, sans drogués excessifs ni alcoolisme des jeunes, sans le sida, sans angoisses existentielles et surtout de nouveau rayonnante comme nous n’avons plus idée aujourd’hui, mais on se laissait griser tout de même, et c’était en outre tellement vrai qu’il y avait de vieux rouages grippés qu’il fallait urgemment sacrifier sur l’autel de la jeunesse ardente qui revendiquait à juste titre son indépendance en un monde bourré d’idéologies et de projets, en lequel, pour une fois il semblait que tout semblait possible.


mai 1968 ‑ Côté étudiants... Depuis, les couvercles des poubelles
ont été supprimés...

Vendredi 17 Mai, le grand soir

 

   Aux abords du Théâtre de la Cité Universitaire Internationale du Boulevard Jourdan.

Une fourmilière … tout le monde côtoie, échange avec l’un, tutoie l’autre, et à chaque pas on est surpris de retrouver des personnes très médiatisées, des people, comme on jargonne maintenant, bref, des gueules, comme on disait en français à l’époque (et qui ne vous la faisait justement plus, la gueule).

 

   La tendance était aux sourires et à l’enthousiasme. Les cocos interpellaient les cocos en tous les sens … en général rien avoir avec un certain parti. Tout le monde s’appelait coco, sauf justement les perroquets (du parti ?).

   Les affiches artisanales exaltant le combat et la révolte couvraient les murs … Mais nous sommes là pour donner un spectacle de théâtre … ici des bruits insistants de conspiration sauvages vont bon train... les nouvelles, aussi. Ce coup‑là, ça y est, l’ORTF, radio et télé ont voté la grève illimitée comme bientôt les postes, les téléphones, seules les radios périphériques distillent des infos.

Bref, quelques‑uns sont dans le secret, ce soir, justement, au menu : l’opération silence radio.

 

   Vous avez compris, il se tramait quelque chose.

Après le spectacle, nous allons déclarer le théâtre occupé avec l’aide de tout le monde et en particulier des journalistes grévistes et personnalités des clans du spectacle, demander qu’on nous confie les clefs et le pouvoir d’en disposer au maximum. En quel but ? Faire tourner tous les jours le théâtre dont la location était honteusement excessive et dissuasive pour des étudiants et de jeunes compagnies, organiser des spectacles pour les grévistes etc. Déjà, les grands salons qui ne servaient jamais, avaient été rouverts et des dizaines d’expos y étaient présentées. Le but final, faire de la Cité Internationale un centre culturel international permanent et pérenne, ce qui avait été, je le précise, le souhait des généreux fondateurs qui financèrent sa construction.



Le 17 mai 1968 ‑ Moment de solitude pour les CRS ...

Dimanche 14 juillet 1968 ! Le grand jour

 

Puivert (en Razès) 7 heures et demi.

Couché chez l’habitant au centre village. Déjà le soleil chauffe. C’est la fête, le début du festival. L’harmonie municipale nous éveille au son de l’Internationale et de la Marseillaise ! Joli clin d’œil.

 

   Je me suis un instant revu en mai.

Ce soir spectacle au château et feu d’artifice. Les choses sérieuses commencent. Nous étions tombés à 60 individus, déterminés, planants ou exaltés, filles et garçons, plusieurs nationalités, soixante individus plus ou moins calmes ou excités en ce petit pays qui contenait 683 habitants dans la commune, et 160 seulement, peut être au village même. Le reste de la population était réparti en de nombreux gros hameaux avec leurs anciennes maisons d’écoles désaffectées ou nous logeâmes longtemps.

 

   Soixante déjà ex‑soixante‑huitards en ce village creuset radical socialiste ou la république n’était pas qu’un buste creux de Marianne ! Beaucoup de chaleur au thermomètre et idem... humaine ! Discours, petit déjeuner chaotique, et tous au château pour les derniers raccords. En la salle historique des Musiciens étaient nos vestiaires et nos tables à maquillage. Rien ne manquait en ce travail de géants sur ce lieu vénérable où il fallut qu’EDF installa un transfo pour monter enfin l’électricité en ce lieu protégé loin des maisons et dont les vieilles pierres ne se doutait pas même de l’existence de ce fluide magique, aménager la tour de régie, achever l’installation du plateau presque aussi grand qu’en Avignon étalé devant le donjon et ses praticables montant sur le chemin de garde et ceinturant même le donjon permettant ainsi d’accéder aux salles par derrière, les gradins pour les spectateurs, assurer l’intendance, le parking, réparer le chemin d’accès au château, et tout à l’infini. C’est vrai que la fin du chantier avait été grandiose ces derniers jours et nous travaillâmes au parachèvement de ce projet réalisé par des cantonniers locaux épaulés par tant de bénévoles, tout un village.

 

Mercredi 17 Juillet 1968 ! Comment je tombais dans le chaudron de R.L.C.

 

Relâche et jour libre.

« Partez visiter la région ! » nous recommandent les Puivertains. Les voitures ronronnent.

« Je monte avec toi ? Où allons‑nous ? fis‑je à G. »

« Secret » « Tu connais la région ? »

« Mouais... comme ça... théoriquement. Je n’y étais plus revenu depuis 1950 avec mon père qui tenait à me montrer certaines choses étonnantes... »

« Tu ne m’avais jamais parlé de ton père venu ici »

« Je te réservais la surprise »

 

   Quillan, oh quelle vue sur le massif des Corbières.  Tout en bas à gauche, le pont sur l’Aude, route de Limoux, voici Couiza, et hop, encore à gauche, le raidillon défoncé et difficile (à l’époque) vers le sommet d’une colline, pour moi inconnue, celle de Rennes‑le‑Château offrant petit à petit son paysage de rêve impossible à transposer sur une carte postale : à 360°.

 

Très souvent nous devions y revenir !

 

   Elle me fit visiter tout ce qui pouvait l’être. Surtout l’église (quand elle s’ouvrait) et l’Hôtel de la Tour, en la villa Béthanie et le jardin au jet d’eau de Bérenger Saunière.

Nous y retournions même avec l’équipe au complet, les après‑midi en nous postant au rebord du précipice face au paysage superbe, regardant le Sud, et nous gueulions nos textes pour nous faire la voix, et mettre les mots en bouche, hurlions comme des loups en chasse au massif du Canigou (Canigou = Chien !) exhibant aux plus beaux jours ses crocs aiguisés !

 

   Ce qu’ignorent les jeunes comédiens d’aujourd’hui, c’est que le théâtre en plein air, dans le midi, souvent pratiqué avec le vent, était une performance spéciale nécessitant un travail de la voix, de la diction et de l’articulation très poussé ! Pas d’assistance micro amplis ! Les conditions étaient les mêmes qu’à Olympe, il y a 2500 ans ou pour les troubadours il y a seulement 800 ans ! Démerdez‑vous pour être entendu contre le vent et par les durs d’oreille installés au dernier gradin… Heureusement, les anciens y avaient songé et avaient bâti la cour fermée devant le mur du donjon carré qui rabattait le son vers le fond de l’espace pour assurer une bonne acoustique!

 

   Sur la Colline de Rennes‑le‑Château, peu ou pas de vrais touristes, mais tout un petit monde sympathique et pittoresque qui tolérait nos vociférations, chercheurs de trésors déjà équipés électroniquement, astiquant et aiguisant leurs pioches et piolets, que nous interrogions sans fin le soir au restaurant ou bivouacs sous les étoiles. La France estivale avait trouvé son « Far West » et ses aventuriers chasseurs d’or. Vous dire les noms des personnes qui défilèrent est impossible. Nous ne demandions d’ailleurs pas leurs identités.

   D’après eux les découvertes n’allaient pas tarder, car tous flairaient le grand trésor ! Pas pour l’empocher, mais pour l’exhiber l’or aux yeux éblouis du monde entier comme le trophée de la finale de la Coupe du Monde des Chercheurs de Trésors !

 

   Gourous, mordus d’ésotérismes, membres de communautés mystiques aux infinies nuances et convictions, et partout on ressassait oralement en boucle la légende du curé milliardaire en ce pays si déshérité... fortune forcément puisée en un trésor colossal... peut‑être inépuisable ! Pensez ! Il est là, sous nos pas, répétaient les exaltés qui faisaient sonner leurs bâtons ferrés contre les pierres. D’autres plus sournois ne causaient guère mais creusaient discrètement comme des taupes obstinées le sol du village au grand dam des villageois excédés et des employés municipaux.

 

   J’étais aux anges. J’avais découvert un paradis ou justement les anges vivaient en liberté et leurs rêves alimentaient les miens, diurnes comme les nocturnes. Il arrivait même que des chanceux découvrissent de temps à autres de petits trésors ! Mais combien de ses petites aubaines partirent en douce par les poches percées de margoulins cupides attirés comme les vautours du grand Ouest Américain, ou faisaient le bonheur de trafiquants internationaux déjà hantant les lieux.

   Il y en avait aussi qui chassaient le document historique chez les héritiers de l’abbé Saunière ou les ayant droits de l’héritage du château, et qui se gardèrent bien de les rendre, même qui les vendirent cher… à qui ?

 

   Mais il y avait surtout G. qui me rapportait tout ce que lui avait transmis en son temps son père alchimiste et de surcroît ingénieur chimiste, kabbaliste et spiritualiste, occultiste, qui fut Grand Maître Vénérable en une importante loge Ecossaise, et qui avait initié sa fille chérie et unique, et cerise sur le gâteau, lui avait parlé dés les années 40/45 de Rennes‑le‑Château et de ses mystères.

   J’avais déjà apprécié sa bibliothèque héritée de feu son papa, en laquelle il ne manquait rien. Mais cela voulait déjà dire que l’affaire, contrairement à ce que certains négationnistes (ou simple révisionnistes) voudraient encore que l’on cru, n’était pas née sous forme de génération spontanée en 1956, de la fantaisie de journalistes ou d’humoristes déjà très populaires à l’époque ! Ni même dans les années 30 ? Auquel cas, qui aurait initié les informateurs du père de G. ?

 

   G. me fit visiter et revisiter l’église, chaque fois qu’une messe y était célébrée. Moi qui n’allais plus à la messe nulle part, j’eus l’insigne privilège d’assister par trois ou quatre fois à une messe dite par le curé de Quillan en la petite et devenue légendaire église de Bérenger Saunière. C’était le meilleur moment pour entrer et zieuter en cette église trop souvent fermée.


L'église de Saunière

Rennes‑le‑Château valait  bien trois messes (basses) !

Et j’avoue que c’est grâce à RLC que je me suis mis depuis à fréquenter passionnément les églises.

 

   G. était particulièrement fascinée par le grand motif en grosse ronde bosse placé au dessus du confessionnal, au fond de l’église. Le mont des béatitudes. Elle disait qu’en cette représentation, toute l’énigme était résumée. Mais je vous jure bien qu’elle refusa de m’en dire plus. Sauf qu’il était bon de l’analyser de plusieurs façons. Plusieurs voies étaient souhaitables et en faire la synthèse. Rien de précis.

La seule chose dont je suis sûr à ce propos, c’est que l’ensemble représente le schéma d’une pyramide Isiaque Pythagoricienne et que les nombres théoriques du triangle isiaque la définissant, se retrouvent indiqués par codage dans le texte soulignant l’ensemble.

 

   G. me parlait d’une mystérieuse voie PYTHAGORICIENNE, qu’il fallait parcourir sur le Razès à partir des deux Rennes, sans m’en dire beaucoup plus car ni elle ni moi n’étions des mathématiciens, mais je la soupçonne fortement aujourd’hui d’avoir joué les pseudo ignorantes, ne voulant pas trahir un secret potentiel. Et puis, me répétait‑elle, il existe des enseignements qui ne se transmettent pas directement et dont le maître n’offre que parcimonieusement des indices. C’est au récepteur de rebondir s’il en est capable et digne. Vaste et mystérieux programme. Comme un chemin initiatique, en somme.

 

   Donc, un des mystères de cette injonction écrite sous le motif en rond de bosse est sans doute là. Il suffit de compter les syllabes dans le mode classique (tel qu’on les déclamait au théâtre français à la Belle Epoque), c'est‑à‑dire, par exemple moi = prononcer : MO  A = 2 syllabes et de trianguler. 

   Souvenez‑vous le Serpent Rouge, document suspect et apocryphe, (déposé à la BNF le 15 février 1967), en lequel la fameuse injonction inspirée d’un évangile est retranscrite, et curieusement dans le signe zodiacal du Lion (Nous en reparlerons souvent, du Lion !) Je cite :

 

« De celle que je désirais libérer, montaient vers moi les effluves du parfum qui imprégnèrent les sépulcres. Jadis les uns l’avaient nommée  ISIS, reine des sources bienfaisantes,

 

      VE  NEZ  A MO  A  VOUS  TOUS  QUI  SOU  FREZ  (10)  (Horus ?)

                    ET  QUI  E TES  AC  CA  BLES  ET  (8)   (Osiris ?)

                        JE  VOUS  SOU  LA  GE  RAI  (6) »   (Isis ?)

 

6 – 8 – 10 !  les proportions  3 – 4 – 5 sont respectées (x 2), celles du triangle, non plus d’or, mais comme le texte l’annonce précédemment, du triangle d’ISIS ! Donc, pas de lézard. Et voici une des clefs géométriques majeures de notre énigme !

 

Ce qui montre que tout n’est pas faux ni à jeter dans le Serpent Rouge. Mais le triage n’y est pas simple !

 

Quant à celle par laquelle montaient les effluves du parfum, eh bien ? Serait‑ce celle qui jadis chez Lazare aurait oint les pieds de Jésus quelques jours avant sa mort ?

  I + S +  I +  S = 56 !

 

Pour ceux qui ont suivi… Le nombre !!! … Mais ce n’est pas tout, tant que je vous tiens, 6/5 = 1,2 le justement célèbre rapport d’Osiris, parfaitement connu et utilisé par les codeurs de la Tour Magdala et avec lequel Pi  Phi et le 555, va vous donner (voir plus bas), le nombre de la bête de l’Apocalypse en ce symbole évident de la Nouvelle Jérusalem Céleste qu’est la Tour Magdala  !

(voir mon futur livre). Serions nous sur une bonne piste ?

 

   En attendant, voir pour les photos et lire les analyses pertinentes de ce gros rond de bosse dans : Le Secret dans l’Art ou l’Art du Secret, de Jean‑Pierre Garcia, ouvrage surprenant à plus d’un titre ! Et Entre la Rose et l’Equerre de Daniel Dugès et Christian Doumergue, notre érudit chercheur de la tombe de la sainte disciple de Jésus, en question… etc. Toutes Introspections dignes de votre plus grande attention. J’oubliais, naturellement, toujours avec la complicité de Jean Brunelin, le doyen des chercheurs du trésor, tombé bébé dans un bain de liquide révélateur photographique + l’ombre prégnante de Franck Daffos, autre grande gueule, somptueux polémiste et dénicheur de documents historiques.

 

   Quant à la tour Magdala, malheureusement à l’époque, nous n’avions droit qu’au rez‑de‑chaussée, à la contemplation du carrelage formant un damier de 10 cases sur 10 cases et un échiquier de 8 cases sur 8 cases, dont un carrelage vers l’entrée de la tourelle, est signalé d’un point rouge, géométriquement aligné dans le sens du diamètre de la tourelle. (Chaque case faisant 40 ×40 cm)

 

   A l’église, elle me raconta devant le chemin de croix, que des gens  bien intentionnés avaient peint un linge écossais rouge et bleu, emblème du Rite Ecossais, sur les fesses de l’enfant nu d’une des  filles d’Israël consolées par Jésus portant sa croix.

 

   Moi (naïf !): « Les filles d’Israël n’étaient pas mariées … et on tolérait donc à l’époque dans la société Juive qu’elles s’affichent avec des enfants naturels ?»

 

   « Non ! Ces filles là sont de jeunes veuves en souffrance et le gosse est le fils de la veuve parlant à Jésus. » Réponse laconique d’une F.M. (justement d’obédience écossaise et donc « fille de la veuve » expression née jadis au sein ce cette même obédience !), et  je le pense, à prendre très au sérieux, car cette femme était particulièrement bien placée pour savoir de quoi elle parlait. Je laisse à votre appréciation ce : « parlant à Jésus ».

 

   À ce propos, j’aurais une pensée contristée envers le contestable spécialiste des F .M. Marc Rambiel, qui sur un numéro ancien des cahiers de RLC (vieille mouture, des éditions Bélisane n° 9), confondit à dessein, je le pense, l’expression Grade Ecossais et maçonnerie bleue du rite Ecossais, en espérant sans doute égarer par cette grossière manœuvre le lecteur non averti et Gérard de Sède ?

Il est certain qu’il se tira une balle dans le pied en prenant le risque de se disqualifier soi‑même ! 

 

   D’autre part, ce carroyage rouge et bleu correspondait bien aux symboliques du Rite Ecossais. Et l’expression « fils de la veuve » était particulièrement bien acceptée, en « loges bleues » du Rite, ne lui en déplaise ! Désinformation et intox, toujours en cette affaire, nous les trouvons, et à tous les niveaux ! … y compris le carroyage écossais soi même qui de bleu et rouge se transformera curieusement en noir et rouge !?

 

   Le soir elle me fit remarquer une certaine ressemblance entre le diable de l’église et le rocher Roco Negro, vu à une certaine hauteur et sous un éclairage estival, à une heure bien précise.

    Aujourd’hui, je suis toujours étonné que nul n’en ait rien écrit (comme de mille et une autres choses qui nous semblaient évidentes et significatives). D’après elle, dès qu’on sait repérer cette ressemblance (jusqu’aux teintes brunes du visage du diable et le brun de la roche,  le vert de la tunique qui est celui des feuillus qui le cernent, à droite, l’oreille pointue... la grimace... les yeux...) on comprend spontanément que cette sculpture du diable chez  Bérenger pourrait être une carte en relief. Le rocher du genou est exactement à sa place après l’eau (l’O), eau de la Sals, O formé par les deux doigt recourbés du diable, qui signifie aussi le fameux cercle que (tout le monde ?) cherche encore et dont le centre n’est pas si éloigné d’un pied du diable : « le cercle gardien », qui n’est  pas nécessairement le « ce daemon de gardien », en une autre histoire imagée sur un autre grimoire. Mais ce n’est pas peut‑être pas aussi simple que je ne le dis ?


Le Roco Negro

   En tous cas je constate navré que plus personne ne parle plus (ou presque plus) de la nécessité de découvrir le fameux Cercle que nous suggère (et nous crypte) pourtant avec tant d’insistance et de foi l’abbé Boudet avec son idée (absurde mais géniale) de faux Cromleck de Rennes‑les‑Bains, tout simplement parce qu’en apparence nul antérieurement ne l’aurait découvert avec son centre ?! (Ceux qui prêchent cela, qu’en savent‑ils, au juste ? Rien, comme d’habitude). Alors, résultat, on a décidé dans l’air du temps d’opter pour la solution de facilité, donc de ne plus y croire et de le zapper de nos espoirs ! Raisonnement de gribouille et de défaitiste, je vous le dis ! Les désertions sont aujourd’hui courantes dans le petit monde des chercheurs frileux que la première grosse contrariété effarouche et la plus grande confusion règne mis à part en quelques rares îlots relativement tranquilles. Un certain terrorisme rampant a fait aussi apparition, terrorisme que nous qualifierons pudiquement d’intellectuel, pour ne pas dire de petits voyous. Il y en a qui savent de quoi je parle !

 

   Un matin, plus exactement une fin de nuit, G me conduisit difficultueusement après m’avoir bandé les yeux, en un petit chemin ascendant en plein bois, m’immobilisa, enfin dénoua le foulard et me demanda de bien vouloir regarder fixement sans me retourner un rocher dont il me semblait vaguement reconnaître le dessin malgré la nuit de peu de lune. Au bout d’un long moment l’aube vint et le soleil se leva doucement derrière et à mitan du gros roc... les Lampos (nom géographique inexistant et inventé pour la circonstance par Boudet)

 

« Oui, et alors, lui fis‑je ? »

« Et alors, me répliqua‑t‑elle, connais‑tu LAMPOS ? »

« Non, qui est‑ce ? … »

« Lampos, d’après la mythologie, est le nom d’un des deux chevaux tirant le char de l’aube, le nom qu’a prêté Boudet à ce rocher ! »

« OK, reçu cinq sur cinq »

« Maintenant, retournes‑toi »

 

   Fantastique ! Derrière, dans l’axe, Le Roco Negro soudainement flashé au soleil nouveau tiré par Lampos sortait de l’ombre et, la face du diable (Asmodée, dit‑on, mais j’en doute fort… ?), m’apparaissait en clair ! Particulièrement clair et comme flashé, car le lever du soleil provoqua cet effet d’éclairage saturé du à la présence de nuages plombés stationnant derrière la colline du roc, effet connu et recherché par les photographes par temps orageux. 

  

   Le malheur veut que je ne me souvienne plus de la date exacte d’été, ni à quelle hauteur précise dans le bois nous étions, si propice à l’observation et ou le soleil s’élève exactement au milieu du sommet du rocher et trahit brutalement la présence du diable sur le Roco Négro. Car nous vécûmes des années folles en cette région …j’y suis bien repassé quelque fois en été, mais ce n’était jamais tout à fait aussi bien, je n’étais pas là au matin qu’il aurait fallu, et il n’y avait pas non plus, l’effet flash dû au temps orageux. 

 

   Encore, je demandais : « Pourquoi Saunière (ou quelqu’un d’autre ?), aura‑t‑il nettement suggéré par le carrelage noir et blanc de l’église, un échiquier orienté en coins aux quatre points cardinaux, si proche du diable au bénitier ? »

 

   «  A ton avis ? C’est qu’il faut imaginer un même échiquier virtuel, géant celui‑ci, orienté identiquement, et ayant pour axe un méridien, dans le secteur du Roco Negro, inscrit en un cercle dont le centre est le centre de l’échiquier et le centre universel d’une géométrie sacrée »

 

   Je n’en obtins jamais plus non plus sur ce thème particulier sauf que le centre du cercle était un secret bien gardé. Mais à quoi bon puisque j’ai fini par le découvrir tout seul, le Cercle en question (avec son vrai centre qui est aussi celui de l’échiquier géant) dont parlait G., échiquier dont on fait curieusement allusion d’ailleurs dans le Serpent Rouge, document sulfureux, à prendre d’après moi avec de longues pincettes, qui énonce des mensonges, quelques réalités partielles, mais aussi de rares et absolues vérités. C’est une façon de crypter efficacement que de semer le doute et la confusion !

 

   Mais elle me prépara une émotion grandiose, elle qui connaissait si bien mon amour pour les Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin ! C’était peu après notre arrivée à Puivert, le mercredi 17 juillet, jour de grande chaleur, à quatorze heures caniculaires (Midi solaire ! le Méridien ?), ou elle résolut de  m’embarquer sur la Route allant de Serres en Arques, là ou d’après les anciens, Plantard et de Cherisey, comme pour quelques autres auteurs britanniques, passerait le méridien de référence qui n’est sûrement pas le méridien 600 dit de Paris comme certains l’affirment … passons … pas plus que le très fictif méridien de Saint‑Sulpice, mais il n’en est pas très éloigné … le méridien de référence ne passe pas non plus sur les Pontils !

  

   Au cours d’un virage un peu dangereux, je sursautais soudain et transpirais de tous mes pores, mais cette fois ci ce n’était que l’effet causé par une sacrée belle surprise, en apercevant au détour de la route départementale des Corbières, entre Serres et Arques, cette sorte de monument construit tel un « alter ego » du tombeau du tableau de Poussin et de surcroît en un lieu ressemblant tellement à un collage du tableau du maître, copié grandeur nature depuis le cœur même de l’Italie, ou de l’Arcadie grec, et qu’un géant aurait semé là, par hasard, nonchalamment, tout en rêvant... il est impressionnant de savoir que par deux fois la mythologie grecque affirme qu’Hercule, présent sur le tableau de Poussin et accroupi devant la tombe, passa les hautes Corbière d’Est en Ouest, puis obliqua au Sud vers les colonnes... d’Hercule... Alors, serait ce lui qui nous la porta sur son dos, ou qui la construisit, cette tombe... ? Voilà ce que je rêvais en passant par ici ce jour là. 

 

   Souvenez‑vous du onzième (11 nombre culte chez Boudet et première signature numérale de Henri Boudet) travail d’Hercule, dit le jardin des Hespérides, et de ses superbes oranges, les pommes d’or, au jardin des Hespérides, petites filles d’Atlas, au nombre indéterminé (3, 4 ou 7 selon les sources) et gardées par le dragon ou serpent, vers le Maroc actuel, sous l’Atlas, qu’Hercule sut par ruse chaparder sous le nez de la bête. Ne me dites pas que Boudet aura seulement fait semblant d’être lourd en nous racontant avec tellement d’insistance ce voyage d’Hercule, par les Pyrénées Audois, le héros devenu à ses yeux, Gaulois ! C’est justement parce qu’en cette aventure, il passa deux fois sur ce même chemin, sur des sentiers qui devinrent probablement nos routes et nos cols.

 

   Quand, à la fin de son voyage mouvementé, Hercule se disposait à enfouir son trésor de pommes d’or si difficultueusement conquis, la déesse Athéna, la déesse aux yeux pers, adroitement manipula notre pauvre héros et lui substitua les pommes d’or qu’elle emporta avec elle dans l’au‑delà, chez les dieux.

 

   Et notre Héraclès Hercule, encore grugé, ne vit que du bleu !

 

Et en l’occurrence la couleur des yeux d’Athéna, la déesse aux yeux pers (pers : aux couleurs de l’iris variables), d’un bleu changeant et indéfinissable, les yeux de la mer et de l’océan, aux iris bleus mouvants comme les petites pommes projetées par les vitraux de certaines églises, parce que ne croyez pas qu’il n’y a qu’à RLC que ce phénomène pommes bleues existe, se produisant toujours à des dattes remarquables et signifiantes ! Nous apprendrons aussi en mon livre à connaître et à analyser le « triangle Pommes Bleues », un symbole Christique et Graalique saisissant !

 

   En attendant : (Pers = 8585 est la largeur du tableau des Bergers et 5 // 8 sont les termes au rang 5 et 6 de la suite de Fibonacci ! (Allusion au 56 ?)

 

HESPERIDES qui contient l’adjectif pers (masculin) et perse (féminin) se décline aussi en DEESSE  P R I H

 

PR : P = 16 et R = 18 soit 16 et 18. (Boudet plusieurs fois en son livre et fort opportunément afin que nous puissions décoder sa page, nous code P R = nombre d’or, comprendre = 1,618 !)

 

Soit : I H,  I = 9 et H = 8

 

Soit : PR × I = 1, 618 x 9 =~ 14, 56 (14 et 56 qui sont les deux nombres des Bergers, pour ceux qui ont suivi …  14 et 56 (56, le nombre d’ISIS) étant les nombres initiés par ET IN ARCADIA EGO sur la toile des Bergers, un des Bergers se trouvant être par ailleurs l’initiateur du Cercle de Poussin.

 

Maintenant PR x I x H = 1, 618 x 9 x 8 =~ 116, 50

116 est l’incontournable signature Pythagoricienne de Boudet (développé dans mon livre, et qu’il nous code précisément et très soigneusement page 116 de la VLC) et 50 est le nombre du site dit du LION, parfaitement codé par Boudet page 300 (idem …mon livre)

 

   Voila, résumée la légende que ne nous raconte pas intégralement Boudet, mais qui nous la suggère très volontairement, l’air de dire « Ils vont bien percuter, à force d’insistance ! »

Bon … ma dernière analyse était en forme de clin d’œil très pers

 

   D’autre part, Luis Bertram Lawrence, le grand ingénieur venant des Etats‑Unis, vivant en cette propriété ou il aménagea le tombeau (des Pontils) en sa forme définitive, avait‑il lu l’abbé Boudet ? C’est plus que probable. Cet homme était suffisamment curieux,  universel en ses talents et en sa culture et connaissait certainement de surcroît le tableau de Poussin.

 

Et puis, si l’on peut encore rêver ?

 

   Ce grand et génial excentrique installa peut‑être consciemment ce signal de référence ayant la forme du tombeau de Poussin, en Arcadie occitane, sur la route d’Héraclès Hercule, s’étant aperçu que le rocher de Blanchefort était bien représenté sur la toile de Poussin en symétrie par rapport à la tombe sise sur son roc, et avec Erymanthos, montagne d’Arcadie évoquée par Boudet à propos de son héros favori, Hercule soi même, en son travail du sanglier d’Erymanthe.

 

   Et puis il faut bien admettre que si l’on transpose la toile dans le paysage, la direction de la Montagne Erymanthos, à gauche du tableau, indique bien l’orientation de la vraie montagne Erymanthos, culminant au nord de l’Arcadie Grecque… mais en presque infiniment  lointain, car la Grèce n’est pas la porte à côté ! Prenez un Atlas et comparez, si toutefois vous parvenez à bien orienter le tableau par rapport à la réalité de la carte d’Europe ce qui n’est pas évident pour qui ne connait pas la caractéristique du méridien de référence installé par Nicolas Poussin (et confirmé par Boudet !)

   Le méridien non plus, je constate qu’on ne le recherche plus sur le Poussin de manière rationnelle... Ni idem sur la carte de Boudet qui nous le code de manière quasiment scientifique ?! En vertu de quoi ce renoncement ? J’attends toujours la réponse.

 

   J’ai semé à droite et à gauche quelques indices. Alors les petits cachottiers qui ont trouvé gardent peut‑être l’aubaine pour eux. Je ne saurais le leur reprocher.

 

   Quant aux bergers (et leurs moutons ?), basta, s’ils n’étaient pas présents, c’est qu’ils sacrifiaient, sans doute, au rituel de la sieste, tapis à l’ombre des chênes verts, bercés au son des grillons... (comme sur le tableau) Hé oui... pour entendre et apercevoir des cigales, il aurait suffi de quitter les vignobles ou courent les cépages de la pétillante Blanquette de Limoux (l’ancêtre du Champagne ?), et de descendre en enfilant les lacets noués du col de Saint Louis qui rejoint difficultueusement la grande route rectiligne de Perpignan, bordant les opulents vignobles de Maury et du Mas Amiel, qui produisent de magnifiques crus, dignes et nobles concurrents des grands vins de  Portos !

 

   Ici sont les Fenouillèdes au climat méditerranéen, jadis territoire jalousement Espagnol sous la ceinture frontière hérissée de colossales forteresses wagnériennes, tel Quéribus, une sorte de ligne Maginot moyenâgeuse tombée depuis des siècles en franche désuétude et que le temps sculpta en orgueilleuses ruines.

 

Note de l’auteur : Pour les cigales, je vous parle de l’année 1968 ! Maintenant, plus de 40 ans après et le changement climatique aidant, je crois bien que les cigales ont déjà envahi tout le Bas et Haut Razès !!!

 

   Au retour, une autre émotion m’attendait. L’orage entre temps s’était déclenché, vous savez ?... l’orage qui menaçait depuis plus de trois cent cinquante ans sous les nuages noirs accumulés au ciel de la toile des Bergers de Poussin, en haut et à droite du tableau, un peu cachés par le bouquet d’arbres ? Alors, le gros ruisseau presque asséché sous juillet, le Rialses (ici le réel cesse ?) avait soudain multiplié par cent dix milles son débit habituel et charriait des nouaisons de bouillons couleur sanguine, la teinte des sols nus en argile rouge que nous avions découverts éblouis, un jour avant, plus haut sur les monts, au dessus d’Arques. Maintenant, vous franchissez le Rialses (le ruisseau parfois rubicon(d) situé aux frontières du réel sur le beau pont moyenâgeux en dos d’âne reconstruit par les compagnons maçons face au massif rocheux du Cardou ressemblant (contemplé depuis un point spécial), à une statue de pénitent abîmé en prière.

