> Un peu d'Histoire

  

 

Les salles des Croisades              2/8      
Salle 1 dédiée aux 3 premières croisades

Rennes‑Le‑Château ou l'histoire d'un grand secret

 

 

 

    Serait‑il possible qu'un lieu hautement historique, situé dans le plus célèbre château du monde, soit habituellement interdit au public ? Peut‑on imaginer un espace extraordinaire difficilement accessible et qui concerne les pages les plus passionnantes et les plus occultes de notre Histoire ? Plus incroyable encore, serait‑il envisageable que ce lieu concerne également l'énigme des deux Rennes ?

    La réponse est oui, car ce lieu existe et sa réputation est planétaire puisqu'il s'agit du Château de Versailles. Quant à l'endroit précis, il concerne une salle ; en fait 5 salles offrant un véritable trésor du passé. Mais il est inutile de se précipiter dans le château musée, vous trouverez certainement porte close... Ces salles sont en effet protégées, réservées, plus exactement dérobées au regard du public, et cela depuis plusieurs décennies... Elles furent malgré tout ouvertes durant la dernière exposition consacrée à Louis‑Philippe fin 2018. Difficile en effet d'occulter ce joyau qui fut tant choyé par le monarque...

    Alors que le public découvre certains pans occultes de notre Histoire suite au désastre de ND de Paris, les Salles des Croisades permettent de se replonger sur deux siècles tourmentés. Huit croisades vont effet se succéder entre 1096 et 1270 et marqueront l’Histoire de France et de l’Europe, des faits d’armes particulièrement violents qui sont aussi le symbole de l’intolérance religieuse et conquérante. Elles participèrent néanmoins à stabiliser le royaume de France en focalisant l’attention du peuple vers une quête lointaine et spirituelle. Elles contribuèrent aussi à développer les échanges entre l’Orient et l’Occident, apportant richesse et progrès.

    Quant à l'énigme de Rennes, il est maintenant sûr que les Croisades sont un axe de recherche majeur avec les Wisigoths et les Celtes. L'épisode des Chevaliers autour de Hugues de Payens entre 1102 et 1125 et surtout la chute de Saint-Jean-d'Acre sont autant d'évènements historiques qui trouvent parfaitement leur place dans la grande fresque des deux Rennes...

    Les Salles des Croisades furent exceptionnellement ouvertes à l'occasion
de l'exposition "Louis‑Philippe et Versailles" qui s'est tenue au musée
entre le 6 octobre 2018 et le 3 février 2019

 


Le Château de Versailles recèle un trésor historique méconnu :
"Les Salles des Croisades"

 

 

 


Versailles ‑ localisation de la salle 1

 

    L'énumération ci‑dessous liste les blasons et les noms des personnages affichés dans chaque salle. Les listes sont ordonnées de façon chronologique en précisant l'année de participation aux Croisades (en rouge). Les noms sans blasons sont séparés par un "/". Les personnages connus du grand public, ou les noms en lien avec l'affaire de Rennes sont en fond jaune.

 

 

 

    La création des galeries et des salles nécessita d'innombrables corps de métier. Architectes, peintres et sculpteurs exécutèrent de nombreuses commandes destinées au château musée de Versailles. D'autres artisans étaient aussi présents comme les marbriers, les doreurs, les carreleurs et même les serruriers. Tous oeuvraient sous le regard critique du Roi. Un artisan sort du lot et participe largement à l'ornement : Jean‑Baptiste Plantar, un sculpteur qui s'impliquera jusqu'au moindre détail.

 

Salle des Croisades 1 ‑ Les armoiries

 

   Le plafond et la frise de cette salle sont décorés des armoiries des rois, princes, seigneurs et chevaliers qui prirent part aux trois premières Croisades de 1096 à 1191.

