> Un peu d'Histoire

  

 

Les salles des Croisades              6/8
Salle 5 ‑ La grande salle

Rennes‑Le‑Château ou l'histoire d'un grand secret

 

 

 

    Serait‑il possible qu'un lieu hautement historique, situé dans le plus célèbre château du monde, soit habituellement interdit au public ? Peut‑on imaginer un espace extraordinaire difficilement accessible et qui concerne les pages les plus passionnantes et les plus occultes de notre Histoire ? Plus incroyable encore, serait‑il envisageable que ce lieu concerne également l'énigme des deux Rennes ?

    La réponse est oui, car ce lieu existe et sa réputation est planétaire puisqu'il s'agit du Château de Versailles. Quant à l'endroit précis, il concerne une salle ; en fait 5 salles offrant un véritable trésor du passé. Mais il est inutile de se précipiter dans le château musée, vous trouverez certainement porte close... Ces salles sont en effet protégées, réservées, plus exactement dérobées au regard du public, et cela depuis plusieurs décennies... Elles furent malgré tout ouvertes durant la dernière exposition consacrée à Louis‑Philippe fin 2018. Difficile en effet d'occulter ce joyau qui fut tant choyé par le monarque...

    Alors que le public découvre certains pans occultes de notre Histoire suite au désastre de ND de Paris, les Salles des Croisades permettent de se replonger sur deux siècles tourmentés. Huit croisades vont effet se succéder entre 1096 et 1270 et marqueront l’Histoire de France et de l’Europe, des faits d’armes particulièrement violents qui sont aussi le symbole de l’intolérance religieuse et conquérante. Elles participèrent néanmoins à stabiliser le royaume de France en focalisant l’attention du peuple vers une quête lointaine et spirituelle. Elles contribuèrent aussi à développer les échanges entre l’Orient et l’Occident, apportant richesse et progrès.

    Quant à l'énigme de Rennes, il est maintenant sûr que les Croisades sont un axe de recherche majeur avec les Wisigoths et les Celtes. L'épisode des Chevaliers autour de Hugues de Payens entre 1102 et 1125 et surtout la chute de Saint-Jean-d'Acre sont autant d'évènements historiques qui trouvent parfaitement leur place dans la grande fresque des deux Rennes...

   Les Salles des Croisades furent exceptionnellement ouvertes à l'occasion
de l'exposition "
Louis‑Philippe et Versailles" qui s'est tenue au musée
entre le 6 octobre 2018 et le 3 février 2019

 


Le Château de Versailles recèle un trésor historique méconnu :
"Les Salles des Croisades"

 

 

 


Versailles ‑ localisation de la salle n° 5

 

   La Salle n° 5 représente sans aucun doute la pièce la plus décorée et la plus impressionnante du fait de son volume et du nombre important de tableaux et de boiseries luxueuses.
   Les murs de séparation ont été remplacés par des piliers couverts de blasons. La porte en cèdre et le mortier en bronze placés au milieu de la pièce proviennent de l'hôpital des Chevaliers de Saint‑Jean à Rhodes, des objets qui furent donnés en 1836 au roi Louis‑Philippe par le sultan Mahmoud. Les armoiries des principaux croisés depuis l'an 1096 jusqu'en 1557 décorent l'ensemble des plafonds, les poutres, les frises murales et les piliers.

   C'est ainsi que l'on trouvera dans cette salle les armes de la maison Hautpoul représentées par Pierre Raymond de Hautpoul et dont la descendance s'implanta à Rennes‑le‑Château. Les Hautpoul ont donc bien une histoire templière si l'on se fit à la présence des armoiries dans les Salles des Croisades.

   On trouve aussi des personnages célèbres tels que le roi Philippe Auguste, Richard Coeur de Lion, ou Hugues de Payens premier Grand‑Maître de l’Ordre du Temple...

 


La Salle n° 5 ‑ Elle est sans aucun doute la plus riche
et la plus remplie de symboles Templiers et Hospitaliers

 

    Alors que le musée de Versailles renferme des galeries de tableaux consacrés à représenter les batailles, les sièges, les principaux évènements de l'Histoire de France ; à reproduire les portraits des princes, des grands officiers de la couronne, des vaillants capitaines, des magistrats et des prélats illustres, il était naturel d'accorder une place toute particulière à la gloire dont se couvrirent les Croisés. Un emplacement d'honneur aux guerres saintes fut donc attribué à cette épopée qui eut une influence importante dans le commerce, l'industrie, les sciences et la civilisation, les épisodes les plus chevaleresques et les plus dramatiques de l'Histoire de France.

   On divisa les écussons en deux séries. Ceux de la première furent rangés comme à une place d'honneur ; sur les piliers qui partagent la salle transversalement. On les réserva pour les noms et les armes des princes souverains ou des seigneurs les plus puissants et les plus illustres. Cette série renferme 74 écussons appartenant à une cinquantaine de maisons, dont quatre ou cinq seulement existent encore.
   L'autre série placée sur les frises contient 242 écussons dont une cinquantaine portent le nom et les armes de familles encore existantes.

   Enfin des armoiries ont été peintes sur les boiseries du plafond. Des écus sans inscription sont ceux des principaux chefs des Croisades déjà représentés sur les piliers et qui se trouvent répétés là sans classification à titre de simple décoration.

 


La grande salle des Croisades

 

    Lorsque la galerie fut ouverte au public, beaucoup de familles dont les ancêtres avaient figuré dans les guerres saintes s'empressèrent de faire valoir leurs droits à l'admission de leur nom et de leurs armes. Une découverte vint encore augmenter le nombre des demandes puisque dans un cabinet de vieux titres on retrouva une collection d'actes originaux relatifs aux Croisades. Ces derniers purent confirmer de la manière la plus irrécusable la présence des aïeux des vieilles maisons nobles sous la bannière du Christ.

   Ces actes étaient pour la plupart des emprunts contractés par des seigneurs qui accompagnèrent les rois Philippe‑Auguste et Richard Coeur‑de‑Lion en Palestine en l'an 1190 et qui, ruinés par la longueur du siège de Saint‑Jean‑d'Acre, furent contraints d'emprunter de l'argent aux marchands de Pise et de Gènes, soit pour continuer la guerre, soit pour regagner l'Occident. D'autres actes étaient datés du camp devant Damiette et avaient été passés l'an 1218 dans des circonstances analogues. D'autres enfin appartenaient à la première croisade de Saint‑Louis, et avaient été passés soit à Limisso, soit en Égypte où les revers de la Massoure avaient jeté les seigneurs croisés dans la détresse ou dans les prisons.

 

 

    Il est très souvent admis dans le conscient collectif que les Français découvrirent les Templiers, les Ordres chevaleresques, et leurs mystères vers les années 1960. Pourtant, on est forcé de constater qu'il s'agit d'une fausse idée. En réalité, cette partie de l'Histoire de France qui fut mise en lumière au milieu du 19e siècle, a été par la suite occultée, oubliée, marginalisée, censurée, souvent pour des raisons politiques, historiques, ou religieuses. Le sujet devint absent jusqu'en 1960 où des pages de la chevalerie occidentale seront relues, revisitées. Des recherches sont menées. On vérifie à nouveau les actes, les dates, les noms, les armoiries, les archives, les récits laissés par nos ancêtres. La légende d'un trésor Templiers né peu à peu avec sa myriade de mystères.

   Paradoxalement, la fresque des Croisades qui aurait dû révéler un pan de la vraie nature de notre Histoire  glisse dans le romantisme chevaleresque et la caricature. On découvre "les Chevaliers de la Table Ronde" à la recherche du Graal. Les romanciers et les metteurs en scène s'emparent du filon et l'on ne compte plus les récits et les films autour des preux Chevaliers du Christ. Les "Monty Python" dont une série télévisée débute en 1969 et plus récemment "Kaamelott" sont la démonstration que le mythe est très populaire jusqu'à la dérision. Pourtant, ceci n'est qu'une façade. Ce chapitre historique volumineux cache un sujet complexe, douloureux, violent, occulte, secret. Le sujet serait‑il aujourd'hui moins sensible ? Moins réservé ? Il faut croire que non puisque les salles des Croisades sont toujours réservées à une élite...
  

 

La grande salle des Croisades ‑ Les armoiries  

 

    L'énumération ci‑dessous liste les blasons et les noms des personnages affichés dans la grande salle. Les listes sont ordonnées de façon chronologique en précisant l'année de participation aux Croisades (en rouge). Les noms sans blasons sont séparés par un "/". Les personnages connus du grand public ou cités dans l'affaire de Rennes sont en fond jaune.

 

Armoiries de Jérusalem.svg

1096Godefroy de Bouillon
roi de Jérusalem

Armoiries Vermandois.svg Hugues de France, surnommé le Grand, comte de Vermandois
Blason Ducs Bourgogne (ancien).svg

Eudes Ier de Bourgogne

Blason duche fr Normandie.svg Robert II de Normandie
   
Raymond V de Toulouse


   Raymond V de Saint‑Gilles, comte de Toulouse, prit la croix au concile de Clermont et partit à la tête de ses plus puissants vassaux. Fidèle à la croix jusqu'au bout et renonçant au gouvernement de ses riches cités de la langue d'oc, il accomplit le vœu qu'il avait fait d'achever sa vie en Palestine. Il mourut en 1105 dans un château près de Tripoli alors qu'il l'assiégeait. Armes de gueules, à la croix fléchée, vidée et pommetée d'or.
   
