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Ou l'histoire d'un grand Secret...

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ND du Cros, curiosités - Rennes-le-Château Archive

Notre Dame du Cros            2/3
Ses curiosités et ses mystères

Rennes‑Le‑Château ou l'histoire d'un grand secret

 

 

   Comme l'église de Rennes‑le‑Château ou le sanctuaire de ND de Marceille, le sanctuaire de Notre Dame du Cros a son importance dans l'affaire des deux Rennes. De par son histoire et ses personnages qui l'ont côtoyés, elle est extrêmement liée au sanctuaire limouxin. Mais ce n'est pas tout. Elle participe aussi magnifiquement aux indices laissés par l'abbé Boudet, poussé par l'obsession de délivrer un message à qui pourra le décoder...

 

   J'invite d'ailleurs le lecteur qui découvre Notre Dame du Cros à lire ou à relire au préalable l'histoire de Notre Dame de Marceille, ces deux récits étant intimement liés...

Le sanctuaire de ND du Cros près de Caunes Minervois

Je tiens à remercier ici Franck Daffos sans qui cette fabuleuse histoire n’aurait peut‑être jamais vu le jour… Je veux rendre aussi un hommage particulier à Jacques Rivière disparu trop tôt et qui s'est tant passionné pour les ermites de Galamus (éd. Bélisane) et pour toutes ses recherches
dans le Razès qui nous font tant rêver...

 

 

Sommaire

 

   Son histoire et ses liens avec l'énigme

   Ses curiosités et ses mystères

   A l'extérieur, le Rosaire...

 

Le sanctuaire marial

L'extérieur du sanctuaire

 

   Notre Dame du Cros d'origine romane fut fondée en l'an 900 après J.‑C. Elle fut restaurée plusieurs fois au XVIIIe puis au XIXe siècle. On la trouve aussi sous la dénomination de Chapelle de ND du Cros car elle est considérée comme une dépendance de l'abbaye de Caunes.


La chapelle de Notre Dame du Cros

 

À gauche, une petite maison accolée à la chapelle fit office de presbytère.


Le presbytère où mourut le père Joseph Chiron

   Cet endroit est chargé d'émotion puisque c'est dans cette maison que vécut le chanoine Gaudéric Mêche de 1854 à 1864.

 

   C’est aussi sous ce toit que le Père Joseph Marie Chiron rendit son dernier soupir le 27 décembre 1852, au lendemain de Noël.

   L’abbé Montanié, curé doyen de Caunes, Eugène de Potriés et l'abbé Falguères, curé de Claira, l’assisteront dans son agonie.

 

   Ce fut ensuite avec une autorisation spéciale de Mgr de Bonnechose qu'il fut inhumé sous le porche d'entrée du sanctuaire

 


Le fronton de ND du Cros

   Sur le fronton, au‑dessus de l'ancienne entrée, est gravé un magnifique A et un M entrelacé signifiant « Ave Maria ». Ce sigle qui signe tout sanctuaire marial est bien connu des passionnés puisqu’on le retrouve notamment au bas du pilier wisigoth inversé dans le jardin de Saunière.

 


Le pilier wisigoth inversé
par Bérenger Saunière

dans le jardin à Rennes‑le‑Château

 

   En haut du fronton une date légèrement effacée indique 1915 l'année d'une campagne de restauration, sans doute celle du XIXe siècle et sur laquelle l'évêché de Carcassonne, propriétaire du lieu, refuse de communiquer.

   ND du Cros appartient à l'association diocésaine qui est également propriétaire de ND de Marceille. Or, s'il y a eu restauration, il y a eu financement... Ce sujet sensible dérange...

 

   Une ancienne photo montre le sanctuaire avec son ancienne porte d'entrée en bois voûtée qui existait encore. Or, si l'on observe le sanctuaire aujourd'hui, la voûte ogivale est restée, mais la porte a été murée, résultat d'une modification faite par Gaudéric Mêche lors de ses travaux de rénovation entre 1854 et 1864. La photo a donc été prise durant cette période, et le prêtre discernable devant le porche pourrait être Gaudéric Mêche... A moins qu'il s'agisse de Boudet...


ND du Cros - Très ancienne photo
L'entrée principale n'était encore murée à la prise photo
et elle fut condamnée par Gaudéric Mêche entre 1854 et 1864
Un prêtre est discernable devant le porche... S'agit-il de Gaudéric Mêche ?

 

   Il faut dire que depuis sa nomination comme aumônier de ND du Cros en 1854, Gaudéric Mêche fit de nombreuses rénovations et comme pour ND de Marceille, l'origine des fonds est occulte. Il voûta notamment l'église, bâtit des chapelles ainsi que la sacristie. Il agrandit également le presbytère. Mêche disparut à Limoux en 1864 après avoir été le bienfaiteur de l’église Saint‑Martin.

 

Une voûte ogivale condamnée dessine l’ancienne entrée. La porte fut murée par Gaudéric Mêche lors de ses travaux de rénovation entre 1854 et 1864.