 

   Plus tard, on me parla d’un mythe d’origine récente, celui dit du Serpent Rouge (dont j’ai fait déjà allusion), déroulant ses anneaux au confluent du Rialses et de la Sals, la rivière salée, et qui avaient fait l’objet de jolies polémiques quelque part vers Rennes‑le‑Château. Mais, tonnerre de foudres ! Aucun doute, nous étions bien ce 17 juillet à l’endroit précisément décrit en ce texte sulfureux devenu « culte » aux yeux de certains aficionados de l’affaire des deux Rennes !

 

   Quand je revins plus tard avec G aux Pontils, nous avions porté avec nous un agrandissement de carte postale représentant le tableau des Bergers.

 

   Nous nous aperçûmes qu’il existait une manière de cadrer exactement la perspective de la tombe avec le rocher présumé de Blanchefort à droite, représenté sur la toile de Poussin.

 

   Certains auteurs ont déclaré par la suite que l’orientation de la tombe sur le terrain ne coïncide pas exactement avec les différents paramètres exposés entre la carte IGN et le tableau. Ce problème évoqué par ces auteurs demanderait à être éclairci, car présent exactement sur le site de la tombe, l’observateur se trouve trop bas et ne repère plus du tout, Blanchefort ! Quant à la surface du tableau, il est difficile de s’y repérer de manière satisfaisante en tenant compte rigoureusement de la perspective ! Personnellement, comme beaucoup d’autres j’ai soigneusement repéré et noté à la boussole l’orientation de la tombe. Mais comme de la tombe on ne voit pas le rocher de Blanchefort, la seule chose à faire est de repérer et de tracer les lignes d’orientation depuis le point de la tombe sur carte IGN, ce qui ne sera jamais d’une précision garantie.

 

   A mon humble avis, il faut faire confiance à l’œil, l’œil du peintre, celui de Poussin qui devait connaître d’après croquis les points de repère, et à celui du géomètre et de l’architecte, comparable à celui de l’ingénieur Lawrence qui n’aura pu fignoler l’orientation de sa tombe que grâce à l’expérience de son regard tant de fois exercé, certainement fiable, étant donné son métier d’ingénieur polyvalent, et en prenant ses repères lui aussi à la boussole, puis en traçant sur la carte de l’époque.

 

   Il est probable que Lawrence connaissait tous les secrets des Bergers et en particulier le tracé du bon Méridien que Poussin aura indiqué sur sa toile, et que manifestement les chercheurs qui analysent ce tableau depuis X années et décennies, de toute évidence ne connaissent toujours pas, sinon on aurait fini par le savoir à grand renfort de ramdam, à moins, comme je le pense qu’ils se taisent ! Si cela avait été le cas, ils se seraient rapidement aperçus, par exemple, que Poussin avait scrupuleusement respecté toutes les orientations essentielles, à savoir que celle de la tombe était respectée, en témoigne sa perspective discrètement suggérée, avec son orientation par rapport à Blanchefort. L’affirmation qu’il existe un décalage par rapport à la réalité, à elle seule trahit cette  méconnaissance des points de repères fondamentaux du Méridien utile sur le tableau et sur la carte IGN. Il est en outre certain que l’ajustement effectué par rapport au méridien met non seulement en lumière l’excellente orientation de Blanchefort représenté sur le tableau, par rapport au point M d’ajustement du Méridien, et… la direction de la montagne d’Erymanthos, représentée par Poussin sur le tableau, à gauche, et par cette même occasion en confirme bien l’identité, et de surcroît en indique l’orientation géographique précise depuis la réalité du terrain et de la carte ! Parfait !

 

   Poussin, encore une fois n’a rien négligé, mais faut‑il apprendre à le lire par rapport à la carte IGN et la carte Boudet, sur lesquelles le bon méridien, naturellement est crypté sans contestation possible. C’était de toute évidence le projet prioritaire de Boudet que de coder en sa carte et en parallèle avec les premiers chapitres du Cromleck de Rennes‑les‑Bains, le Méridien, la première chose à découvrir. C’est « la pierre de Rosette » du tableau ! Je n’exagère pas.

   Bien entendu, je traite de ce problème déterminant en mon livre permettant de déchiffrer maintes anomalies énigmatiques peintes par Poussin avec une précision de géomètre et une patience d’horloger suisse.

 

    Des sorties telle cette dernière (toujours en en se prenant le chou !), nous en fîmes beaucoup. A chaque fois, c’était elle qui prenait l’initiative, jusqu’au jour où  … je démarrais de mon chef, mais cette fois sur des bases solides.

 

   Mais je voudrais vous communiquer quelques petites trouvailles, fruits d’un travail collectif entre G. et moi, d’après de petites découvertes de certains chercheurs amis de Gérard de Sède qui lui auront communiqué ces indices, et qu’elle m’aura révélé sur le tard afin que je m’en inspire en les développant. Pour commencer, une petite bricole que personne n’avait relevé et qui pourtant comme mille autres vous crève les yeux. Une vertu de plus à mettre au crédit du texte du tableau :

 

E T  I N   A R C A D I A

___________________

 

E G O

 

    Est ce bien comme cela que la chose est présentée par l’artiste, et est‑ce bien ainsi que nous nous appliquions à l’école, pour poser une fraction ? Si oui, il est aisé de la résoudre si l’on fait le total ordinal des lettres de l’alphabet latin simplifié ou français du dix neuvième siècle : 85 et 27. Belle coïncidence.

 

85 / 27 = 3,14 =~ P

 

   En effet, il est impossible de faire mieux avec des nombres entiers à deux chiffres en approchant le plus près possible du rapport usuel idéal qui aurait du être obtenu avec un nombre décimal :

 

   84, 823 (presque 85, la largeur du tableau des Bergers) / 27 (nombre symbolique très ancien et récupéré par Boudet et par Leblanc) = 3, 1415926 et qui se trouve n’être que la vérité du nombre irrationnel : P.

 

    Ce qui n’aura pu échapper à Boudet ni à ses amis, pas plus qu’en calculant dès le départ, ce qu’ils n’ont pas manqué de faire, je pense, en alphabet de 24 ou 23 lettres, (époque de Poussin qui aura bien pu faire l’opération avec ses chiffres à lui, pourquoi pas ?) le résultat serait de 79 / 25 (ou 76 / 24)=~ 3,16, c'est‑à‑dire le centième du nombre total de page du livre de Boudet, toutes écrites de sa main : 310 + 6 de Avant propos(4) et observations préliminaires(2) = 316.

 

  Ce 3, 16 x 100 n’est pas pour Boudet tombé dans l’œil d’un mal voyant, car il débouche sur une entité extraordinaire dont il n’était pas peu fier d’en connaître l’exactitude. Développé dans mon livre : 316 est le nombre réel de pages à texte dans LVLC x 11, première des trois signatures numérales (à savoir 11,  121  et 116) Boudétienne = 3476 = diamètre exact de la Lune en Km …

 

   Quel rapport avec notre affaire ? … Hou là là ! Re‑ouvrez votre Boudet et vous cocherez pour commencer les pages où l’auteur écrit le mot LUNE et puis cogitez, puis cherchez tous les mots A L C O R  (oui le mot ALCOR, la huitième fille de la Grande Ourse), noté en acrostiche sur certaines pages du livre.  Retenez les pages ALCOR en acrostiche, ou il écrit en même temps au cours du texte : « grand ours ».  Bon courage, mais le décryptage est à ce prix. Après, faut‑il encore comprendre le code et le résoudre. Croyiez‑vous donc que c’était facile ? Difficile mais tout à fait rationnel, cohérent et scientifique, vous verrez, si vous y arrivez. Boudet savait concrètement de quoi il parlait à propos d’ALCOR ! Ou alors quelques amis très au fait des nouvelles découvertes astronomiques le lui aura‑t‑il soufflé ? … qu’ALCOR, pas plus que Mizar, n’étaient des étoiles solitaires ! C’est en effet ce que nous crypte Boudet. Dans quel but ?

 

   Je suis persuadé, en outre, que cette singulière mise en éclairage d’ALCOR par Boudet n’aura pas laissé indifférent un Maurice Leblanc… mais cela nous mènerait bien trop loin pour aujourd’hui !!!

   En effet, quelques chercheurs Boudétiens, tel l’excellent André Goudonnet, père du dictionnaire de la Vraie Langue Celtique, considèrent que l’abbé aura suggéré une double, voire une triple numérotation de son livre. La première à partir de la page 1 de AVANT‑PROPOS à la page 310, qui deviendrait alors la page 316. L’autre, de la page 1 du chapitre premier à la page 306. Enfin la troisième, de la page 1 de chapitre premier à la page 310. On pourrait, afin d’étendre cette confusion volontairement organisée par l’auteur, considérer une numérotation autonome du Cromleck de RLB, le livre dans le livre... et cette dernière idée n’est pas stupide, quoiqu’elle nous compliquerait singulièrement, car les mêmes questions se poseraient, à savoir où l’arrêter, page 306 ou bien 310 ? Il y aurait aussi le problème de AVANT‑PROPOS, contenant deux pages de la main de l’abbé, mais non numérotées, et puis pourquoi ne pas considérer le cas de la première page de OBSERVATIONS PRELIMINAIRES, non numérotée en chiffre romain, comme les trois autres de II à IV ! Boudet n’est jamais simple ! Il nous promène et organise des pièges à grand’ours et des leurres à gogos, à moins que ce soit les typographes qui rêvaient … ?

 

   Quoiqu’il en soit, pour moi, je tiens pour certaine sa troisième numérotation occultée de 1 à 316 pour bonnes raisons, à commencer par la piste Lunaire et Alcor. Une autre raison est celle‑ci (et déjà convaincante) : à la page fictive n° 314 (donc numérotée 314 + 6 = 308), l’abbé nous crypte de manière indiscutable, non seulement 3,14 , mais aussi 3, 1416 = P (regardez bien, voir si je mens) et se permets de surcroît de valider la piste en nous cryptant de manière également incontournable, à partir de la célébration de Pi, le nombre transcendant, la circonférence exacte de son cercle exprimée en kilomètres avec les décimales usuelles ! Et tout cela avec la clef noble, la 17 !!! Ce n’est pas rien (développé dans mon livre). Donc, la page 308, alias 314 est bien la page Pi du livre avec p = 3, 1416 la valeur usuelle scolairement parlant.

           

   A noter que, par ailleurs, le rapport de la fête de Sainte Marie Madeleine : le 22 Juillet, 22 / 7 = 3, 14   !!! D’autant que le 16 manquant serait le nombre symbolique de Marie de Magdala (d’après Boudet et mon interprétation … donc sous réserves).

Hasard, également ? Je ne crois plus à l’insignifiance de ces sortes de hasards concernant les saints du calendrier religieux !

 

   Ce n’est sûrement pas par hasard non plus ce que je découvrais un peu plus tard (indirectement grâce à Alain Féral qui me fit remarquer un jour, que l’intérieur de la bibliothèque de Saunière représentait le cube parfait de la Jérusalem Céleste de l’Apocalypse, comme on peut l’observer, ce cube, en certains lieux de culte), que les concepteurs de la tour Magdala, avaient codé en son architecture cette formule, un rapport si particulier et extrêmement révélateur, contenant Pi, (et j avec le rapport d’Osiris = P / j²), à savoir :

 

           555  × P    =   666

 

La formule mathématique du nombre apocalyptique de la bête ! Inattendu, non ?

 

Impressionnant : « C’est ici la sagesse. Que celui qui a l’intelligence, compte le nombre de la bête. Car son nombre est le nombre d’un homme, et son nombre est 666 » (Jean de Pathmos)

 

   Cela vous dit‑il quelque chose ? Mais ou donc est donc planqué le 555, me direz vous ? Prenez donc la toise et comme l’ange de l’Apocalypse sous les yeux médusés de Jean, remesurez en détail le la Nouvelle Jérusalem retranscrite par les concepteurs de Magdala, et vous trouverez ! N’oubliez pas

 

 6/5 = 1,2  et  666/ 555 = 1,2

et  P/j = 1,2  le rapport d’OSIRIS (Osiris = 56)

 

   Ben, nos curés l’avaient donc, l’intelligence et la sagesse, puisqu’ils ont (découvert ?) et codés dans la pierre le nombre de la scandaleuse légitimité de la Bête, nombre issu du mariage des 3 invariables de l’univers connus des anciens, ce qui ne remplace pas l’explication classique du codage du nom de Néron, mais qui en outre, va beaucoup plus loin. Bien sûr, je ne vous dirai pas aujourd’hui clairement où nichent les chiffres en Magdala… Désolé, mais je fais confiance en votre perspicacité.

Qu’en pensez‑vous messieurs les négationnistes ? bien sûr, nous en reparlerons, naturellement.

 

   Autre chose, il est facile de repérer l’échiquier, puis le damier (10 cases au carré) du carrelage de la bibliothèque Saunière en Magdala. Le damier fait 10 fois 0, 40 m de côté, soit un carré de 4m de côté. Quel est le cube de 4 m ? C’est 64 mètres cube. Donc ne logerait on pas en la bibliothèque de Saunière les « soixante‑quatre pierres dispersées du cube parfait »  dont parle de manière (très obscure ?) le Serpent Rouge ? Passons …

 

   Oui, Pi avec Phi, sont bien les deux premières clefs de la géométrie sacrée Poussinienne et Boudétienne. Pi le nombre transcendant des deux cercles principaux, ceux de l’arène d’en bas, qui sont tous deux d’une façon ou d’une autre placés sous le signe du LION … !

 

   A propos, quel jour fêtons‑nous la Saint Léon, Léone, et Léo, tous noms de rois investis du pouvoir divin, celui du lion. 

   Eh bien, c’est le 10 Novembre, saint Léon, premier docteur de l’Eglise.

Le 10 est déjà le nombre symbole, choisi par Boudet, pour représenter son Cercle personnel. (D’après mon analyse)

Ensuite Novembre est le 11ème mois, le 11 nombre Boudétien par excellence.

Novembre (N= 14), premier nombre des Bergers. Novembre, le dernier des mois cryptant depuis juillet (Sainte M.M !) avec leurs initiales :

 J a s o n, page 121 (= 11², nombre Poussinien et Boudétien et seconde signature de Henri Boudet) terminé page 122, sur Novembre etc. : Départ symbolique de Jason à la conquête de la Toison d’or… qui va se terminer vers la toute fin du livre … cela vaut le coup de relire ces pages en auscultant les mots et les comptant … (pour ceux qui savent compter)

 

Mais le jour de la Saint Léon, est  aussi le jour n° 314 (3, 14) de l’année normale ! Le vrai jour PI ! … à 15 heures, 9 minutes et 26 secondes, c’est l’heure Pi à la seconde près !

 

   Une autre fraction remarquable, est très révélatrice, c’est tout banalement de commencer par poser le nom de Nicolas Poussin en numérateur.

Le dénominateur sera le nom du mathématicien philosophe vedette de nos cryptages et décryptages, c’est Pythagore. (Tout simplement !)

 

   Souvenez vous, si vous avez lu la biographie de Poussin, que le jeune Nicolas fut pris en main par le grand mathématicien de Louis XIII, monsieur Courtois, donc je pense que cette rencontre fut déterminante pour le jeune Nicolas et que sa propension à s’exprimer par l’arithmétique s’explique d’autant mieux que les peintres classiques ne pouvaient couper à cet enseignement de la section d’or et de l’arithmétique en général puisqu’à l’époque post Renaissance, on s’en souciait fort en Europe. Et en la personne de Courtois, il eut un bon mentor et initiateur.  

Pythagore était un philosophe, mathématicien et astronome grec.
Il est né à Samos en 580 avant JC et est décédé en 490 avant JC

   Pythagore est un des personnages les plus mystérieux de la Grèce antique. Aucun écrit de lui n'a été retrouvé et son enseignement n'est connu que par ses disciples et par la tradition orale. Devenu très tôt une légende, on le dit fils d'Apollon ou d'Hermès, dont il reçu le pouvoir de garder les souvenirs de ses vies passées. Pythagore restera aussi une énigme pour Aristote qui évitera le plus souvent de prononcer son nom. Fait peu connu, il entreprit des voyages d'étude en Perse, en Gaule, en Crète et en Egypte.

Ci‑contre
Pythagore peint par Raphaël

   Nicolas Poussin fut très jeune un surdoué en dessin et avait l’esprit ouvert à l’arithmétique comme aux autres sciences. Il sut faire une synthèse de ses savoirs et dut l’utiliser à bonnes fins en son tableau. Mais cette rencontre anecdotique entre son prénom et nom avec celui de Pythagore n’aura peut‑être pas pu l’impressionner, car à son époque, l’alphabet français était en encore en gestation et comme dans l’alphabet latin, le W était en principe inexistant, et de surcroît l’alphabet Français ne comptait que 23 ou 24 lettres, auquel cas la valeur ordinale de la lettre Y, par exemple, n’aurait put être 25 comme au temps de Boudet à la fin du dix neuvième siècle.

Mais en tous cas, cette rencontre là ne pouvait pas échapper à la sagacité d’un Henri Boudet pratiquant les totaux ordinaux des lettres, épaulé par ses excellents amis, fins scrutateurs, analystes et calculateurs et à l’affût des superbes hasards prédestinés, débouchant sur la section d’Or !

 

   Remarque : Dés 1833, et bien antérieurement, le dictionnaire des noms géographiques de Alfred de Wailly, qui dort dans mes archives, se basait sur l’alphabet français moderne de 26 lettres en l’ordre actuel avec le W, au lieu de 25 lettres pour le dictionnaire de l’Académie du même de Wailly, et (ironie) sans le W de Wailly (soi‑même… !). L’alphabet moderne a été utilisé très avant que l’académie ne se décide enfin de le permettre (comme a son habitude), et ignora totalement le W jusqu’en 1835.

Mais ce n’est qu’au 20e siècle qu’elle entérina définitivement l’acceptation de la lettre alors que l’Université l’avait déjà inclus en l’alphabet latin, comme le J le K et le Y !!! Ce qui ne facilite pas le travail des décodeurs. Je pense en particulier aux décodeurs pratiquant les grilles de Vigenère, car si les codeurs n’en faisaient qu’à leur tête selon leurs vieux dicos persos... bonjours les migraines !?

 

Rappel : 

A B C D E F G H I J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26

 

Nicolas Poussin ® 14 lettres = 186   (Encore le 186)

Pythagore ® 9 lettres = 115   (Page 115, Boudet nous crypte CERCLE et la COUDEE d’or et en page 114, le nombre d’Or !)

 

Noter que 14 + 9 = 21 (Le « Graal » selon Boudet, d’après mes analyses).

 

186 + 115 = 301

 

   Déjà, constatons que la page 301 a été choisie par Boudet pour porter de conserve Hercule et la Montagne d’Arcadie, Erymanthes et le sanglier (le sang lié). Nous sommes donc avec les Bergers, entre les mains de Poussin tenant le secret (du sang lié ?). Ces deux entités sont représentées sur le tableau, la découverte de la troisième, le sang lier ou lié dépend de notre sagacité. Mais passons à l’essentiel : 

Pythagore / Poussin = 115 / 186 = 0, 618 =  1/j.

Poussin / Pythagore = 186 / 115 = 1, 61739    soit =~ 1, 618 = j

Pythagore + Poussin / Pythagore = 301 / 115 =~ 2, 618 =  

Pythagore + Poussin / Poussin = 301 / 186 = 1, 618 = j

   Faut‑il vous faire un dessin ? Cette rencontre est explosive. Je pense que les résultats sont convaincants et cela n’a rien d’un canular ni d’une histoire de fous. Sauf peut‑être Boudet qui page 115 nous offre une des plus étrange assertion de son livre proche de l’histoire de fou. Après les Basques antiques que l’envie d’écrire démangeait devant leurs accumulations de mains de papier (alors que le papier était totalement inconnu), voici le bouquet final :

 

« Le teint brun qui fait distinguer avec tant de facilité les Ibères des Celtes, est rappelé dans le mot « visage, bisaiya » ; ‑ bice (baïce), vert pâle, ‑ high (haï), fort, foncé en parlant d’une couleur »

 

   Imaginer une personne au visage brun vert pâle est déjà compliqué (j’en appelle à ceux qui connaissent les effets désastreux de certains mélanges de pigments qui conduisent à la non couleur, le neutre, le « caca » comme disent les peintres... Eh bien, c’est ici rigoureusement le cas ! Mais de là à imaginer un vert pâle fort foncé...

(et un vert foncé ne peut être un vert vif, synonyme de fort !), en y mélangeant du brun, fabriqué de noir mélangé avec du rouge... !!! Là, monsieur l’abbé frappe très fort, donne dans le propos incohérent pur et dur, et qui se serait endormi en parcourant son œuvre vient de s’éveiller en sursaut ! Chaque fois que Boudet a quelque chose de très fort à nous révéler, il pratique ce genre d’absurdités provocantes et choquantes. Chacun réagit à sa manière devant de tels excès !

 

  Beaucoup pensent que le pauvre abbé déraillait, d’autres comprennent que c’est lui‑même, qui en  nous choquant, va nous remettre sur les rails du décryptage utile. En résumé, c’est quand on ne comprend plus rien que la pépite d’or en attente est à saisir opportunément (ou la perle sauvage en plongeant ? …

 

   Oui, ces résultats de fractions précédents composant la célébration du nombre d’Or, sont l’effet d’une circonstance heureuse et bizarre à la fois, vous en conviendrez et j’en conviens aussi volontiers (en même temps que les ultras sceptiques et  intégristes du rationalisme), en songeant à l’abbé Boudet qui devait s’amuser beaucoup de cette drôle de coïncidence. Car ni Poussin, ni monsieur Courtois ne purent en sourire, puisque leur alphabet était différent. Mais Boudet quant à lui ne pouvait laisser passer pareille excellente occasion de nous lancer sur une sacrée piste. Alors voila, tout d’abord il confirme la valeur de la coïncidence par une citation de Louis Figuier. Il est tout à fait remarquable de constater que c’est à ma connaissance la première fois dans le livre, et peut‑être la dernière, que l’abbé se servira d’une citation pour confirmer une piste majeure. Faut dire aussi que Louis Figuier était l’auteur de référence, le chouchou de l’abbé. Mais, tenez vous bien :

 

Page 161 du Boudet, ligne 8

(à savoir l’alignement des chiffres du nombre d’Or représentant la page : 1,61 8 = j) que lisons nous ? Je cite :

 

« UNE CIRCONSTANCE HEUREUSE ET BIZARRE A LA FOIS ….. » Tiens, tiens, comme par hasard ? Voila, voila … Boudet se défiant courtoisement du hasard... mais par procuration, sur le dos de son auteur chouchou, Louis figuier)

 

   C’est ce qui s’appelle de la part de Boudet, marquer le coup, et de s’en amuser passablement au passage ! Joli clin d’œil, pensez vous ? Mais cela va beaucoup plus loin que le clin d’œil. Le clin d’œil n’est qu’une anecdote, tout juste bonne à nous éveiller ou nous agacer. Il faut repérer la piste.

 

   Je suppose que nombre d’entre vous demeurent encore sceptiques. Ce n’est qu’une « Circonstance heureuse et bizarre à la fois », pensent‑ils à leur tour ?

Normal, car je n’ai pas achevé cette première petite démonstration de la sagacité Boudetienne ordinaire et encore moins n’ai dévoilé la piste. Pour le premier manquement, en tous cas, voici :

 

   Boudet, page 161, ligne 8, (1, 618) cite donc son auteur favori, un grand intellectuel et chercheur, un champion de la vulgarisation des sciences, qui fut quasiment son contemporain, (1819‑1894), et avec qui il avait des affinités et (peut‑être même ?), des complicités secrètes (qui sait ?), Louis Figuier.

  L. Figuier est justement l’auteur de ce : « Une circonstance heureuse et bizarre à la fois », introduisant une citation extraite d’un de ses nombreux ouvrages « l’Homme Primitif » ouvrage paru en 1870, quinze ans avant la parution de La Vraie Langue Celtique, et que Boudet aura cité au maximum.

  

   Louis Figuier, natif de Montpellier, aura écrit sur toutes les sciences dominantes du dix neuvième siècle, aura inventé le théâtre à thème scientifique, et curieusement, un de ses premiers grands ouvrages a pour thème l’alchimie. Figuier soutenait que les alchimistes étaient des pseudos scientifiques, thèse aujourd’hui reprise par tout un courant de pensée reconnaissant les intuitions fulgurantes de justesse propres aux alchimistes, précurseurs intuitifs des grandes découvertes chimiques, physiques, et biologiques du vingtième siècle. 

 

Continuons notre investigation : Louis Figuier = 151. On va faire rapide : 

Nicolas Poussin = 186

Pythagore = 115

Louis Figuier = 151

  Si on calcule finement (186 / 151)  x  (151 / 115), en laissant courir théoriquement jusqu’à l’infini les décimales, nous obtiendrons, mais vous l’avez deviné :   ~ 1, 618 !!!!!

 

   Eh bien, alors ? Messieurs les vachement sceptiques ? Vos commentaires ? Avouez tout de même qu’il existe des circonstances heureuses et bizarres à la fois, particulièrement bien torchées et passablement lustrées par l’abbé, et pour commencer, pour sceller l’amitié (virtuelle ?) qui unissait les deux hommes, Boudet et Figuier, qui savaient fort bien compter de tête et s’en amuser, grâce à  leur dévotion commune à Pythagore.

 

   Et dites vous bien que les arguments les plus forts et convaincants, je me les garde jusqu’à nouvel ordre parce que  je ne veux pas gâcher les clous du spectacle !

 

   Un autre petit détail : si un grand nombre de pages sont cryptée chez Boudet, certaines étant d’une densité à peine croyable, une série parmi d’autres, comprise dans le livre : Le Cromleck de Rennes‑les‑Bains, commençant page 224 jusqu’à 306, série de 11 (comme par hasard !) numéros de pages, demeure particulièrement remarquable pour les enseignements recueillis.

 

   Cette série obéit à la constante (résultats arrondis), de (n 1, 0285). Et savez vous ce que représente ce nombre ? Ce nombre  que nous avons déjà rencontré, il me semble, n’est que la surface du tableau des Bergers d’Arcadie :

 

1, 21 x 0, 85 = 1, 0285

  

   Le tableau qui nous intéresse ! Oui mais exprimée en mètres carrés, me ferons remarquer les rationalistes distingués (tels que je suis moi aussi... d’ailleurs... ne vous méprenez pas …

 

   (Mais grâce à Dieu, je ne suis pas un rationaliste buté au service d’une douteuse cause, celle de l’argent pour l’argent, comme ils en sont tant qui polluent nos entourages sans, O ironie, en être mieux payés et valorisés en retour … comme quoi, quand on est con … connaissez l’adage !!!), car tout cela est dur à croire, en effet cela se passait à une époque ou le mètre mesure était encore dans les limbes !

 

   Ah... Cette opportune remarque me fait penser qu’il est urgent que j’achève mon livre et qu’ils le lisent afin de comprendre qu’une telle assertion exprimée en mètres qui soit disant n’existait pas, n’a rien d’une erreur, n’est ni fadaise ni imposture, n’est encore moins un contre sens, mais au contraire est bien une réalité scientifique historique indéboulonnable. Et la solution à l’énigme du mètre mesure, concept connu en Europe des premières Lumières, dés la Renaissance Italienne, est inscrite et expliquée sur le tableau de Poussin, avec le Méridien (qui servit de prétexte à sa première définition, projet déjà pressentit par Poussin, fort proche des scientifiques de son époque, comme on disait dans les années 70, branché ! …  et avec tout ce que vous n’avez peut‑être pas même conscience, et lequel Poussin se paie le luxe de nous définir son mètre mesure par une certaine juste fraction du Méridien … tiens donc … du méridien de référence dit de (car ne passant pas à …) RLB, avant de nous le démonter encore deux autres fois par triangulations géométriques d’Or (Les petits chevaux dits entiers ou demi entiers, à demi châtrés de Boudet pages 154 et 155 !), inscrites et nous crevant les yeux dans la composition basique du tableau.

 

   Un ami me faisait remarquer après lecture des premières pages publiées sur ce site « J’ai reconnu des thèmes dont tu m’avais dit parler en ton livre. Si ça continue, que te restera‑t‑il pour ton livre ? » Cela partait d’un bon sentiment et je l’en remercie. Mais ce qu’il ignore, comme d’autres, c’est que je ne fournis pas forcément en clair les modes d’emploi des indices ! De surcroît, j’ai encore des centaines de pages de scoops en réserve, publiables, et que j’en conserverai que je ne publierai sans doutes, jamais ?

 

    S’il y en a qui font 500 pages avec une idée ou deux en délayant et en tartinant un max, ce ne sera pas le cas avec moi. Aujourd’hui, grâce à Jean‑Pierre Garcia, je me complais à flâner, baguenauder avec vous, me souvenir, m’amuser, raconter des anecdotes, mélanger les genres (Ah ! Y’en a que ça agace, mélanger les genres ?! Désolé), car c’est en flânant que le chercheur (et ses lecteurs ?), souvent découvrent. C’est comme ça que ça marche. Ce n’est pas en étant didactique d’entrée, qu’on progresse...

   Mon vieux prof de géo nous répétait : « Bientôt, vous verrez, on fera de la géographie avec l’aide des satellites artificiels, ce qui sera fort bien venu, mais rien ne remplacera pour autant la flânerie du géographe et du géologue picorant  tranquillement à pied » 

Le retour de L'Arche d'Alliance par John Bowker

   J’ajouterais pour faire bon poids, que ce nombre 1,0285 est aussi la surface théorique du propitiatoire en or massif de l’Arche de l’Alliance (Voir Boudet page 75), dont les mesures sont curieusement exprimées dans la Bible en coudées Royales des maîtres compagnons, ceux  porteurs de la virga antique, la règle contenant les mesures sacrées, et toutefois un peu différente de ce que fut la coudée dite Egyptienne (mais est‑on certain de la parité que nous prêtons communément à la coudée dite Egyptienne ?) Coudée Royale codée par Poussin et confirmée par Boudet (dont nous connaissons la parité traditionnelle avec le système métrique et Phi le nombre d’Or, Pi et 1,2 le rapport d’Osiris, tous nombres et mesures de la même étroite parenté (mais si ! et je le prouve dans mon livre) = 0, 5236 m). Bref …

   Enfin, voici les bonnes pages de la série du Cromleck de Rennes‑les‑Bains, à savoir les numéros : (voir plus haut la première rencontre avec le 301 : 186 + 115 ! Nicolas Poussin + Pythagore)

 301   292   284   276   268   260   253   246   239   232   225

 A vous de jouer...  


Chapitre VII‑ Faisons le point

 

Une horloge normande à l’heure d’Axat

Semaine Sainte 1915

Franc comme l’or

Une nouvelle aventure Lupinienne : « Suite  17 »

Des musiciens du ciel à Notre Dame de Marceille 

Vendanges des cépages Melon et Bleu de Jérusalem

Du théorème de Pythagore au cercle 

 

    Un auteur culte, Patrick Ferté, qui à juste titre aura impressionné ses contemporains par un livre foisonnant et ensorcelant sur Maurice Leblanc & R.L.C., affirma que la notion de Triangle d’Or ne semblait pas se justifier dans le roman le Triangle d’Or, comme nulle part ailleurs chez Leblanc Voilà ce que P. Ferté écrivait vers la fin de son ouvrage :

 

« On peut s'interroger sur le symbolisme du Triangle d'Or dans l'œuvre de Maurice Leblanc : rien ne le justifie vraiment dans l'intrigue de ses romans : dans le Triangle d'or, il ne s'agit que d'un tas de sable ! Dans l'Aiguille creuse, le trigone Rouen ‑ Le Havre ‑ Dieppe ne rime à rien en fait. Au terme de tous ces décryptements historiques, ésotériques et littéraires, peut‑être la triangulation factice apparemment, prendra‑t‑elle tout son sens … » (Patrick Ferté, Arsène Lupin supérieur inconnu, chap.XI, Les anneaux magiques de la fée Serpente, sous paragraphe 7, Ension, l’abbaye mère de Clisson, page 451 de l’édition originale.(Guy Trédaniel ,La Maisnie 1992 éditeurs)

 

   En même temps ne souhaitait‑il pas que quelqu’un lui débrouille un jour ce mystère… qui plus est, n’aurait pour seule raison d’être qu’un raccourci vers les énigmes des deux Rennes ?! Mais le problème est de savoir le démonter, comprendre et prouver. Une autre paire de manches… Mais je m’y attelais résolument seul pendant tout un automne et un hiver.