Baudouin Ier, roi de Jérusalem


   Baudouin Ier, roi de Jérusalem, frère de Godefroy de Bouillon, l'avait accompagné en Terre Sainte. Il se trouva aux sièges de Nicée et de Tarse et se détacha de l'armée des croisés pour aller conquérir la ville d'Edess en Mésopotamie. Après la mort de Godefroy de Bouillon, il fut reconnu roi de Jérusalem le 2 novembre 1100 et mourut en 1118 après un règne glorieux marqué par de nombreuses victoires et conquêtes importantes sur les infidèles. Armes de Jérusalem

Blason Nord-Pas-De-Calais.svg Robert II de Flandre   Tancrède de Hauteville (régent d'Antioche) / Adhémar de Monteil / Eustache III de Boulogne / Drogon, seigneur de Nesle et de Falvy / Garnier de Gray
Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg frère Gérard, recteur de l'hôpital de Saint‑Jean de Jérusalem   Alain IV de Bretagne, duc de Bretagne
Armoiries Bohémond d'Antioche.svg Bohémond, premier prince d'Antioche Blason région fr Champagne-Ardenne.svg Étienne de Champagne, comte de Blois.
Blason Bourgogne-comté ancien(aigle).svg Renaud II de Bourgogne et Étienne Ier de Bourgogne   Louis, fils de Thierry Ier de Montbéliard, comte de Bar
Armoiries de Jérusalem.svg Baudouin de Boulogne, roi de Jérusalem Blason fr Hainaut ancien.svg Baudouin II de Hainaut
Armoiries de Nassau 1.svg Henri d'Eu, 5e comte d'Eu et Lord d’Hastings Blason comte fr Aumale.svg Étienne d'Aumale
Blason Coucy-le-Chateau.svg Thomas de Coucy Blason ville fr Foix (Ariège).svg Roger II de Foix
Blason du Béarn.svg Gaston IV de Béarn Armoiries Lusignan.svg Hugues VI de Lusignan
Blason Vicomté Limoges Comborn.svg Raymond Ier de Turenne Blason Montpellier ancien.svg Raymond Pelet
Blason Grenier.svg Eustache d'Agrain, prince de Sidon et de Césarée, vice‑roi et connétable du royaume de Jérusalem Armoiries de Jérusalem.svg Baudouin de Rethel, dit du Bourg, depuis roi de Jérusalem
Armoiries Alençon-Bellême.svg Philippe d'Alençon, dit le Grammairien, comte d'Alençon Blason Comtes de Vendôme.svg Geoffroy III de Preuilly, dit Jourdain, comte de Vendôme † 1102 prisonnier des Arabes
Blason ville fr Chambellay (Maine-et-Loire).svg Rotrou III du Perche Ecu losangé d'or et de gueules.svg Guillaume V d'Angoulême
Fezensac blason.svg Astanove VII de Fezensac Blason Raymond IV des Baux.svg Raimbaud II d'Orange
Blason famille fr de Garlande.svg Gilbert, dit Payen de Garlande   Amanieu II d'Albret / Ithier II de Tocy et de Puisaye / Étienne et Pierre de Salviac de Viel‑Castel.
Blason Jean Jourdain, Comte de L'Isle-Jourdain (selon Gelre).svg Raymond Bertrand de l'Isle‑Jourdain Blason ville fr Saint-Pierre-de-Chandieu (Rhône).svg Guillaume Ier de Sabran
Blason famille Polignac.svg Héracle II de Polignac Blason ville & fam fr Choiseul (Haute-Marne).svg Roger de Choiseul
Blason Charles III de Créqui.svg Gérard II de Créquy

   Gérard sire de Créquy se distingua à la première Croisade en 1096 où il accompagna Godefroy de Bouillon. Baudouin de Créquy, seigneur de Bierbach, autre branche de cette maison, mourut en Palestine dans cette même croisade. Herman de Créquy, son petit fils, fit le voyage d'outre‑mer en 1190 et Henry de Créquy, son petit fils, accompagna Saint‑Louis a Damiette où il mourut en 1248. La maison ducale de Créquy, éteinte depuis près d'un demi‑siècle, avait pour armes parlantes : d'or, au créquier de gueules. Ils avaient pour devise « Nul ne s'y frotte ». Il faut remarquer l'armoirie et l'emblème, un créquier en forme de chandelier à 7 branches rappelant évidemment la Ménorah.
Blason de la maison de Châtillon.svg Gaucher Ier de Châtillon Armoiries Famille de Sablé.svg Robert de Nevers.
Seigneurs de Montpellier.svg

Guilhem V de Montpellier.

Blason ville fr Cluses.svg Guillaume de Briqueville.
  Foulques de Maillé. / Calo II de Caumont / Guillaume Ier, vicomte de Melun, Comté de Melun. / Guy de Tbieru, comte de Chalons‑sur‑Saône / Host du Roure / Jean et Colard de Houdetot / Raimbaud Creton, seigneur d'Estourmel / Pons et Bernard de Montlaur / Arnoul d'Ardres / Guillaume III, comte de Lyonnais et de Forez / Renaud de Pons / Hugues du Puy, seigneur de Pereins, d'Apifer et de Rochefort / Gérard de Bournonville / Aimery IV de Rochechouart / Adam de Béthune / Guy III de Laval / Raoul d'Escorailles / Girard Guinard, comte de Roussillon / Gérard de Chérizy / Pierre Ier de Castillon / Guérin de Rochemore / Eléazar de Montredon / Pierre et Pons de Chapteuil / Bernard de Saint‑Valéry / Philippe de Montgommery / Robert de Vieux‑Pont / Hugues II de Campdavaine, comte de Saint‑Pol / Anselme de Ribaumont / Gouffier de Lastours, dit le Grand, seigneur de Hautelbert / Manasses de Guines / Geoffroy II de Donzy / Guy de la Trémoille / Robert de Courcy / Renaud de Beauvais / Jean de Mathan / Guillaume Raymond / Guillaume de Pierre, seigneur de Ganges / Clairambault de Vandeuil / Guillaume Carbonnel de Canisy / Raoul de Beaugency
Pierre Raymond de Hautpoul 

    La grande salle réserve une surprise : la présence d'un écusson bien connu des passionnés de Rennes puisqu'il s'agit de celui de la maison Hautpoul (d'or, à deux fasces de gueules, accompagnées de six coqs de sable, la patte droite levée, crêtés et barbés de gueules). Parmi les seigneurs qui accompagnèrent en 1096 le comte de Toulouse à la Terre sainte, Pierre Raymond de Hautpoul est un de ceux qui acquirent le plus de gloire. Au siège d'Antioche le comte de Toulouse lui fournit plus d'une occasion de se distinguer en le mettant avec le vicomte de Castillon et d'autres seigneurs illustres, à la tête de l'avant‑garde. Il fut l'un des 60 chevaliers qui défendirent un pont contre l'armée des Sarrazins. Autre fait, il est mêlé à la découverte de la Sainte Lance à Antioche. En 1098, il mourut de la peste qui ravagea l'armée chrétienne maîtresse d'Antioche au mois de juillet 1098 et fut enterré devant la porte de l'église de Saint Pierre.

   En 1422, Pierre‑Raymond d'Hautpoul se marie à Blanche de Marquefave qui descend de la grande famille des de Voisins. Ceci permit d'apporter en dot à la famille d'Hautpoul, la baronnie de Rennes‑le‑Château. C'est ainsi qu'à cette date, la famille d'Hautpoul sera liée à la destinée du Haut‑Razès, abandonnant leur manoir situé au sud de Mazamet. Le château de Rennes commencé au XIIIe siècle va alors rester dans la famille pendant plusieurs siècles. C'est ainsi qu'en 1732, un descendant François d'Hautpoul épousa Marie de Négri d'Ablès, la célèbre marquise de Blanchefort.
Hugues de Saint‑Omer

    Hugues de Saint‑Omer, nommé de Saint Aldemar par quelques traducteurs de Guillaume de Tyr, fut un des seigneurs de France qui, après la prise de Jérusalem, s'établirent en Terre Sainte. Il eut en partage la seigneurie de Tibériade. Il porta secours à Baudouin Ier, roi de Jérusalem, retiré à Joppé après la bataille de Ramla en 1102. Guillaume de Tyr raconte qu'il remporta en 1102 une victoire sur les Sarrazins bien supérieurs en nombre. Ayant reçu quelques renforts, il les battit et les mit en fuite, mais il reçut une blessure dont il mourut. Armes d'azur à la fasce d'or.