 

1096 ‑ Aymeri Ier de Narbonne, vicomte de Narbonne, gendre de Robert Guiscard, duc de Pouille et de Calabre, laisse l'administration de ses biens à son fils aîné, Aymeri II de Narbonne, en partant pour la Terre‑Sainte.
  Arnaud de Grave / Isarn de Die, comte Dom Vaissète dit qu'il prit la croix avec Raymond de Saint‑Gilles / Pierre de Champchevrier / Humbert de Marssane
Patri de Chourses. Cette famille normande d'origine, établie en Angleterre avec Guillaume le Conquérant s'appelle Chaworth en anglais et de Chourses en français.
Hervé Ier de Léon, comte de Léon, suit son père Guyomarc'h en Terre Sainte en 1096. Avec d'autres seigneurs bretons, ils ont l'honneur d'entrer les premiers à Jérusalem, lorsque Baudouin en fait la conquête. Hervé Ier de Léon, le fait à l'abbaye de Marmoutier une très importante donation qui sera à l'origine du prieuré de Saint‑Martin de Morlaix.
  Chotard d'Ancenis.
Rainald ou Renaud de Briey, chevalier
  Folcran de Berghes, châtelain / Hugues de Gamaches / Riou de Lohéac / Conan de Lamballe, fils du comte.
Hélie de Malemort, partant pour Jérusalem, fait à l'abbaye Saint‑Pierre d'Uzerche une donation. Hélie de Malemort est neveu d'Adhémar, vicomte de Limoges, et sa famille, puissante dans le Limousin, prend dans quelques chartes le titre de prince. Il revient d'Orient, mais rejoint à nouveau les Croisés de la première croisade, menée par Godefroy de Bouillon, après la chute de Jérusalem. Il est cité en mars 1101, parmi les grands vassaux de Guillaume IX d'Aquitaine
Foulques de Grasse naquit dans le comté d'Antibes et disparut après 1125. Foulques ou Fouques est surnommé le lombard (descendant d'un chevalier lombard au service de Guillaume le libérateur). Les Grasse, comtes d'Antibes, étaient une famille riche et puissante, Foulques n'étant que le petit‑fils d'Aldebert de Grasse ou d'Antibes, évêque d'Antibes, un cadet.
Blason ville fr Chambellay (Maine-et-Loire).svg 1101Renaud III de Château‑Gontier, seigneur Blason Marseille (vicomté).svg 1102Aycard de Marseille
Armoiries Puiset.svg 1106Hugues du Puiset, vicomte de Chartres Blason Maison de Dinan.svg 1113Riwallon de Dinan
  1119Robert de Roffignac Armoiries de Jérusalem.svg 1120Foulques V d'Anjou, roi de Jérusalem
  1124Guillaume de Biron   1130Hugues Rigaud, chevalier de l'Ordre du Temple
Armoiries Robert de Craon.svg 1136Robert le Bourguignon, grand maître de l'Ordre du Temple Armoiries de Jérusalem.svg 1144Baudouin III, roi de Jérusalem
Blason Courtenay.svg 1147 ‑ Pierre de France, puis seigneur de Courtenay Blason ville fr Beynac-et-Cazenac (Dordogne).svg Pons de Beynac et Adhémar de Beynac
Armoiries Evrard des Barres.svg Évrard des Barres,
Grand maître de l'Ordre du Temple
Armoiries Vermandois.svg Guillaume III de Warenne, comte
  Artaud de Chastelus Chamoson-coat of arms.svg Jean de Dol et un petit nombre des chevaliers de Bretagne
Blason Domaine.svg Hugues de Domène, membre de la puissante famille Domène‑Monteynard Blason famille fr de Virieu.svg Guiffray de Virieu, seigneur
  Hesso de Reinach, seigneur   1153Guillaume II de Chanaleilles chevalier de l'Ordre du Temple
Armoiries Bertrand de Blanquefort.svg 1153 Bertrand de Blanquefort, Grand maître de l'Ordre du Temple
dit aussi Bertrand de Blanchefort, fut maître de l'Ordre du Temple d'octobre 1156 au . Il est originaire de Guyenne et le pape Clément V, qui bien plus tard interdira l'ordre du Temple, est apparenté à sa famille.
  1159Hugues IV de Châteaudun, vicomte de Châteaudun
Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1160Auger de Balben, Grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1161Gilbert d'Aissailly, Grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
Armoiries de Jérusalem.svg 1162Amaury Ier de Jérusalem, roi de Jérusalem Armoiries Philippe de Milly.svg 1168Philippe de Naplouse
Grand maître de l'Ordre du Temple
Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg Caste de Murols, grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg 1170 Joubert de Syrie, grand‑maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
Armoiries Eudes de Saint-Amand.svg 1171Odon de Saint‑Chamant, grand maître de l'Ordre du Temple Armoiries de Jérusalem.svg 1173Baudouin IV
roi de Jérusalem
Armoiries Arnaud de Toroge.svg 1179Arnaud de Torroja
Grand maître de l'Ordre du Temple
Armoiries Hugues de Payens.svg Terric
Grand maître de l'Ordre du Temple
Armoiries de Jérusalem.svg 1185Baudouin V
roi de Jérusalem
Argent a chief gules.svg 1187Conrad de Montferrat, marquis de Tyr
Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg Garnier de Naplouse, Grand maître de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem Armoiries de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.svg Frère Guérin, chevalier de l'Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem
Armoiries Gérard de Ridefort.svg 1188 Gérard de Ridefort
et qui inspira le film de Ridley Scott
 