 

   Il m’a été relativement compliqué de prouver le contraire de cette pessimiste assertion après avoir lu et digéré le livre de Patrick Ferté. Convaincu intimement que Leblanc ne saurait mentir à un tel niveau parce que la culture et l’éducation de l’homme lui interdisaient de tourner en dérision cette notion de triangle d’Or et de trigone cauchois. S’il avait pris la responsabilité d’annoncer Le Triangle d’Or et le Trigone Cauchois avec insistance en deux de ses romans majeurs, ce ne pouvait être une ironie d’auteur, ni une fantaisie imaginative, ni seulement un jeu de mots désignant un soi‑disant triangle en or métal ou encore le territoire vaguement triangulaire du pays de Caux, sans plus … Mais je pariais au contraire sur des figures précises, régulières et certainement mesurables, donc démontrables.  Aucune affaire n’est dérisoire chez Leblanc, ni chez Lupin son fils. Quant au jugement de Ferté il n’engageait que sa bonne foi d’auteur peu enclin à imaginer un cryptage d’ordre géométrique et arithmétique, d’autant que moi non plus n’étant pas spécialement mathématicien, je constatais comme lui que rien ne laissait penser a que quoique ce soit en ce roman qui ressemblerait de près ou de loin à la définition ou à la suggestion d’un véritable Triangle d’Or géométrique ou arithmétique. Comme nous le verrons, la raison en était que nous avions dû lire le roman trop rapidement et de manière trop sélective !

 

   Nous avons le choix entre plusieurs entités de figures nommées Triangle d’Or, mais la plus sublime et par nature la + « ésotérique » est le triangle dit Triangle géométrique d’Or, soit le TGO puisqu’il faut bien lui prêter un nom.

 

   (= à 1 + Öj  + j = son périmètre)

Le Triangle d’Or. Seconde partie.
Édition originale d’avril 1918. Ed. Pierre Lafitte, Paris.
La réclame de l’époque avouait : « Elles (les histoires de Lupin)
nous proposent une suite
d’énigmes toutes passionnantes à déchiffrer … »   Cela au moins, ce n’était pas une publicité mensongère !
Or donc (jeu de mots Lupinien) déchiffrons …

    

   On trouve cependant au cours de ce roman une allusion troublante à de l’or adhésif barbouillé au centre d’un triangle sur le derrière d’une armoire : « … trois lignes qui se croisaient formant un vaste triangle régulier … ». (Le mot est important, car les Triangles d’Or sont tous nécessairement des triangles réguliers ! C’était un premier indice appréciable, car Leblanc n’aurait pas employé le qualificatif de régulier à la légère)

 

   Et il y a aussi l’intuition fulgurante de Don Luis alias Arsène Lupin, au chapitre IV (bis) deuxième partie vers laquelle nous reviendrons longuement, puis au chapitre V (bis), un schéma de triangle esquissé en catastrophe à la craie par Ya‑Bon, le tirailleur Sénégalais ami de Lupin et du capitaine Belval, juste avant qu’il ne succombe à ses blessures, deux traits tracés à la craie sur un trottoir, le troisième étant figuré par le bas du mur, en lequel triangle Don Luis Perenna (alias Lupin) dira reconnaître « le Triangle d’or » recherché (mais quel Triangle d’or ?), une seconde intuition de Don Luis au chapitre 9 (bis), et enfin l’explication en un magistral énoncé arithmétique par Don Luis Perenna alias A. Lupin, et par lequel nous prendrons connaissance d’une certaine pyramide (quelconque ?) constituée d’or métal, mais ce sera un discours par trop équivoque pour une oreille cartésienne pour ne pas être suspecté d’avoir été chargé d’un leurre ou deux !

 

 Tous indices dorés, mais dont le sens de leurs circonlocutions échappera totalement à la sagacité d’intellectuels universitaires guettant spécialement les ouvertures d’ordre historique ou ésotérique. Et pourtant, comme nous allons commencer à le prouver, « ces indices en or » se révéleront n’être rien de moins que des esquisses du TGO (Triangle Géométrique d’Or), la clef  secrète de l’énigmatique intrigue et du récit romanesque du roman le Triangle d’Or.  Du bien camouflé, comme d’habitude !

C’est une première et je l’espère, pas une dernière !

 

   Autre bonne nouvelle, cette piste emprunte des liens qui nous mènent en droite ligne à Boudet le codeur pragmatique des vrais mystères des deux Rennes. Voilà pourquoi il est urgent que j’en parle.

 

   Fort de cette dernière intuition, que ce triangle en métal or pourrait bien être aussi le signal de la piste du TGO et du triangle de Chéops, jusqu’ici introuvables d’une façon ou d’une autre dans ce roman, puisque Don Luis va en ce chapitre n° 9 (bis) nous énoncer un problème relatif à une grossière pyramide triangulaire constituée d’une accumulation de sacs de pièces d’or métal (grossière = irrégulière ? Voilà le hic qui désespéra peut‑être les chercheurs pressés qui ne voulurent pas aller chercher plus loin la vérité… vraie !  … un tas de formes grossièrement triangulaires selon les dires de Don Luis Perenna soi‑même alias Arsène Lupin !), mais lequel Don Luis étrangement, nous semblait avoir une nouvelle d’une importance fondamentale à nous dissimuler… mais pourquoi la dissimuler ? … dissimuler au fait, à qui ?… Eh bien, d’abord à son alter ego …  un nommé Arsène Lupin … étrange … comme si c’était commode d’abuser un A. Lupin, et de plus est  quand on sait que Don Luis et Arsène Lupin ne sont qu’une seule personne, Lupin ne devant sa liberté qu’en se grimant et se planquant sous les oripeaux d’un personnage d’homme d’affaires bon chic bon genre, Don Luis. Le drôle de couple est formé de deux êtres fictifs puisque Lupin est censé être mort au cours d’une romanesque et spectaculaire mise en scène de noyade suicidaire à Capri et Don Luis est une imposture à lui tout seul. À un certain degré, vous avez un revenant en possession de toute sa lucidité, et l’autre, un gentleman aventurier mythomane de bonnes manières, mais un peu trop dévoué et honnête …  pour l’être vraiment. Avouez que c’est croustillant ! … J’étais déjà depuis longtemps conscient du coté schizophrénique des personnages, tel effectivement le duo intime Don Luis Perenna joué très professionnellement par Lupin, comme des relations que je m’imaginais compliquées entre Maurice Leblanc et sa créature A. Lupin, son turbulent et supposé alter ego fantasmé ! … quand l’auteur se laisse déborder par ses personnages de trop forte personnalité qui prennent une certaine autonomie en basculant dans le Mythe… ! Ou quand l’un jouant son prochain devient un autre, un étranger à tous ! Alors, tout devient possible dans le domaine de la fiction et n’a‑t‑on pas vu Hergé rattrapé de manière posthume par le mythe enfantin de Tintin (au Congo) ou plus vraisemblablement, une populaire historiette de tintin très datée, rattrapée par la grande Histoire de la décolonisation africaine …  Jules Verne et Hergé tous deux  projetés sur la Lune avec leurs héros respectifs, et rattrapés un beau jour par de vrais héros en chair et en esprit et qui durent un instant songer à ces fictions lunaires en prenant pied pour de vrai sur la Lune, car sans ces vieux rêves ils ne seraient peut‑être jamais grimpés au premier étage de notre énigmatique arche navigante sans but apparent sur le déluge du néant inter spatial. Amusant … Et par conséquent je soupçonne fortement Don Luis d’être tenté d’occulter une certaine connaissance à Lupin (soit même !), comme à nous aussi.

Alors, voici mon intuition primaire : pourquoi cette pyramide d’or métal ne serait‑elle pas (passez‑moi l’expression), « d’or et d’Or » dans les deux acceptions du terme ? Hypothèse … séduisante … ? Mais attention au côté charmeur de certaines pistes ! Les anciens savent qu’il ne faut pas toujours céder au chant des sirènes … (Attitude évolutive dépendante des humeurs de l’âge… des fois on regrette de ne pas avoir cédé)

 

   Cherchons ou se trouve l’exacte vérité. Savoir où pourrait se cacher une éventuelle contradiction ou un vice de forme (travail de juriste ou de détective ?) qui pourrait trahir la duplicité de Don Luis… vis‑à‑vis de lui‑même, Arsène Lupin… et jouant la partie au coup par coup,  avec, ou tantôt, contre Leblanc, son créateur ! Se pourrait‑il que j’aille trop loin ? Je ne crois pas, et nous le verrons, ou bien nous ne verrons rien, comme disent les Normands (mais cette dernière assertion reste aussi à vérifier par les normands eux même)

  

Je cite Maurice Leblanc alias Don luis Perenna & Arsène Lupin :

« … ces sacs représentent un volume de cinq mètres cubes environ,
pas davantage … »

 

   Apprécions s’il vous plait, à sa juste valeur ce délicieux « environ, pas davantage » qui veut dire aussi son inverse : « environ, pas moins ! » (En langage de madré maquignon Normandiau). C’est clair, pour moi qui déjà petit matait et écoutait les éternels marchandages sur le foirail de mon village, épaté par les tirades (codées) des protagonistes et de leurs conclusions jouées après le traditionnel « tope là !» à coup d’immenses billets de mille francs bleutés qu’il fallait recompter 2 fois chacun avant que le paysan ne les glisse soigneusement repliés dans la doublure de sa veste en chanvre ou lin épais, bien reboutonné et ceinturé pour qu’un malandrin ne puisse l’arracher ! Dans sa profonde il avait toujours le couteau très aiguisé et un barengou (nerf de bœuf) pour se défendre … Dans le roman, Don Luis négocie pour le profit d’une puissance alliée un formidable tas d’or … qui ne lui appartient pas, mais qui ne serait pas là disponible et fraîchement détourné d’un trafic d’or international, sans lui, ni par le génie d’un Lupin qui l’habite !

 

   Suite de l’ énoncé : « Si vous donnez à cette masse la forme grossière d’une pyramide triangulaire, vous aurez une base dont chacun des cotés sera de trois mètres à peu près et de trois mètres cinquante en tenant compte de l’espace perdu entre les piles de pièces. Comme hauteur ce mur.»

 

 En effet, les côtés d’un triangle de surface :

 3 x 33,5 ou (=) 3,5 x 3,5 x 3 = 4, 28755 m², base de la pyramide, et ~3, 50 m pour la hauteur, nous donnent le volume de 5 m cubes requis (les maquignons calculent aisément de tête, et juste !), mais voila, aucun TGO (ni même un Triangle d’or isocèle) n’entre en la construction d’une telle figure pyramidale ! Patrick Ferté n’avait pas tort jusque‑là… (si toutefois il arriva jusque‑là ?).

 

   De plus, et ce n’est pas son moindre défaut, cette hauteur de 3, 50 mètres me semble excessive, voire ridicule. Imaginez ce que peut devenir un si haut et mince pic de sacs de pièces d’or empilés les uns sur les autres, même soutenu contre un mur ? (Vérifiez donc si vous en avez les moyens, comme l’avaient à cette époque, les bons maquignons … ?) Eh bien, selon toutes probabilités, il va finir par s’écrouler d’un moment à l’autre pour de bonnes raisons, et l’or sera découvert par un quidam, un policier ou un maraudeur chanceux (au risque de sa peau !). Par ailleurs comment le sable adhèrerait‑il sur des faces si pentues afin de cacher efficacement le magot ?  Cette assertion ne tient ni la route ni debout. Cela me rappelle furieusement certaines autres assertions fragiles de Boudet dans la VLC !

 

   Don Luis tente de nous pigeonner… c’est ce qu’il me semble à moi (qui suis un peu l’autre maquignon… le Limousin)…  tout en semblant nous tendre la perche (car en ce genre de discutions sur le fil, il ne faut surtout pas risquer de le caser trop vite au risque de louper une bonne affaire !). Parce que les chiffres tels qu’ils nous sont donnés, peu satisfaisants, et la notion de pyramide grossière (traduire : quelconque) sont pour le coup en totale contradiction avec le précédent énoncé du même Don Luis, et  la subtile triangulation des lettres dans la phrase suivante, que nous allons incessamment découvrir et qui illustrera la formidable intuition d’un Lupin au plus fort de sa lucidité. Et de cela Patrick Ferté n’en avait conscience ! En voici la justification, car comme nous le verrons, s’il faut suivre Don Luis au mot, il faut suivre par contre Lupin … à la lettre ! 

Je cite Lupin alias Don Luis :

 

«  … selon moi, il s’agissait simplement de l’espace où se trouvait l’or et qui avait la forme d’un triangle. Le Triangle d’or c’est cela, des sacs d’or disposés en triangle, un emplacement ayant la forme d’un triangle. »

 

   Alors ces deux phrases vous paraissent‑elles anodines ? Oui, sans plus, n'est‑ce pas ? Eh bien, il en va tout autrement. Mine de rien Leblanc vient de nous offrir sur un plateau d’argent la clef du Triangle d’Or, son roman, avec la définition du triangle géométrique d’Or, le TGO dans la seconde phrase ! Non ? Mais si ! Comment donc ? En cryptant d’élégante façon, c'est‑à‑dire, « à la Boudet ».

 

   Le plus remarquable est que la triangulation contenue en cet extrait de texte et que nous allons découvrir, analyser et démontrer, ne se justifie pas comme on s’y attendrait sur le rythme des mots, ni sur la respiration naturelle de la phrase appuyée sur la présence ternaire du substantif triangle trois fois écrit et « pointé » sur ce qu’on devine être les charnières des angles du triangle virtuel marqué par les virgules, qui m’avait aidé à le repérer, mais chose franchement inattendue, car passant inaperçue à la lecture (occultation réussie !), par la triangulation de son gisement de lettres et des signes apostrophe ! Surprise de chez monsieur Surprise.

 

   Mais ! … bien avant ce trigone théorique annoncé comme déterminant, nous avions trouvé au chapitre IV (bis) un binôme traité dans le même esprit, une affirmation de Don Luis quasiment identique, comme une sorte de prémices d’Or, procédant des mêmes références et particularités que le second exemple à venir du chapitre 9 (bis) que nous analyserons après ceci :

 

« C’est peut‑être une disposition géométrique des sacs d’or,

un entassement en forme de triangle. »

 

77 lettres + 2 apostrophes éludant chacune une voyelle.

En tout, donc, 79 signes signifiant chacun concrètement ou virtuellement, une lettre)

Ce procédé particulier, nous n’allons donc le rencontrer qu’une autre fois, au chapitre 9(bis) nommé que la lumière soit (le bien nommé).

 

Cette dernière phrase, donc, se découpe ainsi selon la section d’Or :

79 / j = (arrondis)   49 la part et  30 le reste

 

   L’intéressant est que la charnière d’Or pointe très exactement là où il le faut, c'est‑à‑dire entre  or et un,  r  étant à + 49 et u à – 30 donc entre les lettres R et U séparées par la virgule, donc tombant sur la respiration naturelle de la phrase.

Alors, après cet avertissement, voici le second exemple enfonçant définitivement le clou (que dis‑je, les trois clous ou les trois coups du spectacle ?!)

 

Attention, petit chef d’œuvre de concision, mais aussi de complexité !

Le Triangle dor c’est cela (23)

des sacs dor disposés en triangle (29)

un emplacement ayant la forme dun triangle. (37)

   23  29  37 !  Bel exemple de transposition littéraire de la représentation du Triangle d’Or géométrique (1 ‑ 1Öj ‑ 1j) et un hommage à la série d’Or d’Édouard Lucas (quasiment contemporain de Leblanc et de Boudet), avec le 29 entouré de ses intermédiaires en + Öj et en ‑ Öj ainsi occultant le 18 et le 47, deux nombres poids lourds en notre quête, enfin prémices à la construction de la pyramide d’Or basée précisément sur quatre TGO, comme est construite la grande pyramide de Chéops, que va nous crypter Lupin toujours dans ce même chapitre n° 9 (bis), de la seconde partie du livre !

 

   Nous sommes en présence d’un gisement de 89 (retenons bien ce nombre !) lettres et signes contenant virtuellement les 4 voyelles e éludées et représentées par les apostrophes, cas rarissime dans toutes les triangulations de Leblanc et de Boudet qui ne tiennent en général aucun compte des apostrophes. Et c’est pour cela que ces phrases rares m’apostrophent … hum … ( ?)

 

   Bref, total : 89 dont 85 lettres + 4 signes de substitution, triangulés par la règle du TGO autour du nombre 29, nombre présent au rang n° 7 de la suite de Lucas et précédant le 47 que nous découvrirons comme étant le nombre clef de la section du méridien de référence choisi par les concepteurs des codes Castelrhédæns. Retenez donc aussi ce dernier nombre ! Certains sauront le retrouver et le garder s’ils comprennent la fin dans le détail de ce chapitre VII.

   Puisque nous sommes idem là pour rêver, et que la poésie et l’humour ne sont pas interdits, serions‑nous en présence d’une phrase virtuellement transmutée en « Or géométrique » par un Maurice Leblanc alchimiste des lettres … d’une autre manière que Rimbaud ne le fit ?

 

   Il serait en tous cas de très mauvaise foi de prétendre que Leblanc nous prend ici en traître puisque par deux fois il cite le mot Or et trois fois le mot triangle aux charnières des angles, le tout sur filigrane à priori insoupçonnable du mode de fonctionnement numérique du triangle géométrique d’Or (TGO) par les lettres et les signes apostrophe masquant trois voyelles !

 

   Chaque génération de lecteurs l’aura lue et avalée sans tiquer ni suspecter le moindre message géométrique. Et sans la découverte de cette première clef, on ne soupçonnera pas non plus l’existence ni l’intérêt majeur des autres sections d’Or mieux cachées et plus performantes encore !

 

   Autre exemple typique relevé au chapitre VI, cette réplique de Lupin alias Don Luis (Siméon livre bataille). Don Luis parle :

 

   «Eh, parbleu, maman Coralie est dans la même cachette que les sacs d’or. Sauver maman Coralie, c’est livrer les sacs d’or. »

23 mots. 23 / j = 14.

14 est la part et 10 le reste.

Première phrase : 14 mots et seconde phrase 10 mots !!!

Section d’or sur le point entre les mots or et sauver, deux mots forts, placés sur la respiration naturelle du texte. Mais si l’on compte 14 et 10 on tombe sur or et puis sur or !

Ensuite, première phrase, 14 mots, section d’Or 9 et 5 : le mot d’Or est « cachette »

Enfin le mot d’Or de la seconde partie est « livrer »

C’est la perfection. Un bijou en Or massif et inestimable.

  Ces procédés rappellent furieusement certains rythmes musicaux d’un Bella Bartok au siècle dernier, idem à l’œil, les compositions picturales de nombreux peintres de la Renaissance, ou bien certains artistes plus proches de nous, cubistes, abstraits (Mondrian) ou même surréalistes, futuristes, tel un Marcel Duchamp et son chef d’œuvre (opinion personnelle… celle d’un fan !) le « nu descendant un escalier » ou ce génie touche‑à‑tout et inspiré par le monde nouveau qui allait poindre après la grande boucherie de 14 / 18 a peint la décomposition du rythme et du mouvement dans le temps et selon le nombre d’Or ! Duchamp, qui mis exprès le nombre d’or en échec (et mat) par les mesures de son tableau (146 / 89 = 1, 640 … passionné fou du jeu d’échecs, il préféra sans doute le 064 cases de l’échiquier au  144 / 89 = 1, 618 … mais qui retrouve la section d’or dans la géométrie du mouvement des lignes des jambes esquissées, ce qu’à l’époque personne (?) n’avait compris ! (Notez toutefois et en outre, l’inévitable 89 onzièmes termes de Lucas, notre préféré pour l’instant !). Parlerons‑nous des sculpteurs et des architectes, comme à Marseille Le Corbusier dit « le Fada » ?

  

   La section d’Or, officiellement rangée au placard des ringardises par les tenants d’une pensée molle, ne s’est jamais aussi bien portée ni aussi bien redoré la pilule qu’au vingtième siècle … mais elle demeure non pas comme une règle contraignante et tristounette, mais une forme d’expression ludique et esthétique pour les néo‑pythagoriciens fiers de leur pensée ou les amateurs de messages arithmétiques, voire, pourquoi pas, ésotériques, ou simplement manipulée avec ironie et humour comme c’est le cas avec Marcel Duchamp qui finalement dans l’œuvre qui semble faire table rase, conserve pourtant ce lien sacré avec la tradition des maîtres précédents.

   Deuxième version du tableau du nu descendant un escalier où l’artiste a supprimé l’inutile agressivité de la couleur jaune vif pour jouer piano sur le mouvement en jonglant sur les ocres atténués et roux. Ici on joue en mineur, pédale douce et très intériorisée. C’est le plus fascinant tableau abstrait (?)
   (Non ! Personnellement, je dirais plutôt surréaliste ou mieux, futuriste) que je connaisse parce qu’il nous analyse en un même tableau le mouvement de la descente, la notion du temps et le rythme de la section d’Or, cette très vieille chose inoubliable ! Cela a globalement 100 ans…

   La première version du tableau était pour l’époque le top de la provoque moderniste qui fit scandale dans le monde entier, en un temps si proche de nos prêtres, qui ne pouvaient aimer un tel art, mais qui eux aussi étaient à leur manière moderne, et qui regardaient très loin au‑delà de leur mort …

   Mais surtout, ne refermons pas trop vite nos yeux de mal voyants sur cette phrase trop dense pour mériter de n’être que survolée !  La justification amenant la preuve que nos présomptions sont fondées est bien là, elle aussi, dormante sous nos regards de myopes :

 « LE TRIANGLE D’OR C’EST CELA » : 23 signes (1 apostrophe = 1 voyelle). Section d’Or : 14 et 9. +14 tombe justement sur le R du mot OR !

Mais ce n’est encore rien : En tout sont : 89 signes.

Section d’OR : 55 et 34. Signe + 34 = R du second mot OR de « des sacs d’or disposés en triangle ! (Toujours le R = 18). Donc il est maintenant clair qu’on ne parle plus exclusivement d’or métal, mais aussi d’Or géométrique !

      Nouveau coup de génie, auquel Boudet m’avait habitué en jonglant avec des mots tels que or qu’il faisait tomber pile sur une section d’Or de page, ou clef, tombant idem sur une section d’Or ouvrant sur un cryptage capital… , ou pierre (phonétique = Pi r) par exemple, pour signifier la géométrie du cercle, car il en existe d’autres plus surprenants encore,  d’autant que cette seconde fois, c’est l’ordre de la section d’Or qui est inversé, et s’il vous plait, comme par hasard à la manière spécifique d’un Boudet qui aura inversé en la VLC toutes ses sections d’or sans la moindre exception !

   Notons au passage la rémanence du R rappelant sans cesse (à mon avis) le jeu de mots (langue des oiseaux) : R à clés pour Héraclès montrant R = 18 sur le tableau de Poussin… voir les premiers chapitres, pour ceux qui m’ont lu consciencieusement et qui sont,  je le présume assez rares (et je les salue ici) … en attendant de tout comprendre de cette clef numérale (le 18), Poussino Boudétienne ostensiblement récupérée par le très éveillé (faute de n’avoir été Supérieur Inconnu à la place de Lupin …), qu’est  Maurice Leblanc et qui selon mon opinion devait partager avec Boudet et ses amis la sagesse de ces réflexions que l’on prête, du moins pour la seconde, à Saint Augustin (vocable de ND de Marceille) et qui n’ont pas pris une ride : « Il n’y a que les sciences métaphysiques et mathématiques ou se rencontrent les vraies démonstrations » et « Comment peut on enseigner le chemin du ciel moral si on ignore comment fonctionne le ciel physique ? »

   Tous chercheurs, même historien, en Rennes‑le‑Château devraient ne jamais perdre de vue ces deux pensées indémodables… Par exemple on découvre par les décryptages que le curé Henri Boudet, particulièrement intéressé par le chemin du ciel était aussi curieux et tenu au courent des progrès de l’astronomie (par contre ne connaissait‑il rien cependant à l’astrologie… quoique …  ?)
Et que son code
A. L. C. O. R. n’est pas là que pour décorer, ni d’ailleurs ne sera plus tard chez Leblanc (l’Aiguille creuse) que pour le fun, comme dit mon petit neveu. Mais cela ne se démontre pas en quelques secondes sur un coin de zinc après l’apéro. Ce sera dans mon livre si jamais je le termine. Grande et belle affaire, mais qui ne doit rien non plus à l’ésotérisme de bimbeloterie.

   Voila pour le principal, concernant ces deux jolies phrases codées… mais l’analyse de ce binôme et trigone parfait et « d’Or lettré », ayant pour relation fondamentale cette exception arithmétique absolue contenue dans le nombre d’Or : 1 + j = j² contre la rigidité algébrique classique du théorème de Pythagore a² + b² = c² (nous y reviendrons), ne se termine pas pour autant sur ces derniers indices livrés gracieusement à votre domicile grâce à Internet … mais on arête là pour aujourd'hui, car cela nous entraînerait trop loin.

   En ce chapitre, je ne puis me permettre de vous fournir tous les paramètres et cheminements retors de cette affaire. Pragmatiquement, retenons l’essentiel, que Don Luis, le fin négociateur (maquignon) dans sa mémorable intervention au chapitre IX (bis) nous suggère deux nombres : 3 mètres et 3, 50 mètres. La réalité est aussi que Don Luis, mais oui, essaie sciemment de nous pigeonner ! (Foi de maquignon)

   Il est souvent nécessaire d’aligner parfois des contre‑vérités dans les codages pour alimenter paradoxalement les vérités à révéler toutes nues au perspicace lecteur, et d’ailleurs l’abbé Boudet nous en donne de beaux exemples (peu catholiques ?) avec le codage de sa VLC !

   Si Leblanc nous lance les chiffres 3 et 3,50 comme deux nonos à ses bons toutous, c’est pour que nous les conservions et trouvions avec le temps leurs emplois vrais et nécessaires ailleurs, autrement et qu’il veut aussi nous faire découvrir cet autre chiffre qui n’a rien de banal, le 3,618 (pas loin de 3,50 !)
Mais qui signifie toutefois = 1 + j² = périmètre de la formule du Triangle d’Or  isocèle
flamboyant, et ce n’est pas rien, car il va s’avérer être une autre clef géométrique indispensable pour comprendre la suite des évènements .

    Parce que la seule solution satisfaisante contenant à la fois le TGO et les 5 mètres cubes de volume théoriquement exigés, est la ½ pyramide quadrangulaire régulière d’Or précisément représentant 3, 618 x 3, 618 mètres sur 2, 301 mètres de hauteur en sa totale intégrité. (3, 618² x 2, 301 / 3 = 10 et 10 / 2 = 5).
(Voir figure beaucoup plus bas)

   Nous devrons donc surbaisser la pyramide initialement décrite de 1,20 m en élargissant la base et surtout en créant les 4 TGO voulus secrètement par Lupin alias l’auteur Leblanc, charpentant la figure virtuelle contre les 4 apothèmes pyramidaux et la ligne de hauteur, et que le plan vertical du mur va couper tout autant virtuellement en deux parties égales selon la diagonale de cette pyramide quadrangulaire régulière (et d’Or). C'est‑à‑dire qu’une demie pyramide concrète constituée de métal or (et d’Or) … (et de sable) sera là, devant nous, tout comme une autre (imaginaire, cette fois) demie pyramide, invisible, mais imaginable derrière le plan vertical du mur, chacune étant respectivement une pyramide triangulaire d’Or régulière et isocèle.

   Évidemment, n’existe pour nous que la partie concrète adossée au mur : une pyramide triangulaire d’or de 3, 618 m // 3, 618 m // 5, 116 m de base et de hauteur 2, 301 m. Nous revoici remis en accord avec le principe de triangle géométrique d’Or imposé par le décryptage des deux phrases clefs de Lupin se cachant sous les oripeaux de Don Luis.

   Ce sont 5 m cube d’or métal pratiquement pur, empilés sacs à sac et sacs sur sac ! Fortune colossale dont je donne la vraie valeur en monnaie courante 1915 sur le tableau récapitulatif.

    Cette figure ayant pour point de départ 3, 618 n’est pas le produit d’un vague choix personnel d’ordre intuitif ou même fantaisiste, voire mieux encore, opportuniste, mais au contraire est le fruit rigoureux de l’hypothèse des 3 millions de francs (or), répétée avec insistance par Don luis Perenna, alias Lupin, et messieurs Desmalions et Valenglay, comme nous allons le voir en mon tableau récapitulatif ! Mais rien ne vous empêche de refaire mes calculs à partir des renseignements glanés dans le roman, ne vous gênez surtout pas, il n’est pas besoin d’être un fort en math ! La preuve ? Je lai fait. Question de passion et de patience (et de temps disponible). Si vous voulez me critiquer, faudra bien que vous le  fassiez ! Non ?

   Nous écouterons bientôt Leblanc, alias Don Luis & alias A. Lupin, in extinso et s’adressant à messieurs Desmalions et Valenglay ! : Au fait une petite anagramme de ces deux noms de personnalités alliées au gouvernement de la république en guerre, pour la route et vers la victoire ?

DESMALIONS VALENGLAY

   Serait‑ce à l’anglais (Va l’Englay ? Dames, lion’s ! … la première mouture… bof … déjà pas si mal ?), la langue anglaise que manipulait fort bien Boudet le licencié en cette matière, et l’Anglais, le soldat allié de la France en cette terrible guerre, auquel il faudrait se fier selon le conseil, afin de gagner l’ultime niveau victorieux (du message) ? Après réflexion je décidais de faire confiance à l’anglais, la langue, selon le bon conseil de Valenglay (ainsi va l’anglais aussi dans le livre de Boudet !), langue qui assimila en son histoire + de mots français que le français jamais n’assimilera d’anglo‑saxon (L’anglais classique, c’est à quelques mots près, le français avec l’accent british, hein ? Aurait pu dire Coluche, notre saint laïque national !). Voici donc le troublant résultat :

 SLOVENLY MALADIES NAG

    Douteuses maladies de NAG, le petit cheval révélé page 155 de Boudet avec le triangle de Cheops des 3 petits chevaux à demi châtrés, selon l’abbé, que nous savons friand de formules savoureuses Anglo‑Saxonnes.

    Ah, ha, ha !!! NAG RIG and KOB! Of course! « Yea, oui vraiment » (orthographe correcte fin dix neuvième), mot n° 21 de la page 21 de la VLC ! Et le 21 pour Boudet, c’est le numéro du code G.R.A.A.L!

   Nous allons vite les retrouver pages 154 et 155 de la VLC, ces petits chevaux négligés, ces bidets soi‑disant à demi châtrés porteurs de suites et casaques d’Or, lesquels à cause de leur douteuse propreté nous couveraient donc une sale maladie ? Serait‑ce plutôt une septicémie due à un stupide demi‑hongroyage pratiqué sans désinfection ni précautions, à moins que ce ne soit qu’une simple, mais mortelle hémorragie interne due à l’opération… ? Comme m’a confié mon ami vétérinaire, horrifié par cette idée de demie castration soit disant pratiquée par les Celtes d’après le facétieux abbé, ce qui n’a jamais d’ailleurs existé, et qui eut été désastreusement absurde, quand on connaît les soins attentifs, presque amoureux, dont les Celtes entouraient leurs montures, bref, c’est un « non‑sens » lancé par Boudet, une forme très particulière de l’humour britannique… Nous allons en reparler.  ih, ih, I’t’s a rig ! (Une farce !), aurait pu lancer au chapelier  fou, Alice de Lewis Carroll) …  RIG, cheval à demi châtré », page 154, dixit l’abbé Henri Boudet, contemporain du logicien, mathématicien et poète du non sens, Lewis Carroll). Tout cet esprit particulier était dans l’air du temps.