Gérard Ier, comte de Roussillon


   
Gérard Ier, comte de Roussillon et successeur de Ghislebert. Il fut un des seigneurs qui accompagnèrent en Terre Sainte Raymond comte de Toulouse en 1096. Il se distingua au siège d'Antioche et fut présent à la prise de Jérusalem. Guillaume de Tyr le cite comme étant un des premiers dans la ville Sainte, à la suite de Godefroy de Bouillon. Il retourna dans le comté de Roussillon dès l'an 1100. Son sceau reproduit dans l'Histoire du Languedoc par D. Vaissète représente deux fermaux posés en pal.
Porcellets.svg Bertrand des Porcellets Blason Bures-sur-Yvette.svg Guillaume Ier de Bures, seigneur de Tibériade.
Blason de la ville de Ennetières-en-Weppes (59) Nord-France.svg Baudouin II de Gand, seigneur d'Alost. Cardaillac (de).svg seigneur de Cardaillac
Blason ville fr Marc-la-Tour (Corrèze).svg Géraud de Gourdon Blason Courtenay.svg 1099Josselin de Courtenay
 

Claude de Montchenu / Jourdain IV, sire de Chabannais et de Confolent / Robert de Sourdeval / Philippe de Montbel / Foulcher d'Orléans / Gauthier de Breteuil / Drogon ou Dreux de Monchy / Gérard de Gournay / seigneur de Barasc.

 

1100Guillaume IX de Guyenne, duc et comte de Poitiers

Blason comte fr Nevers.svg Guillaume II de Nevers
  Eudes Herpin, vicomte de Bourges. Blason famille fr Thouars.svg Herbert II de Thouars
 

1101 ‑ Bernard Aston, vicomte de Béziers / Baudouin de Grandpré / Hugues, dit Bardoul II, seigneur de Broyes

Armoiries Forez.svg

1102Guillaume VII d'Auvergne

 

baron de la Tour‑d'Auvergne / Jean de Murat / Arnaud d'Apchon

 

1103Guillaume de Castelnau

Blason Maison de Damas.svg

1106Robert de Damas

 

1107Robert de Montfort‑sur‑Rille

 

1109Raymond II, comte de Substantion et de Melgueil.

 

1111Pierre de Noailles

 

1112Gérard de Briord

Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1119 Raymond du Puy, maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
 

1120 Gauthier de Beyviers / Archéric de Corsant / Ulric de Baugé, seigneur de Bresse / Pernold de Saint‑Sulpis

1128

Hugues de Payns, premier Grand maître de l'Ordre du Temple

    Hugues de Payens est le premier Grand maître de l'Ordre du Temple. Il fonda avec huit autres chevaliers une confrérie militaire pour la défense des saints lieux et la protection des pèlerins. Ils prirent le nom de Templiers, du Temple de Salomon, près duquel ils s'étaient établis. Hugues de Payens se rendit à Rome avec Geoffrey de saint Ademar, un de ses compagnons, pour demander au pape Honorius III une règle et le titre d'Ordre religieux. Honorius en fit un Ordre régulier, dont le concile de Troyes confirma l'institution en 1128. Les armes du Temple données à son fondateur étaient d'argent, à la croix patée et alaisée de gueules.  

  1133Humbert III de Salins, dit le Renforcé, sire Blason pays fr FranceAncien.svg Louis VII le Jeune
Armoiries empereurs Hohenstaufen.svg Conrad III de Hohenstaufen, empereur d'Allemagne Blason région fr Champagne-Ardenne.svg 1146Henri Ier de Champagne, comte de Champagne et de Brie
Armoiries Bourbon Dampierre.svg Archambaud VI de Bourbon Blason Mathieu II de Montmorency.svg Thibaud de Montmorency
Armoiries Ponthieu.svg Guy II de Ponthieu  

Renaud de Joigny / Sebran Chabot / Rainaud V d'Aubusson

Blason de Coligny.svg Guerric de Coligny Blason fr Dauphiné Auvergne.svg Guillaume VII d'Auvergne
Blason ville fr Harcourt (Eure).svg Richard de Harcourt Blason Matthieu de Trie.svg Guillaume de Chaumont
  Hugues II de Montmorin Vaudemont Arms.svg Hugues Ier de Vaudémont
Armoiries Comtes Meulan.svg Galéran IV de Meulan  

Maurice de Montréal / Soffrey de Beaumont

Blason personnel be Gilles de Trazegnies dit le Brun.svg Gilles le Brun de Trazegnies, dit Gillion, seigneur de Trazegnies Du guesclin2.jpg Geoffroy Waglisp ou Gayclip, aïeul de Bertrand Du Guesclin
  Hugues V de Beaumont‑sur‑Vigenne Ventadour.svg Ebles III de Ventadour
  Ithier de Magnac Blason bulles oise fr.svg Manassès de Bulles
Armoiries Lusignan.svg Hugues VII de Lusignan   Geoffroy de Rancon
Blason Vicomté Limoges Comborn.svg Guy IV de Comborn, vicomte de Limoges.   Hugues Tyrel de Poix
Blason comte fr Nevers.svg Renaud de Tonnerre Armoiries Savoie 1180.svg 1148Amédée III de Savoie, comte de Maurienne et de Savoie.
  1149Bernard de Tramelay, grand maître de l'Ordre du Temple Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1177Roger de Moulins, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
Blason pays fr FranceAncien.svg 1190Philippe‑Auguste
Roi de France
Armoiries empereurs Hohenstaufen.svg Frédéric Barberousse, empereur d'Allemagne
Royal Arms of England.svg Richard Cœur de Lion
roi d'Angleterre
Blason Ducs Bourgogne (ancien).svg Hugues III de Bourgogne
Armoiries Brabant.svg Henri Ier de Brabant Blason Comtes fr de Clermont-en-Beauvaisis.svg Raoul Ier de Clermont en Beauvaisis, connétable de France
Blason Auxonne.svg Albéric Clément, seigneur du Mez, maréchal de France  

Jacques d'Avesnes / Dreux IV de Mello, connétable de France

Blason Maison de Sancerre.svg Étienne Ier de Sancerre, comte de Sancerre Armoiries de Wachtendonck.svg Raoul de Tilly
 

Guy IV de Senlis, seigneur de Chantilly / Adam III, seigneur de l'Isle / Raymond Aymery II, baron de Montesquiou / Clérembault, seigneur de Noyers / Jean Ier de Saint‑Simon / Guillaume de La Rochefoucault, vicomte de Châtellerault / Laurent du Plessis / Florent de Hangest / Hugues, seigneur de Vergy / Dreux II, seigneur de Cressonsart / André de Brienne, seigneur de Rameru / Aléaume de Fontaines / Osmond d'Estouteville / Mathieu III de Beaumont‑sur‑Oise.

Dienne.svg Léon de Dienne  

Juhel III de Mayenne / Hellin de Waurin

Blason famille walpot-Bassenheim.svg 1191 Henri de Walpot de Passenheim, premier grand maître de l'Ordre Teutonique Armoiries Famille de Sablé.svg Robert IV de Sablé, grand maître de l'Ordre du Temple
Armoiries Guy de Lusignan.svg Guy de Lusignan, roi de Chypre   1196Marguerite de France
(1158‑1197), reine de Hongrie.
  Enguerrand de Crèvecœur Blason Anduze.svg 1202Pierre de Bermond, baron d'Anduze
 

1202 ‑ La république de Venise / Geoffroi de Villehardouin / Simon III de Montfort / Renaud de Montmirail / Richard de Montbéliard / Eustache de Saarbruck / Eudes et Guillaume Ier de Champlitte / Eustache de Conflans / Guillaume d'Aunoy / Guigues III de Forez / Eudes, seigneur de Hain (ancien Vermandois) / Nicolas de Mailly / Baudouin d'Aubigny / Henri de Montreuil‑Bellay / Bernard III de Moreuil / Othon de La Roche, sire de Ray / Anselme de Cayeux / Enguerrand de Fiennes / Eustache de Cantcleu / Robert Mauvoisin.

Armes de Bousies Gauthier, seigneur de Bousies Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1207Garin de Montaigu, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
Armoiries Hongrie ancien.svg 1215André II de Hongrie   1217 Guillaume de Vismes
Comtes de Rodez.svg 1218Henri Ier, comte de Rodez et de Carlat Armoiries Milon IV de Bar (salle des croisades).svg Milon III de Bar‑sur‑Seine.
 