 

La Vierge couronnée sous le porche

 

   Juste au‑dessus de la tombe de Joseph Chiron et sous le porche, une statue de la Vierge à l'Enfant accueille les visiteurs. Même si sa composition est assez classique, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec celle de ND de Marceille qui accueille également les paroissiens sous son porche. On y retrouve les mêmes attributs : une Vierge couronnée et l'Enfant Jésus tenant une colombe dans ses mains. Il faut d'ailleurs noter que la statue de ND de Marceille a été modifiée pour une raison inconnue puisqu'une ancienne photo atteste qu'à une certaine époque l'Enfant Jésus tenait un globe terrestre et non un oiseau. 


La Vierge à l'Enfant
sous le porche

 


La Vierge couronnée à l'Enfant
de ND du Cros
Statue polychrome du XIVe siècle

 


Le porche est voûté sur une croisée d'ogives gotthiques du XVe siècle
et le portail date du XVIIe siècle

 

L'intérieur du sanctuaire

 

   Comme à ND de Marceille, ND du Cros est richement décorée. Les murs en taille de pierre et les voûtes de l'ancienne chapelle gothique témoignent d'un lointain passé.

    L'église est constituée d'une nef à trois travées avec deux chapelles latérales de chaque côté et un chevet plat à l'extrémité. Le bâtiment est construit à partir de blocs calcaires rectangulaires de couleur ocre. Le porche d'entrée se trouve au sud comprenant un portail d'architecture classique.


ND du Cros ‑ La nef et le chœur

 

   A droite de l'autel, une  petite niche vitrée et entourée d'étoiles protège la statue protectrice de Notre Dame du Cros.

 

 

   Comme à Notre Dame de Marceille, il s'agit d'une Vierge Noire.

 

   Cet objet de culte  explique le terme sanctuaire donné au lieu sacré. 

 

   Au fond de la nef, on aperçoit le décor du chœur, les autels en marbre de Caunes et les six statues monumentales du XVIIe siècle. L'ensemble du décor avec les marbres, les peintures, les statues et l'autel dorés, affiche une richesse qui interpellent. ND du Cros n'est qu'une chapelle dépendante de l'abbaye de Caunes.


La Vierge Noire de ND du Cros

La Vierge Noire
à l'Enfant
de ND du Cros


L'original est conservé
au musée de
Carcassonne

 


Deux niches en marbre de Caunes abritent Marie et Joseph

 

ND du Cros ‑ L'autel richement décoré

et incrusté de marbre de Caunes

 

 

   La chapelle qui a été restaurée par deux fois conserve malgré tout ses voûtes ogivales de l'époque romane. Ceci donne une ambiance chaleureuse qui est accentuée par les couleurs ocres de la vieille pierre.

 

   A l'arrière de la nef, une voûte et quelques escaliers témoignent de l'ancienne entrée de la chapelle du XIIIe siècle, condamnée par l'aumônier Gaudéric Mêche vers 1840.

   Il est émouvant de penser que cet endroit fut certainement foulé par deux prêtres fondamentaux de l'énigme de Rennes‑le‑Château, Mêche et Boudet.

 

Quelques curiosités...

ND de Marceille et ND du Cros

 

   ND de Marceille et ND du Cros présentent des similitudes étonnantes :

 

   Les deux églises sont des sanctuaires. Un culte de la Vierge est effectivement présent dans les deux églises et chacune possède sa statuette et son pèlerinage.

 

   Les deux églises sont nées autour de deux légendes sur la découverte d'une Vierge. L'une des statuettes a été trouvée dans un champ, l'autre dans un rocher et toutes les deux reviennent mystérieusement sur l'emplacement de leur découverte...

 

   Les deux églises sont bâties près d'une source miraculeuse permettant la guérison des malades. Elles possèdent chacune sa fontaine bienfaitrice.

 

   Les deux églises ont été sauvées à la Révolution. Les deux édifices étaient effectivement voués à la destruction. Ils furent heureusement rachetés. C'est l'un des aïeux de Henri Boudet qui racheta ND du Cros avant de répartir la propriété entre toutes les familles de Caunes.

 

   Les deux églises ont connu Boudet et Mêche. Ces deux abbés ont côtoyé à des périodes différentes ces lieux, scellant ainsi les deux sanctuaires au mystère de Rennes‑le‑Château.

 

   Les deux églises ont fait l'objet de rénovations importantes et avec des fonds d'origines inconnues (officiellement en tout cas).

 

   Les deux églises sont la propriété de l'association diocésaine de Carcassonne.

 

La descente de croix de ND du Cros


Descente de Croix (non signée)
Notre Dame du Cros

De nombreuses toiles non signées décorent l'intérieur du sanctuaire. Voici au hasard deux œuvres encadrées de marbre rouge de Caunes.

 

Dans la nef à gauche, une toile du XVIIe siècle représente
la descente de croix.

 

On aura bien sûr reconnu une certaine ressemblance avec le même thème traité par Rubens en 1612.