   Oui, parce qu’il y a encore des obscurs qui n’auraient pas encore saisi que Boudet était un amateur d’humour anglais et surtout du non‑sens (est‑ce un non‑sens, ce que j’avance, ou bien ces gens‑là qui seraient aussi eux‑mêmes des non‑sens personnifiés?), et amoureux de la langue britannique (comme de l’Occitan encore parlé universellement de la Marche du Limousin au sud du Razès à son époque… plus bas, c’est le Catalan, ce n’est plus le même groupe linguistique).

    L’anagramme est une science… affirmait très paradoxalement Boudet… dit de façon codée, bien entendu ! (Est‑ce encore un non‑sens ?) Eh oui, l’anagramme devrait se plier à certains codes pour ne pas nous égarer, nous auto manipuler, parce que tel est le mauvais côté de l’abusive pratique de l’anagramme ! Sans règles on fait dire ce que l’on veut à partir de n’importe quel gisement de lettres. C’est ce que voudrait donc nous rappeler Boudet qui lui non plus ne manquait pas d’humour et pratiquait le calembour, l’anagramme et l’homophonie, discrètement, à tous les degrés … ou presque, mais avec la rigueur d’un pro. Le jeu de l’homophonie est à saisir au vol d’une conversation ou d’un texte lu  … on ne redit pas la messe pour les sourds, et il est très inconvenant de répéter en société un calembour. On était distingué, à l’époque.

   Alors voici Don Luis Perenna alias Lupin qui s’excuse pour les détails techniques, chose que je ne fais jamais : (à vos calculettes … eh, hé !)

  « Un kilo d'or monnayé ‑ excusez les détails techniques, ils sont nécessaires –représente 3 100 francs. Donc, ainsi que je l'ai calculé approximativement, un sac de 50 kilos, qui renferme 150 000 francs par petits rouleaux de 1 000 francs, est un sac de dimensions restreintes. Empilés les uns contre les autres, et les uns sur les autres, ces sacs représentent un volume de 5 mètres cubes environ, pas davantage.

   Si vous donnez à cette masse la forme grossière d'une pyramide triangulaire, vous aurez une base dont chacun des côtés sera de 3 mètres à peu près et de 3, 50 mètres en tenant compte de l'espace perdu entre les piles de pièces. Comme hauteur, ce mur. Recouvrez le tout d'une couche de sable, et vous aurez le tas qui est là sous vos yeux... »

   Les renseignements alignés par Leblanc sont partagés entre pertinences absolues indispensables à nos calculs, et invraisemblances flagrantes occultant  leurs vérités. Il nous faut décrypter au plus juste ce langage émaillé par ses nuances, et connaître par ailleurs la vraie densité de l’or et quelle monnaie était en vigueur usuellement en 1915, etc. ?

  3 100 Francs un Kg d’Or, nous dit Don Luis ? Attention ! Réfléchissons et renseignons‑nous. De quel franc parle‑t‑il ? Que sont ces soit disant 300 millions d’or volés ? 

   En 1915 le fameux Franc or, n’était plus monnaie de référence pour les Français de l’intérieur à cause du coût de la guerre qui avait déjà dépassé le montant du budget national provoquant par la suite une grave inflation et une sévère décapitalisation de la bourgeoisie (… Pas toute ! Pas spécialement des patrons d’industries d’armement  qui étaient honteusement prospères!). Mais le Franc Or comme monnaie devise concernant les échanges extérieurs perdura tant bien que mal et plus théoriquement que pratiquement, jusqu'à la décennie 20.

  Le franc or, déjà malmené début 1915 avait la valeur de 0, 32225 grammes d’or (vérifiez !) ce qui mettait le gramme d’or à 3, 1 franc or, donc il faut bien admettre que Don Luis pour cette fois nous dit la vérité sans ombre puisqu’il nous annonce le kilo d’or à 3 100 francs !!! Don Luis s’exprime en franc‑or dont la parité est bien celle du début 1915, date de cette fiction ! … qui colle comme nous allons le voir tellement bien à l’actualité … surtout à celle du Razès, fort loin de la Normandie … mais nous connaissons les liens culturels et historiques qui jettent un pont entre Rouen et Carcassonne ! (Consulter ce site même !)

    Mais étant donné le démarrage de l’inflation intérieure due aux préparatifs de guerre puis à la guerre désastreuse, 3 millions de francs or valent beaucoup plus en monnaie usuelle que 3,10 f x 1000 ! Mais qu'à cela ne tienne le Chapitre VI, nommé Midi vingt‑trois remet notre horloge monétaire d’Or à l’heure d’un autre méridien.

(Exemple de codage simple à saisir !

   Les deux chapitres V et VI (5 + 6 = 11) indiquent 7 heures 19 et 12 heures 23. Le + simple est de les additionner, cela donne  19 heures 42. 12 heures est le seul nombre pair, mais aussi midi sectionne la journée en deux paries. Certes, divisons : 19, 42 : 12 = 1, 618 le nombre d’Or, CQFD. Comme Boudet, Leblanc nous mine le terrain avec le nombre d’Or. Pour sauter sur la mine, il faut la détecter, tout le contraire des mines guerrières.

   Un peu plus dur : Midi vingt‑trois comporte 14 lettres et nous verrons toute l’importance de ce nombre. Puis Midi : mi‑dit (ou bien mi‑prononcé ou mi‑écrit) cela ne fait plus que 7 lettres tombant sur le N (=14) dans le sens de lecture et sur le G en inverse (G = 7) … et vingt‑trois  – sept = 16 … comprendra qui pourra … mais pour moi 16 à partir de Midi, c’est aussi un sacré repère. Bon je décode tout en recodant ce qui devrait être dit en clair … vicelard … Et accessoirement, sachez que le 23 chez Boudet symbolise le sang du Graal … et que 14 + 7 = 21, c’est le numéro du code G.R.A.A.L. etc. et que le 7 c’est le nombre basique du texte des Bergers de Poussin.(7  14  28  56)

   Bref, monsieur Desmaslions ancien magistrat chargé de l’enquête sur les vols d’or, dit la vérité au capitaine Patrice Belval à la jambe de bois (Belval, nom de l’autre aiguille rocheuse proche d’Etretat). Écoutons monsieur Desmalions :

 « Mais les deux cent cinquante ou trois cents millions qui restent valent tout de même plus qu'un milliard, et cela pour une bonne raison...

‑ Laquelle ?  Ils sont en or... »

Voilà déjà un bel avertissement ! Desmalions convertit ici au pif une somme qu’il sait être exprimée en Francs or, en Francs ayant usuellement cours en mars 1915 (comme nous allons le voir, le mois de la mort de l’abbé Boudet), dans le sanctuaire national en guerre.

   Et enfin il y a ce joyaux dominant et stupéfiant, non soupçonné par P. Ferté, et désolé si je n’ai aujourd’hui que des scoops (dés) agréables à lui proposer, la superbe demie pyramide quadrangulaire d’Or que nous avions pressenti, devenue pyramide triangulaire isocèle d’Or, et que Don Luis, voulait nous occulter, construite sur deux triangles géométriques d’Or affleurant aux apothèmes, que nous nous révèle de manière détournée A. Lupin alias Don Luis Perenna en nous indiquant par le truchement des mots l’exacte forme du trésor à découvrir et sa valeur géométrique et monétaire, à peine voilé sous une misérable couche de sable (l’arène ?) de chantier abandonné en bord de Seine pour cause de guerre, à la fin, tout au bout du roman dans le chapitre 9 (bis) intitulé fort justement et bibliquement :
Que la lumière soit !

Schéma géométrique de la pyramide d’Or théorique enseignée par Leblanc, fictivement coupée en deux parties égales par le plan vertical du mur. ACB est un des deux TGO de la pyramide d’Or triangulaire régulière de FGD de base plane et de FGDA de volume = 5 mètres cubes.  FG = GD = 3, 618 = j² + 1. AB = 3, 618 / 2 x Öj = 2, 301 m et AC = 3, 618 / 2 x j  = 2, 9296 m. Le tout (en or métal) recouvert de sable.

   On débute le roman sur une pluie d’étincelle dans les ténèbres du (presque) chaos du Paris en guerre et on termine dans la lumière (que la lumière soit, chap. 9) de la Genèse de la vérité sous le souffle du verbe de ce diable d’homme de  Lupin …

Magnifique Arsène  Lupin (le créateur de lumière comme l’Élohim de la Bible, mais parfois sournois, à la manière de Lucifer, lui aussi porteur de lumière), qui a le dernier mot en cette terrible affaire, le mot ultime … du roman, bien entendu : « vous savez bien … Lupin … Arsène Lupin» (Dernier mot du livre et … point final).»

   À rapprocher de cela les termes Vérité et sous‑entendus le Verbe… (entendre le Sauveur Jésus) … qui éclairent idem la toute dernière page de la V.L.C ou le mot Vérité est aussi le mot ultime et le point final.

   Autre rencontre révélatrice entre l’abbé et l’écrivain populaire amenant Lupin, l’infatigable révélateur des vérités telles Hermès Mercure (le bouvier) tenant son Arcadia Virga pastoralement représentée sur le tableau des Bergers d’Arcadie ! 

    L’énoncé du problème à résoudre que nous propose Leblanc par la bouche de l’aventurier Lupin particulièrement inspiré au cœur du dernier chapitre, est astucieusement présenté par son double (schizophrénique ?), un certain homme du monde,  Don Luis Perenna, que l’on retrouve en d’autres aventures, une anagramme peu banale d’Arsène Lupin, célébrant cette fois‑ci la pérennité du lumineux don Lupinien faisant cadeau (cadeau ? … hum) à la France en danger, des meilleurs effets de ses généreuses et patriotiques petites cellules grises, comme plus tard un Hercule Poireau travaillant pour le plaisir … et seulement quelques devises !

    Malgré les apparences, il est d’une saisissante précision pour qui veut se donner la peine d’une rigoureuse analyse en cherchant la solution ouvrant au résultat menant droit aux chiffes de toutes les ouvertures numériques Poussiniennes, Boudetiennes et Leblanciennes, adaptables, je le précise, au terrain des deux Rennes, comme nous allons très partiellement l’entrevoir. Un authentique précis d’arithmétique utile aux décryptages comme nous devrions les aimer …

    Voici en exemple (voir plus bas) le tableau récapitulatif des résultats des hypothèses pyramidales révélées au cours de la lecture générale du texte de Le Triangle d’Or et plus particulièrement du chapitre 9 (bis) en lequel Don Luis Perenna aligne quelques clefs géométriques du problème.

   Tous les chiffres découverts en ce tableau sont importants et indispensables à notre quête parce que nous les retrouvons dans les combinaisons arithmétiques de Boudet, idem parmi ses forts symboles numériques.

Petit exemple, à droite, dans la colonne des totaux : 20 est le symbole numéral du cercle Poussin. 10 est le symbole numéral du cercle Boudet.

 10  //  10 × racine se Phi  //  10 × Phi, représente la formule même du triangle géométrique d’Or (x 10).

    Le 5 (5 mètres cube = le ½ volume pyramidal quadrangulaire) noté colonne n° 6 (débutant avec 3, 618), indique que cette proposition de volume est précisément celle annoncée par Don Luis dans le chapitre 9bis … C’est la bonne et la seule bonne … mais j’ai vite compris qu’il me fallait conserver et afficher ensemble les chiffres des différentes hypothèses, les aligner et les compiler en un tableau, les additionner, pouvoir observer certaines pistes de concordances, car toutes les combinaisons de chiffres risquaient devenir des clefs utiles … et la suite confirme qu’elles le sont ! Pari tenu, pari gagné. On appelle ça parfois l’intuition. D’autres, le bol (vous allez voir pourquoi). Moi j’appelle ça plus prosaïquement, une méthode logique. Querelle d’esthètes et de routiniers ?

    Remarquez aussi au passage que les nombres du Triangle d’Or de la bonne formule : 5 m cubes (colonne 6), que j’ai exprimée intentionnellement en décimètres … en hommage à Boudet, Boudet, homme du 19e siècle qui s’exprimait toujours en dm en les petites mesures cryptées par ses soins … cette unité de mesure est aujourd’hui devenue obsolète pour les jeunes !) sont la suite d’Or des initiales Kob Nag  Rig (les 3 petits chevaux de Boudet des pages folles 154 et 155) :

 (K = 11  N =14  R =18  puis le  23 et le  29) voir le tableau récapitulatif situé un peu plus bas. Lesquels nombres sont les rangs 5, 6 et 7 de la suite d’Édouard  LUCAS, augmentés de leurs intermédiaires n Ö j  (voir explications chapitres antérieurs !).

   Les derniers indices qui nous manquent concernant les 6 hypothèses sont disséminés dans les autres chapitres du roman de Leblanc ! Bon courage et bonne pêche ! Ils concernent aussi  P et 2j les liens bien venus que j’ai intégré puisqu’ils sont manifestement codés dans le roman aussi sûrement que dans la V.L.C ou sur le génial tableau de Nicolas Poussin comme Leblanc aime à nous le rappeler en ses cryptages personnels.

 Voici enfin le tableau des 6 hypothèses !

  1 2 3 4 5 6 Totaux
Cotés carrés bases des pyramides quadrangulaires d’Or en m 3 m 3, 1416 m= (P) 3, 236 m= (2j) 3, 50 m 3, 52 m 3, 618 m = (1+j²) ~20
Bases des TGO en m ou dm 1, 50 m 1, 57 m

1, 618 m

1, 75 m 1, 76 m 18, 09 dm 10
Hauteurs des TGO en m ou dm 1, 908 m 1, 998 m 2, 058 m 2, 226 m 2, 2387 m 23, 01 dm 10 x Racine de Phi
(=~ 12, 72m
)
Hypoténuses et apothèmes en m ou dm 2, 42 m 2, 54 m 2, 618 m 2, 8315 m 2, 8476 m 29,269 dm 10 Phi
(=~ 16, 18m)
Diagonales Bases en m 4, 2426 m 4, 44 m 4, 57 m 4, 95 m 4, 97 m 5, 116 m 28, 288 m
Arêtes pyramide Q en m 2, 847 m 2, 986 m 3, 0776 m 3, 32864 m 3, 347668 m 3, 441 m 19, 0279 m
Périmètres des TGO en m

5,828 m

6, 10 m 6, 29 m 6, 8075 m 6, 84 m 7, 0369 m 38, 90 m
Surfaces des TGO en m² 1, 43 m² 1, 56 m² 1, 66 m² 1, 94 m² 1, 97 m² 2, 08 m² 10, 64 m²
½ Volumes pyramidaux en mètres cubes 2, 8 3, 2 3, 5 4, 5 4, 6 5 m cubes 23, 6 m cubes
Poids (en tonnes) des ½ volumes pyramidaux 55, 236 63, 398 69, 321 87, 713 89, 225 96, 5 T 461, 393 T
Valeur estimée du vrai trésor occulté sous le sable

1 milliard 430 millions et 318300 Francs usuels de début 1917, année de sortie du roman, et mort de l’abbé Saunière !

(Soit au cours du kg d’or du 06 Novembre 2010 à 17 heures, la somme coquette de 14 milliards 349 millions 322 mille 300 Euros. L’or aura‑t‑il beaucoup augmenté, ou est ce notre euro qui ne vaut plus tripette question pouvoir d’achat ? Mais on recommence à rêver, n’est‑il pas, mes agneaux ?)

   Analyse des nombres des 6 propositions Leblanciennes et Lupiniennes mêmes les plus (invraisemblables ?), mais (paradoxalement toutes justifiées) clairement exposées ou suggérées au cours du roman en demande d’être validées. Dans la colonne de droite, sont : Les TOTAUX des colonnes horizontales !

 

   Une des choses très spectaculaires parmi ce feu d’artifice, fruit d’un travail de longue haleine, c'est la virtuelle valeur finale agglomérée des 461, 393 tonnes d’or théoriques × par la valeur du kg d’or pratiquement pur annoncée par Lupin qui correspond à une pincée de poussière d’argent près à celle des trois cents millions de pièces d'or presque fin de 1 franc, converties en francs usuels 1917, année de sortie du roman Le Triangle d’Or (et comme nous verrons année de la mort de l’abbé Béranger Saunière, j’insiste), qui était encore malgré tout une monnaie à très fort pouvoir d’achat par rapport à notre arrogant, stupide et pénalisant Euro de pays soi‑disant riche, nous faisant dépendre du Dollar américain comme jamais ! (Opinion dont j’assume la responsabilité)

 

   Très belle pirouette, super clin d’œil et joli scoop ! Toutefois voici la preuve que ce tableau présenté est le bon, tout simplement vrai et correspond exactement à ce que le surprenant Leblanc a imaginé, et c’est aussi la preuve qu’il  a tenu à jour ses dossiers jusqu’au moment de donner son manuscrit à l’éditeur ! … pourquoi cette extrême précaution ?

 

   Certains, je le suppute, seraient tentés d’y voir le montant présumé par Leblanc d’un probable trésor négociable des deux Rennes estimé à une date (quelconque ?) ... et … nettoyé depuis… Pourquoi pas quand Boudet ou d’autres en eurent (peut‑être) connaissance, allez donc savoir ? Vous voulez mon avis ? Je n’en ai aucun de prononçable ni de publiable. Ici n’est pas mon propos. Mais je sais aussi qu’il existe des choses plus palpitantes encore à découvrir en notre quête. Hé !

 

   À remarquer aussi les suites d’or de TGO, comme celles de 18  23  29 s’accrochant à la suite de Kob Nag Rig la formidable piste Boudétienne et plus discrètement le 1, 75 + 2, 22 + 2, 83 = 6, 8 (colonne 4) représentant le dixième du total ordinal réduit des lettres des mots Le Triangle d’Or = 68 et ces nombres sont très proches de la triangulation géométrique d’Or du 68 : 17, 48 + 22, 235 + 28, 284 = 68 … et du départ d’une certaine suite d’or déterminante ! Encore un joli clin d’œil ! Et ce dernier détail intéressant, comme nous allons le voir bientôt sur un renseignement douteux de Don Luis Perenna,  mais qu’il nous fallait impérativement récupérer !

 

   En attendant pour les distraits et les autres, je mets dans le domaine public avant que d’autres ne le fassent avant moi, ceci : que le nombre 206, très souvent employé par Henri Boudet en ses gestions des nombres, et par Maurice Leblanc itou, n’est que le périmètre kilométrique du fameux (mais qui n’a rien de fumeux ni d’allégorique), et fort bien bâti trigone géométrique d’Or du pays de Caux exactement pointé sur trois lieux remarquables, le premier étant le point de vue emblématique sur un célèbre paysage urbain de la capitale Normande, le second est par contre à altitude zéro, sous une écluse porteuse du nom du grand roi fondateur du port, et le troisième est un monument cultuel situé sur un magnifique point de vue dominant la côte Normande, des villes respectives Rouen Le Havre et Dieppe ( Dimensions =~ 53 km + 67 km + 86 km), sanctuaire des aventures d’un Arsène Lupin et triangle remarquablement délimité et suggéré par Leblanc déjà dans l’Aiguille creuse, et aussi, ce qu’on a tendance à oublier (ou à ignorer !), dans le plus crypté des romans pythagoriciens et Lupinesques, Le Triangle d’Or.

 

   Et à ce propos voici un petit trésor de cryptage Leblancien, celui où il nous confirme le périmètre du Triangle d’Or de Caux avec sa relation numérique avec le tableau des Bergers de Nicolas Poussin. Le Triangle d’Or cauchois codé par l’auteur de  l’Aiguille creuse.

 

   Beautrelet décrit les limites du Trigone d’Or cauchois, chapitre VIII de César à Lupin « Rouen…Dieppe…Le Havre…le triangle cauchois…Tout est là…D’un coté la mer. D’un autre la Seine. D’un autre les deux vallées qui conduisent de Rouen à Dieppe. » (C’est ce « tout est là » qui m’avait tant intrigué …)

  

« ROUEN...DIEPPE...LE HAVRE...LE TRIANGLE CAUCHOIS...

 

TOUT EST LA...D'UN CÔTÉ LA MER. D'UN AUTRE LA SEINE. D'UN AUTRE LES DEUX VALLÉES QUI CONDUISENT DE ROUEN A DIEPPE. »

 

Ce n'est pas par hasard que j'ai préféré espacer la première ligne par rapport aux trois autres.

 

Du R de Rouen au E final de Dieppe (ligne 4) sont 121 lettres.  Et … !

Du T de Tout, du fort bien venu « Tout est là » (ligne 2)
jusqu'au E final de Dieppe sont 85 lettres.

 

121 + 85 = 206

 

   En chiffres abstraits, ceci représente une longueur et une largeur du tableau des Bergers d’Arcadie tel que le Louvre nous le présente, le demi‑périmètre du rectangle des BERGERS D'ARCADIE de N. Poussin = 206 cm c'est‑à‑dire les deux côtés du rectangle à traiter par le théorème de Pythagore … ??!! (Ah, ah … ! Voir le début de la piste géométrique de décryptage du tableau à la fin de mon chapitre) et cerise sur le gâteau, c’est le périmètre en km du trigone d’or cauchois !  

 

   À votre avis, peut‑on faire mieux comme cryptage sympa ? Je ne crois pas. Tout est là, et tout est dit avec élégance, légèreté et humour : reste au début à repérer les lettres butoirs : R S T E … Nous avons dit reste ? Intéressant clin d’œil aux pistes phonétiques Boudétiennes ! Plutôt mignon et convaincant. Mais en fait, désolé de vous décevoir, il s’agit plutôt de R EST (homophonie voisine et plus juste !), mais signifiant toute autre chose, une affaire grave que je ne puis vous dire … encore … ou bien peut‑être dans l’autre monde … si toutefois il existe ? Ce qui n’est plus mignon du tout. Jardin (top) secret.  Mais en tous cas nous sommes par ce détail brutalement replongé en plein Haut Razès … et le R (18) nous poursuivra vers l’Est.

Mais autres détails (deux) très curieux et significatif en osmose avec les trois premiers nombres de la colonne 4 très proches de la triangulation du 68, qui ne sont en fait que prémices, voici :

 

Le Triangle d’Or : Valeur numérale ordinale réduite = 68

Le Triangle d’Or : Valeur numérale ordinale entière = 140

 

   Si nous triangulons ces deux nombres en TGO en laissant tomber les décimales, sauf exception de la base du 140 / 3, 89 = 35, 99 qui est presque 1 nombre entier et que nous prendrons naturellement pour 36, 00 nous obtenons :

 

17 + 22 + 28 + 36 + 45 + 58 = 206 !

(Et 2, tout rond, de chute représentant les décimales !)

 

   Bingo ! Le Triangle d’Or cauchois est bien un des  deux Triangles d’Or codés par Leblanc en son roman intitulé Le Triangle d’Or, plus aucun doute possible, et il existe en osmose avec les mesures officielles de la toile des Bergers d’Arcadie de Poussin. Ce qui indique que ces mesures sont les bonnes et qu’il faudra ultérieurement en tenir compte en nos calculs. Voilà pour deux choses. Et voici l’autre, la troisième, et la plus inattendue, et qui va nous révéler les maillons qui nous manquent : où Leblanc justifie‑t‑il le choix du TGO construisant sa propre pyramide d’Or en or ?   

 

   Et nous constatons avec ce dernier calcul que comme dans les suites d’Or de Fibo et de Lucas augmentées de leurs intermédiaires en nÖj, nous obtenons exactement les mêmes liens additionnels (voir mes précédents chapitres) : 17 + 28 = 45 et 22 + 36 = 58 … et que nous pouvons allonger cette suite additionnelle qui est une authentique suite d’Or : 17  22  28  36  45  58 … etc. avec ses intermédiaires se prolongeant à l’infini comme les deux autres suites connues de Fibo et celle de Lucas, sauf que ces dernières commencent comme de juste au 1, et que cette dernière n’est que peu orthodoxe puisqu’elle sera introduite par le 17 ! Mais, pour nous est‑ce une tare ? La suite d’or du 17 ? Voici un outil cryptique dont la clef 17 est sans conteste, celle de R.L.C. En voici le début avec ses intermédiaires :

 

 17 22  28 (TGO esquissé en colonne n° 4 du tableau)  36  45  58 (+ suite du décryptage du titre Le Triangle d’Or!) 73  94  118  152  191  246  309  393  500  636  809 (Aubaine,voici le premier TGO de l’histoire des suites d’Or en trois nombres entiers !) 1029  1309  1665,  etc.

 

   Écrits en rouge les nombres en constante j et en bleu, les nombres intermédiaires en constanteÖj. Eh bien voila une suite hyper révélatrice !

 

   Mis à part son anachronisme, débuter au 17, aucune différence de fonctionnement avec ses grandes sœurs de Fibonacci et de Lucas !

 

   Exemple au rang n° 6 et 7 en constante j  nous obtenons 309 / 191 =~1, 618=j. Ou bien en constante Öj rang 5 et 6 : 246 / 152 nous obtenons clairement 1, 618=j. … ou 2118 / 1309 = 1, 618 =j et cela jusqu’à l’infini sans coups férir ! Magnifique.

 

   En additionnel cela fonctionne aussi parfaitement, bien entendu ! Vous doutiez‑vous que Leblanc était aussi mathématicien ? Ben non, moi non plus. Il ne l’était pas de fait et ne put qu’être conseillé comme Boudet le fut probablement par des frères et pairs compétents ! Pas grand‑chose ne leur échappait, à ces gens hommes là qui disposèrent tous deux de redoutables réseaux d’information.

 

   Ne croyez surtout pas que Boudet fut en reste sur ce mode de cryptage sur les séries ! Celui‑là aussi aura carrément recopié la suite d’or de son grand contemporain Édouard Lucas avec le TGO des initiales de ses charmants petits chevaux Kob, Nag, Rig : 11  14  18 amorçant la suite, tout comme Leblanc, qui quant à lui y empruntera le TGO contenu dans le titre Le triangle d’Or, chose toujours insoupçonnée du chercheur Patrick Ferté comme des autres :

 

1  2  4  7  11  14  18  (Kob Nag Rig) … (18) 23  29 (Les TGO des vraies pyramides de Leblanc alias Don Luis, quadrangulaire et la triangulaire … en parfaite osmose avec Boudet pages 154 et 155 !)  37  47  60  76  97  123  157  199  254  322  411  521  665  843  1076  1364  1741  2207  2877  3571, etc.

 

   Idem en rouge la constante de j et en bleu l’intermédiaire en constante de Öj  

 

    Mêmes qualités que la suite de Leblanc ! … Ou plutôt Leblanc, même qualité que Lucas (et Fibo) !

  

   Et pour ceux qui douteraient encore du bien fondé d’explorer Boudet par l’outil du nombre d’Or et des suites qui en découlent, j’ai un nouvel argument à vous soumettre (parmi tant d’autres … !). Au cours de la VLC, Boudet cite 21 fois le mot or ! (Vérifiez) 21 est le code G.R.A.A.L. Oui ! Mais voilà, ici le facétieux auteur nous invite à cette opération dans l’esprit du texte : 21 x 1, 618 (Or) = 34 ce qui enchaîne directement avec le même ticket sur la suite d’or de fibo : (21) 34  55  89  144 etc. Même il nous le valide par cette astuce : avant le 21 sont le 13 le 8  5  3  3  1  1, en addition : 33.

33 puis 34 … alors les distraits penseront au 35 ? Mais les branchés, eux, continueront avec Fibo : 55  89  144 etc. OK ?

 

Pas génial, ça … et il y en a tellement d’autres !

 

   Alors voila qu’avec ces 5 nombres composant les TGO 11  14  18  et  18  23  29  et les 6 nombres composant les TGO 17  22  28 et 36  45  58 nous touchons du doigt les quatre nouveaux maillons du lien d’Or tant convoités unissant BOUDET et LEBLANC + le 21 faisant le lien (de Lucas emprunté par Boudet) avec Fibo ! Sont‑ce là les derniers maillons chiffrés… ? Oh, non ! (Toujours la présence du 18 … !)

 

   Pour tenter de comprendre les principes de départ de ces deux suites, consulter Le nombre d’or, clef du monde vivant, l’ouvrage de Dom Neroman ; quoique DN, comme vous vous en doutez  n’a pas analysé la suite de Leblanc (aussi valide que les autres à part le début en non‑conformité et qui la rend marginale), qu’il devait connaître fort bien quand on sait  les milieux occultistes qu’il fréquenta souvent de façon très polémique. En son ouvrage, il explore toutes les suites d’or intéressantes dans leur pérennité (Perenna) de fonctionnement, mais l’inconnue de Leblanc serait normalement sensée n’avoir jamais existée aux yeux des mathématiciens conformistes !!! C’est très dommage, car apparemment toutes les suites partielles ordinaires et improvisées de la sorte, assez rapidement s’essoufflent et se cassent la figure au bout de quelques dix ou quinze termes, alors que celle‑ci, O surprise, pourrait fonctionner jusqu’à l’infini, car elle est la sœur fausse jumelle, une déviance de la suite d’Édouard Lucas ! Voilà où Leblanc, notre prodigieux touche à tout, fait la différence ! (Mais je ne connais pas de sœur fausse jumelle de la suite de Fibo)

 

   Pour les curieux et les matheux, voici globalement les trois types d’amorces de calculs entre les suites de Fibonacci, de Lucas et de … Leblanc en 17. À remarquer que D.N. qui pourtant analyse profondément la suite de Lucas, au grand jamais n’écrit le nom … de Lucas ! Bizarre ! Il écrit : série S pour LucaS et F pour Fibonacci, dont il cite par contre le nom très souvent. (Fâché, querelle posthume de savants ?) 

Fibo :    1                1                               1        

              2       j 2 = 1 x j + 1                  1                      

              3       j 32 x j + 1                  2                     

              4       j 43 x j + 2                  3

  

Lucas :  1      j    = 1,618                        1

              2       j 22,618                        2

              3       j 3 = 2j + 1 = 4, 236        4                         

                 

17 :        1      17                                       17

              2      17 j = 27, 505                   28

              3      28 j = 45, 304                   45

 

La plus géniale étant à priori la première et historique, celle du grand précurseur mathématicien et monial, Fibonacci.


Luca Pacioli (à gauche) et son ami le duc Guidobaldo
de Jacopo de Barbari (Musée de Naples)

Luca Pacioli fut l'auteur d'un célèbre ouvrage sur le nombre d'or
et la suite de Fibonacci

   La suite 17, comme les deux autres, démarre en cafouillant comme un moteur froid d’avant l’électronique appliquée aux automobiles, mais très vite elle donne, comme les deux autres, non seulement des nombres quasiment entiers, mais de surcroît elle est la seule à offrir une suite de trois nombres réellement entiers ! Voila la différence : sa secrète et relative, mais idem géniale, supériorité !                    

   Donc, à la différence de Fibo et de Lucas, c’est que Leblanc ne déposera ni ne publiera cette suite très circonstancielle du 17, qui ne lui appartenait d’ailleurs pas, mais avec laquelle il nous offre sur un plateau d’or, en cryptage, avec la complicité forcée de feu Boudet, la perle rare du 500  636  809 (ésotérique) jamais ne sera évoquée par ses prédécesseurs pourtant se disant gavés de touts les arcanes du nombre d’Or … secret encore ? Et comment ! Puisque le 500 nous livre le nombre suprêmement ésotérique (et nous abordons là des sphères d’un niveau tel, qu’elles n’étaient fréquentées que par les maîtres occultistes), le nombre de l’électrum des anciens qui est  le 393. Ce nombre n’était connu que des occultistes jusqu’au début du vingtième siècle, dont Don Neroman, le mathématicien, nombre, encore au dix neuvième siècle jamais prononcé mais toujours codé, exemple de Perrot Georges, revue archéologique 1872 n° 24, que devaient forcément connaître les amis de Boudet, électrum est cité page 393 de la revue !