Grimaldus de Monaco / Savary Ier de Mauléon / Pierre de Lyobard / Jean d'Arcis‑sur‑Aube

Armoiries Brienne-Eu.svg 1221Jean de Brienne, roi de Jérusalem, puis un empereur latin de Constantinople
Blason Empire Latin de Constantinople.svg Pierre II de Courtenay, empereur latin de Constantinople Armoiries empereurs Hohenstaufen.svg 1228 ‑ Frédéric II du Saint‑Empire, empereur d'Allemagne
Armoiries Armand de Périgord.svg 1233Hermann ou Armand de Périgord, Grand maître de l'Ordre du Temple Blason pays fr FranceAncien.svg 1248Louis IX (Saint‑Louis)
roi de France
Artois Arms.svg Robert Ier d'Artois, frère de Louis IX Armoiries Alphonse Poitiers.svg Alphonse de Poitiers
Blason comte fr Anjou.svg Charles de France, comte d'Anjou Blason Ducs Bourgogne (ancien).svg Hugues IV, duc de Bourgogne.
Blason Courtenay Champignelles.svg Pierre de Courtenay Blason famille fr du Merle.svg Foulques du Merle, ancien gouverneur de Robert d'Artois frère du roi
Blason Pierre Ier de Bretagne.svg Pierre de Dreux, dit Mauclerc, duc de Bretagne Blason Joinville 52.svg Jean de Joinville
Armoiries Bourbon Dampierre.svg Archambaud IX de Dampierre, sire de Bourbon Blason ville fr Beaujeu (Rhône).svg Humbert de Beaujeu, seigneur de Montpensier, connétable de France
Armoiries seigneurs Montfort.svg Aymery VI de Montfort‑l'Amaury, connétable de France Blason Hugues X de Lusignan.svg Hugues XI, dit le Brun, sire de Lezignem, comte de la Marche
 

Henri Clément, maréchal de France / Guillaume de Beaumont‑au‑Maine, maréchal de France / Mathieu, seigneur de Roye / Pierre Freslon / Gilles de Rieux / Boson de Talleyrand, seigneur de Grignols / Gaston de Gontaut‑Biron / Roland de Cosse / Henri de Boufflers / Jean Ier d'Aumont / Geoffroy V de Châteaubriant / Olivier de Termes / Gauthier, vicomte de Meaux / Arnaud de Villeneuve / Hélie de Bourdeilles / Jean de Beaufort en Artois / Guérin de Chàteauneuf de Randon, seigneur d'Apchier / Gaubert d'Aspremont / Philippe II, seigneur de Nanteuil, du Plaissier, de Pomponne et de Lévignem / Geoffroy de Sargines / Hugues de Trichâtel, seigneur d'Escouflans / Josseran de Brandon / Roger de Brosse, seigneur de Boussac / Thibaut VI, comte de Champagne, roi de Navarre / Pierre de Villebon, grand chambellan de France / Gautier IV de Brienne, comte de Jaffa / Hugues Bonafos de Teyssieu / Jacques de Saulx / Henri le Roucy, seigneur de Thosny et du Bois.

Blason pays fr FranceAncien.svg 1270 Philippe III le Hardi
roi de France
Blason comte fr Valois.svg Jean Tristan de Nevers
Blason comte fr Valois.svg Pierre d'Alençon Blason famille fr Lévis.svg Guy III de Lévis
maréchal de Mirepoix
  Astorg d'Aurillac, baron d'Aurillac et vicomte de Conros / Anselme de Torote, seigneur d'Offemont / Guillaume III de Melun / Raoul II Sores, sire d'Estrées, maréchal de France / Thibaut de Marly, seigneur de Mondreville / Lancelot de Saint‑Maard, maréchal de France / Guillaume V du Bec Crespin, maréchal de France / Héric de Beaujeu, maréchal de France / Renaud de Pressigny, maréchal de France / Florent de Varennes, amiral de France
Blason Mathieu II de Montmorency.svg Mathieu III de Montmorency Blason Gui VII de Laval.svg Guy VIII de Laval
Blason Blois-Châtillon.svg Guy de Blois‑Châtillon, comte de Blois  

Jean de Rochefort / Prigent VII de Coëtivy

 

Bernard II de La Tour‑d'Auvergne / Jean Ier de Grailly / Philippe d'Auxy / Bernard de Pardaillan / Jean de Sully / Guy de Tournebu / Aubert et Baudouin de Longueval / Raoul et Gauthier de Jupilles / Macé de Lyons.

 

1288 Jean III de Saint‑Mauris‑en‑Montagnee / Guillaume de Montjoyee

  1298Jacques de Molay, dernier grand maître de l'Ordre du Temple.
Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1310 ‑ Foulques de Villaret, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1319 ‑ Hélion de Villeneuve, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1346 ‑ Dieudonné de Gozon, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1365 ‑ Raymond Bérenger, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
John the Fearless Arms.svg 1396 ‑ Jean Ier de Bourgogne (Jean‑sans‑Peur), comte de Nevers, depuis duc de Bourgogne   Jean de Vienne, amiral de France
Boucicaut.svg Jean II Le Meingre, dit Boucicault, maréchal de France Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1397 ‑ Philibert de Naillac, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1437 ‑ Jean de Lastic, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1476Pierre d'Aubusson, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1503 Emery d'Amboise, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem. Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1514 Fabrizio del Carretto, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1521 Philippe de Villiers de L'Isle‑Adam, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1557Jean de Valette, Grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem


La grande salle n°5 entièrement recouverte de boiseries, d'armoiries et de peintures

 

Au centre, une statue en albâtre et plâtre...
Celle de Philippe de Villiers de L'Îsle‑Adam (1464‑1534)
42ème Grand‑Maître de l'Ordre de Saint‑Jean
de Jérusalem, devenu l'Ordre de Malte

p
ar Saint‑Evre

   Élu Grand‑Maître en 1521, il fut obligé de rendre l'île de Rhodes au sultan Soliman en 1522 et se retira dans l'île de Candie. Il transporta en 1530 le siège de l'Ordre dans l'île de Malte qu'il obtint de Charles‑Quint, et y mourut le 22 août 1534 à 70 ans.
   Le priant d'albâtre placé autrefois dans l'église Sainte‑Marie du Temple à Paris, fut recueilli à la Révolution française par Alexandre Lenoir dans le musée des Monuments français. Entièrement restaurée, la statue trône aujourd'hui au centre de la grande salle des Croisades, dos à la porte de Rhodes. Le piédestal viendra compléter l'oeuvre en 1843.

 



Le priant de Philippe de Villiers de L'Isle‑Adam en 1521 (artiste inconnu)

Le piédestal a été réalisé par
Jean‑Baptiste Plantar et orné
des armes du Grand‑Maître
de l'Ordre de Malte

 

 
Philippe de Villiers de L'Isle‑Adam en 1521
42ème Grand‑Maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem

 

   On rapporta même dans cette salle les portes de l'hôpital des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem depuis l'ile de Rhodes.

    Elles furent données au roi Louis Philippe par le sultan Mahmud II en 1835 lors du séjour du prince de Joinville sur l'île de Rhodes, possession ottomane depuis le XVIe siècle.

   Au sommet de chaque battant, un ange ailé tient un blason où les armes de l’Ordre sont écartelées avec celles du Grand‑Maître du moment, Aimery d’Amboise (1503‑1512)

La porte de Rhodes

 

    Parvenues à Versailles dans un très mauvais état, elles furent restaurées par Jean‑Baptiste Plantar entre novembre 1837 et février 1838. Les portes sont sculptées sur bois de cèdre et permettent d'apprécier les motifs extrêmement travaillés, une démonstration du savoir faire des compagnons artisans de l'époque et des restaurateurs. 

 

 
Détails sculptés de la porte de Rhodes

La grande salle des Croisades et ses tableaux

 

 

Pierre l'Ermite en 1115
par Joseph Léon de Lestang‑Parade 1838

    Pierre l’Ermite (1053‑1115), Pierre L’Hermite, Pierre d’Amiens ou Pierre d'Achères, est un religieux français du XIe siècle qui prêcha la croisade après l’appel d’Urbain II au concile de Clermont et qui prit ensuite la tête d’une des principales croisades populaires de 1096. Il échappa au massacre des croisés de Civitot, rejoignit la croisade des barons, la suivit jusqu’à Jérusalem, et disparut au moment de la prise de la ville. Né d'une famille noble du diocèse d'Amiens, il fit le pèlerinage de Jérusalem, et à son retour entraîna l'Europe à la délivrance de la Terre Sainte. Après la prise de Jérusalem, il se retira à Huy aux environs de Liège, et y fonda le monastère de Neumoutiers où il mourut le 7 juillet 1115. Le détail du visage montre la grande qualité artistique de l'oeuvre picturale.

 

Adhémar de Monteil
évêque du Puy

par Merry‑Joseph Blondel

   Il commande avec Raymond, comte de Toulouse, les Croisés du midi de la France. Son titre de légat apostolique en fit en quelque sorte le chef spirituel de la croisade. Il meurt à Antioche en 1098.

   Il est représenté en pied, tenant sa crosse de la main droite et une épée de la main gauche, une représentation peu banale. En fait, le tableau met en relief le pouvoir à la fois religieux et militaire de l'Ordre des Croisés.

   Clerc d'origine noble, évêque du Puy (1087), pèlerin de Terre sainte, Adhémar de Monteil joua un rôle essentiel dans la préparation de la première croisade grâce à la connaissance qu'il avait de la situation en Orient. Le pape Urbain II le nomma légat et lui confia la direction de l'entreprise, lui adjoignant comme chef militaire le comte de Toulouse, Raymond de Saint‑Gilles, que d'autres initiatives, comme celles de Bohémond ou de Godefroy de Bouillon, privèrent rapidement de sa prééminence.

   Le légat demeura donc la seule autorité incontestée de la croisade : habile diplomate, Adhémar en profita pour assurer la difficile cohésion des barons. Il mourut lors d'une épidémie, pendant le siège d'Antioche.