 

 

Il suffit en effet de comparer avec son tableau central d'un polyptyque conservé à la cathédrale
Notre‑Dame d'Anvers.

 

Et la scène est inversée ce qui pourrait indiquer que l'artiste a travailler
à partir d'une gravure.


Le polyptyque ouvert de Rubens (1612)

 

   Un autre détail intéressant se trouve dans le bas du tableau. Visiblement cette partie a subi un noircissement très localisé de la peinture. Vieillissement de l'huile ou bitumage volontaire ? Dommage, car la signature était peut‑être sous ce voile noir.


Le bas du tableau "Descente de la croix" est largement bitumé

 

La Pietà de ND du Cros

 

  Plus loin, dans un autre cadre de marbre rouge, se trouve une Pietà accompagnée de deux anges. Un paysage sombre entoure la scène.

 

   Mais encore ici nous sommes en présence de la copie d'une autre toile célèbre, la Pietà de Annibale Carracci exécutée en 1595

 

 

   De même que pour la descente de croix, la partie basse de la toile est également bitumée, comme pour dissimuler un détail ou une signature.


Pietà (non signée)

 


Pietà de Annibale Carracci ‑ 1595 (Rome collection Farnese)

 

   Mais c'est en travaillant sur cette Pietà de ND du Cros qu'un détail étonnant m'ait apparu. Dans le bas gauche du tableau, 3 petites pierres rondes sont très distinctement dessinées. Leur présence est d'ailleurs étonnante dans ce parterre très sobre.


De même que pour la descente de Croix,
le coin bas gauche de la Pietà est bitumé

 


Les 3 pierres rondes ‑ Un caprice de l'artiste ?

 

   Nous retrouvons également trois petites pierres dans la Pietà de Rennes‑les‑Bains dans le coin bas gauche du tableau.

 

 

 

 

   Coïncidence ? Sans doute, mais ce détail méritait d'être signalé.

La Pietà dans l'église de Rennes‑les‑Bains

 

Le calvaire

 

   L'émotion est au rendez‑vous en découvrant sur les lieux ce calvaire marqué d'une date mythique : 1886

 

 

   L'abbé Boudet aurait‑il voulu laisser son empreinte sur ce site qui lui était si chère ?

 

   Connaissant son excellence en matière d'allégorie cryptée, on peut se demander s'il s'agit d'une vulgaire coïncidence... 

 

 


Le calvaire sur le chemin
de ND du Cros

 

   Vous avez bien sûr reconnu la date figurant sur la couverture de son livre "La Vraie Langue Celtique", date tant vénérée et à laquelle Boudet découvrit peut‑être enfin la première cache... L'ombre de Boudet plane bien sur Notre Dame du Cros...


Une date mythique... 1886

 

Clin d'œil

 

   En poursuivant la visite, une curieuse pierre sert de borne au chemin d'accès de Notre Dame du Cros. Sur sa face on peut lire :

 

 "CHEMIN RAMBAUD 1885"

 

 

 

 

   On ne peut bien sûr rester insensible à la lecture de date très importante pour l'abbé Boudet puisque c'est à cette époque que son livre culte "La Vrai Langue Celtique" fut achevé.


La pierre RAMBAUD 1885

 

Marbre de Caunes
à ND de Marceille

 

   Il est interressant de retrouver du marbre rouge de Caunes‑Minervois dans le sanctuaire limouxin à ND de Marceille, et de plus sur un emplacement bien significatif puisqu'il s'agit de l'inscription "Sanctuarium Dei" posée par Henri Gasc devant l'autel.


Sanctuarium Dei

"Sanctuaire de Dieu" à ND de Marceille

 

Une belle légende

     Notre Dame du Cros est entourée de légende. En voici une rapportée par Franck Daffos et qui n'est pas sans rappeler la fontaine de Marcilla à ND de Marceille... et qui selon une autre légende permet de rendre la vue...

 

   "Une femme pieuse tourmentée par la fièvre et la soif n'osait tremper ses mains dans le creux de la fontaine de Notre Dame du Cros pour se désaltérer de son eau. Elle invoque la Vierge: une coupe sort du rocher; elle boit, elle est guérie; et depuis ce temps des milliers de fiévreux attestent par leur guérison la vertu fébrifuge de la tasse de Cros. Nul homme jusqu'ici n'a pu connaître la matière dont cette coupe miraculeuse est composée.

 

Cette écuelle ou coupe est d'une matière rougeâtre inconnue; elle porte au dos des caractères que nul n'a pu déchiffrer. Les pèlerins cherchaient à en prélever des parcelles, si bien qu'un aumônier du Cros, l'abbé Jaffus, crut devoir la protéger en la faisant revêtir d'une cuirasse en argent."

 

Extrait de: E. de Jouy (de l'Académie française), La Minerve française
Tome premier, page 223, février 1818.

 

   On aura reconnu une allusion à la fameuse coupe mythique que d'autres auteurs et d'autres légendes appellent le Graal...

 

 

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