393    500    636, le TGO sulfureux  avec deux entiers et un presque entier, enchaînant sur celui tout aussi secret de l’abbé Boudet avec ses trois entiers 500  636  809 comme nous l’avons vu. (À l’heure actuelle on ne risque plus rien de le divulguer et il faut que ce soit dit, comme le reste !)

500  636  809, les nombres d’un des petits chevaux (chevalets) Boudétiens, cette fois, non plus à demi châtrés, mais un petit cheval dit entier ! 500 x Öj(1 ; 272) = 636 et 500 x j(1, 618) = 809 tout rond, tout propre, intègre et entier dans les deux cas de figure

    Trois nombres exceptionnels donc créés par ?... En cette suite ce qui laisserait penser que Boudet lui aussi connaissait cette suite contenant cette triangulation hautement symbolique et précieuse. À ma connaissance, il n’y a pas moyen de savoir si une autre suite d’Or nous offrira un autre exemple de TGO aux trois nombres entiers puisqu’elles courent à l’infini. (Beau thème de recherche pour pros d'informatique !). Je ne puis qu’affirmer que personne ne l’a encore signalé en aucune suite connue et pérenne … mais faut‑il savoir ce qu’on cherche pour savoir l’identifier ? En vérité, à par moi, tout le monde se fiche encore des chevaux Boudétiens entiers ! Après cette lecture, peut‑être que certains happy few seront enfin sensibilisés ?  

   Il est donc légitime de penser que ce ne serait pas Maurice Leblanc qui aurait inventé cette suite, ni même Boudet, mais qu’elle possède une certaine antériorité. Difficile de trancher, car les archives concernant ce bijou brouillardeux et illuminé, celui de la suite d’Or inconnue, encore véhiculée comme je le pense par quelques sociétés secrètes du début du siècle vingtième, sont … maigrescomme les petits chevaux de Boudet et ceux non moins valeureux de Josine la belle, toujours jeune et désirable Cagliostro ! (À chacun ses fantasmes, zut !)

On finira par tout comprendre des trois petits chevaux de Boudet.

   C’est Leblanc, nous le voyons qui nous l’explique le mieux. Et quand j’entends dire par des chercheurs que ni Leblanc ni la géométrie ne comptent en notre énigme de R.L.C., je pense que nous avons affaire à des individus qui n’ont pas suffisamment réfléchi ou alors je pense, qu’ils préfèrent ne pas le savoir parce que cela les dérange ?

    Il y en a même qui prétendent encore que Boudet n’a rien crypté du tout. Je ris sous cape. Mais je ne leur en veux pas. C’est très amusant, mais bien trop facile aussi, et remarquons, à la portée du premier débile venu, de nier des évidences au seul nom de la liberté d’expression.

   Maintenant, j’attends les contestataires négationnistes inspirés qui vont comme d’habitude jouer à tenter de démolir mes petites découvertes. Je leur souhaite bien du plaisir et beaucoup de patience. J’attends. Parce qu’en fait, ce que je viens de redécouvrir modestement, fait partie du gros bagage de connaissances ancestrales de nos aïeux INITIES aux mathématiques top secret, en admirant sincèrement, mais sans aucun jugement de valeur, et d’autre part n’étaient‑ils pas rompus aux cryptages par les chiffres contenus par les mots qu’ils se devaient de tenir sous silence. Les chiffres ? Ce n'est qu’arithmétique basique, et dans la Kabbale juive, on nomme cela (du nom ronflant de) Guématrie … un système à la portée de tous. Rien de nouveau sous le soleil. Tout cela est banal … ou presque.

   D’autres diraient tout simplement : connaissances ésotériques chez Leblanc… ? Je leur ferais remarquer que c’est seulement l’application qui sera ésotérique, pas la suite d’Or ! La suite, elle n’est que ce qu’elle est, c’est un outil exotérique lumineux et évident qui est là pour nous servir à comprendre et à compter selon le Nombre d’Or.

   Je rappelle aussi que Leblanc avait amorcé sa suite par la colonne n° 4  de son (mon) tableau, selon une des hypothèses de pyramide inscrite dans le roman, celle des 1800 sacs d’or et que la bonne formule est celle des 3 millions de francs or.
Haï ! Toujours et encore ce
18 et ce 3 qui nous collent aux corps et à la tête depuis Poussin (et  Boudet) !

   Tout cela prouve aussi que les gentils amateurs qui sur le Net se croient investis de la totalité du SAVOIR en ce qui concerne le Nombre d’Or, sont encore bien loin du compte. Bon courage.

     Une Semaine sainte bien chargée !

   Au sujet du roman « Le triangle d’Or » dix mille choses importantes restent encore à dire puisqu’elles sont en lien direct avec R.L.C., et plus précisément à Boudet. Nous allons commencer par quelques coïncidences non fortuites s’adressant aux happy few et concernant les points de repère du tout début de l’action du roman, à savoir … :

 … Que les évènements que je vais incessamment citer concernant le roman de Leblanc, Le Triangle d’Or, agrémentés de leurs horaires exacts et dates spécifiques, sont tous plus ou moins (vous en jugerez par vous même), concomitants, choses que nul chercheur sur les énigmes des deux Rennes ne s’était encore soucié de relever (encore un scoop … passé aux oubliettes par les exégètes de Leblanc).

   Sachez que : … Maurice Leblanc lancera le signal de départ de la sortie de son roman Le Triangle d’Or 4 mois4 jours après la mort de Bérenger Saunière en 1917 … paru sur Le Journal en feuilleton du 20 mai au 26 juillet 1917, puis en librairie le 19 avril 1918, peu de temps avant la victoire … 116 jours après la mort de Bérenger Saunière. 116 ? Je pense vous avoir déjà prévenu que le nombre 116 est la signature pythagoricienne de l’abbé Henri Boudet … pourquoi ? Il est trop tôt pour que je vous le dise, cela nécessite un chapitre d’explications … mais  page 116 de la V.L.C l’auteur s’est complu à coder un petit bout du chemin !

 … l’abbé Henri Boudet est mort le mardi saint 30 mars 1915 à 19 heures à Axat …

 …  l’action du polar initiatique nommé Le Triangle d’Or démarre pour de vrai à 19 heures, le samedi saint 3 avril 1915, c'est‑à‑dire 4 jours, seulement pile poil après la mort d’Henri Boudet ! (Étrange, n’est‑il pas ?)

   « Les trois quarts puis sept heures sonnèrent » 19 heures ! c’est la dernière fois en ce premier chapitre que Leblanc nous rapporte l’heure … Mais pourquoi donc nous citer l’heure de manière répétitive puisque le timing régulièrement communiqué par l’auteur, en aucune manière ne saurait infléchir ni justifier en quoi que ce soit l’action générale (à part de nous inciter à prendre justement comme repère l’ultime info ?) et mise à part aussi cet autre détail : il est facile d’apprendre que ce jour là le soleil s’est couché à 6 heures 22 du soir (20 heures 22 de notre heure d’été), ce qui justifie que la nuit soit effective quelques minutes après 7 heures, et permettait donc d’apercevoir en contre bas vers la Seine une pluie d’étincelles (titre du premier chapitre), signal important pour la bande des trafiquants d’Or, et que l’enlèvement crapuleux de Maman Coralie, la belle et courageuse infirmière , l’héroïne du roman, passera inaperçu des passants et de la police (et qui n’y virent que du bleu).  

   Mais, cher monsieur Leblanc, vous en conviendrez, il aurait été tellement plus simple d’écrire : « La nuit était tombée … !

 …  Henri Boudet fut inhumé le jeudi saint premier avril 1915 à 9 heures du matin au cimetière d’Axat en une tombe en forme de carré long ou déjà reposait son frère notaire Edmond Boudet qui fut son premier collaborateur reconnu à la création de la carte de la V.L.C., livre représenté fermé sur la tombe et sur la couverture duquel est gravé le mot poisson, un chrisme en caractères grecs. (Non, je ne ferai pas la plaisanterie du poisson d’avril ! Je sais me tenir)

 … une messe d’enterrement de cette classe (Première classe, un prêtre de renom !) durait en moyenne une bonne heure, et que 20 petites minutes étaient nécessaires pour charger le catafalque et gagner le cimetière éloigné de 800 mètres maximum de l’église, au pas du cheval boiteux et de réforme du corbillard (vérifié, simulation et montre en main !)les chevaux jeunes et sains ayant été tous réquisitionnés par la cavalerie de l’armée et dois‑je préciser par ce même souci de réalisme qui anime Leblanc, que c’était un cortège funèbre allant au pas dans un silence obligé, puisqu’en semaine sainte les cloches en deuil ne se réveillent qu’à la grande messe du dimanche de Pâques ! Saisissante précision … Et qu’en ville, pendant la semaine sainte, seules les pendules (laïque) et  municipales sonnaient ou carillonnaient ... 

 … il s’est donc déroulé (seulement !) 58 heures + 1 heure + 20 minutes (cinquante‑neuf heures vingt minutes) depuis le début des obsèques d’Henri Boudet jusqu’au brusque démarrage de l’action dramatique du roman de Leblanc, Le Triangle d’Or.

 … il s’est passé (seulement) très exactement 96 heures (4 x 24 heures) depuis la mort de Henri Boudet jusqu’au même démarrage de l’action du roman de Leblanc, Le Triangle d’Or...   enfin 20 minutes équivalent à ~0, 33 d’unité heure.

Donc rien ne nous empêche de poser le calcul suivant que certains jugerons sans trop réfléchir, d’improbable :

                      96 /  59, 33 = 1, 618 le nombre d’Or

   Bon, alors j’anticipe les critiques inévitables que j’entends déjà bruire. D’abord il y a ce précédent du nombre d’or avec les heures indiquées par Leblanc… midi 23 et 7 heures 19… ce n’était donc qu’une indication à suivre !!! C’est fait !!! Ce ne sont pas des tours d’illusionnistes. Et puis si je me suis égaré de quelque quart d’heure dans l’estimation du temps de la messe, le résultat sera toujours là dans le comma du nombre d’Or qui est dans la fourchette 1,6 à 1, 636, à l’œil comme à l’oreille d’un individu bien constitué.

   Dont acte. Justement,   ce comma connu des musiciens comme des architectes est d’ailleurs suggéré par Boudet en deux pages de son livre, page 80 et 81 qui donnent les proportions arithmétiques du comma : 80 / 81 = 0, 987654321 et 81 / 80 = 1, 0125. Le premier chiffre méritait d’être cité. Non ? En connaissez‑vous un de plus déconcertant et enchanteur à la fois ? … ah, la poésie des nombres … Avouons que ce serait ballot de s’en passer ! Cela vaut bien le chant du rossignol ? Hum … ? Quoique la première et dernière fois qu’un rossignol a niché en un noisetier géant au fond de mon jardin, le l’écoutais la moitié de mes nuits de début juin, fasciné, en constatant que jamais ce surdoué du chant ne répétait exactement le même trille, ni très fidèlement le même rythme, mais toujours dans la même tonalité, comme Couperin dit le Grand en son Rossignole des Barricades mystérieuses, et Mozart dans le premier mouvement de sa symphonie Jupiter. Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que c’est vrai et que je pensais que  Boudet idem improvisait ses codes ! Pensez y. Exemple, page 80 l’auteur cite 5 fois Philistin… PHI (j) (listin) comme si le licencié en anglais voulait nous proposer un listing (point G perdu à retrouver d’urgence sur la carte ?), et continue en la page de face, la 81, de citer le mêle mot 4 fois Phi‑listin ! Dommage, s’il l’avait cité une fois de plus cela aurait fait un compte rond ! 16,18 … c'est‑à‑dire 1,618 x 10 comme aurait dit monsieur de la Palisse.  Mais, au fait, qui nous dit que le cinquième j (je n’ose pas dire manquant) de la page 81 n’existe pas, même allusivement ? Allons toujours voir page 161 l’addition des termes du comma de la section d’Or, le 80 et le 81 … comme ceux des pages. Comptons 8 lignes  (chiffres du nombre d’Or j  = 161 + aggloméré un huit = 1618), et nous lisons cette locution de Louis Figuier que nous connaissions déjà par coeur pour ceux qui m’ont suivi lors des derniers chapitres : « Une circonstance heureuse et bizarre à la fois ! » Eh, oui, le hasard fait bien bizarrement les choses … aussi bien que son très ironique et pince sans rire de maître, Henri Boudet ! Évidemment, pages 80 et 81, sont d’autres preuves arithmétiques, celles qui prouvent que nous sommes bien sur les termes du comma de j, et que l’auteur en avait conscience (à suivre…)

   Voila pour la remise à l’heure de « l’horloge d’Or du Triangle éponyme», allusion à la formule bien connue à RLC désignant la Tour Magdala idem jadis nommée « tour de l’horloge » : Est‑ce là que l’or loge ? Hé bien dans le cas du roman Le Triangle d’Or la réponse est : Oui ! Da ! C’est ce que nous dévoile Lupin sous les oripeaux de Don Luis Perenna … et vous en connaissez maintenant la somme !

    Bien sûr, il n’est pas évident que Boudet eut pu contrôler à lui seul une si merveilleuse coïncidence horaire lors de ses funérailles… mais ses amis initiés, hommes discrets autant qu’efficaces purent influencer sur le projet de déroulement de la cérémonie avec l’aide inconsciente de la famille. Peut‑être se chargèrent‑ils de donner le coup de pouce nécessaire à l’agencement du timing … et pourquoi ne pas imaginer ce genre de petit tour de passe‑passe exécuté selon une volonté spécifique de l’abbé ? Ou bien, plus raisonnablement serait‑ce un joli petit cadeau d’adieu qu’on lui aurait concocté avec ce très élégant symbole… bien dans la tradition et, invisible et insoupçonnable pour le béotien ! … (Pas comme la tombe des frères, facile à mesurer : c’est le carré long, le père du nombre d’Or !) En tous cas ce dernier calcul (qui tient, ma foi, la route) justifierait amplement la propension inexpliquée de Leblanc à nous citer à répétition l’heure … et, plus fort, cette manie se perpétue dans la première partie du livre avec deux titres de chapitres : « Sept heures dix‑neuf » et « Midi vingt‑trois » ou seulement Midi est virtuellement un nombre pair ! Tous messages à décrypter … ? Sans doute … mes amis ! Enfin ma dernière hypothèse serait que Maurice Leblanc aurait ainsi mis en scène le début de son roman afin de nous intriguer et de faire remonter à la source quelques très rares lecteurs particulièrement avertis ou perspicaces… (Comme je serais plutôt enclin à le croire … pour ne rien vous cacher … mais le débat reste ouvert !) … Mais allez donc expliquer cela à un universitaire moyen … il ne vous écoutera pas et il bâillera puis s’endormira… car il y a quelques années j’avais tenté de sensibiliser des étudiants en math et en littérature ou technos au problème des TGO dans le Triangle d’Or. Je ne vous étonnerais pas en vous disant que nul ou presque n’aura daigné m’écouter plus de deux minutes. Sauf un. Aucun ne savait ce qu’était un TGO. Personne n’avait lu Le Triangle d’Or et ils ne connaissaient Lupin que par le ciné (mauvais films !). Mais les choses bougent et je crois savoir qu’il se prépare un master en littérature moderne citant au passage ce thème développé ici. Pourvu qu’il porte chance au candidat ? Croisons les doigts.

   Leblanc, n’aura pas osé démarrer une intrigue profane un Vendredi saint, tout comme à Axat on n’aura pas osé enterrer le très humble et discret abbé Boudet, non plus, un Vendredi saint, le jour anniversaire du supplice de Jésus !

   Maurice Leblanc le très délicat, aura attendu pudiquement (et pragmatiquement) la disparition des deux prêtres dominants du Razès afin de coder définitivement dans le roman le Triangle d’Or l’essentiel du repérage des dépôts sacrés, ce qu’il avait déjà amorcé plus secrètement encore dans l’Aiguille creuse. Leblanc était un gentleman qui savait respecter les convenances en usage à son époque et laisser le temps au temps … du deuil ...

    Au fait, saviez‑vous que Leblanc a écrit 102 fois le mot or en son roman Le Triangle d’or (vérifiez !)… Hum … oui, et alors ?

   Ben 102 nous ouvre un TGO de belle qualité : 26   33   42 (en arrondi). Mais il n’empêche que ce TGO est le second (meilleur) TGO de sa catégorie, parmi les valeurs à 2 chiffres qui approchent le plus près des trois cotés exprimables en nombres entiers (cheval à demi châtré) après le premier de cette catégorie, le fameux 55   70   89  que nous avions déjà rencontré. Oui, et alors ? Ben alors, si vous soustrayez leurs nombres vous obtenez cet autre qui n’est pas si mal non plus : 29  37  47 se trouvant représenté par l’ordre 7 et 8 de la série de Lucas avec son intermédiaire. Que ceux qui comprendront quelque chose à la fin de ce dernier grand chapitre s’en souviennent. Une belle surprise les attend. En attendant donc, sont sortis le 7 et le 8 déjà adoptés par Boudet avec son célèbre (chez les rares Boudétiens historiques !) 78 et 7 X 8 = 56, nombre non moins célèbre, mais seulement en ce qui me concerne. 

 Comment représenter un périmètre de triangle en un texte imprimé, me demanderont les exclusivement littéraires ?

   Hé bien, soit élémentairement et concrètement par la jonction de trois lettres significatives intégrant trois mots significatifs, ayant un rapport entre eux, ou qui se répètent comme parfois le mot CLEF, OR, DIEU ou PIERRE … (par exemple !) … et judicieusement placés par l’auteur avec nécessairement l’assistance technique du typographe ou tout simplement du hasard … mais (par hasard !), croyez bien je ne crois plus du tout au hasard chez Boudet le perfectionniste créant des triangles aux cotés fort précis et dont les angles pointent sur des lettres toujours signifiantes, mais insoupçonnables pour le lecteur non prévenu. Ce sera toujours un réel bonheur pour vous si vous découvrez un irréprochable triangle géométrique rectangle d’Or, ou bien Isiaque ouvrant une bonne piste ! Ils sont plusieurs dizaines.

   Travail certes délicat au moment de la composition de la page, mais qui n’aura pas découragé un Boudet qui certainement se fit seconder en cette délicate exécution par de bons et dévoués amis et alliés partageant fraternellement son secret.

   Ou bien alors, le triangle sera une pure abstraction. Ou il sera plus compliqué et virtuellement représenté par la triangulation numérique d’un nombre représentant la numérotation d’une page (quelquefois retranscrit dans la page ! le fin du fin !) ou de la somme d’un gisement de lettres, de syllabes, de mots, de signes, de phrases, enfin de pages ou de lignes de texte contenu dans une page, ou le tout à la fois … ou bien encore en prenant compte seulement du numéro de la page bon à diviser ou à multiplier … etc. … avec un chiffre interne et trianguler ce nombre, l’ensemble étant parfois reproductible concrètement en mm sur la page,  tous nombres et constructions qu’il nous faudra justifier (de quoi se prendre la tête ? … non …). Ne jamais oublier de compter les mots de la page (ne jamais compter les mots en italique représentant la phonétique) et de calculer les deux mots d’Or, en positif et en négatif. De sacrées belles surprises nous attendent. (Il va de soit que pour avoir des mesures justes, il faut impérativement posséder un vrai fac‑similé de l’édition originale de 1886 de la VLC … il se trouve sur le marché des éditions idiotes … mais peut‑être que les éditeurs, les rois de la désinformation, ne le sont pas, idiots, seulement malfaisants pour ne pas dire un gros mot!!)

    Alors sur ce sujet délicat, fort pertinemment on me rétorquera : attention, mon ami, le texte de la VLC n’est pas forcément monolithique, il parait qu’il existe des spécimens de la VLC sur lesquels la composition du texte serait différente (j’attends toujours de consulter une étude sur ce sujet tant espéré depuis des années, mais aujourd’hui sans aucun résultat concret publié), et celui édité par Bélisane n’est pas la vérité unique ! Eh bien pour moi cela serait, si cela était, déjà une très bonne nouvelle, car je pense que l’édition de ce livre effectivement bien complexe qu’est la VLC a dû générer bien des pataquès, des faux départs, des malentendus entre Boudet, son équipe de codeurs et l’éditeur imprimeur qui eut bien du fil d’Ariane à détordre ! L’ambiance dût être parfois bien rock n’Roll, comme disent nos jeunes. Étonnez‑vous après cela qu’aucun brouillon ni aucune archive de la VLC ne soit trouvable chez l’éditeur ni ailleurs ?! L’ordre de faire disparaître toutes traces des épreuves, essais ratés, des cent une corrections demandées en catastrophe par Boudet, des brouillons manuscrits ou simplement des instructions de travail destinées aux typos qui n’eurent pas la partie facile, a dû être scrupuleusement appliqué. De surcroît, je me demande parfois s’il n’existerait pas effectivement en circulation d’autres éditions confidentielles (idéalement je verrai bien trois différentes pour mieux se repérer … on peut rêver … éditées, comme le bruit court en 1885, année d’arrivée de Saunière à R.L.C ?). Certains auteurs l’affirment donc, mais se gardent bien de nous présenter les ouvrages ! Dommage pour la recherche … à moins que ce ne soit que viles manipulations, mensonges ou faux comme on nous aura tellement habitué. Faudrait‑il posséder trois versions différentes pour appréhender certains codages en leur intégrité, ou bien comprendre les artisanales et laborieuses arcanes d’autres codes et cryptages plus ou moins aboutis en l’édition connue ? Ce serait le pied.

   Si par hasard quelqu’un aurait enfin une idée claire concernant ce thème de recherche ? … Et voudrait bien nous en faire part ? (On peut rêver, c’est bientôt Noël … époque rêvée pour que nous tombe aussi un nouveau faux, tel que par exemple une belle page manuscrite de Boudet dans la VLC ? Cela manque au paysage … et vendue bien cher à des pigeons ? … Tout pour plaire … mais les équipes de valeureux maquignons veillent et ne se laisseront pas rouler… eux … dormez tranquilles, braves gens)

  Toujours à propos de hasard, le nombre 206, nous y revoilà, si fréquemment employé par Boudet (idem par Leblanc), car il contient un enchaînement numérique positif (206 x 3 = 618, une autre clef modulable et dans la page 206, comptons + 206 mots. Nous tombons sur le mot EST (Orientation & verbe être, tout simplement sans chercher à faire plus compliqué) et – 206 indique LE VASE, (le VAISEL ?) complément du code G.  R.  A.  A.  L., le code fétiche de Boudet (avec l’autre grand code A.  L.  C.  O.  R. !) dont il nous faut découvrir en finalité le point G sur le terrain … enfin 206 / 17 x 10 = 121, seconde signature numérale de Boudet et longueur du tableau des Bergers en cm … 206 – 121 = 85 = la largeur du tableau des Bergers et 85 / 5 = 17 … toujours et encore le 17 accompagné du 5 qui ne vont jamais non plus nous quitter avec le 18 et le 3.

   Il est vrai aussi que notre ami (virtuel pour moi) P. F. a déserté comme un seul homme pour ne pas dire un homme seul, en laissant sur le champ de bataille son fusil et un monceau de munitions, et d’or. Son point faible vint de ce que Ferté, sorti du cocon douillet de l’enseignement supérieur fut brusquement porté au pinacle par des affairistes ayant reniflé la bonne affaire de librairie. Il se révélera vite fragilisé devant une adversité inévitable (dès qu’on a trop de génie). Ce qui aux vues des inévitables algarades et coups de gueule très en dessous de la ceinture morale (ce qui personnellement m’amuse, car cette arrogance paranoïaque indique en général des doutes profonds et de béantes faiblesses), peut être reconnu comme un fâcheux handicap, surtout qu’il n’eut, je l’imagine, plus grand nombre de sympathisants pour le défendre, dés qu’il fut attaqué  … et il n’était pas géomètre (moi non plus d’ailleurs) … ce qui, mon dieu, n’est pas à proprement parler une tare. Nous ne ressortirons pas la guillotine pour si peu. En attendant, les tueurs et la meute ont gagné ! Point de second tome ! Le manque est incommensurable !

   Son point fort à part son incroyable érudition fut la clairvoyance, autant que l’intuition et l’intelligence. Idem il a su  prendre des risques, ce qui est la marque des grands et que c’est pour cela qu’il posa toutes les bonnes questions, y compris des plus inattendues, même certaines parmi les meilleures, suggérées par défaut. Alors je dis grand merci encore à P.F. qui aura permis à quelques privilégiés de progresser. (P.S. : Alors si par miracle il me lit, j’en profite pour lui dire qu’il n’oublie pas tout de même de m’envoyer l’accusé de réception pour l’envoie que je lui ai fait il y quelques années ! À moins que comme je le pense il n’ait jamais rien reçu du tout étant donné qu’il fallait passer par un certain intermédiaire incertain …. Passons donc …

    Réflexion de l’auteur :

    En conséquence, quand on a un secret à défendre (je pense à Boudet), mais aussi à crypter (ce qui est difficilement conciliable, reconnaissez le, car il est facile de se trahir à vil prix !), que fait‑on pour assumer ce tour de bravoure (et de la déraison) ?

   On tente de démotiver d’entrée les plus instruits, donc les plus aptes à comprendre vite, et on tolère les ignorants et les délirants qui par postulat sont ceux qui auraient le plus de difficultés à s’en sortir, même si par chance ils prennent la bonne voie ! Élémentaire mon cher W… !

Désolé, mais le système n’est pas nouveau et aurait pu être imaginé par Machiavel.

  (Note de l’auteur) : Dois‑je  reconnaître que je fais partie de la charrette des ignorants ? Certainement ! Mon initiation est certainement imparfaite et mon instruction est pleine de trous. Délirant ? Sans doute parfois, mais conscient de l’être et maîtrisant mes fantaisies, car conservant intimement une suffisante et salutaire distance avec le sujet ! Quant à mes connaissances historiques en faveur de l’énigme, je m’en remets totalement aux travaux des historiens que nous connaissons bien, excellents, mais rares et dispersés sur des sites ou bien en une ou deux associations, ou voire, seulement proches d’éditeurs sympathisants et eux mêmes engagés en notre quête. Bon, pour le reste j’ai eu, je le reconnais, beaucoup de chance dans mes rencontres initiatiques, mais aussi j’ai beaucoup (ce n’est pas uniquement  pour le plaisir me vanter) travaillé et galéré en solitaire dans la voie ingrate que j’ai l’honneur de vous révéler depuis quelque temps, alors que d’autres gesticulaient ou se chamaillaient et s’excluaient symboliquement en se lançant des anathèmes. Privilège du planqué ou de l’ermite, c’est selon … de l’ermite obligé dirons nous.

   Mais pour dire toute la vérité, il se trouve des gens de talent parmi les défavorisés qui savent élégamment se débrouiller au dépend des nantis, exemple emblématique : Arsène Lupin qui n’a jamais fichu les pieds dans une université, sauf pour se substituer avec brio à un savant professeur, le grand inventeur physicien Arsène d’Arsonval, un limousin, dont Arsène Lupin jouera avantageusement le double dans le roman du professeur au Collège de France, donc collègue posthume d'Arsonval, l’excellent Michel Zinc, un éminent spécialiste de la littérature du Moyen‑âge et du GRAAL (Arsène Lupin et le mystère d’Arsonval… Livre de poche … à lire de toute urgence cette fantaisie de savant, le seul faux Arsène Lupin toléré par les héritiers ayant droit de Maurice Leblanc) et lequel éminent universitaire  ne m’aura pas découragé de suivre la piste LUPIN via Maurice LEBLANC … car il est aussi, faut‑il le rappeler, Lupinologue distingué et bon conseiller.

   Arsène Lupin le héros revanchard par procuration, des petits, des modestes, des sans‑grades, des obscurs, des savants devenus cacochymes, comme dans le faux Arsène Lupin, et surtout des autodidactes injustement méprisés quoiqu’ils aient du bon sens, voire parfois du génie.

    Je vous laisserais donc à méditer cette réflexion du (vrai) Lupin (in M. Leblanc : les jeux de soleil) adressée à un plumitif, lequel lui faisait remarquer qu’il était idiot et puéril de perdre son temps à compter certains signaux lumineux projetés au miroir depuis la rue par un éventuel gamin de plaisantin, un journaliste interviewant Lupin et qui ne croyait pas du tout à un code structuré occulté sous cette farce infantile.  « On fait tellement de choses idiotes dans la vie … une de plus … », lui rétorqua sèchement Lupin, jusqu’à ce que le sceptique reconnut de soi‑même l’effectivité du code ainsi employé ! Alors Leblanc alias Lupin, toujours en dérapage contrôlé sur la douce et amère ironie qui le caractérise, répartit ceci :

«  –  vous avez saisi ? Pas dommage, ricana Lupin. »   (À méditer …)

 Bon, repassons aux choses sérieuses, voici la récapitulation des formules repères concernant les styles de triangle à découvrir (avec leurs clefs en orange)

Soit 1 = la base :  

 1) Triangle isocèle d’or dit Flamboyant (itou dit Triangle divin) :

(108°  36°  36°) = 1 + 1 + (1 x j) = 3,618 = P

 2) Triangle isocèle d’or dit Lumineux (ou delta lumineux) dit Triangle sublime :

(36° 72°  72°) = 1 + (1 x j) + (1 x j) = 4,236 = P

 Ces deux Triangles isocèles d’or sont les deux triangles automatiquement révélés par le traçage des diagonales du pentagone régulier déterminant le pentagramme.

 3) Le triangle dit triangle rectangle d’Or, dit Triangle d'or (pas d’autre nom spécial à ma connaissance ? …avis de recherche !) = un demi‑rectangle d’Or) :

(~32° ~58° 90°) = 1 + (1 x j) + Ö[12 + (1 x j2)] =  6,236 = P

    Pas plus que la formule suivante, cet authentique Triangle rectangle d’Or présentement cité (égal à ½ rectangle d’Or puisque révélé par une diagonale tracée dans le rectangle d’Or), et dont nous démontrerons toute l’efficience et la légitimité en mon livre, n’est pas reconnue par des mathématiciens contemporains influents, sous plusieurs prétextes obscurs, dont celui‑ci : le célèbre nombre d’Or qui est une formule binaire comme chacun sait, ne devrait donc en aucun cas déroger à cette règle … !? (En vertu de quel étrange privilège, je vous le demande, car cette assertion me semble n’être le fruit que d’une lubie passagère de professeurs intra bileux !) Et nous allons en reparler en ce chapitre et corriger coûte que coûte cette étrange méprise !

 4) Enfin, voici le plus méconnu (parfois radicalement nié … ou seulement volontairement oublié), mais lequel à mon sens est le plus important, voire essentiel et légitime en notre quête, car sans cesse employé par Poussin, Boudet et Leblanc en leurs constructions réelles et virtuelles. Il est cependant décrit et défini par le mathématicien (et occultiste) Don Neroman.

1 + 1Öj + 1j =  3,89 = P

    Idem, il fut employé depuis le haute Antiquité par des architectes audacieux, puisqu’il s’agit des constructeurs des grandes pyramides, c’est le Triangle rectangle Géométrique d’Or, créé avec deux termes conséquents de ce qu’on appellera bien plus tard, des suites d’Or, exemple la série se Fibonacci : soit n un terme : la base, nj le terme suivant, l’hypoténuse … et leur intermédiaire, le terme virtuel nÖj, la grande cathète, autrement dit, la hauteur ! 

    Cette triangulation d’Or était (peut‑être, allez savoir ?) connue et pratiquée avant Fibonacci ou Lucas ! Bien avant les mathématiciens arabes ? Peu importe. Pourtant cette figure n’est (presque) jamais citée dans les ouvrages de géométrie du nombre d’Or (alors par cela même n’est‑il pas devenu ésotérique de fait ?).

    Car, chose étonnante, chaque auteur reste discret quant à l’évocation de ce triangle spécial, ésotérique donc. Ils se bornent à le suggérer et de tourner sans cesse autour sans en saisir le nom, même quand ils construisent une pyramide quadrangulaire régulière géométrique d’Or comparable à celle que nous suggère Maurice Leblanc au cœur de son dernier chapitre « que la lumière soit » nous y révélant par la même occasion tous les bons nombres Castelrhédæns !