 

Adhémar de Monteil annonce la nomination de Raymond IV de Saint‑Gilles, comme chef militaire de l'armée provençale de la Première Croisade en 1095
par Labouchère Pierre‑Antoine (1807‑1873)

   Adhémar de Monteil, évêque du Puy et légat du pape Urbain II, annonce la nomination de Raymond IV de Saint‑Gilles, comte de Toulouse, comme chef militaire de l'armée provençale de la Première Croisade en novembre 1095.

 

 

Godefroy de Bouillon, roi de Jérusalem
par Émile Signol

   Après avoir servi en Allemagne et en Italie dans les armées de l'empereur Henri IV, Godefroy de Bouillon, duc de la basse Lorraine, est un des chefs de la croisade contre les Infidèles, résolue en 1095 dans le concile de Clermont en Auvergne sous le pape Urbain II. Élu roi de Jérusalem quelques jours après la prise de la ville, le 25 juillet 1099, il refuse le titre de roi pour celui, plus humble, d'avoué du Saint‑Sépulcre. Il y meurt à l'âge de 40 ans, le 18 juillet 1100. Il est représenté à cheval, montrant aux Croisés la ville de Jérusalem.

   À noter que Godefroy de Bouillon est également représenté victorieux dans un tableau très étrange suspendu dans l'église Saint‑Roch à Paris, cette même église où se trouve une représentation réaliste de l'Arche d'Alliance. On y voit Godefroy de Bouillon s'emparant de Jérusalem et un ange lui proposant la couronne de la ville devenue chrétienne. Godefroy de Bouillon la refuse, mais un détail surprend. Alors qu'il se refuse à devenir roi dans la ville du Christ, il est représenté dans un costume mérovingien avec la couronne christique sur la tête. Et pour surenchérir le message, son visage se rapproche de celui de Jésus. En réalité ce symbole nous amène à une autre affaire, celle de l'ascendance de Godefroy de Bouillon, de sa supposée relation avec la lignée mérovingienne, et surtout de sa supposée appartenance à une certaine lignée christique...

 

 

Baudouin Ier, roi de Jérusalem en 1100
par Merry‑Joseph Blondel

   Frère de Godefroy de Bouillon, il l'accompagna en Terre Sainte, se trouva aux sièges de Nicée et de Tarse, et s'empara de la ville d'Edesse dont il fut reconnu comte. Après la mort de son frère, il fut élu roi de Jérusalem en 1100 et prit aux musulmans Ptolémaïs, Beryte et Sidon. Il mourut en 1118 à Laris en traversant le désert.

 

 

Tancrède, prince de Tibériade en 1100
par Merry‑Joseph Blondel 1840

   Tancrède de Hauteville naquit vers 1072 ou 1075 et mourut à Antioche le 12 décembre 1112. Tancrède est un chevalier normand d'Italie méridionale, membre de la maison de Hauteville, qui participa à la première croisade avant de devenir prince de Galilée et régent de la principauté d'Antioche.
   Tancrède accompagna en Terre Sainte son cousin Bohémond, et se trouva aux sièges de Tarse, d'Antioche et de Jérusalem. Godefroy de Bouillon lui donna en 1100 la principauté de Tibériade. Les exploits presque fabuleux de Tancrède sont célébrés dans un poème de son écuyer Raoul de Caen qui a pour titre Gestes de Tancrède. Ses exploits héroïques sont également chantés par Le Tasse dans La Jérusalem délivrée.

 

 

Hugues de France, comte de Vermandois
par Henri de Caisne

   Il est fils de Henri Ier, roi de France, et se croise en 1095. Ses exploits au siège de Nicée en 1097, et à celui d'Antioche en 1098 lui méritent le surnom de Grand. Il se croise de nouveau en 1101, se signale à la bataille d'Héraclée, et meurt le 18 octobre 1101, à Tarse en Cilicie, des suites de ses blessures.

 

 

Robert III, surnommé Courteheuse, Duc de Normandie
par Henri de Caisne vers 1843

   Duc de Normandie en 1087 à la mort de son père Guillaume‑ le‑Conquérant, il est un des premiers princes français qui prirent la croix et se signala dans tous les combats de la première croisade. Il revint en 1111 prendre possession de son duché et entreprit de s'emparer du royaume d'Angleterre occupé par son frère Henri Ier. Il mourut prisonnier dans le château de Cardiff le 10 février 1134, après 28 ans de captivité.

 

 

Robert II, dit le lérosolymitain, comte de Flandre
par Henri de Caisne vers 1843

   Il succéda à son père en 1093 et prit part à la première croisade en 1095, ce qui lui fit donner le surnom de lérosolymitain. Il refusa la couronne de Jérusalem. De retour dans ses états en 1100, il participa en 1107 dans la ville de Douai à un siège contre l'empereur Henri V, s'allia en 1111 avec Louis‑le‑Gros contre Henri Ier, roi d'Angleterre, et l'aida à battre les Anglais devant Gisors. Ils firent ensemble le siège de Meaux lorsque le pont sur lequel Robert II combattait se rompit ; il tomba dans la Marne et y périt le 4 décembre 1111.

 

 

Prédication de la première Croisade à Clermont
en Auvergne, en novembre 1095

   Ce tableau sera remplacé provisoirement par une tapisserie des Gobelins, représentant la bataille de Toloza entre les Espagnols et les Maures en 1212, exécutée d'après un tableau de M. Horace Vernet, exposé au Salon de 1817.

 


La bataille de Toloza entre les Espagnols et les Maures en 1212
par Horace Vernet, exposé au Salon de 1817  

 

   Ému par le récit des vexations subies par les pèlerins en Orient en 1095, le pape Urbain II prend l'initiative de la première croisade et pour la prêcher, convoque un concile à Clermont en Auvergne. Là, devant une immense assemblée d'évêques, le pape appelle à la croisade. Des milliers de chevaliers font aussitôt serment de partir pour la Palestine. Des prédicateurs ambulants propagent l'appel du pape parmi la population. En France, le plus célèbre de ces prédicateurs est un moine picard appelé Pierre l'Ermite.

 

 

Tancrède, prince de Tibériade, prend possession
de Bethléem le 6 juin 1099

par Pierre Henri Révoil en 1839
Commandé par Louis‑Philippe pour 2400 francs

   Les Croisés étant entrés dans la petite ville d'Emmaus, Godefroy de Bouillon envoie Tancrède, prince de Tibériade, à la tête de 100 cavaliers pour prendre possession de Bethléem. La bannière de la Croix flotte bientôt dans ces murs où était né le Sauveur.

 

 

 

Tancrède, prince de Tibériade
au mont des Oliviers en 1099
par Emile Signol

Tancrède de Hauteville combattant sur le mont des Oliviers...

 

 

 

Arrivée des Croisés devant Jérusalem en 1099
par Émile Signol (1880)

 

Procession des Croisés autour de Jérusalem
le 14 juillet 1099

par Jean‑Victor Schnetz et exposé au salon de 1841

   La veille de la prise de Jérusalem, les Croisés font une procession autour de la ville. Pierre l'Ermite, évoquant devant eux le souvenir de chacun des saints lieux que foulent leurs pas, enflamme leur foi et leur enthousiasme, et l'assaut a lieu le lendemain.

 

 

 

Godefroy de Bouillon et les premières assises
du royaume de Jérusalem en janvier 1100

par Jollivet Pierre‑Jules (1794‑1871) créé en 1839

   Au commencement de l'année 1100, Godefroy de Bouillon convoque à Jérusalem les assises générales du royaume. Baudouin, conquérant d'Edesse, Bohémond, prince d'Antioche, Raymond de Saint‑Gilles, seigneur de Laodicée, les seigneurs de Jaffa, de Ramla, de Tibériade, et tous les autres grands feudataires se rendent à cette assemblée d'où sort un des monuments les plus complets de la législation féodale.

 

 

Raymond Dupuy, premier Grand‑Maître en 1121
de l'Ordre de Saint‑Jean‑de‑Jérusalem
par Alexandre Laemlein 1842

   Raymond Dupuy remplaça Gérard dans la préfecture de l'hôpital en l'an 1121. Il fit de nouvelles institutions pour perfectionner la règle que Gérard avait établie ; elles furent confirmées en 1123 par le pape Calixte II, et en 1130 par Innocent II. Raymond Dupuy suivit Baudouin II dans ses guerres contre les infidèles... « et depuis ce temps, dit Moréri, il n'y eut aucune expédition ni aucun combat où les chevaliers de cet Ordre ne se trouvassent ». Il mourut vers 1160.

 

 

Institution de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
le 15 février 1113

par Henri Decaisne 1841

   Vers le milieu du XIe siècle, quelques pèlerins s'associèrent pour fonder l'hôpital de Saint‑Jean et y donner en commun leurs soins aux pauvres et aux malades. Gérard Le Pieux, de la petite île de Martigues en Provence, est sous le titre modeste de maître de l'Hôpital, le premier chef de cette association. Plus tard, après la conquête de Jérusalem, Raymond Du Puy, gentilhomme dauphinois qui succéda à Gérard, conçut la pensée de rendre aux hospitaliers les armes que la plupart quittèrent pour se vouer à leur mission de charité. Le chapitre de l'Ordre ayant été convoqué dans l'église Saint Jean, Raymond Du Puy fit part à ses frères de sa généreuse proposition. Les hospitaliers reprirent avec un pieux enthousiasme leurs épées qu'ils s'engagent à ne tirer que contre les ennemis de la foi. C'est ainsi que, dans ces premiers jours de l'Ordre de Saint‑Jean, on vit les mêmes hommes, fidèles à leur double mission, tour à tour veiller au lit des malades et monter à cheval pour combattre les Infidèles.

