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Ou l'histoire d'un grand Secret...

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Chronique d'une fausse date

Chronique d'un mensonge
ou l'histoire d'une fausse date

Rennes‑Le‑Château ou l'histoire d'un grand secret

 

 

 

   J'avais espéré ne jamais écrire une telle chronique. Malheureusement, trop c'est trop et ma responsabilité de Web master m'oblige à prévenir lorsque de l'information sur les recherches en cours dérape.

 

De quoi s'agit‑il ?


De "l'affaire des tableaux de Rennes‑Les‑Bains", nommée ainsi par les auteurs de cette fausse affaire...

 

Comment en est‑on arrivé là ?


C'est à partir d'une publication faite fin 2006 et sur une présumée découverte que cette fausse affaire démarra. Elle fut ensuite reprise sur un forum dit "de référence" pour être développée et justifiée. Pour connaître son résumé historique, le mieux est de vous reporter au Post de Franck Daffos déposé sur le forum  à ce lien :

 

Posté le: Dim Mai 13, 2007 11:37 pm sous le forum Franck Daffos / Droit de réponse
http://www.rennes‑le‑chateau‑archive.com/forums/viewtopic.php?p=2620#2620

 

Qui sont les auteurs ?


Les auteurs visés se reconnaîtrons (les photos suspectes sont d'ailleurs signées) et pour ceux qui veulent découvrir la genèse de cette pseudo affaire de la fausse date voici le lien :
http://www.renneslechateau.com/forums/...  Histoire et archéologie

 

Pourquoi cette chronique ?


Son intérêt est pédagogique car nous avons clairement un magnifique exemple de manipulation de l'information en vu de tromper les lecteurs et les chercheurs. Le propos ici n'est pas de polémiquer sur le sujet. Cela a déjà été fait par forum interposé et beaucoup de lecteurs et d'internautes ont déjà tiré les conclusions qui s'imposaient.


Mais la farce est tellement belle, tellement grossière qu'elle mérite une petite analyse pour comprendre les rouages de cette splendide manipulation intellectuelle.

 

Cette fausse affaire dite "des tableau de Rennes‑Les‑Bains" faisant suite à une étude publiée sur ce site, je conseille fortement de lire au préalable les sujets suivants :
 

   Le Christ au lièvre ou les tableaux de Rennes‑Les‑Bains

   Le Christ au lièvre ‑ Quelques révélations

 

Une affirmation bien orchestrée

 

 

Le tableau "La Crucifixion" de Rennes‑Les‑Bains comporterait une date 1816 au recto de la toile ...

 

Elle serait la réelle signature datée de ce tableau...

 

 

Et voici ce que l'on pouvait voir dans un bulletin annuel ainsi que dans une revue spécialisée, parus fin 2006 et repris sur un forum :


"La Crucifixion" dans l'église de Rennes‑Les‑Bains

 

 

 


Extrait forum


Extrait forum

On devine presque le 8 et  un 6 !

 

   Et pour bien justifier que la vraie date du tableau est 1816 et non 1842 comme indiqué à son verso, le commentaire continue par (extrait du même forum) :

 

La "Crucifixion" de RLB n'est pas signée, elle a été commentée de manière très maladroite, par une main qui ne maîtrise même pas l'écriture au pinceau !
Il est écrit exactement : " Fait par Mr Gasc, aumônier de Notre‑Dame‑de‑Marceille de Limoux, en faveur de Mr VIE, son ami et cure de cette paroisse, 1842."

 

   Appréciez l'ironie du discourt : "Pas signée mais commentée". Il faudrait tout de même expliquer la subtile nuance qui puisse exister entre une signature et un commentaire signé et daté...

 

   Ceci ne fait aucun doute. Fin 2006, la machine à désinformer fut remise en marche et pour les faiseurs d'intox il fallait aller vite. La soit disant découverte fut ainsi publiée très sérieusement dans 2 revues avec la complicité du rédacteur :

Parle‑moi de Rennes‑le‑Château 2006 page 73 ;
Les cahiers de Terre de Rhedae numéro 1 avril 2007, page 14.

 

Info ou intox ?

 

Il est évident que dès la parution de cet article dans ces 2 revues respectées, quelques chercheurs se sont rapidement intéressés à cette date mystérieuse venant contredire celle présente au verso et écrite par le chanoine Gasc, à savoir 1842. Comment une telle date a pu passer inaperçu après plusieurs années de recherches sur ce tableau et par de célèbres chercheurs ?

 

Mais comme l'erreur est humaine et qu'il fallait bien en avoir le cœur net, Jean Brunelin, photographe professionnel, et Franck Daffos, en se rendant sur place, confirmèrent ce que beaucoup pensaient déjà tout bas :


Cette date s'avère totalement invisible...