   C’est aussi le cas de Don Neroman, le mathématicien occultiste bien connu (faute d’être reconnu à sa juste valeur à cause peut‑être de prises de positions idéologiques paraissant aujourd’hui discutables, mais courantes à son époque), qui après avoir fait concrètement l’éloge du TGO (pour lui, le seul méritant l’appellation de Triangle « d’Or » et méprisant à tord ou à raison les Triangles d’or issus du pentagone), curieusement n’en reparlera qu’à peine jusqu’à la fin de son livre emblématique (Le Nombre d’Or, clé du monde vivant, édition 1945, ouvrage culte, et heureusement réédité, faute d’être toujours parfaitement compris par les amateurs de géométrie du nombre d’Or), et va étudier de près des pyramides géométriques d’Or en feignant d’ignorer l’existence des quatre TGO égaux qui la soutiennent et surtout géométriquement la déterminent !!!… Joli tour d’occultisme … exercice du style « par défaut » et de surcroît il évite soigneusement d’évoquer le terme de « pyramide d’Or ». Une discrétion et de pudeur digne de l’abbé Henri Boudet ! Peut‑on aller plus loin dans l’art de la suggestion en effleurant qu’à peine le sujet essentiel, mais tout en le prouvant de manière apparemment irréfutable et sublime, seulement par de subtiles ellipses algébriques qui n’abusent que l’ignorant et n’amusent que l’initié ? Serait‑ce  cela le véritable ésotérisme pur et DUR ? … ou bien encore une langue des oiseaux pratiquée en négatif, seulement codée par les valeurs de silences placés en intervalles entre les sons accordés et mélodieux de ses démonstrations… ? Compliqué ? Bof ! Tous les codes sont bons pour qui les comprend.

   C’est au bon lecteur attentif d’achever ses croquis pyramidaux déjà remarquablement étayés, de compléter le chiffrement des figures et de se faire une opinion. 

   Mais pourquoi une telle réserve délibérée (à la manière d’ailleurs de Fibonacci et de Lucas … et de bien d’autres qui intentionnellement sans doute n’ont pas voulu tout dire sur leurs géniales suites d’Or et leurs intermédiaires) ? … J’étais dubitatif jusqu’au moment ou j’ai acquis la conviction, puis, peu après la preuve éclatante, que D.N. avait purement et simplement repris en clair les nombres de Boudet, mais en éludant les plus importants, qu’il va s’amuser a crypter jusqu’à bien plus loin dans l’ouvrage en nous entretenant d’autres infinis sujets concernant le nombre d’or. L’art de crypter par le décalage et le dispersement des infos, si cher à Boudet !

   Car l’abbé lui aussi avait occulté les mêmes nombres en une même sorte de cryptage malin, tout en nous suggérant sur les pages 154 et 155, un tableau des plus fantastique et déconcertant ou il nous présente les alignements de Carnac (Morbihan, département n° 56 celui de Sarzeau) comme étant à l’origine un camp d'entraînement militaire réunissant tous les handicapes imaginables pour de jeunes conducteurs de chars de combat armés de leur faux … et pour leurs attelages de chevaux également ! Une élite de pilotes hippomobiles de choc dressant l’élite des gens équidé, comme aurait pu dire La Fontaine, le bon poète classique … mais sur le même thème notre fabuliste national n’aurait pas déliré autant que notre ami Boudet qui en contraste saisissant et ironique, dans les deux mêmes pages nous suggère 3 minables canassons, mais lesquels iront plus loin en conquérants inépuisables, que les meilleurs chevaux Celtes ou les éléphants d’Anibal ! … et toujours, j’insiste, en osmose avec les petits chevaux maigres de la Cagliostro.

   Miraginez (mot du vocabulaire de L.F. Céline) le coté visionnaire de Boudet dans ces deux pages quasiment cinématographiques dans le style des années 50, en cinérama et stéréophonie, grand spectacle (lui, qui n’était que le petit photographe amateur, mais courageux pionnier pour son coin du Razès !) en lequel on verrait de violentes démonstrations de courses de chars dans le site énigmatique et grandiose des alignements de Carnac ! Voilà de quoi nous éblouir et nous frapper !... Il en sera de même avec l’autre histoire racontée et cryptée en ces pages inspirées :

   Voici cette autre histoire en apparence (seulement) farfelue et compliquée de chevaux à demi châtrés (voir toujours pages 154 et 155). Vous avez saisi ce qu’il faut comprendre à « demi‑entiers » et qu’ils sont assimilables à des figures de TGO aux côtés plus ou moins exprimables en nombres entiers … que Boudet assimile (très belle image) à des petits chevaux (nous verrons plus bas une autre raison qui poussa Boudet a choisi l’image du cheval) peu ou prou entiers (+ ou – châtrés)… Remarquons que Boudet très pudique emploie le terme le plus châtié pour désigner la castration « cheval à demi châtré » … (je rabâche pour ceux qui prennent en route et j’adore les circonflexes), mais dites‑vous bien aussi que l’expression cheval à demi châtré contient déjà en soi même le sens numérique et arithmétique du problème basique que Boudet nous énonce. Lisez bien ce qui suit :

   Le mot C H A T R É fait 3 + 8 + 1 + 20 + 18 + 5 = 55, et se trouve bien être symboliquement, mais géométriquement la base (en mm) de chacun des TGO jumeaux figurés sur les pages 154 et 155.

 55 // 70 // 89 les (beaux) nombres arrondis ! Que nous connaissons déjà !

Mais, dans la logique implacable Boudetienne, ce ne sera là qu’un cheval dit à demi châtré, à savoir  55 // 69,96 // 88,99)… avec seulement 1 vrai nombre entier valide, le 55.

Demi, aviez‑vous dit, cher abbé ? Eh bien pour l’entier ce sera donc 55 x 2 = 110, la base du triangle de Chéops de l’entre‑deux pages 154 et 155 et 89 qui servira deux fois (voire 4 fois voir plus bas croquis)  de mesures aux cotés égaux ! Quant au 70, il sera la hauteur de nos TGO et des triangles de Cheops…  Pas mal ! (89 ici le nombre clef de Leblanc) Et c’est aussi par ce jeu là que Boudet est grand ! Donc, voir pages 154 et 155 reproduites avec  le schéma de Rig Kob Nag (souvenez vous de NAG dévoilé dans l’anagramme en anglais de Maurice Leblanc : slovenly maladies Nag … L’Anglais qui n’était rien d’autre pour Boudet que l’antique langue Celtique, la mère de toutes les langues du monde ancien !!!)), mère aussi des noms des 3 petits chevaux à demi entiers qui deviennent 4 comme les 3 mousquetaires français en dessinant un double triangle de Chéops, agglomérant les 4 TOG aux mesures de 55  70  89 mm.

Je vous présente sur le schéma la découpe primaire (une simple ébauche), celle qui devrait vous sauter aux yeux (comme d’autres exemples en certaines pages) après tout ce que je vous ai dit. Ce triangle exemplaire, un cryptage particulièrement dense et sur lequel je travaille depuis des années est déjà une vraie bombe. Je ne vous ferai aucun commentaire de détails. Les géomètres en analysant vont apprécier, et particulièrement les valeurs des nombres obtenus : périmètres, surfaces par rapport au numéro de pagination et … je ne vous dis pas ! Mais par pitié, référez‑vous sur une excellente photo copie à partir de l’édition Bélisane et exécutée sans la moindre distorsion (ce n’est pas commode, mais avec un peu de sens pratique …). L’image rendue par Internet si elle est fiable pour les repères est déformée, donc inutilisable.

     Le triangle dit de Chéops, double TGO, est remarquable au point qu’il mériterait d’être à son tour intronisé Grand Triangle isocèle d’Or.

     Le triangle dit de Chéops représente la coupe de la pyramide quadrangulaire d’or de Cheops par deux apothèmes… ou celle du Louvre, vue de l’intérieur… ou celle de Leblanc… ah, ah ? Vous ne saviez pas que la pyramide du Louvre voulue par François Mitterrand qui aimait tant le Razès était une pyramide quadrangulaire d’Or, sans blague ? C’est vrai que ce n’est pas précisé sur les dépliants, qu’elle possède aussi cette distinction, comme bien d’autres curiosités arithmétiques présentes au répertoire du Razès, en ses quatre faces notamment, et qui ne sont pas inscrites non plus sur le Da Vinci code, ce petit polar commercial de plage.

    Henri Boudet ne s’y est d’ailleurs pas trompé, car il fit de ce triangle de Chéops le départ de pistes géométriques et arithmétiques les plus  juteuses et stupéfiantes du livre. Évidemment, il ne pouvait soupçonner qu’au Louvre on allait créer la pyramide d’Or de Peï. Ni même que le chantier démarrerait un siècle exactement après la sortie de son livre, hé oui, grâce à un certain François Mitterrand qui se fit photographier comme Saunière sur la Tour Magdala contenant secrètement les chiffes de l’Apocalypse et ceux que nous venons de redécouvrir ! Il y a de ces coïncidences qui nous laissent parfois pantois ! Mon Dieu que cela fait de coïncidences !

 Voici le premier schéma de RIG  KOB  NAG :

  Schéma des deux triangles TGO des pages 154 et 155 de la V.L.C formant le triangle de Cheops Rig, Kob, Nag dont la symétrie tombe sur faux (fallait le faire !)
Nous obtenons 4 TGO de 55  70  89 mm et deux triangles de Chéops de 110  89  89 mm.

   Gaule  Kob  L  M  forme un rectangle d’Or, et sa diagonale divise la surface du triangle en deux TGO de 110 mm x 140 x 178.
La verticale en pointillés de 154 à M représente l’axe méridien de la page.

   Le nombre de calculs révélateurs à en déduire est faramineux. Tous débouchent sur une piste nouvelle ou s’intègrent dans une piste déjà connue. Ceci n’est que le premier stade de triangulation des deux pages.

   Des mots sont déjà désignés et seront désignés par les droites, tous sont porteurs d’un message utile. Exemple : Vanne, Morbihan, Carnac, traversés par la mêle ligne, sont tous les trois dans le département 56. Cet ordre n’a pas bougé depuis 1886. Le 56 est une piste majeure. Le mot milieu indique bien l’axe de symétrie, etc. …. Amusez‑vous, mais partez d’un support non déformé par l’écran, un support papier. Scannez les deux pages de manière appliquée en pesant sur le couvercle de votre imprimante (c’est faisable, car Boudet eu l’idée pragmatique en visionnaire qu’il était,  d’inscrire  son schéma au milieu de son livre, ce qui facilite grandement la tâche), afin d’avoir de bonnes mesures. OK ?

   Je dois préciser qu’une autre variante du schéma (il y en a trois nécessaires), mais tout aussi évidente permet de mesurer très précisément le rayon du cercle Boudet à l’échelle de la carte des frères et de situer, bien sûr, le centre ! Mais cette chose n’est compréhensible que si l’on connaît déjà tous ces paramètres ! Simple vérification et confirmation offerte par Boudet ! Pour cela, entre autres, il faut découvrir la diagonale des chevaux. Le méridien de la page 154 devient alors le Méridien de référence de la carte Boudet (et de l’IGN !!!)

   Attention, première mouture d’un chef d’œuvre de valeur universelle (et je n’exagère pas) ! La seconde, vous ne l’aurez pas ici parce qu’elle est trop renversante (et je ne veux pas provoquer de crises cardiaques …)

   Le premier petit nom de cheval à demi châtré, cité par Boudet est RIG. RIG comme RIGolo (lol)) (Page 154)

  Nous apprenons sur un certain dictionnaire anglais de l’époque Boudet que RIG signifie un petit cheval, un dérisoire canasson, et aussi par consensus des dicos du 19eme siècle, une farce plutôt rustre, synonyme de grosse plaisanterie ! Boudet nous présente donc la couleur honnêtement sans ne rien dissimuler: lignes 8 et 9 (n’oublions jamais ces deux chiffres formant le 89)

 « RIG, cheval à demi (à la ligne) châtré –. »(Point à la ligne).

  Le mot « châtré » représentant une ligne d’un seul mot, donc ligne coupée prématurément … humour Boudétien typique  et révélateur !

    L’abbé ne triche pas. La preuve, son histoire de demi‑castration ne serait qu’une farce nécessaire à nous éveiller, car en fait, comme nous allons le voir, tout est dit en ces quelques mots : RIG qu’il faut analyser lettre à lettre comme « châtré ». Petit cheval. Bidet, canasson, grosse farce ! À demi châtré = à demi entier et arithmétiquement dans l’imaginaire Boudétien, toujours à cheval sur les termes des suites d’or de Lucas, Fibo et l’inconnue ! À demi entier, sempiternelle image du verre à demi plein (entier) ou à demi vide, c’est selon notre soif … ! Cela  nous amène à cette réflexion légitime, question que mes éventuels lecteurs se posent tous, mais pourquoi cette comparaison du petit cheval avec un triangle rectangle ???

Mais, voyons, qu’est‑ce qu’un petit cheval ?

Eh bien, c’est un chevalet !

   Pour un grand dictionnaire un chevalet, est la seule acception du diminutif de cheval (dictionnaires de l’Académie), et dont le sens a glissé jusqu’à ne désigner qu’un certain nombre d’accessoires, presque tous triangulaires isocèles et souvent rectangles ou seulement rectangulaires, c'est‑à‑dire l’adjonction de deux triangles rectangles, y compris le chevalet du peintre ou du menuisier qui sont triangulaire observés par cotés. Nous apprenons par exemple que : « les chevalets de travail sont nécessairement triangulaires », « les chevalets de toitures observés latéralement sont triangulaires rectangles » ou encore qu’on se sert de chevalets pour construite les arches des ponts (accessoire formé de triangles) … enfin que le mince chevalet du violon est rectangulaire, donc contenant deux triangles rectangles, et que le chevalet d’une pancarte ou d’un panneau est carrément une équerre.

    Le rapport du chevalet avec le triangle et plus particulièrement rectangle comme les TGO, et le petit cheval est clair, cela n’avait pas non plus échappé à Boudet ni à ses amis. Voilà pourquoi le petit cheval est de rigueur dans la géométrie symbolique Boudétienne ! OK ?

   Mais voici que Boudet fait beaucoup plus fort et nous révèle encore une fois à l’intérieur du mot RIG le principe du codage géométrique d’Or ! On n’a pas encore tout dit et on ne cesse de s’étonner sur la richesse des bons choix de Boudet !

R + I + G = 34   (Un nombre clef chez Boudet comme chez Leblanc !)

34 x Öj = 43, 248

34 x j = 55, 012

   Résultat des courses (de canassons ?), nous obtenons, O surprise, un nouveau et magnifique triangle géométrique d’or (un tiercé gagnant ?) avec quasiment deux côtés entiers, le 34 et le 55, O12 qui naturellement s’arrondit à 55.

   Voici donc un spécimen emblématique du chevalet (triangle) à demi châtré ou à demi entier. Le 55, encore et toujours un grand nombre clef révélateur des autres Triangles d’Or utiles dormant dans les écuries symboliques des constructions de Saunière, et surtout des TGO aux trois côtés entiers (l’utopie pythagoricienne géométrique réalisée … !),  lesquels projetés sur la carte nous mènera en droite ligne pile‑poil jusqu'au LION, le site probable des dépôts inviolés, car inviolables et sacrés, site magnifique et dangereux, encadré par le triangle isiaque (ou de Pythagore) le plus satisfaisant et le moins châtré que l’on puisse imaginer (3, 4 et 5 kilomètres, fort exactement, de côté … au moins là, il n’y aura pas photo à l’arrivée !)

    34 – 43, 248 – 55 … (34 et 55 rangs 9 et 10 de la suite de Fibo juste après le 21 … 21 fois le mot or la VLC !), c’est très bien, mais ce n’est pas encore le rêve pour Boudet et Pythagore.

   Mais tout de même ce sont bien là les mesures du petit cheval (et) triangle géométrique d’Or Boudétien, qualifié par l’auteur de « à demi châtré », et le bien nommé RIG !

    Pour ceux des valeureux lecteurs que je sens s’impatienter piaffer et ronger leurs freins (pour fuir mes théories audacieuses, mais rebutantes et mes rabâchages, et je le reconnais), je vais leur citer (pour ceux qui n’auraient pas encore saisi malgré mes répétitions insistantes un exemple simple de triangle géométrique d’or aux trois nombres dits entiers (je répète que ce n’est qu’une approximation étant donné qu’un tel produit de l’imagination est mathématiquement impensable !).

    Voici les deux premiers de la liste, le plus clair et évident des deux  a été d’ailleurs choisi par Poussin pour soutenir une grosse partie de sa composition picturale (unité de mesure : le mm !) avec en concomitance sa déclinaison immédiate en décalant l’ordre de la valeur 1000, donc dans les deux cas l’unité  est le mètre mesure ! Le TGO d’Apollon et le TGO d’Artémis, deux dieux comme leurs triangles faux jumeaux ! (Ne vous réjouissez pas trop vite, ceci n’est pas en soi l’indispensable démonstration scientifique de la présence du mètre mesure en ce tableau que et que nous n’aborderons pas en ce chapitre, mais n’est qu’une des vérifications proposées par le maître, une parmi les justifications du mètre mesure en gestation dans l’esprit des scientifiques depuis la Renaissance, par les combinaisons antiques du nombre d’Or Phi, de Pi et de 1, 2 le rapport d’Osiris, la Coudée dite royale, et plus particulièrement dans l’imaginaire de Poussin, théoriquement analogue à une certaine section du méridien de référence Je ne plaisante pas du tout .. Cette idée de définition, forcément inexacte parce que  purement prospective, mais qui fit carrière, était si séduisante pour l’époque, un beau slogan pseudo scientifique et dont l’inexactitude certaine était pour quelques siècles encore, rigoureusement indémontrable ! (J’appelle ça des indices plutôt favorables pour vous brancher sur la voie de la grande découverte.)  

Base 1000, hauteur 1000Öj = 1272, hypoténuse = 1000j = 1618. C’est le second des TGO aux nombres entiers, le premier étant sa moitié : 500 // 636 // 809 déjà bien connu de nous (2 serrures révélatrices prêtes à recevoir nos clés d’Or). 

Alors, pour les distraits, je rappellerai que le dernier trinôme obtenu :
500   636   809  est celui que nous rappelle (depuis Boudet) Maurice Leblanc en sa géniale et inattendue série d’Or inconnue. Mais oui ! Voilà, voilà… on ne se lasse pas des bonnes choses …

   O.K. ? Ces nombres semblent parfaits, ronds, satisfaisants, clairs et nickel et pour le premier qui est porteur des chiffres du nombre d’Or, je ne vous dis pas ! C’est chouette, non ?  Fallait tout de même en prendre conscience, mais  … c’est quand même bien trop beau pour être vrai comme disait ma grand‑mère qui était singulièrement rabat‑joie !

    Si l’on considère que le nombre d’or, tout comme sa racine carrée ne sont que des nombres usuellement arrondis, à savoir =~1, 618, et racine de Phi =~1, 272, et qu’ils sont en fait deux nombres irrationnels avec une infinité de décimales à leur suite, on doit convenir que cette petite merveille de triangle que je vous offre n’est qu’une pâle illusion de jongleur de foire, mais tout de même un bien joli bi‑jou‑jou qu’il ne faudrait pourtant sous aucun prétexte jeter ou ni seulement un instant oublier !   

   C’est ce que Boudet va nommer, un petit cheval entier. Et il en existe théoriquement une infinité comme cela avec les multiples entiers de 500 et de 1000 ! C’est bon ? Globalement pigé ? Ce n’est pas difficile. On continue. Mais j’ose vous rappeler tout de même que ce n’est pas moi qui vous explique Boudet, que c’est Maurice Leblanc qui dit tout parce qu’il lui aura tout piqué pour nous le rengorger à sa manière et avec des rajouts ! …Et je suis là que pour le décoder …serviteur …mais qui gros malin, mine de rien vous décode ce qu’il veut bien vous décoder (ou ce qu’il peut), et vous recode en douce des entités plus importantes… eh, hé ! Alors soyez vigilants et relisez 10 fois mieux mes répétitions, qu’une. (Quand j’étais adolescent, on disait : « Et surtout oublie pas les aspros et le cawa serré dans le thermos ! ») 

   Poursuivons : Le triangle isocèle dit de Chéops vaut : base = 2 et ses deux côtés égaux  valent chacun  j et sa hauteur vaut Öj (idem le triangle géométrique d’Or !).  (Voir  croquis sur ce même site au chapitre : La Géométrie Sacrée)

Sa formule usuelle est donc la suivante :  2 + 1 j + 1 j = P = 5,236

Les angles des deux TGO jumeaux et agglomérés le composant, mis à part l’angle droit, ne sont pas très bien définis parce que délicats à mesurer au simple rapporteur (~38° ~52° et 90°). La formule :

1 + 1 Öj + 1 j = P =  3,89

  Je pense que l’attachement de certains initiés (et mystiques) à cette figure géométrique du TGO provient de ce que sa forme représente deux entités valorisantes, primo la fameuse caractéristique exceptionnelle du nombre d’Or, 1 + j = j²,  et par conséquent cette caractéristique unique parmi l’infinité des nombres met directement ce triangle en harmonie avec l’esprit et la lettre du théorème de Pythagore, plus clairement encore que le premier Triangle rectangle d’Or cité !

    Explication : La première anomalie quasiment miraculeuse du nombre d’Or est résumée dans l’équation 1 + j = j²  identique à  1² + (Öj)² = j², représentant le TGO, qui n’est ni plus ni moins que le raccourci théorique de l’énoncé du théorème de Pythagore, immédiatement chiffrable et vérifiable puisque nous connaissons la valeur de j, (donc, chouette ! Voici une équation à 0 inconnue !!!), équation  procédant de la formule abstraite a² + b² = h² (par contre, en ce dernier cas équation à priori à trois inconnues … pas commode !

En résumé, le TGO contient en sa définition la logique mécanique du théorème de Pythagore et de sa preuve. Il est l’illustration et la démonstration du théorème du carré de l’hypoténuse !

(1 x j)2 = 12 + (1 x Öj)2    Ce qui nous donne en réduction =  j²  = 1 + j !

 Avec 1 + j = j²,  la démonstration algébrique est inutile puisqu’elle est déjà écrite en cette formule algébrique représentant l’essence même du théorème ! C’est un acte vain que de vouloir démontrer une évidence, mais tenter de le faire n’est pas pécher contre l’esprit !

 Avec a² + b² = h² notre hypothèse de départ, cela devient plus coton et nécessite « les lourdes divisions blindées » de la géométrie euclidienne  !!! Eh, eh … Le nombre d’Or assume ici SA différence et le théorème de Pythagore si lourd à démonter devient ici la légère évidence de Pythagore … tout en apesanteur !

 Conclusion : le triangle rectangle géométrique d’Or, est le plus emblématique et magnifique des triangles au même titre que le triangle arithmétique de proportion 3  4  5, autre transparente expression du théorème de Pythagore.

Deux sortes de diamants aux 56 facettes (pour ceux qui connaissent à fond les mystères de la joaillerie diamantaire traditionnelle fixant à notre nombre clef 56 l’idéal absolu la taille du gros diamant … la perfection). Ironie : le 56, nombre d’Isis et de la perfection est lui‑même totalement réfractaire à la triangulation géométrique d’Or ou isiaque !!! Normal … peut‑on bricoler ou métamorphoser une entité parfaite ? (Beau sujet d’ordre métaphysique pour le bac technique mathématique ou même philo ?)

 Maintenant, la formule du premier Triangle rectangle d’or cité :

(1 x 1) + (1 x j) + [1 x Ö(j + j2)] = P

 Idem : Réduction par le théorème de Pythagore : j² = 1 + j
(Démonstration faite, c’est plié.)

   Note de l’auteur : Voir par et sur le Net les nombreuses et toutes passionnantes (mais parfois compliquées pour un non géomètre), démonstrations du théorème de Pythagore appliqué aux triangles rectangles quelconques, ce qui n’a plus rien à voir avec l’évidence dès qu’on veut les convertir en équations ! Impossible de résoudre élégamment et algébriquement sans être couvert par le tir nourri de la géométrie euclidienne. Mais cela vaut le déplacement : exercices géométriques de style (à la Raymond Queneau ?), un très joli jeu, un régal, et un chapelet de gymnastiques intellectuelles à vous dégourdir les neurones (ce dont j’ai parfois tant besoin, mais je me secoue et je me soigne !)

 Ha, ha ? Alors, s’il est tellement admirable et béni des dieux (et des initiés), ce fameux triangle, pourquoi alors est il ignoré ou nié, voir enterré et oublié ? Que voilà une bonne question !

   Pour un esprit religieux, un chrétien tel que frère monial Luca Pacioli, théologien et mathématicien de la Renaissance, l’inventeur de l’expression la divine proportion, sur les traces duquel l’abbé Henri Boudet aura en catimini emboîté et mesuré ses pas de félin en ses étranges assertions et autres circonlocutions, le TGO crée virtuellement un système ternaire, voire trinitaire au sens théologique, à partir du cas binaire de la proportion d’Or. (a / b = j)

   Ce système ternaire est virtuellement apparent dans certains cas des deux grandes suites d’Or.

   Or ces deux grandes suites inspirèrent l’abbé Henri Boudet (ou ses alliés et conseillers jusqu’à nous en présenter une autre, l’inconnue), lesquels  durent y trouver de possibles représentations divines en analogie avec la notion Boudétienne de Trinité sacrée, une valeur universelle (voir les pages 32 à 36 de LVLC), croyance  jadis partagée, dixit Boudet, autant par les druides Celto Gaulois que par les prêtres Hébreux, pour être enfin dogmatisée par les Églises Chrétiennes naissantes (théorie très personnelle dont il nous repaît avec conviction et force efforts de démonstrations, dans LVLC), à partir du nom du Dieu unique, en Hébreux (iehova) : le Père, avec le Fils, puis vient l’Esprit Saint, l’unificateur, en comparaison possible avec le triangle Isiaque, héritage symbolique et évolutif des grandes religions égyptiennes. Soit ISIS (déesse mère) OSIRIS (dieu père et esprit), ORUS (dieu fils). La messe est‑elle  dite ?

   Je n’en suis pas sûr, mais je sais que cette prière égyptienne est magistralement présente dans le fond de l’église de Saunière par le texte écrit sous le grand motif en rond de bosse, chose remarquablement intéressante, mais déjà racontée dans Le Serpent Rouge sous le signe du Lion. J’ai déjà donné la triangulation isiaque du texte (analogie avec Leblanc en le Triangle d’Or) dans mes premiers chapitres. Je rappelle à toutes fins utiles que justement le site sensible, codé par Boudet par ces quatre lettres : L.I.O.N. est le site géographique qui est encadré par un triangle isiaque sans bavures de cotés 3  4 et 5 km pile poil.

   Enfin, je salue l’extraordinaire travail réalisé par le tandem de choc Jean Pierre Garcia et Patrick Merle (je ne fayote pas) la révélation du vrai plan des propriétés de l’abbé Saunière (voir sur ce même site le plan du domaine corrigé, enfin présenté sans erreur ni distorsions depuis sa création par les abbés, il y a plus d’un siècle, et sa première analyse géométrique !). Cet authentique évènement qui est une avancée inestimable vers la vérité des codages géométriques, éclairerait à première vue ma théorie et semble porter de l’eau à mon moulin ! Divine surprise ? Avec le plan d’Alain Féral, j’avais l’impression de buter contre d’insaisissables incohérences et d’errer désespérément en des zones d’ombres indéchiffrables. Le plan du domaine relevé par Alain Féral ne me racontait donc pas la même histoire que Boudet semblait vouloir crypter et contrariait mes acquis sur les cartes IGN et celle des frères Boudet. Je commence à saisir aujourd’hui les raisons de ce malaise. Je crois aussi comprendre pourquoi Alain, ce surdoué, artiste archi et poly talentueux et doué d’une belle intelligence, singulièrement anti conformiste, envoyé à R.L.C. par monsieur Pierre Plantard en personne pour promouvoir le village, aura comme son maître complaisamment triché pour ce qu’il croyait être la bonne cause, tenter d’assurer la réputation sulfureuse et le succès commercial du site en distordant certaines vérités aux yeux du grand public ! Mais (comme à Plantard ou De Cherisey), il lui sera tout pardonné parce qu’il nous laissera une empreinte et un témoignage impérissable, ainsi qu’une foule de créations… qu’il n’a pas encore fini de nous révéler. Fasse Dieu qu’il nous les livre avant que nous ne mourions tous … ! 

   Petite remarque revenant à nos triangles, nous constaterons d’ailleurs fort à propos, que ce triangle TGO, le plus employés par Boudet en ses triangulations internes à partir de gisements de mots ou de lettres, indispensable à nos décryptages des cartes, du terrain, voire du tableau de Poussin, possède, en valeur de base identique, des proportions étrangement proches de celles du triangle d’ISIS.

   La proportion géométrique du Öj   j est fort proche de la proportion arithmétique du  3  4  5, à savoir schématiquement, en unités surfaces virtuelles de 1 x 1, 272 / 2 pour le premier contre 1 x 1, 333 / 2 pour le second.  A valeur de base égale, le triangle arithmétique dit isiaque est légèrement plus haut que le triangle géométrique d’or, à proportion  =~ 1 / 1, 04717 (gardons ce nombre en mémoire, nous le retrouverons en l’analyse de la géométrie des Bergers d’Arcadie et itou chez Boudet, page 75, celle du propitiatoire en or massif de l’Arche d’Alliance et du non moins précieux codex Bèzae)

Et   1,04717 x 3 =~ 3,14159 = P

   Et voici arriver l’été indien la douce saison des vendanges et des POMMES  BLEUES !

   Les Pommes Bleues, trois entités Boudetiennes. Si nous les agglomérons, elles forment un nouveau concept trinitaire complexe (triangle équilatéral), puisque chaque élément est respectivement fondé sur son propre système trinitaire.

   Ce concept en trois fois trois (célébration du chiffre 9 qui étonnait tant Saint Augustin), sera rémanent en nos analyses, et résume en soi le principe dit « Pommes Bleues » que Boudet célèbrera et nous démontrera avec maestria en deux pages remarquables en lesquelles il nous crypte enfin les arcanes arithmétique du mystère symbolique Pommes Bleues, … non, non, je ne plaisante pas …

   Cela se passe pages 267 et 268, et les petits futés que vous êtes, allez dénicher le pot aux roses occulté par trois mots capitaux de 9 lettres célébrant la vigne et le vin en Languedoc, contenant toute l’arithmétique, et la symbolique du concept Pommes Bleues 3 x 3 dont l’efficience éclate déjà sur les cartes IGN et des frères Boudet, et pour les plus géniaux, peut‑être comprendront‑ils le texte codé nous exposant le mot « Pommes Bleues » et son mode d’emploie ! … Ce qui n’empêche aucunement aux Pommes Bleues d’être au départ le très fort symbole christique et idem Graalique, nous venant probablement en droite ligne des peuples Celtes fraîchement christianisés, symbole représenté et visible encore en quelques très anciennes églises, dont certaines du  Limousin, laquelle, curieusement est la seule région de France (et du monde) possédant une Appellation contrôlée de pommes à croquer !!! …  par des pommes sculptées et présentées en un certain ordre et par multiples de trois, quelquefois même (autre fruit …rouge … sur le gâteau !), soulignées par une courbe de cromlech faite en menhirs dressés, lesquels seront idem représentés en multiples de trois (cela vous rappelle‑t‑il quelque chose … question qui s’adresse en général aux aficionados et plus particulièrement à certains chercheurs qui ont dû repérer ce montage quelque part ? Et je pense pus particulièrement à Patrick Merle, ce fouineur impénitent traceur de pistes qui visita quelques grandes églises de la Corrèze …? Non ? … (voir photos ci‑jointes …)

Les pommes dites celtiques, Arnac Pompadour, Corrèze. Remarquez les 9 menhirs (évoquant aussi les feuilles) qui amorcent le Cromlech… sont en tout 27 pommes… multiples de 3 et de !