    Le tableau représente l'institution officielle de l'Ordre des Chevaliers Hospitaliers de Saint‑Jean de Jérusalem dans l'église de l'hôpital Saint‑Jean le 15 février 1113. Baudoin Ier, roi de Jérusalem, donne l'investiture à Gérard Le Pieux, premier Grand maître.

 

 

Prise de Tyr en 1124
Par Alexandre‑François Caminade

   L'arrivée d'une flotte vénitienne sur les côtes de Syrie fournit aux Croisés l'occasion et les moyens d'attaquer l'ancienne ville de Tyr. Ni l'approche d'une armée ennemie qui vient de Damas au secours de la ville, ni la marche des Égyptiens sur Jérusalem ne peuvent arracher aux chrétiens leur proie : la bannière du roi de Jérusalem alors prisonnier des Infidèles flotte avec le lion de Saint‑Marc sur les murs de Tyr. Le comte de Tripoli, accompagné du doge de Venise et du patriarche de Jérusalem, reçoit les clés de la ville.

 

 

Hugues de Payens, premier Grand‑maître
de l’Ordre du Temple en 1136

Par Henri Lehmann 1841

   Hugues II de Payns est un chevalier champenois, fondateur et premier Grand maître de l'Ordre du Temple. Il naquit en 1070 et mourut en Orient en 1136.
   Lors de la croisade prêchée par le pape Urbain II en 1095, Hugues de Payns organise en 1119 la milice des Pauvres Chevaliers du Christ au service des chanoines du Saint‑Sépulcre à Jérusalem. Cette confrérie sera fondée avec huit autres chevaliers et aura pour objectif officiel la défense de la Terre‑Sainte, prenant son nom du Temple de Salomon. En 1129, cette milice se transformera en ordre monastique et militaire et deviendra l'Ordre du Temple.  

 

 

Quelques chevaliers près du Temple...

   En 1099 au lendemain de la prise de Jérusalem, lors de la première croisade, Godefroy de Bouillon est « avoué du Saint Sépulcre » et ne dispose que de 300 chevaliers et 2000 soldats pour préserver la sécurité des territoires troublés et instables aux abords du Sinaï, de la Méditerranée et du Jourdain. Le brigandage prend pour cible les pèlerins. Or, fait étrange, en 1104 deux chevaliers, Hugues de Payns et Hugues de Champagne, effectuèrent un pèlerinage en Terre Sainte puis repartirent trois ans plus tard sans aucune explication. Puis, en 1114, neuf chevaliers présentent leur intention à Beaudoin Ier, roi de Jérusalem et frère ainé de Godefroy de Bouillon. Leur souhait est de protéger les pèlerins engagés sur la route du Saint‑Sépulcre.
   En 1116, soit deux ans plus tard, le comte Hugues Ier de Champagne retourne sur ses terres et rejoint l’Ordre du Temple en 1125. Or, ce retour coïncide avec la création de l’abbaye de Clairvaux, celle où un moine célèbre, Bernard de Clairvaux, devint abbé. Mieux, elle est construite sur une terre donnée par le comte de Champagne au moine. Il faut croire que tout est orchestré, préparé et planifié. Que firent les autres chevaliers restés sur place à Jérusalem durant plusieurs années ? Se préparaient‑ils à guerroyer pour sécuriser les chemins ? Aucun fait d’armes ne le rapporte. Car un autre constat va déclencher le mythe : leur campement en accord avec Beaudoin Ier est situé sur l’emplacement exact du Temple de Salomon, un lieu historique et symbolique de premier plan qui leur donna le nom de Templiers.
   Des recherches archéologiques permettront d’ailleurs de retrouver des outils et des vaisselles abandonnés par les Croisés dans les galeries souterraines creusées sous le Temple. Il est admis aujourd’hui que certainement d’autres chevaliers participèrent à l’expédition, mais neuf furent particulièrement impliqués dans la mystérieuse mission et leur nom revient fréquemment dans les récits : Hugues de Payns, Hugues Ier de Champagne (1102‑1125), Godefroy de Saint‑Omer, Archambaud de Saint‑Amand, Payen de Montdidier, André Montbard, Geoffroy Bissol, Gondemar et Roral
.

 


Baudouin II cédant une partie de son palais de Jérusalem
à Hugues de Payns et Geoffroy de Saint‑Omer

 

   En janvier 1120, Baudouin II convoque le concile de Naplouse. Sous l'impulsion d'Hugues de Payns et de Godefroy de Saint‑Omer, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon est créée. Elle a pour mission de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d'Occident depuis la reconquête de Jérusalem et de défendre les États latins d'Orient. La milice s'installe sur le Mont du Temple, dans une aile du palais de Baudouin, l'ancienne Mosquée al‑Aqsa, construite sur les ruines d'un ancien temple, dans lesquelles les Croisés pensent avoir retrouvé les ruines du Temple de Salomon. Les membres de la milice deviennent peu à peu les Chevaliers du Temple dit les Templiers.

 

Institution de l'Ordre du Temple en 1128
Par François Marius Granet en 1840

   Au même moment où l'Ordre des Hospitaliers commence sa glorieuse mission, 9 chevaliers français fondent une autre confrérie militaire consacrée à la défense des saints lieux et à la protection des pèlerins qui venaient les visiter. Établis près du Temple de Salomon ils en tirent leur nom de Templiers. Hugues de Payns et Geoffroy de Saint‑Aldemar se rendirent à Rome et demandèrent au pape Honorius III une règle et le titre d'Ordre religieux. La règle leur fut donnée par saint Bernard, et le concile de Troyes en 1128 autorisa l'institution de l'Ordre des pauvres soldats du Temple de Salomon.

 

 

Le pape Eugène III reçoit les ambassadeurs
du roi de Jérusalem en 1145

Par Hortense Haudebourt‑Lescot en 1840

   Après la prise d'Edesse par le sultan Zenghi, en 1144, Baudouin III, roi de Jérusalem, envoie au pape une ambassade que conduit l'évêque de Cabale. Eugène III la reçoit à Viterbe et appelle aussitôt les princes d'Occident à une nouvelle croisade.

 

 

Louis VII le Jeune, Roi de France, en 1147
Par Émile Signol (1804‑1892)
Le tableau a été commandé pour 1500 francs le 11 novembre 1840

   Louis VII, le jeune, roi de France en 1137 (1120‑1180), est représenté en croisé en 1147. Le roi est ici en pied tenant son sceptre de la main droite et l'oriflamme de la main gauche.

 

 

Henri 1er, dit le Libéral
Comte palatin de Champagne et de Brie en 1147

par Henri Decaisne (1799‑1852) en 1844

   N'étant que comte de Meaux, il accompagna en 1147 le roi Louis VII à la croisade et y demeura jusqu'après le siège de Damas en 1148. Il revint alors en Europe et à la mort de son père Thibaud IV en 1152, lui succéda au comté de Champagne. En 1178, Henri se croisa de nouveau et mourut à Troyes le 17 mars 1181, sept jours après son retour de la Terre Sainte.

 

 

Saint Benoit de Nursie (Saint Bernard)
premier abbé de Clairvaux en 1143

Par Léon de Lestang‑Parade (1810‑1887) en 1841
d'après Turchi Alessandro (1578‑1649)

   Saint Benoit de Nursie, anciennement identifié comme Saint Bernard, premier abbé de Clairvaux vers 1090‑1153. Il entra en 1113 à l'âge de 23 ans à l'abbaye de Citeaux qui avait été fondée dans l'année 1098. Ordonné abbé en 1115, il est le premier abbé de Clairvaux ; défenseur de l'église. Il combattit les novateurs, fit condamner en 1140 au concile de Sens, le schisme d'Abeilard, et se déclara contre le moine Raoul qui demandait le massacre des Juifs. Saint Bernard prêcha en 1143 la deuxième croisade en France et en Allemagne. Il mourut à l'abbaye de Clairvaux, le 20 août 1153.

 

 

Prise de Lisbonne le 25 octobre 1147
Par Auguste‑François Desmoulins 1840

   Au commencement du mois de juin 1147, les Croisés entrent dans le Tage, et vont secourir Alphonse, roi de Portugal, fils de Henri de Bourgogne, qui assiège alors Lisbonne. Les musulmans résistent plus de quatre mois, et ce n’est que le 25 octobre qu'Alphonse vainqueur entre dans sa nouvelle capitale.

 

 

Louis VII de France le Jeune force le passage
du Méandre en 1148

Par Tony Johannot en 1842

   L'armée française traverse l'Asie Mineure pour se diriger sur la Syrie, lorsqu'elle rencontra les Turcs sur les bords du Méandre. Louis VII le Jeune protégea alors le passage de son armée en se lançant à toute bride contre ceux des Turcs qui assaillaient les siens par-derrière ; il les poursuivit jusque dans les montagnes, et selon l'expression d'Odon de Deuil, les deux rives du fleuve furent semées de cadavres ennemis.