"Kingdom of heaven"

Grand maître de l'Ordre du Temple
Armoiries de La Falloise.svg 1190Guy II de Dampierre
Blason Famille fr d'Estaing.svg Guillaume d'Estaing, seigneur Blason Famille de La Tour du Pin-La Tour de Vinay.svg Albert II de La Tour du Pin, seigneur
Blason Chastenay.svg Jean de Chastenay et Gauthier de Chastenay   Hugues de Guiche et Renaud de Guiche
Blason fam fr Rohan.svg Alain IV de Rohan, vicomte Blason Baufremont.svg Hugues II de Bauffremont et Liébaut III de Bauffremont
Armoiries de Nettancourt.svg Dreux de Nettancourt Dauphin of Viennois Arms.svg André d'Albon
Blason fr famille Pracomtal (Dauphiné).svg Foulques de Pracomtal Blason Beauvau-Craon.svg Foulques de Beauvau
Blason d'Allonville médiéval.svg Albéric d'Allonville. Le nom et l'écu de ce chevalier sont substitués à ceux de Raoul d'Aubigné Blason famille fr Mathieu de Jaucourt.svg Mathieu de Jaucourt
Blason La Rochefoucauld.svg Foucauld de La Rochefoucauld Blason fam fr Leclerc de Juigné.svg Guillaume et Humbert Leclerc de Juigné
Blason Frolois 54.svg Miles de Frolois    
Gilles de Raigecourt / Henri et Renaud de Cherisey / Ulric de Dompierre, seigneur de Bassompierre / Hugues de Clairon / Hugues de Poudras / Renaud et Herbert de Moustier / Jean et Guillaume de Drée / Guigues de Moreton / Guillaume et Pierre de Vallin / Raoul de Riencourt / Bernard de Castelbajac / Thibaut des Escotais / Hervé de Broc / Harduin de La Porte / Elie de Cosnac / Gilon de Versailles / Geoffroy de La Planche / G. de Bueil / Simon de Vignacourt
  1191Géraud de Boysseulh

Salle des Croisades 1 ‑ Les tableaux


La salle des Croisades 1

Levée du siège de Salerne vers 1016
par Eugène Roger en 1839

   Au commencement du
XIe siècle, une petite flotte de Sarrasins vient assaillir la ville de Salerne, et les habitants cachés derrière leurs murs attendent avec effroi le pillage et la mort. Quarante chevaliers normands qui revenaient du pèlerinage de Terre‑Sainte demandent au prince Guaimar III des chevaux et des armes, se font ouvrir les portes, et, malgré leur petit nombre, chargent intrépidement les Sarrasins qu'ils mettent en fuite.