Boudet a crypté ses Pommes Bleues page 297, c'est à dire 99 x 3. Copie de la photo exposée dans l’église et dont le commentaire évoque la tradition limousine des pommes celtiques. Ma photo personnelle du chapiteau est bonne mais moins lisible à cause de la hauteur des chapiteaux et de l’angle fermé de prise de vue.

Le chapiteau vu du pavage de la très haute et vaste église d’Arnac Pompadour située dans le minuscule hameau d’Arnac ! Eglise rigoureusement équidistante au Sud, depuis Saint Michel des Lions de Limoges au centre ville, avec celle d’Arnac la Poste au Nord (dixit Patrick Merle et c’est vrai) 

Un Jésus à la grappe de raisin. Statue monochrome blanchâtre.

   Comme celle de Limoges (voir plus bas) cette statue regarde l’extérieur et se trouve avec cette dernière aux angles de la base du triangle équilatéral dit (par moi) Pommes Bleues dont le sommet est au Nord.

 

 

 Le mur de la vierge indique la direction de l’église du nord. La copie du Mignard (voir plus bas) se trouve à l’intérieur de la même église et regarde en sens inverse exactement vers le Razès. L’église est située sur un ancien vignoble gallo romain.

 

    Ou bien ce même symbole est représenté par la grappe minimum de trois baies colorées en bleu foncé, la couleur ordinaire du raisin dit de manière abusive noir, en réalité toujours bleu profond, propre à créer le vin rouge assimilé au sang du Christ Jésus… exactement comme en l’église de Bérenger Saunière, sans aller plus loin ! … sur deux liserés de vitraux … Desquels, grâce à un stratagème (qui aujourd’hui n’existe plus ?) envoyait jadis sans ambiguïté trois trios de lumières circulaires bleues dites Pommes Bleues vers midi solaire, le 17 janvier, ce que Christian Attard, à qui je dois aussi rendre hommage, appelle le dragon du 17 janvier ? (J’imagine …l’adaptation « dragonesque » également planquée derrière le vitrail pour une meilleure efficacité!). Car ce qu’on feint d’admirer aujourd’hui, n’est pas très convainquant et demeure assez mou et brouillon. Avouons que de tels embrouillaminis de tâches multicolores sont observables un moment ou l’autre de l’année en n’importe quelles églises décorées de vitraux bleus et rouges. (Ce constat n’engage que moi mais il est facilement vérifiable ailleurs).


Les pommes celtiques, abbaye du Chalard, Hte Vienne.
Partie extérieure de l’église.


Les Pommes de Faux la Montagne en Creuse.

    J’en profiterais au passage pour signaler que ce phénomène Pommes Bleues, avec projection de trois  « Pommes Bleues » sur Jésus déjà en souffrance attendant d’être torturé et mise à mort, existe ailleurs qu’à R.L.C., sur un tracé très simple mais spécial, exactement sur une église située à mi‑chemin entre un point précis de Paris et un autre point précis de la frontière Sud du Razès, vers Limoges, et qui de toute probabilité devrait entrer à notre système Castelrhedæn et sa géométrie sacrée  tracée sur le territoire. Sauf qu’en cette église contenant un joli patrimoine et qui a déjà beaucoup souffert de vols, le phénomène de projection de pommes bleues se passe vers le solstice d’été et vers 9 heures 30, heure d’été,  lors des fêtes de ses saints patrons, alors que vers le 17 Janvier, une autre surprise existe au fond de l’église ! 

   Il est par ailleurs facile de vérifier qu’au Moyen âge, on nommait par le substantif générique pomme, tous les fruits plus ou moins ronds à pépins, du melon (malum) qui a fait en français  melon et qui n’est d’autre que l’ancien nom latin classique de la pomme, nom latin qui a…

   Chapelle des Comtes de Mortemart, Hte Vienne, (monts de Blond, ancienne région celtique) : pentagone et hexagone central des cinq pommes + une. (Multiple de trois) … une fois coupées selon l’équateur, elles dessineront 6 pentagones + 1 !

 

   Dans cette bien intéressante église est un chemin de croix plutôt original de seulement 12 stations (d’origine, aucune d’égarée !) A sa lecture on ne sait pas qui est mis sur la croix, la station n’ayant jamais existée, ni encore qui est descendu de la croix, manque idem celle ci ! Et Jésus représenté en croix est censuré de manière volontaire du texte de la croix … donc privé de son identité ! Enorme ! Mais personne ne l’avait encore signalé, à ma connaissance.

… été supplanté par pomum qui a fait : pomme (sans parler de l’orange qui est la pomme d’or etc. …), aux baies du raisin bleu noir profond ! Déjà dans « la Montagne Sacrée » ce détail avait été crypté mais pas développé, comme tellement d’autres ! A relire d’urgence, à certaines pages on ne passe pas très loin de la vérité vraie ! Curieux que les chercheurs n’aient jamais percuté ! Bel aveuglement ?

   Limoges : Grappe de « Bleu de Jérusalem », autrefois dites « pommes bleues » ? Vierge sans doute offerte à la paroisse St Michel des Lions, par une confrérie de vignerons limousins … cela remonte au Moyen âge, quand les coteaux de Limoges, et plus au sud en Xaintrie, se vantaient à juste titre de produire de bons vins  … Il a existé une période faste de plusieurs siècles de douceur exceptionnelle après l’an Mil ! C’est seulement au XXéme siècle, que la Xaintrie à replanté et recréé une coopérative ambitieuse, et le pays de Limoges, plus modestement dans le micro climat privilégié des coteaux d’Aix sur Vienne ou les Gallo Romains plantèrent jadis les premières vignes de la région, exploite quelques hectares donnant un vin rosé au parfum printanier de framboise.

   L’exemple excellentissime de « pomme – raisin » est le cépage disparu, autrefois dit par les vignerons le Bleu de Jérusalem, jadis cultivé dans feu le grand vignoble du bas Limousin (Corrèze, plus exactement en Xaintrie), aujourd’hui en renaissance avec des cépages nouveaux, et d’après la tradition, cépage antique qui aurait été ramené de Jérusalem par les Templiers et que les bons moines cisterciens acclimatèrent sur les coteaux caillouteux exposés sud‑est de la tiède Xaintrie, terroir et territoire exceptionnel et magnifique, témoin d’une haute civilisation qui aujourd’hui est intégrée au sud du département de la Corrèze en Limousin. Ces anciens cépages furent replantés par les papes Limousin en Avignon à Châteauneuf (du Pape !). Beau destin !

   Non loin de cet endroit est la citadelle d’Uzerche et un château qui jadis abrita peut‑être (mince hypothèse !) une branche majeure de la famille de Blanchefort. Il n’est pas encore totalement exclu qu’il existât un lien entre Blanchefort Limousin et Blanchefort du Razès, dont la Comtesse au message de la tombe dans le cimetière de Bérenger Saunière, était une alliée directe … Mais laissons plancher nos bons historiens sur ce thème très délicat et qui peut‑être ne sera jamais éclairci.

    Autre exemple emblématique et autre « pomme  ‑ raisin »,  le célèbre cépage nommé Melon (Malum, c’est la pomme !), toujours existant, très productif et cultivé intensément jusqu'au 19e siècle, adulé en son temps par un grand philosophe et honnête homme amateur de vin, François Rabelais (la lumière de Chinon), et dont la grande culture aura perduré jusqu’à l’aube du 20e siècle dans le terroir nommé actuellement en Appellation contrôlée, Hautes Côtes de Nuit, en Bourgogne !

   Avec ces deux cépages anciens, les grappes du raisin bleu de Jérusalem de la Xaintrie (des grappes aux grains bien pommés, affirmaient, dit‑on, les chroniqueurs), au Melon Bourguignon blanc bien rond et juteux (affirmaient les mêmes …), l’affaire est entendue (et dans le pressoir ?)

   Dans mon livre j’irai jusqu’à nommer triangle pomme bleue, le triangle équilatéral contenant les trois fruits ronds tangents symbolisant la Trinité.

   Partie d’une copie d‘un tableau de Pierre Mignard (la Vierge aux raisins, le Louvre) se trouvant en l’église à la Vierge blanche. Mignard était à Rome avec Poussin jusqu’en 1650, date possible de la création des Bergers d’Arcadie 2. Nous remarquerons que le triangle équilatéral est discrètement suggéré sur ce tableau.

   Sous le porche de l’église est donc aussi la statue de la Vierge à l’enfant aux raisins ! Les différences sont celle ci : à St Michel des Lions la Vierge tient seule la grappe. Sur le tableau la grappe est tenue par la vierge et par l’enfant. Dans le troisième cas, c’est l’enfant seul qui tient la grappe. L’église fait partie avec St Michel des Lions à Limoges (voir plus haut), du pointage de la base d’un triangle équilatéral parfait dont chaque église se trouve être sous le signe des raisins pommes bleues sauf celle du haut, la Commanderie Templière. Mais cette église connut tellement de bouleversements depuis les Templiers et les Hospitaliers…

   Le centre du triangle équilatéral est pointé par une autre très jolie église étant indiscutablement sous le signe Pommes Bleues et construite proche de ce qui fut un antique vignoble. C’est dans cette dernière qu’apparaissent des projections de trois P.B. au début de l’été. Sur un vitrail sont aussi suggérées les pommes bleues. Elles vous préviennent comme à R.L.C., mais la projection ne provient pas non plus d’elles !

   Cette dernière église du centre est aussi le point d’angle sommet de l’immense triangle isocèle allant d’un point très particulier de Paris ou l’on découvre un sigle présent sur le grand parchemin à un autre point très particulier sur la frontière sud du Razès ! Donc elle se trouve à égale distance des deux points significatifs. Le grand côté du triangle, la base, est également, comme par miracle, très précisément le méridien de référence de notre affaire. L’angle formé est très évocateur pour qui s’intéresse à la géométrie  de R.L.C.

   Est‑il nécessaire de citer encore en exemple de ce duo sacré melon raisin sur la Colline même ? C’est cette sorte de mangeoire ou abreuvoir à oiseaux de jardin? longtemps errant près du presbytère de Bérenger Saunière, passé inaperçu et aujourd’hui posé sur le muret du fond de la cour du presbytère, provenant, dit‑on, de source autorisée, de l’ancien décor de son jardin… secret ?  Ce qui laisserait à penser que cet composition décorative n’est pas très ancienne puisque contemporaine de Bérenger curé et donc serait un objet choisi par lui même, et composé de nos deux « fruits symboles », les deux fruits extrêmes dits Pommes Bleues, un gros melon (pastèque ?) figuré grandeur nature et côtoyant plusieurs grappes de raisins sur un sarment de vigne.  

    Bérenger Saunière aurait placé cet objet codé fort judicieusement en son jardin secret ! Car si Pommes bleues il y a sur la Colline, elles sont bien ici, symbolisées sans que personne n’en aie la moindre conscience (à part bien entendu les chiens des touristes qui sans retenue urinaient autrefois dessus !)

   À côté traînait tout aussi lamentablement la pierre tombale de Élisabeth Raynaud (de l’Ayram), mystérieuse jeune fille qui fut douée, dit‑on, d’un don prodigieux de voyance, car elle était médium, morte à 18 ans, une très énigmatique jeune fille issue d’une famille sûrement peu banale à voir les symboles géométriques d’inspiration maçonniques gravés et ses N inversés sur la pierre. Au fait, qui a recueilli cette précieuse pierre tombale ? Mystère. Serait‑elle volée, comme des centaines d’autres objets et documents que nous avons laissé filer ? Rassurez‑moi.

Remarques au sujet du sanctuaire de Notre Dame de Marceille près Limoux :  

   Un signe triangulaire, un triangle donc, certainement une piste majeure concernant les mystères des deux Rennes, fut probablement marqué de manière métaphorique sur un célèbre tableau exposé dans le Razès, une toile fort attachante, qui ces dernières années fit couler un torrent d’encre, et qui aura provoqué une étude approfondie dont les témoignages concrets sont sur ce site, et sur laquelle le signe d’Isis est, je le présume marqué. Cela semble presque évident pour qui sait lire sur la surface à partir de certaines entités existantes, et il serait permis de supputer sous le maquillage bitumeux qui occulte volontairement une grosse partie du tableau, la correspondance analogique.

  Il s’agirait donc (hypothèse probable) d’un parfait triangle isiaque, sans qu’apparemment nul ne l’ait encore pressenti, ni imaginé, alors qu’on aura en outre nettement progressé en la connaissance de l’histoire mouvementée du tableau, grâce à la photographie numérique assistée par l’informatique, par l’introspection des bidouillages picturaux incessants que les clercs perpétrèrent comme à plaisir sur le tableau d’origine, soucieux de camoufler ou d’ajouter des indices utiles à notre quête, ou au contraire, de nous perdre par d’astucieux leurres. 

  Mais, naturellement, cette introspection a ses limites. Elle ne peut aller voir en profondeur extrême sous le bitume noir. Voir les introspections photographiques et les commentaires dans le livre de Jean‑Pierre Garcia et Jean Brunelin ("Le Secret dans l'Art") et ses compléments, photos et textes, consultables sur ce site même, voir aussi les études et analyses de Frank Daffos en ses ouvrages sur ND de Marceille…  

   Tout le monde aura reconnu le fameux… vrai ?… faux … ? … Saint Antoine Ermite dont Frank Daffos par "le Secret Dérobé" fut l’inventeur au début de la décennie. Lire donc le « Secret Dérobé » puis le « Puzzle reconstitué ». Mais voilà que l’authenticité de la signature de Mathieu Frédeau fraîchement découverte par l’équipe Daffos Garcia (voir ce même site), serait déjà sérieusement mise en doute et cela pour de très bonnes raisons par d’authentiques spécialistes ?! Donc nouvelle énigme à résoudre sur ce tableau, décidément hors du commun et dont l’histoire est riche en rebondissements fantastiques, toujours exposé en Notre‑Dame de Marceille, près Limoux… Décidément, on n’a pas fini de parler de cette vaste toile, soyez en persuadés, ni des auteurs qui en ont les premiers parlé ! À son sujet, la polémique n’est pas prête de s’amenuiser et les surprises vont certainement refleurir, pour le meilleur enfin, j’espère.

   Ce tableau qui à l’origine fut soi‑disant un Saint Augustin (pourquoi pas ?), puis sans doute aura été maquillé en une Tentation de Saint Antoine (?) … (Idem, tout nous le laisserait croire ?). La confusion est donc grande.

 … Bergère, pas de tentation… prétend le texte de la stèle de la comtesse selon le célèbre décryptage par le code de Vigenère, ce qui pourrait être (sous) entendu par : « Bergère, plus (privatif) de tentation ! … » … à savoir : nous n’avons plus affaire, nous dirait le texte décodé,  au genre pictural dénommé une tentation.  En ce cas (et je vais me faire taper dessus ?), pourquoi ne serait‑ce pas un saint Antoine précisément réalisé « à la manière … de Téniers ! », une espèce de faux, faux comme peut‑être le Mathieu Frédeau, qu’on croyait déjà de son frère mieux connu Antoine Frédeau, après avoir cru un instant à un vrai Téniers (mais si ! Et il existe encore quelqu’un qui le prétend en nous proposant quelques manipulations sur la signature pour nous le démontrer ! Ah oui … Confusion, ai‑je dit ?… et ce n’est certainement qu’un début !), une espèce de faux dans le style de Téniers le Jeune, peintre quasiment contemporain de Poussin et spécialiste des scènes de genre, dont nombreuses tentations de saint Antoine, un thème religieux mis à la mode en ce dix neuvième siècle ou l’on voit des démons venir torturer le pauvre ermite ? Certaines photographies de ce tableau énigmatique pourraient à raison, encore une fois le laisser penser …  Se pourrait il que nous l’ayons ici trouvé, notre tableau annoncé dans le décryptage Vigenère, en cette scène de genre qui nous représenterait aujourd’hui un Antoine seul et apaisé, mais surpris entre deux harcèlements de méchants démons … et tiré de sa méditation par … (?), Laquelle entité (?) serait l’élucidation du mystère ! Hypothèse qui pour (de bonnes raisons) me séduirait …

   Si l’on veut avancer il faut savoir parier et je m’en expliquerai plus tard… et j’ajoute qu’il existe une autre représentation de saint Antoine et Saint‑Paul, soi‑disant inspirée de Téniers, et qu’on tenait pour le coup, il n’y a encore quelques mois, pour un vrai ! …  Et celui‑ci, très suspect, contient selon moi la bonne triangulation, ce qui est déjà un évènement !

    En attendant, consulter les recherches sur le site de Perette, une nana qui est sur tous les terrains et qui a du cran, laquelle nous fit découvrir l’authentique et très beau Téniers qui aurait servi (allez savoir ?) de modèle au soi‑disant très approximatif faux, et lequel vrai Téniers fut déniché en catastrophe par la sympathique donzelle qui a de la suite dans les idées… Mais O ironie, ce dernier authentique ne contient aucune triangulation significative, comme d’ailleurs la plus part des Téniers. Le peintre, au contraire de ses contemporains, était indifférent au nombre d’Or (tout du moins en apparence), et en tout cas en ce qui concerne son charpentage de compositions ! Eh, eh …Tout ceci est d’un gratiné gourmand comme je l’aime, un vrai sketch à la crème anglaise  … et tant pis pour mon régime.

   Pas fini… toutefois il existe aussi un authentique Téniers le jeune (musée de Valencienne selon le Web) représentant Antoine, seul et en plein air, assis tranquille au bord du torrent (avec presque les pieds dans l’eau) et en méditation devant son livre ouvert, tableau contenant de manière plus que satisfaisante la signature isiaque parfaitement et significativement pointée par le peintre comme un sceau définitif mis là indépendamment d’un souci de composition du paysage (sauf que je ne vous ne le montrerai pas aujourd’hui … suspens insupportable … !) Cette signature Isiaque est à mon avis aussi frappante et dans le même esprit de finesse et d’élégance que celle présumée pointée (en son intégralité) sur le tableau de ND de Marceille (toujours hors souci de composition). De surcroît le signe est ici, sur « Antoine seul méditant au bord du torrent », d’une qualité nettement supérieure au présumé faux saint Antoine et Saint Paul des anglais, révélé dans « La Montagne Sacrée ». Voilà qui devient bien intéressant. Il y aurait il une hiérarchie entre les trois tableaux de Marceille, d’Angleterre et ce troisième de Valencienne, ce qui permettrait d’achever le triptyque, copiant le principe de la Trinité universelle (et pommes bleues) si cher jadis à un certain abbé du Razès … ?  


Saint Antoine seul par Teniers le Jeune

   Le  paysage vertigineux qui domine l’ermite lisant en plein air un livre ouvert devant un torrent semblant sourdre de la roche (comme une résurgence ?), paysage n’ayant rien du type campagne flamande et qui semble écraser le pauvre Antoine de sa superbe, me rappelle furieusement certaines caractéristiques très particulières d’un endroit précis du site dit du LION, intelligemment codé et crypté par notre ami Henri Boudet en LVLC, notamment, mais pas exclusivement, aux pages 300 / 12 x 3 = 75… x 4 = 100 et enfin… x 5 = 125 (triangle isiaque), un site fantastique, là où très exactement Boudet me conduisit un beau jour il y a bien des années de cela, en ce lieu ressemblant à s’y méprendre à l’imaginaire de Téniers le Jeune (ce que l’ignorais à l’époque) comme le décor des Bergers d’Arcadie nous fait penser à un certain coin du Razès que nous connaissons tous… mais cela même, en plus fort encore !

    Voila un lieu que je viens de reconnaître de plus prés seulement fin août dernier en 2010, malgré ma propension à souffrir du vertige à cause d’un déficit de l’oreille interne gauche et plus exactement des affres provoquées par le vide, car il est nécessaire pour gagner de l’altitude de progresser sans garde fou sur des ponts naturels très étroits, comme celui vu sur le tableau, avec le vide à droite et à gauche, le vide encore sous cette passerelle en terre et en cailloux qui sera à son tour gobée… maintenant ou demain… par la gueule du vide… avec l’aplomb des très hautes falaises qui augmentent votre sensation de malaise dés que vous haussez les yeux, et comme vous les baissez, c’est un gouffre qui braque sa béance noire face à vous, là ou justement vous espériez aller vous rassurer sur de la terre ferme !  Vous fermez les yeux, les rouvrez effarés en scrutant l’autre vide infini, celui du ciel ouvert sur le cosmos et vous lui gueulez pour tenter de gommer votre angoisse pascalienne « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie !!! ».

   Alors, rasséréné par l’écho, vous passerez en regardant Dieu droit dans les yeux, effrontément, comme je vous le dis, suivant le fil de la barque allant directement aux enfers sans même en régler pour le coup (et pour le coût !) à Caron l’éco d’une misérable piécette d’or ! Mais ils sont une éternité, ces quelques mètres qui vous séparent de l’autre rive, de l’autre vie ! Nous ne sommes pas en un rêve ou nous nous payons le luxe de tomber, et de nous réveiller en nage, et déjà certain d’être encore une fois sauvé, pris au filet parmi le frétillement des poissons volants du sommeil ! Ce lieu est terrible, oui, mais c’est un fantastique lieu initiatique. Un poème pour de vrai, et de la force de Maldorore.

   Je suis obligé d’arrêter là pour le moment la comparaison du tableau ressemblant tellement avec le site (ou l’inverse ?), vous devez, je l’espère, comprendre pourquoi. J’en tremble encore. C’est un endroit violent et dangereux pour moi comme pour les autres. Ce lieu est terrible, y compris aussi dans le sens présumé de la fameuse citation biblique gravée sur le fronton de l’église de Saunière… Il est d’une certaine vastitude et très accidenté, de 6 km² exactement en surface plane cartographiée… mais une fois dépliés les à pic… hou la, la, cela pourrait nous faire la surface d’un cinquième d’un département Beauceron ou Briard ! Et des gouffres dantesques, des trous et des falaises (croulantes) partout. Voilà un site à ne pas mettre entre toutes les têtes branlantes ou fêlées !

    Il est beau, n’est‑ce pas ce St Antoine Ermite de Téniers le Jeune, assis en paix, loin des monstres persécuteurs et surpris par le peintre en méditation avec presque les pieds dans l’eau d’un ruisseau semblant surgir des pierres ! C’est ce qui est aussi dans la réalité ! Aviez‑vous remarqué qu’Antoine montre du doigt une partie du livre ?

   Le château qu’on aperçoit au travers le jour du fond de la caverne existe lui aussi, droit sur son éperon rocheux, sauf que, si la caverne est sur le terrain comme de juste placée au bon endroit et toute aussi béante, elle n’est, par contre, pas percée tout du long de la conséquente montagne ! Il faudra la terminer virtuellement grâce à votre imagination (perçante) !  Voila une affaire palpitante, et cette histoire de tableau est si excitante !

   Je viens de retrouver, dormante dans mes archives, cette photo (ci‑dessus) en analogie avec ce type de ruisseau et de falaises et aux roches de même nature et profils que dans le tableau. Je ne connaissais pas le tableau à l’époque, mais le Lion, si fait, et depuis plusieurs années. Ce que nous voyons là n’est qu’une des faces du site. En août dernier j’ai reconnu d’autres parties du site du Lion qui est immense, celles situées en altitude, car Boudet nous crypte le point d’altitude pour accéder … à quoi …?

   Précisément sur quel endroit de l’altitude donnée… qui sont d’ailleurs plusieurs… ?
Il nous crypte aussi une longitude qui traverse le site de part en part, mais pas clairement (le petit cachottier), de latitude… ou alors je ne saurais pas encore la décrypter, à moins que Boudet fît exprès de ne pas la donner ? C’est ce que je pense. Mais cela
vaut mieux peut‑être ainsi ? À sa place je ne l’aurais pas cryptée du tout, ni longitude ni latitude ni altitude, et cela, par simple précaution d’usage… quand on connaît le coin… 
! Ce site semblant être représenté sur le tableau doit être à peu près à  300 m d’altitude. Le sommet fait plus de 600 mètres et semble vu d’ici inaccessible à moins d’être un bon alpiniste qui ne craint pas les blocs de roches saillants prêts à chuter, ceux qui ne vont pas tarder à rejoindre cet amas déjà considérable qui encombre le lit du ruisseau qui est obligé de se faufiler sous les rochers.  

   Sur la photo, on y aperçoit le trou (la caverne de l’ermite ! Ancien antre à ours ?) Antoine est censé être assis un peu plus haut à gauche où l’eau est plus calme et sourde des roches, exactement comme on la voit percer sur le tableau. Excusez‑moi de n’avoir pas cadré juste au niveau de l’œil du peintre… J’ai un alibi, cette photo remonte à plus de 6 ans avant ma découverte du tableau… Je ne me doutais vraiment de rien.

   La nouvelle photo cadrée ? Il vaudrait peut‑être mieux que je ne la montre pas… puisqu’elle n’est encore que virtuelle. Difficile de la produire. Je n’ai pas encore osé appuyer sur le déclic… par sécurité ? Non, par superstition ou distraction, ou l’émotion ? Voyez comme je suis… très intimidé par toutes ces coïncidences qui n’en sont peut‑être pas… vous confesserais‑je que je suis resté ébahi cet été après la descente depuis le sommet par une autre face du site, interdit devant ce décor qui me rappelait tant le tableau et me souvenant de ce j’avais vu là haut… et de toutes mes frayeurs… et je suis reparti en me demandant si cela n’était qu’un mirage estompé, bien entendu dés la prochaine fois ou je m’y rendrais… me disant aussi que j’avais bien dû malgré mon émoi, prendre des photos comme d’habitude… ben non, je me rendais compte que je n’avais pas même osé en prendre… étrange… faut vous dire que je n’étais pas tranquille. Depuis des années que je tentais de visiter un peu plus profondément ce lieu ! Mais trois tentatives furent anéanties par des impondérables incompréhensibles, des malchances et galères rares, et qui les trois fois m’ont interdit d’aller au‑delà d’une certaine limite, toujours la même.

   Puis passèrent 5 années pendant lesquelles je ne pus bouger de mon domicile alors que l’idée d’y revenir me taraudait. Enfin arriva 2010 ou je résolus d’aller cette fois au bout… à moins qu’un nouvel impondérable ne me l’empêche ? Effectivement, je m’étais aperçu que j’avais oublié inexplicablement tout l’équipement que j’avais prévu et préparé depuis si longtemps et voilà que je souffrais d’un genou idem d’une tendinite au talon de l’autre membre, et plus que jamais d’un petit déficit d’équilibre… pas à l’aise… ! Mais j’ai foncé, seul, souffrant, lent, besogneux, mais je suis revenu, me demandant toujours si je n’ai pas tout rêvé… allez savoir ? Il y a des coins qui vous repoussent, vous hallucinent ou qui vous pétrifient… bref qui vous tolèrent difficilement et dont on ne ressort pas indemne. Parlant de mes ennuis ci il y a quelques années à un ami, Roger Corréard le gardien et archiviste auto proclamé du site du Dromon et de Théopolis en Haute Provence, il me répondit de faire gaffe, car cela procéderait (de toute évidence !) de la colère du dragon gardant les lieux et qui devinait mes ambitions… Je l’ai remercié de ses bons conseils de prudence, mais lui ai avoué que ce qu’il me disait là, attisait plutôt ma curiosité… vrai… allais‑je voir enfin un vrai dragon vivant, autrement qu’en matière plastique ou au cinéma ? Comme c’est existant ! Je lui confiais que ce pauvre vieux dragon sûrement époumoné et cacochyme ne faisait que son boulot, me mettre à l’épreuve, donc fallait pas se dégonfler… Il ne semblait pas être du genre trop méchant et moi je ne lui voulais pas de mal, pas question de le terrasser, je ne m’appelle pas Michel Archange. On se raconte encore de belles histoires à notre âge, celles qu’on adorait déjà tout petit, et qu’on voyait aussi dans nos églises… et ce sont bien là, preuves qu’on est toujours vivants et que personne ni rien n’a réussi à tuer notre enfance !

    Alors, doit‑on analyser trois tableaux en enfilade, vrais Téniers et (ou) faux Téniers pour en comprendre plus ?

   Je le pense chaque jour un peu plus. Mais sur ce dernier tableau, tout est là ou presque… et c’est bien le lieu que nous suggère Boudet en le nommant LION, site un petit peu loin de R.L.B., mais toujours le Razès, en une bonne quinzaine de cryptages différents et de codages, et correspondant au signe géométrique qu’il nous crypte sans ambiguïté sur une certaine page de son chapitre de Notre Dame de Marceille sur lequel in nous explique le sens théologique du codage du tableau de Marceille… et ce site est présent sur la bonne longitude… attention aux méridiens… et l’altitude codée est trois fois présentes sur la large montagne, et son nombre côtoie celui de la Bête sur Magdala (555 P / j² = 666) ... Car G.R.A.A.L. A.L.C.O.R. et L.I.O.N. (14 lettres) sont trois propositions de codes se rapportant de toute évidence au disciple féminin préféré de Jésus, n’en déplaise aux dogmes chrétiens honteusement misogynes et… voyons, si je puis me permettre, ces trois noms de code désigneraient ils respectivement et formellement chacun des trois tableaux suspects ? Le LION, ne l’aurions‑nous pas, peut‑être, démasqué ?

GRAAL    valeur réduite   21  et  2 + 1 = 3

ALCOR   valeur réduite   22  et  2 + 2 = 4

LION       valeur réduite   23  et  2 + 3 = 5

 

3 4 5  La signature d'ISIS

    La signature des trois tableaux… elle est forte celle‑là ! Et c’est aussi la clef du texte du Mont (du rocher) des Béatitudes, regardant vers l’Est, en l’église de Bérenger Saunière (voir mes chapitres antérieurs pour ceux qui n’ont pas suivi ni saisi ma démarche), sur lequel certains chercheurs sont en train de plancher et de tenter de décrypter les messages secrets occultés dans la fresque rocheuse... Je crois qu’ils ne se sont pas trompés de cible. CQFD.

Mais alors quels sont ces codes mystérieux GRAA ALCOR LION ? Trop tôt pour vous répondre, mais ils sont un peu partout chez Boudet comme  chez Leblanc. Un petit exemple, le plus évident : ALCOR : Page 136 de la VLC

 Que lisons‑nous en acrostiche lignes 1  9  15  18  26 ?

 Amas  L Cette  Ours Registrement

 Mais nous lisons aussi, toujours en acrostiche, ALCOR.

Le sigle ALCOR a été popularisé par Maurice Leblanc dans La Comtesse de Cagliostro (voir mes chapitres précédents… pour ceux qui n’auraient pas encore bien compris ma démarche). Ensuite, ce trio de mots contient 27 lettres ( 3 x 9 = amas sublime de pommes bleues, pour Boudet ! ), et voir la fameuse « liste des 27 » dans l’œil de Daubrecq du « Le Bouchon de Cristal » de Leblanc et où le mot vingt sept est répété 27 fois dans tout le texte, ou les 27 victimes de l’île aux 30 cercueils, autres romans initiatiques dans lequel nous faisons connaissance avec un Lupin caricaturant un abbé Boudet jouant le vieux druide farfelu… et lequel Leblanc fait, comme en tous ses romans inspirés, allusion repérable au site du Lion !!! … et en lesquels nous apprenons d’autres codes de Boudet à commencer avec le simplissime mais efficace 9 – 8 = 1 (8 x 9 = 72, l’inverse du 27) dans le Bouchon de cristal.

      Autre chose : la triangulation isiaque du 27 est des plus curieuses : 6, 75  9 et 11, 25 tous nombres faisant en réduction 9 et 3 fois 9 = 27, cas très rare et peut‑être unique dans les nombres.