 

 

Louis VII le Jeune dans les défilés de Laodicée
en Syrie en 1148

Par Antoine Félix Boisselier en 1840

   En sortant de Laodicée, les Français se sont engagés imprudemment dans un défilé où les Turcs surprennent leur armée, et du haut des montagnes l'écrasent malgré une longue et héroïque résistance. Dans cette mêlée, le roi perd son escorte et est poursuivi par un grand nombre d'ennemis qui se jettent après lui pour s'emparer de sa personne, tandis que d'autres, plus éloignés, lui tirent des flèches. Mais, monté sur un rocher et adossé à un arbre, sa cuirasse le préserve de l'atteinte des flèches, et avec son glaive tout sanglant il fit tomber, dit Odon de Deuil, les mains et les têtes de beaucoup d'ennemis. Enfin ceux‑ci, qui ne le connaissaient pas, voyant qu'il serait difficile de le saisir, et craignant qu'il ne survînt d'autres combattants, renoncèrent à l'attaquer et s'éloignèrent.

 

 

Assemblée des Croisés à Ptolémaïs
(Saint-Jean-d'Acre) en 1148

Par Charles Alexandre Debacq en 1839

   Une grande assemblée ayant été convoquée à Ptolémaïs pour y décider les moyens de raffermir le trône de Jérusalem, l’empereur Conrad, Louis VII le Jeune, roi de France, le jeune roi de Jérusalem, Baudouin III, s'y rendent accompagnés de leurs barons et de leurs chevaliers. Les chefs du clergé y siègent avec toutes les pompes de l'église, et la reine Mélisende, avec la marquise d'Autriche, viennent assister aux délibérations. On y résout le siège de Damas.

 

 

Prise d'Ascalon en 1152
par Sébastien‑Melchior Cornu en 1841
Commandé pour 1500 francs le 6 juillet 1838

    Baudouin III ayant résolu de s'emparer d'Ascalon, tous les barons du royaume de Jérusalem accoururent sous sa bannière, le patriarche à leur tête, avec la vraie croix de Jésus‑Christ. Le siège dura plus de deux mois. Les machines de guerre des Croisés furent un jour livrées aux flammes par les musulmans ; mais le vent du désert poussa l'incendie contre ceux qui l'avaient allumé. Cette circonstance détermina la reddition de la ville, et Baudouin vit arriver dans sa tente des messagers qui demandaient en suppliant à capituler. Peu d'heures après, on vit l'étendard de la croix flotter sur les tours d'Ascalon.

 

 

Bataille de Buthaha en 1159
par Eloi Firmin Féron 1841

   Le sultan de Damas ayant franchi le Liban pour descendre en Palestine, Baudouin le bat dans une sanglante bataille à Putaha, entre le Jourdain et le lac de Sonnaserh. Plus de 6000 Infidèles demeurent sur la place, sans compter les blessés et les prisonniers.

 

 

Marguerite de France mène les Hongrois
à la croisade en
1196
par Édouard Henri Théophile Pingret

   Marguerite de France, sœur de Philippe‑Auguste, et reine de Hongrie, conduit elle‑même ses peuples à la Croisade. Après la mort du roi Bêla, son époux, la princesse fit le serment de ne vivre que pour Jésus‑Christ, et de finir ses jours dans la Terre‑Sainte.

 

 

 

Prise de Constantinople le 12 avril 1204
par Eugène Delacroix en 1852

   Baudouin, comte de Flandre, commande les Français qui avaient donné l'assaut du côté de la terre, et le vieux doge Dandolo, à la tête des Vénitiens et sur ses vaisseaux, avait attaqué le port. Les principaux chefs parcourent les divers quartiers de la ville, et les familles éplorées viennent sur leur passage invoquer leur clémence.

 

 

Baudoin 1er, empereur de Constantinople

   Baudouin Ier
, premier empereur latin de Constantinople, né à Valenciennes en 1171, était d'abord comte de Hainaut et de Flandre sous le nom de Baudouin IX et se croisa en 1200. Le comte entend alors prédication à la croisade d’Erluin et de Pierre de Roussy, envoyés en Flandre par le pape. Baudouin IX et son épouse Marie de Champagne prennent alors solennellement la Croix le en l’église St‑Donat de Bruges, suivis par une foule de chevaliers flamands. Baudouin prend, avec Thibaud de Champagne, Louis de Blois et Hugues IV de Campdavaine la tête de l’expédition. Avant le départ, il confie à son frère Philippe, comte de Namur, la régence de Flandre.
   Il établit sur le trône de Constantinople Alexis IV, fils d'Isaac‑l'Ange ; ces deux princes étant morts, il se fit proclamer lui‑même empereur en 1204. Il indisposa les Grecs par ses mépris ; les mécontents appelèrent à leur secours Joannice, roi des Bulgares, qui vint l'attaquer pendant qu'il assiégeait Andrinople.

   Le 15 avril 1205, les Francs sont battus devant Andrinople, le comte de Blois est tué, et Baudouin est fait prisonnier selon Geoffroi de Villehardouin.
   Mais si l’on en croit un autre chroniqueur, Nicétas Khoniatès, Baudouin aurait été détenu à Tarnovo en Bulgarie, puis aurait été abandonné dans une vallée pieds et mains coupées, et serait mort après une agonie de trois jours. Cette version est contestée, et il est plus probable que l’empereur flamand soit mort en prison en juillet 1205. L'historien byzantin Georges Acropolite prétend que son crâne fut transformé en coupe à boire par Kaloyan.

 

 

Prise de Damiette en 1219
par Henri Delaborde 1839

   Les Croisés, commandés par Jean de Brienne, vont mettre le siège devant Damiette vers la fin du mois de mai de l'année 1218. Ce siège ne dure pas moins de 18 mois. Dans les premiers jours de novembre de l'année suivante, un dernier assaut livre la ville aux assiégeants.

 

 

 

Louis IX (Saint‑Louis), Roi de France, en 1226
par Émile Signol 1844

    Tableau peu connu de Saint‑Louis représenté ici à cheval au moment de son débarquement en Égypte.

 

 

Robert de France, Comte d'Artois, en 1250
par Henri Decaisne

   Il suit le roi Saint‑Louis, son frère, à son premier voyage d'outre‑mer, se trouve à la prise de Damiette, et est tué à la bataille de la Mansourah lors de la 7ème croisade, le 9 février 1250, à l'âge de 34 ans.

 

 

Alphonse de France (1220‑1271)
Comte de Poitiers et de Toulouse, en 1250

par Henri Decaisne

   Son frère Saint‑Louis lui donne en apanage le comté de Poitou et son mariage en 1241 avec l'héritière du comté de Toulouse, assure la réunion de cet État à la couronne de France. Lorsque Saint‑Louis part pour l'Égypte, il nomme son frère régent avec la reine Blanche leur mère ; mais Alphonse le rejoint l'année suivante à Damiette, et est fait prisonnier avec lui. Il veut encore l'accompagner en 1270 dans son expédition contre Tunis, et meurt au château de Corneto dans le Siennois, le 21 août 1271, dans ses 51 ans, au retour de la 8ème croisade.

 

 

 

Charles de France, Comte d'Anjou
Roi de Naples, de Sicile et de Jérusalem, en 1246

par Henri Decaisne

   Les comtés d'Anjou et du Maine lui furent donnés en apanage en 1246 par son frère saint Louis, et il devint comte de Provence par suite de son mariage avec Béatrix, héritière de Baymond Bérenger. Il accompagna saint Louis en Égypte, et à son retour reçut du pape Urbain IV le titre de patrice de Rome et la couronne des Deux‑Siciles. Au moment de la mort de saint Louis devant Tunis, Charles d'Anjou lui amena un renfort de troupes. Sacré et couronné roi de Jérusalem en 1283 après le massacre des Vêpres Siciliennes qui lui avait enlevé la Sicile, il mourut à Foggia dans la Capitanate, le 7 janvier 1285, âgé de 65 ans.

 

 

Jean de Joinville
Sénéchal de Champagne, en 1248

par Merry‑Joseph Blondel 1846

   Sénéchal héréditaire de Champagne et conseiller de Saint‑Louis, il suivit ce prince à la croisade de 1248. Revenu en France avec lui dans l'année 1254, il assista en qualité de gouverneur du comté de Champagne aux assises de cette province en 1296.

   L'année suivante, le roi Louis IX fut mis au nombre des saints par le pape Boniface VIII, et Joinville rendit un culte pieux à sa mémoire en écrivant l'histoire du saint roi. Il mourut en 1319, âgé de 95 ans.

 

Jacques de Molay, dernier Grand‑Maître
de l'Ordre du Temple
par Eugène Emmanuel Amaury‑Duval

   Jacques de Molay naquit entre 1244 et 1249 à Molay dans la Haute‑Saône en Franche‑Comté. Il fut le 23e et dernier Grand‑Maître de l'Ordre du Temple.