Voici donc ce que le visiteur peut voir aujourd'hui :

 


Coin en bas à droite du tableau "La Crucifixion" de Rennes‑les‑Bains
Photo Jean Brunelin

 


Vous avez dit une date ? 1816 ?
Photo Jean Brunelin

 

Et comme les incrédules diront qu'il est facile d'affirmer sans comparer, comparons...

 


En zoomant la photo suspecte on devine un 6... Étonnant non ?

 


1816 où est tu ?

 

Une intox qui tourne au court‑bouillon...

 

Si l'on compare les deux photos ci‑dessus, quelques questions se posent naturellement...

 

Comment peut‑on voir le détail d'un 6 sur une photo numérique alors que l'ensemble du cliché est d'une résolution médiocre ?

 

C'est tout simplement impossible. Sur une photo numérique, tous les détails sont dépendants de la résolution. N'importe qui ayant traité des photos sur un logiciel spécialisé le sait. En agrandissant l'image, on agrandie les défauts, mais en aucun cas, on obtient plus de détails. Ceci revient à dire que la quantité d'information est uniforme. On ne peut donc voir un 6 et voir un flou autour, à moins d'un traitement postérieur...

 

Il est dit dans la revue publiée que le visiteur n'aura aucun mal à voir cette date dans l'église de Rennes‑Les‑Bains, contrairement à la photo qui n'est pas de très bonne qualité. Pourquoi ne voit on pas cette date sur la photo haute résolution ?

 

Là, je n'ai pas de réponse. Mais il est vrai que l'auteur fin 2006 ne prenait pas trop de risque en invitant les visiteurs à se rendre à Rennes‑Les‑Bains. Tous les chercheurs qui travaillent sur Rennes‑Le‑Château le savent. La petite église de Boudet est interdite aux visites depuis longtemps...

 

Comment un détail tel qu'un 6 sur une photo comportant une résolution médiocre puisse devenir invisible sur une photo macro haute résolution ?

 

Là aussi je n'ai pas de réponse. Mais l'auteur finit par faire une confidence sur son forum. La date est invisible à l'oeil nu et il faut un matériel très sophistiqué pour espérer distinguer une ombre de date. Il est évident que c'est la seule sortie de secours possible à cette honteuse histoire... Inutile de dire que quelques internautes réclamèrent une quelconque preuve, une photo de meilleur qualité ou quelques explications sur cette date fantôme. Ils attendent toujours...

 

Mais j'avais oublié. L'infographie est capable de tous les miracles, même de faire apparaître de l'information précise là où il n'y en a pas...  

 

Et si la date avait réellement existé dans les sous‑couches de peinture, pourrait‑elle être la date du tableau ?

 

Bien sûr, non et tous les débutants dans l'art pictural le savent. Pratiquement tous les artistes, par économie, reprennent des anciennes croûtes pour les repeindre. C'est ainsi que l'on peut, par radiographie, deviner souvent dans les sous‑couches de peinture, des dates ou des signatures. Mais elles n'ont rien à voir avec la date réelle de la composition. Dans notre cas, l'inscription au dos est suffisamment éloquente ...

  On peut lire au verso de la toile :

 

" Fait par Mr Gasc, aumônier de Notre‑Dame‑de‑Marceille de Limoux, en faveur de Mr Vié, son ami et curé de cette paroisse, 1842."

 


S'il ne s'agit pas d'une date de signature , de quoi s'agit‑il ?

 

Pourquoi cette volonté farouche de manipuler une date ?

 

Tout simplement parce que la datation de ce tableau apporte un élément crucial dans la désignation du peintre. En signant le tableau "La Crucifixion" 1816 et non 1842, le chanoine Henri Gasc ne peut plus être l'auteur, étant né en 1807.


Du même coup certaines thèses élaborées par Franck Daffos sont mises à mal.

Voici donc l'enjeu. Insérer habilement de fausses informations en prenant les lecteurs pour témoin, pour contrer une thèse qui déplait et rebondir.

 

Bien sûr, des preuves photographiques ont été demandées ainsi qu'une confrontation, mais sans succès. Il est bien sûr plus facile de se réfugier derrière son mail et de créer des images que seul l'inventeur peut admirer. Il suffit ensuite d'un forum pour répandre le poison lent et insidieux en espérant que le temps fasse son œuvre.

 

Heureusement, ce fut sans compter la vigilance de certains chercheurs, spécialistes de ces tableaux et de quelques internautes qui ont su réagir contre ce complot indigne de la communauté des chercheurs.

Je le rappelle ici. Tout chercheur a le droit à l'erreur et c'est souvent sur des recherches infructueuses que de nouvelles pistes se créent. Il a fallu 50 ans de recherche autour de Bérenger Saunière pour découvrir un autre épicentre : Gasc et Boudet

 

Mais il est inadmissible de modifier des résultats d'étude pour sa convenance ou pour satisfaire son ego. C'est mentir à tous les passionnés qui attendent une transparence honnête et sans tricherie.