 « Ad Lapidem Currebat Olim Regina ». Voici soi‑disant la version originale du message avec une locution latine parfaitement grammaticalisée et tout à fait correcte malgré la réflexion de Lupin (« C’est du latin de cuisine !»… se moquait il …donc signifiant : qui reste à cuisiner …à décrypter !) et l’opinion de certains exégètes (des clampins qui ne connaissaient pas la langue élémentaire des oiseaux !) qui n’étant pas des flèches non plus en latin auraient mieux fait de se renseigner comme moi auprès de latinistes distingués ! Ce message de 27 lettres est une perfection et un texte exceptionnel à décrypter comme celui de la tombe des Bergers. Boudet, quant à lui, nous fournit à lui seul  une bonne dizaine de versions très personnelles d’ALCOR, toutes à décrypter (cuisiner) également ! (Ne pas oublier la page 243, 9 fois 27 de Boudet, les Pommes Bleues) Et nous verrons dans mon livre que le 27, bien entendu et sans surprise, dans la clef finale.)

    Comme nul ne l’ignore, Alcor est la petite étoile discrète et mystérieuse de la Grande Ourse. Alors, que signifie notre message ? Je ne vais pas m’attarder là‑dessus, mais voici ce que globalement j’en pense : L’ordre en clair doit être celui‑ci en deux parties :

 LE REGISTRE  MENT
CETTE  OURSE AMAS

    Maintenant, avez‑vous remarqué (se porter à la fin de mon chapitre) que nous avons en tout, mais nettement séparés, 14 et 14 lettres… ?

    De quelle sorte de registre veut parler Boudet ? Quant à « Cette Ourse amas », c’est une merveille, car grâce à l’astronomie moderne qui pointait son nez à l’époque Boudet, on pressentait déjà qu’Alcor et Mizar de la Grande Ourse n’étaient pas qu’un duo, mais un groupe de 3 étoiles, croyait on, puisque Mizard était enfin reconnue double. Un amas débute à partir de trois. (Vous commencez à piger, mes amis… ? Il y a trois inconnues égarées et difficilement discernables !!!)… On saura plus tard à la fin du vingtième siècle qu’elles sont en vérité 7… mais ni Boudet ni la science ne pouvaient encore le savoir ! Vous avez remarqué que Boudet attirait gentiment notre attention sur l’Angleterre, la Cornouaille et le Devonshire… d’accord, ce n’est pas le Staffordshire, il n’a pas osé, mais …heu… cela vaudrait la peine d’une enquête plus approfondie, mais difficile, au sujet des voyages probables d’un certain faux ou vrai Téniers ? … Hein, Perette ? Parce que là, je n’ai pas trop le temps pour la traiter, mais cette page est une bombe avec ses kjorkken‑moeddings du Danemark, ses Angles des Triangles qui pêchent à la ligne, et notre ALCOR égarée parmi le partage de l’héritage de la Grande Ourse (grand ours) !!! Nous sommes à la page n° 2 de « to angle, pêcher à la ligne » (première : page 16)… d’accord, j’en conviens, avec l’acrostiche je viens de pêcher à la ligne afin de ferrer Alcor à la fine mouche, mais il y a aussi tellement d’autres jolis poissons d’or et autres à débusquer de leurs planques, en ce texte… OK ?

    Or donc maintenant, ce grand tableau d’Antoine en ND de Marceille (au fait, combien mesure‑t‑il ?) retransformé, trahi même, nous apparaît tel un tranquille Saint Antoine Ermite surpris en sa pieuse méditation par un (soi‑disant) concert céleste (et nocturne) aujourd’hui invisible (et franchement inaudible… aurait dit l’humoriste…)… Nous admirons ce tableau tel qu’il est aujourd’hui sans comprendre pourquoi la face du vieillard aux yeux presque bleus, semble transfigurée par l’apparition ? Mon Dieu ! Qu’on aimerait pouvoir lire dans ces yeux miroirs ci, illuminant le beau visage ! Eh bien, il est vrai pourtant qu’on y on peut discerner au moins une lumière !  D’autres que moi ont su capter par la photographie numérique la beauté de l’expression du saint au regard illuminé et rendre hommage à la réelle maîtrise artistique du peintre !

   Que reste‑t‑il de l’original de ce tableau, et pourquoi subit‑il au cours de sa vie, tout comme les Bergers d’Arcadie de Poussin, de telles séances de tortures (à l’instar du monial ermite Antoine représenté, personnage historique, maintes fois torturé en son corps comme en son esprit… et cette dernière petite remarque n’est peut‑être pas si fortuite que ça ?). L’un torturé par ses agrandissements intempestifs (les Bergers d’Arcadie) ou voire en ses rétrécissements apparemment non fondés (voir chronique de Patrick Merle, un spécialiste averti), et l’autre, plusieurs fois violé ou bouleversé en ses motifs sans que l’on ne sache, encore une fois, pourquoi ? Deux tableaux porteurs de clefs du mystère que certains tentèrent de manipuler en nous changeant (arbitrairement ?) les règles du jeu… En quels buts ? Pour plus de clarté, ou bien pour nous compliquer les choses jusqu’à l’illisibilité et le découragement ? Vaste débat qui dans le fond, fait notre bonheur. (Voir : le tableau d’Antoine en  Notre‑Dame de Marceille, les commentaires et les stupéfiantes photographies sur ce même site)

    En attendant, et pour ma part, je vous rappellerai (seulement) ce que le Révérend Père Migault, à propos de Notre Dame de Marceille, écrivit (sauf erreur de retranscription) au sujet de ce tableau mystérieux, et Franck Daffos ne me fera pas un procès pour ça… ? … je taquine, mais s’il me lit, qu’il remarque bien ce qui suit :

 (Hypothèse !)  « Le tableau représente un moine en méditation au milieu de la nuit et paraissant écouter un concert céleste. »

89 lettres (le nombre !). Le milieu est 44,5 donc il tombe sur la lettre e de lieu dans le mot milieu.

   La triangulation isiaque pointe sur une lettre respective des mots : moine, nuit, céleste… Ce seront 4 mots remarquables  qui résument la situation (dans tous les sens du terme !) : Milieu moine, nuit céleste.  Le milieu de la nuit se situe à l’heure 24 ou 0 qui symbolisent peut‑être le passage d’un méridien apparaissant toutes les 24 heures. Mais serait‑ce vraiment en cette affaire si particulière le méridien 0 de Paris ? Rien n’est moins sûr. Le bon sens voudrait que le méridien de ND de Marceille devienne pour la circonstance le n° 0.

   Boudet très à cheval sur les méridiens s’est fait enterrer en Axat au plus  près, pour ne pas dire sur le méridien de ND de Marceille donc celui du méridien du tableau de Marceille !

   Le tableau nous montre par son triangle symbolique (dont une partie est cachée) le levant, l’Est ! (Je n’en dirai pas plus)

    comme Saunière qui se sera fait enterrer lui aussi sur un point très précis qui regardait primitivement l’Est, et nous désignait une géométrie admirable et sublime par rapport à la section du méridien de référence de Poussin, passant très près de R.L.B, la paroisse obligée de Boudet, et relativement proche du méridien 0 de l’IGN.

   Étonnez‑vous que certains aient manipulé efficacement pour le déplacement et la désorientation de la tombe Saunière ! Bien sûr, les lampistes en cette affaire lamentable étaient loin de se douter… et ne sont pas prêts de réaliser l’énormité de leur geste, pas plus que les associations aux attitudes équivoques et pigeonnantes qui se sont mollement battues, juste assez pour sauver en fin de compte les apparences ! Apprécions aussi le silence assourdissant de l’Église Catholique !

    Or, les tableaux du genre religieux « concert céleste », étaient au XVIIe siècle tenu pour très à la mode par les peintres sur les représentations d’ermites surpris en leurs méditations en leurs grottes… se retournant et regardant soudains ravis et en extase vers le plafond ! 

   Mais je pense sérieusement que cette expression « concert céleste », terme relevé par le Révérend Père à propos de cette toile, ne procède que de la pure et simple langue des oiseaux, et plus particulièrement de la langue des oiseaux, pythagoricienne.

   Il attire notre attention sur un concept arithmétique pythagoricien certainement figuré à l’origine en entier sur la toile et encore aujourd’hui appréhendable malgré les altérations et occultations !  

   Écoutons plutôt Pythagore soi‑même (si toutefois il eut existé, car sous ce nom pouvait se dissimuler un groupe de mathématiciens et de penseurs philosophes, parce que nous ne connaissons aucune preuve fiable de son existence en tant qu’individu)

   Le mathématicien supposé tenant de la formule du « Tout est nombre !», le géomètre, le philosophe, le mystique (parfois exalté), est l’auteur de cette célèbre formule imagée qui aurait dû en faire percuter plus d’un, et qui en tous les cas n’aura pas échappée à nos curés du Razès et du Limouxin si perspicaces, érudits et pragmatiques codeurs :

Les nombres sont les musiciens du ciel

Troublant, non ? Les musiciens du ciel, charmant soudain Antoine ermite, ne seraient que des nombres abstraits ?

   Pythagore faisait justement allusion à son théorème, la grande découverte qui le bouleversa, et surtout à celle de son fameux triangle isiaque, portant itou son nom, et qu’il reconnut toutes deux comme étant révélations géométriques suprêmes données par le plus grand des dieux, Jupiter, auquel il offrit à son tour un sacrifice en tuant une quantité invraisemblable de moutons, comme jadis Ajax rendu fou par une cécité soudaine. Ce sont révélations et dons du ciel.  Le triangle aux trois nombres réellement entiers, de proportion 3  4  5, illustration vivante et sans démonstration non plus qui tienne de son théorème sur le carré de l’hypoténuse, le triangle rectangle dit arithmétique. Et je maintiens que ce triangle est nécessairement présent sur ce tableau et véhicule une très belle et sainte histoire augmentée d’indices clefs pragmatiquement chiffrés. Je le présume intuitivement, et sera prouvé un jour prochain (peut‑être s’il devient possible de disposer un jour seulement du tableau pour le radiographier et le scanner), en tous cas ce sera fait par d’autres que moi. 

   Mais ce qui ne veut pas dire nécessairement qu’au bout du regard d’Antoine Ermite ne fut jadis qu’un triangle isiaque dessiné là et aujourd’hui disparu, camouflé par le bitume ?! Non, ce n’est sans doute pas tout à fait cela… c’est nettement plus beau que ça. Certes, ce ne serait qu’un angle du triangle fictif, mais figuré par une apparition sublime. Les deux autres points, nous les avons déjà très clairement.

   Nous avons aussi affaire à des codeurs distingués et respectueux du genre, et dont les stratégies procèdent d’un grand esprit de finesse. J’ajoute que dans son chapitre consacré à Notre Dame de Marceille, l’abbé Henri Boudet aura tenu à nous concocter un cryptage, un  schémas de ce triangle intérieur au tableau avec sa signification arithmétique et surtout théologique, un exemple parfait du genre, peut‑être à mon sens, le meilleur et un des plus explicites et inspirés de l’abbé avec son triangle de Chéops placé à la mitan du livre, et d’une précision digne d’un horloger suisse. C’est du très grand Boudet et qui envoie une vraie lumière sur cet obscur tableau ! (Cryptage de Boudet mis en clair en mon futur livre)

   Alors, quelle flamme du Dieu Trinitaire, brûle dans les yeux extasiés d’Antoine ? (Emplacement souhaité du visage d’Antoine avec cette lumière en question dans les yeux)

    Boudet a su répondre secrètement, mais quasiment  concrètement à cette dernière question en son chapitre consacré à Notre Dame de Marceille, à la vierge noire, et à l’eau de la fontaine perlant son éternel goutte à goutte depuis la source miraculeuse, et qui, dit‑on,  pourrait rendre la vue intérieure aux pires aveugles… ce qui en ce cas de figure serait fortement appréciable, pour nous, pauvres pêcheurs de mystères.

 FIN ?

   Non… C’est Noël… avant je me dois de vous guider vers  un détail fort utile permettant le démarrage du décodage géométrique du tableau des Bergers d’Arcadie ! Vous l’avez amplement mérité !

   Ici je saluerais en particulier Patrick Merle qui est un de ceux qui aura le plus regardé le tableau des Bergers (sans doute avec A. Féral et peut‑être moi‑même qui l’ai tous les jours en grand format planté devant les yeux et qui l’aura souvent adoré en vrai au Louvre, depuis… trop longtemps ?), et qui à ce sujet m’aura beaucoup questionné et n’aura obtenu de ma part que peu de réponses satisfaisantes. Je le reconnais, car je ne suis pas pressé de raconter mes secrets de chez Secret.

   J’avais évoqué le tout début du décryptage de l’expression ET IN ARCADIA EGO, par les lettres examinées dans le miroir, méthode tellement classique de cryptage que je m’attendais à le trouver édité par un chercheur aficionado de notre affaire… mais non, néant. Alors je l’ai livré. À vous de continuer, pour ceux que cela intéresse. Ce n’était qu’un début. Le plus palpitant reste à faire.

   Longtemps j’ai espéré trouver le lien probable de cette locution latine capitale avec la personnalité de Boudet. Et puis il m’a paru clair que certaines analogies existaient entre le tableau de Poussin, son texte de quatorze lettres latines gravées d’une certaine manière précise sur la tombe et la représentation de la carte des frères Boudet avec idem son titre de quatorze lettres impeccablement dessinées et curieusement stylisées. La liste des analogies est longue et ce n’est pas ici le lieu que j’ai choisi pour tout expliquer. Notons au passage que nous avons sur l’ensemble des deux textes 14 voyelles et 14 consonnes. Déjà troublant, mais ne prouvant encore rien. Mais nous nous contenterons de constater à nouveau un petit détail que tout le monde aura relevé et qui n’est pas fortuit avec la transformation de la lettre U par le V latin dans le titre d’un document pourtant teinté de certitude ostentatoire pure et dure ! Un peu fort de café, ça ! Certains songèrent à un signe marquant le passage du méridien de référence. Je vous prouverai un jour combien cette idée était un leurre Boudetien et que personne n’a finement compris encore le passage du méridien sur la carte Boudet pas plus d’ailleurs que sur l’IGN et encore moins sur le Poussin. Passons… justement je voudrais vous faire une surprise et vous mettre sur la voie de la partie utile et très rigoureusement limitée, tant sur le tableau que sur le terrain, de cette portion de méridien utile et indispensable au démarrage de l’analyse géométrique de la partie du tableau nécessairement retranscrite sur le terrain (ou bien l’inverse, comme vous voudrez, car cela aussi cela se démontre clairement), le détail paraissant presque insignifiant, mais par lequel il faut passer pour ne plus s’enliser éternellement en des territoires marécageux mollassons et sans issues, des à peu près dommageables pour la santé mentale de certains. Le travail sur la carte Boudet est un autre problème tout autant surprenant et passionnant, adjacent au premier problème du tableau, mais que je ne veux pas non plus aborder pour le moment. Il est bien trop tôt.

   Il existe un code qui permet sans erreur possible de créer une anagramme (que dis‑je… ? un groupe de 4 anagrammes, tous plus lumineuses les unes que les autres, mais nous nous contenterons pour le moment de la première qui est déjà bien satisfaisante) devant itou être rigoureusement clair et impeccable et dont les caractéristiques draconiennes seront celles‑ci (on se croirait à l’armée …mais cette odeur de militaire sied à l’époque !):

1) Mettre en un ordre donné quelque part par Boudet (ce que je ne révèlerai pas aujourd’hui) les 28 lettres de ET IN ARCADIA EGO (et) RENNES CELTIQVE.

2) Former tout au moins pour la première anagramme un Alexandrin (décasyllabe) classique (12 syllabes) marqué de sa césure naturelle, chaque césure étant de 6 syllabes (le chiffre parfait) contenant 14 lettres chacune dont, voila ou ça se complique, 5 lettres non chirales et  9 chirales (Il est donc interdit d’afficher le point de symétrie des lettres à l’intérieur d’un mot !)

3) Chaque groupe formant un élément de la césure de la première anagramme devra porter en soi 7 voyelles et 7 consonnes (attention : encore chef d’œuvre !)… réservé aux seigneurs, pas aux « jean‑foutre » et clampins !

 4) La première anagramme est formée de huit mots (8, le côté de l’échiquier). Les initiales des huit mots de l’anagramme doivent former une autre anagramme de 8 lettres en 4 mots (le seizième du côté de l’échiquier), quasiment aussi limpide que le précédent, confirmant le sens du premier en apportant toutefois et résolument un élément nouveau amorçant la seconde anagramme.

   Vous trouvez ça compliqué, vous ? Non, c’est simplement la règle du jeu des anagrammes proposée par le gentil abbé Boudet ! Et dire que certains olibrius le prennent encore pour un demeuré… le petit père Boudet ! … Heu… je comprendrais mieux  par contre ceci : « le prennent pour un remarquable enquiquineur ! », qui ne nous facilite pas spécialement la tâche.

    Voyez, c’est du travail d’orfèvre et de mathématicien. Très fin et très difficile. Rien de confus, tout y est clair, exotérique, immédiatement compréhensible à condition d’avoir ses petites cellules grises éveillées. Quelque part l’abbé nous code cette chose paradoxale et stupéfiante « L’anagramme est une science… etc. » Naturellement il parle des siennes, d’anagrammes. On comprend mieux le sens de cette formule quand on s’y frotte. Alors comprendra qui le mérite, accrochons nous !

   Pour saisir par la suite les conséquences de la première avancée il vaudra mieux vous procurer une reproduction papier très grand format des Bergers d’Arcadie hors cadre photographié au Louvre et distribuée par Réunion des Musées de France (c’est cher) et une loupe assez puissante permettant par exemple de voir plus que clairement la disposition des lettres gravées sur la tombe, ou chaque mini détail significatif compte, comme en un rébus très classieux. L’écran de votre ordinateur est trop étroit pour une claire vue d’ensemble du tableau et il persiste toujours de petites (ou grosses !) distorsions des lignes sans parler du flou engendré par le grossissement informatique extrême. Y’en a même qui ne résistent pas au plaisir d’arranger eux même la vérité de Poussin. On triche toujours avec l’informatique, comme en poésie. Je déconseille les posters imposés aux touristes de RLC, épatants pour punaiser dans une chambre d’ado, mais sans plus.

 Voici la première anagramme, le décasyllabe suivi de la seconde anagramme nécessaire.

E T I N A R C A D I A E G O R E N N E S C E L T I Q U E

 donne après décodage :

 T I R E E N A R C C E Q U I E S T E N D I A G O N A L E 

TIRE  EN  ARC  CE  QUI  EST EN  DIAGONALE

 Vous constaterez que toutes les règles sont respectées, et pourtant cela semble si simple. (Cela parait facile quand on l’a trouvé, ou qu’on vous livre le boulot tout cuit, comme au théâtre ou au ciné !)

 Seconde anagramme de 8 lettres (dont 4 voyelles et 4 consonnes) :

 T E A C Q E E D     qui donne :     ET CÈDE À Q

   Petites précisions. Je vous gâte. D’abord 28 (lettres du premier message)8 (lettres du second) = 20, le nombre symbole du Cercle de Poussin, 10 étant le nombre symbole du cercle dit de Boudet.

    ARC désigne bien sûr l’arc, la section d’un cercle, mais ou commence et ou finit la notion d’arc ? L’arc finit globalement ou commence le cercle, aurait dit le poète… et ce n’est pas si stupide. Boudet met le doigt ici sur un très grand mystère de la géométrie, à savoir que si nous calculons le périmètre d’un cercle avec Pi (3, 14159 …¥) nous n’obtiendrons jamais un nombre « rond » (entier… nombre non à demi châtré, mais intègre, nous y revoilà et nous n’en sortirons pas, eut donc dit Boudet, car nous rejoignons parfaitement ici l’affaire des triangles géométriques d’Or, chevalets + ou moins châtrés) ah, la belle image et la clef superbe et pérenne !) pour désigner le cercle !!! Le nombre  restera égal à la valeur du diamètre par Phi = un nombre quelconque suivit d’une infinité de décimales ! L’infiniment petit théoriquement empêche de boucler la boucle (C’est la place laissée libre par Dieu pour la soudure spirituelle, m’a joliment soufflé mon petit neveu qui a oublié d’être con). Boudet et ses amis, conscients de ce petit détail angoissant pour un métaphysicien (même s’il est mathématicien !) nous font remarquer que le cercle n’est qu’une vue globale de l’esprit, une entité arithmétiquement en fait inconcevable, une utopie géométrique (pour qui a un brin de jugeote)… oui  je sais aussi qu’aujourd’hui on ne s’embarrasse plus de tels soucis… on fait des maths comme « on fait » le tour du monde en charters bocaux et compressés sans ne rien voir ni bien comprendre ni encore  ressentir… et à Rio, on aura dansé et dragué dans les boites à la mode avant de reprendre l’avion avec des Brésiliens pour retrouver les mêmes boites chez soi, emplies de Brésiliens et Brésiliennes naturalisés parisiens. Ce problème n’empêche plus de dormir grand monde depuis Pythagore, peut être à part moi… et encore ? Bref. L’arc de Poussin (contenant l’arc de Boudet) est donc l’arc maximal imaginable désigné par un nombre décimal butant sur un espace vide inhabitable et infiniment petit ! Voilà ce qu’on aurait dû nous raconter à l’école (ou au catéchisme) et je crois bien que mon bon instit me l’avait dit, mais pas le curé ! Tu parles, la petite lumière du cercle de l’ouroboros ? Tintin, oui !

   Par ailleurs, je pense que les aficionados ont reconnu en arc la phonétique d’un village bien connu (Arcas Arques), mais où ne passe justement pas le Méridien recherché. Mais la position géographique de ce village (son centre historique) nous sera indispensable pour la suite immédiate.

EST, c’est le verbe être doublé de la direction cardinale.

   La diagonale ? C’est bien sûr la diagonale du tableau à partir des nombres officiels du Louvre que nous connaissons tous ! Souvenons‑nous de la diagonale du fou de l’échiquier partout présent sur les sols des deux Rennes et de la diagonale de la pyramide d’Or chez Leblanc !!! Pas de lézard. Commencez‑vous à comprendre le but des tentatives (absurdes en apparence) de perversion des mesures de ce pauvre tableau martyre… comme celui de ND de Marceille ?! Mais laissons cela, cela nous mènerait trop loin !

   Avec seul bagage que le théorème de Pythagore (je vous bassine avec ça depuis combien de temps ?) nous démasquons la première clef géométrique. Cette diagonale pompeusement appelée dans mon livre « la diagonale des dieux » est très précisément égale au cercle virtuel (moins l’infiniment petit, donc est l’arc tiré passant en Arques centre) entourant un certain diamètre très, très, très bien marqué par Poussin et qui représente la section utile du méridien de référence. Comment dirais‑je mieux … si ! … dont la valeur représente le huitième rang de la série de Lucas à 7 centièmes de centimètre près et à peu près. Attention, vous n’avez aucun intérêt à arrondir les décimales obtenues… : 69 millièmes !

  Voilà le tout premier indice, une clef élémentaire, mais déterminant de dizaines d’autres clefs géantes et pas spécialement évidentes à découvrir. Aucune ne doit quoi que ce soit à l’ésotérisme ! Non plus, ce genre de travail n’a rien d’un passe‑temps secondaire pour amateur dilettante ou trop pressé d’épater la galerie. C’est très casse‑gueule, souvent assommant et fastidieux,  une leçon de modestie vraie et d’un certain niveau technique, comme le site du Lion, mais pas trop quand même. Et les historiens chercheurs qui ne sont pas en reste rencontrent d’analogues difficultés quand ils ont devant eux des gouffres de néant à réorganiser!

   Maintenant je peux vous fournir la seconde anagramme qui ne fait que confirmer la validité de la première. La règle du jeu a changé, mais pour la césure est restée la même. Cela va se corser avec la troisième ou une nouvelle information de tout premier ordre va s’épanouir. Et la quatrième sera la validation de la troisième. Mais cela sera pour une autre fois, si je le veux bien.

 ET  DIAGONALE  ICI     EN  CENTRE  ARQUES.

Anagramme secondaire avec les dernières lettres des mots, trois voyelles et trois consonnes : En site !

    Nous savons que ce trait marqué par Poussin est fondamental. Il est prouvé par les radiographies connues et publiées qu’il est le premier que traça Poussin, qu’il est le seul à être rigoureusement rectiligne, et qu’il commande à toutes les retranscriptions d’une certaine surface réduite, mais utile du tableau sur les cartes. Naturellement il y a un (et deux !) problème d’échelle (Double !) à comprendre (pas facile parce qu’équivoque !) et surtout à prouver, et à résoudre pour faire la jonction avec la carte Boudet et l’IGN.  Ce calcul passe aussi par la preuve de la définition du mètre mesure exprimée sur le tableau… (pas sortis de l’auberge…). Voyez que ce n’est pas qu’une pâtée douteuse, même qu’on aurait relevée avec un quelconque ésotérisme de bimbeloterie, ou par la vision d’un spirite extra lucide ou je ne sais quoi qui aura réglé la question en dormant, mais c’est la voie pythagoricienne originale et construite pour durer l’éternité. 

    Si je mélange hardiment tableau et terrain, comme dans les premiers chapitres fiction et réalité, ce qui vous aura je le crains beaucoup agacé, dites‑vous bien qu’ainsi je tentais de vous intriguer, vous alerter, comme Boudet qui lui non plus ne lâchait pas en clair grand‑chose et qui nous balade souvent jusqu’à l’écœurement… et nous jetait un indice après nous avoir assommé ou manipulé.

   Je ne vais pas aller jusqu’à vous révéler le centre exact de cet arc cercle (indispensable à découvrir très exactement) passant en Arques, ni vous en écrire sa démonstration, si nécessaire aussi, ni vous dire la page ou Boudet crache enfin  le morceau et nous indique le vrai centre du Cercle, centre qu’il montre d’ailleurs sur sa carte… (syndrome de la Lettre volée) et encore une fois, c’est un signal clair que très curieusement les exégètes distingués n’ont jamais relevé… pourtant on en a vu des choses pittoresques, anecdotiques, jusqu’au délire, mais inutiles, souvent inexistantes et inopérantes sur cette carte ! Mais rarement les choses simples, rationnelles, utiles et parfois comme celle‑là évidentes qui nous crève les yeux depuis un siècle.  S’il y a un document particulièrement bien crypté, c’est cette carte que d'aucuns trouvent stupide et maladroite ! Quant au livre la VLC, le centre est donné sur la fin… (désolé, ce n’est pas à la page 234 !), mais sachez que si quelqu’un avait su me dire seulement tout ce que je viens et de vous confier, il y a 18 ans, et ben, j’en aurai économisé 16 au profit de mon cœur et de mes nerfs et je m’en porterais mieux…

 Ensuite, que signifie ET CÉDE À Q ?

Faut savoir que la lettre Q (Q comme un Ø inversé puisque l’inversion est la règle du maître Boudet), représente (symbolise) justement la section du méridien utile entourée du cercle, le diamètre du grand cercle Poussin… Donc cette anagramme géniale gigogne (n’ayons pas peur des mots) est bien là pour nous enseigner et nous confirmer quelle est la nature de la section utile du Méridien. Enfin : « Cède au méridien »… dans le sens de se soumettre…  Et n’oubliez jamais que Boudet nous aura codé cette sentence bizarre : L’anagramme est une science… !

Donc, je répète, cette affaire‑là est à prendre au sérieux, car elle est difficile, ce n’est pas forcément un jeu pour amateur dilettante et narcissique (voilà que je parle comme un vieux con jouant à décourager et Boudet me bénirait, lui qui craignait sûrement que le secret soit trop vite éventé !) Ce qui n’empêche pas que comme en observation astronomique, ce sont souvent des amateurs passionnés qui devancent les observatoires en les informant d’un évènement que leurs presbyties aura zappé.

   Maintenant, cherchez les autres anagrammes. Mais tentez si vous le pouvez de laisser au placard vos connaissances en astrologie et votre ésotérisme du moins classique et connu, car Boudet qui n’était point ignorant ni sot, savait que le décrypteur allait tel Narcisse y tomber, happé la tête la première jusqu’à s’abîmer dans les sables mouvants du néant. Et ne comptez pas sur lui pour vous tendre la perche, sauf si vous comprenez qu’avec Boudet, tel qu’il le fit lui même, il vous faudra sur ce terrain précis, tout réinventer parce que la solution n’est écrite nulle part !  Elle ne saurait d’ailleurs pas plus s’écrire ou se prononcer pour ce qui est de l’essentiel, que le nom de Dieu ne l’était pour les Hébreux ou la recette infaillible de la Pierre philosophale pour des alchimistes… ce qui n’aurait aucun sens puisque le chemin essentiel de l’initiation procède de l’effort privé du candidat. Mais, par contre, elle se crypte et se code. Voila pourquoi cette histoire est grande et noble, redoutable aussi, et en laissera tant sur le bord du chemin, provoquera idem des tempêtes et se vengera toujours des imposteurs gourmands...    FIN   

   Petite curiosité, avril 1917. Voilà, le soir tombe. C’est fini. On perçoit les silhouettes du capitaine Belval (à gauche) et de monsieur Desmalions se congratulant assis sur le tas de sable cachant le trésor retrouvé. Arsène Lupin (alias Don Luis) vient de filer à l’anglaise se portant garant des millions revenant à Maman Coralie. Tout est rentré dans l’ordre. Cependant, une anomalie, l’illustrateur aura fait l’impasse sur le mur soutenant le tas de sable pour une raison de perspective … Ou bien n’aura‑t‑il lui aussi, que fort distraitement lu le texte ? Ou encore sera‑t‑on gratifiés de désinformations jusqu’aux illustrations ? …

   Décidément, on ne nous aide pas à y voir clair en ce chef d’œuvre de roman initiatique qu’est Le  Triangle d’Or. Mais d’autres me diront fort pragmatiquement qu’il est bien que parfois les murs tombent !

   Le Triangle d’Or, 1918, Maurice Leblanc, illustrateur Maurice Toussaint. C’était un des livres de mon père adolescent… ! Et moi j’ai attendu d’être un vieux con à la retraite pour le découvrir dans son placard bibliothèque parce que curieusement, il me l’avait tellement bien planqué. Pourquoi l’avoir si bien planqué ? … Pour que je comprenne que c’était un trésor qui se mérite, ou qu’il détenait un secret intime ? Après j’ai saisi le fin mot de l’histoire. Fin mars 1915, fut la date de mobilisation de son père, donc de mon grand‑père que je n’ai d’ailleurs jamais connu. C’était en tout cas la date du début du roman ! Sous officier de réserve, on appelait le grand‑père, « Papa Villette », pour sa bonté et son dévouement tranquille et incessant vis‑à‑vis des blessés et des malades, et franc camarade des poilus, comme on disait. Vous avez saisi, il était dans le Train du sanitaire de la Grande Guerre. Deuxième analogie rappelant l’infirmière et héroïne du Triangle d’Or, nommée pour les mêmes raisons « Maman Coralie » par les éclopés ! Ce livre dut être pour mon père vraiment un petit trésor enfoui en son jardin secret. Donc, aujourd’hui ayant exhumé le trésor, je dédie ce petit texte personnel à sa mémoire, et à celle du grand‑père qui aura à moi aussi, plus tard manqué …

   Jean‑Marie Villette, alias Léo Bourbon, qui prend date sur tout ce qu’il a pu amener de nouveau et d’inédit en ces quelques chapitres.

   Globalement terminé le 02 Septembre 2010 à Notre Dame de Marceille de Limoux, devant le sourire éternellement tendre et goguenard (et complice !) de la vierge noire fraîchement restaurée… et que j’étais venu humblement remercier, car pour le tiède croyant que je suis (Douter, c’est déjà croire … n’est ce pas ?), elle m’en est pas moins une fidèle amie.

   Et donc, merci à vous tous aussi qui m’avez toléré et quelque fois lu, avec une pensée particulière pour Jean‑Pierre Garcia dont j’admire la sagesse et la foi inoxydable en son travail, et grâce à qui on peut en toute quiétude s’exprimer librement … et même être compris.

 

 

 

Ce récit est inédit et a été confié à RLC Archive ‑ Les illustrations sont du Webmaster et de l'auteur. Toute copie totale ou partielle est strictement interdite sans autorisation de son auteur
Copyright © 2010   RLC Archive