   Après avoir combattu en Terre‑Sainte, il est élu à la tête de l’Ordre en 1292. À cette date, les Templiers sont en crise après la mort de nombreux frères et dignitaires lors de la chute des dernières positions des États latins d'Orient et de la cité de  Saint‑Jean‑d'Acre en mai 1291. Jacques de Molay consacre alors son magistère à réorganiser l'Ordre du Temple et à préparer la reconquête des lieux saints.

    Il échouera dans cette tâche et sera arrêté en 1307 à Paris sur ordre de Philippe le Bel qui accuse les Templiers d'hérésie et de pratiques obscènes. Après quelques hésitations, le pape Clément V et les autres souverains chrétiens ne le soutiendront pas. À la suite d'un procès à charge, Jacques de Molay est brûlé vif en mars 1314 sur un bûcher dressé sur l'île aux Juifs à Paris. L'emplacement exact est situé Square du Vert‑Galant, à la pointe ouest de l’île de la Cité.
   La fin dramatique de Jacques de Molay inspira légendes et fictions en particulier autour de la malédiction qu'il aurait lancée contre Philippe le Bel et Clément V. La plus célèbre est la suite romanesque "Les Rois maudits" (1955 à 1977) de Maurice Druon. 


Jacques de Molay et d'autres dignitaires sur le bûcher

 

    Malgré leurs cris d’innocence, le dernier Grand Maître Jacques de Molay et le gouverneur de Normandie, Geoffroy de Charnay, furent remis au bras séculier pour être brûlés vifs sur l’Île‑au‑Juifs à Paris le 18 mars 1314, accompagnés de deux autres grands dignitaires. Avant de succomber, le Maître se dépouilla lui‑même de ses vêtements,  demanda à être tourné vers Notre‑Dame de Paris et proclama : « En elle et en son honneur seront, s'il plaît à Dieu, la fin de nos vies et la fin de notre religion, quand il plaira à Dieu que ce soit »

   Puis, dévoré par les flammes, Jacques de Molay cria une sentence qui glaça le sang de la foule : « Pape Clément... Chevalier Guillaume de Nogaret... Roi Philippe... avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! ... Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !... »

 

Foulques de Villaret, 25e Grand‑Maître
de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem en 1305

p
ar Eugène Goyet (1798‑1857) en 1841

   Foulques de Villaret est élu 25ᵉ Grand‑Maître des Hospitaliers de Saint‑Jean de Jérusalem de juin 1305 à juin 1319 à la suite de son oncle Guillaume de Villaret.
   Après l'expulsion des chrétiens de la Terre Sainte, il s'empara de l'île de Rhodes qui devint alors le chef‑lieu de l'Ordre et lui donna son nom.
   L'an 1315, il défendit cette conquête contre le sultan Osman, et abdiqua en 1319.
   Durant les années 1310, Philippe le Bel s'entoure de juristes afin d'enquêter sur la situation de l'Ordre du Temple, dont la vocation militaire est mise en doute. Parmi les enquêteurs, on retrouve Guillaume Durand, évêque de Mende en Gévaudan, pays d'origine de Foulques. À la dissolution des Templiers en 1312, l'ensemble de leurs biens revient aux Hospitaliers par la bulle Ad providam. C'est Foulques qui recevra le la dévolution des biens de l'Ordre du Temple. Les Hospitaliers mettrons une longue période à se faire remettre les biens des Templiers et n'en obtiendront qu'une partie.
   Foulques de Villaret mourut au château de Tiran en Languedoc, le
1er septembre 1327.

 

Pierre d'Aubusson, 38 Grand‑Maître
de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem en 1480
par Édouard Odier (1800‑1887) en 1841
   Pierre d'Aubusson naquit en 1423 au château du Monteil (aujourd'hui Le Monteil‑au‑Vicomte dans la Creuse) et disparut le 3 juillet à Rhodes, âgé de 80 ans. Il fut le 40e Grand‑Maître des Hospitaliers de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem, cardinal et légat du pape en Asie. Il était surnommé « Le bouclier de la chrétienté ».
    Grand‑prieur de la langue d'Auvergne, Pierre d'Aubusson fut élu Grand‑Maître en 1476. Il présida en 1480 à la défense de Rhodes, et fut nommé cardinal par le pape Innocent VII.

   Il est représenté ici à cheval, en armure, avec le chapeau et le manteau de cardinal.

   Il fut inhumé à Rhodes dans l'église Saint‑Jean. Son mausolée a été détruit à une époque indéterminée, après la prise de Rhodes par les Turcs en 1523.

   Plus de vingt ans après la disparition de Pierre d'Aubusson, le Grand Maître Villiers de l'Isle Adam, trahi par un de ses lieutenants, doit céder devant Soliman et les Hospitaliers de l'ordre de Saint Jean quittent définitivement Rhodes. Charles Quint, contre la redevance annuelle d'un faucon, offre l'île de Malte aux chevaliers. En 2003, on commémora le 5ème centenaire de la disparition de Pierre d'Aubusson, Grand maître de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem et futur Ordre de Malte.

 

Levée du siège de Rhodes le 19 août 1480
par Édouard Odier

   Vers la fin du mois de mai de l'an 1480, le grand‑vizir Misach Paléologue, renégat, de l'ancienne famille des empereurs grecs, paraît devant Rhodes avec une flotte qui au rapport des contemporains ne porte pas moins de 100 000 hommes.
   La ville est attaquée à la fois par terre et par mer, et pendant trois mois la formidable artillerie de Mahomet II ne cesse de foudroyer ses murailles. Deux fois repoussés, les Turcs dirigent contre la basse ville et le quartier des Juifs, une troisième attaque. Le rempart est escaladé en silence, la garde endormie est égorgée, et le drapeau des Infidèles arboré en signe de triomphe.

   Averti du péril, Pierre d'Aubusson fait déployer sur‑le‑champ le grand étendard de la religion. La lutte est terrible : le sang des chevaliers y coule à grands flots, et le Grand‑Maître lui‑même est deux fois renversé. Mais ni cette double chute, ni les sept blessures qu'il reçoit ne ralentissent son ardeur, et, après une mêlée épouvantable, les Turcs, subjugués par l'énergie surnaturelle de leurs ennemis, prennent la fuite. Paléologue découragé se retire sur ses vaisseaux, et pendant qu'il fait voile vers le Bosphore, Pierre d'Aubusson va dans l'église de Saint‑Jean rendre grâces à Dieu de la victoire qu'il vient de remporter.

 

 

 

Entrée des Chevaliers de l'Ordre de Saint‑Jean
à Viterbe en 1527

par Auguste‑Hyacinthe Debay

   Rhodes étant tombée aux mains de Soliman, Villiers de l'Isle‑Adam réunit ses chevaliers à Viterbe en un chapitre général. À ce chapitre est remis le soin de décider si l'on court les chances d'une expédition pour reconquérir Rhodes, ou si l'on accepte l'île de Malte offerte par Charles‑Quint. Ce dernier choix prévalut.

 

 

 

L'Ordre de Saint‑Jean prend possession
de l'île de Malte le 26 octobre 1530

par René Théodore Berthon

   Le Grand‑Maître Villiers de l'Isle‑Adam, dit Vertot, le conseil et les principaux commandeurs entrent dans le grand port le 26 octobre 1530, et après être débarqués, allèrent droit à l'église paroissiale de Saint‑Laurent. Après y avoir rendu leurs premiers hommages à celui que l'Ordre reconnaissait pour son maître souverain, ils se rendirent au bourg situé au pied du château Saint‑Ange.

 

 

 

Jean Parisot de La Valette (1494‑1568) 49 Grand‑Maître
de l’Ordre de Malte
par Charles‑Philippe Larivière

   Portrait équestre de Jean Parisot de La Valette, connu aussi sous le nom de Jean de Valette, naquit en 1494 à Parisot (actuel Tarn‑et‑Garonne).
   Il est le 49e Grand‑Maître des Hospitaliers de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem, particulièrement connu pour avoir soutenu face aux Ottomans le siège de Malte de 1565 et avoir fondé et donné son nom à l'actuelle capitale de la République de Malte, La Valette.

   Il fut élevé à la dignité de Grand‑Maître en 1557 après avoir passé par toutes les dignités de l'Ordre. Il défendit Malte en 1565 contre Soliman II, et après avoir fait relever le fort Saint‑Elme, fit construire la ville nommée Cité Valette qui rendit l'île imprenable. Il mourut à Malte le 21 août 1568 à 74 ans.

 

Levée du siège de Malte en Septembre 1565
par Charles‑Philippe Larivière en 1852

   Le siège de Malte dura cinq mois. Mustapha, général des armées de Soliman, et Piali, amiral de sa flotte, rivalisèrent d'ardeur et d'opiniâtreté dans les attaques qu'ils livrèrent à l'île. Dragut, pacha de Tripoli, y laissa la vie. Toute l'audace et l'habileté des deux lieutenants de Soliman furent épuisées : 16 000 hommes formaient le reste unique de la puissante armée qu'ils amenèrent des ports de Turquie, lorsque le vice‑roi de Sicile, don Garcie de Tolède, débarqua enfin des troupes qui firent lever le siège.

 

 

 


La grande Salle des Croisades

 



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