Robert Guiscard, duc de Pouille et de Calabre
par Merry‑Joseph Blondel

  
Robert Guiscard est proclamé en 1058 duc de Pouille et de Calabre. Après avoir vaincu l'empereur Alexis Comnène à Durazzo, et soutenu le pape Grégoire contre l'empereur Henri IV, il entreprend en 1085 la conquête de l'île de Céphalonie et y meurt le 17 juillet de la même année.

Roger Ier de Sicile, comte
par Merry‑Joseph Blondel

  
Il s'empare de Messine avec 160 chevaliers et reçoit de son frère, Robert Guiscard, l'investiture de la Sicile avec le titre de comte. Il prend après la mort de Robert Guiscard, le titre de grand comte de Calabre et de Sicile ; et par une bulle donnée à Salerne en 1098, le pape Urbain II le déclare, lui et ses successeurs, légats perpétuels du Saint‑Siège en Sicile. Il meurt en juillet 1101.

Bataille de Civitella, le 18 juin 1053
par Adolphe Roger

  
Guillaume Fier‑à‑Bras, Drogon et Umfroy, fils de Tancrède de Hauteville, gentilhomme de la Basse‑Normandie, suivis peu après de leurs jeunes frères, Robert Guiscard et Roger, entreprennent la conquête du duché de Pouille. Le pape Léon IX, inquiet pour le Saint‑Siège et pour l'Italie entière, arme contre eux, par ses pieuses exhortations, les deux empires d'Orient et d'Occident. Il n'a pas moins de 50 000 hommes et marche lui‑même à leur tête. Ayant rencontré à Civitella l'armée pontificale, les Normands la mettent en pleine déroute. Léon IX reste prisonnier entre leurs mains. Umfroy et Robert Guiscard lui témoignent un respect qui va jusqu'à l'adoration ; mais à genoux devant lui, ils lui dictent leurs conditions.

Combat de Cérami en 1061
par Prosper Lafay en 1839

  
Le plus prodigieux des faits d'armes du comte
Roger Ier de Sicile, en Sicile, est le combat de Cérami où suivant la chronique de Gaufred Malaterra, il met en fuite avec 136 hommes 130 000 Sarrasins.

Henri de Bourgogne reçoit l'investiture
du comté de Portugal
en 1094
par Jacquand

   Henri de Bourgogne, arrière‑petit‑fils du roi de France Robert, et accompagné d'un grand nombre de chevaliers français, offre à don Alphonse IV, roi de Castille, son épée contre les Infidèles. En récompense de ses services, le roi Alphonse lui donne en mariage sa fille, et lui accorda en même temps l'investiture du comté de Portugal que ses armes lui avaient soumis. Henri de Bourgogne plaça ainsi sur un nouveau trône la maison royale de France. Son fils Alphonse prit le titre de roi de Portugal.

Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse
par Merry‑Joseph Blondel

  
Il est un des chefs de la première croisade en 1095, et monte l'un des premiers à l'assaut de Jérusalem. Raymond de Saint‑Gilles avait fait le vœu de mourir en Terre‑Sainte, et finit ses jours au château du Mont‑Pèlerin, devant Tripoli, qu'il assiège en 1105.

Marc Bohémond Ier, prince d'Antioche en 1085
par Merry‑Joseph Blondel

 
 Fils de Robert Guiscard, il hérite en 1085 des duchés de Pouille et de Calabre, et devient l'un des principaux chefs de la première croisade. Il reçoit la principauté d'Antioche et meurt à Canose dans la Pouille en 1108.

Eudes Ier surnommé Borel (vers 1060‑1102)
duc de Bourgogne en 1079
par Merry‑Joseph Blondel (1781‑1853)

   Eudes Ier ne s'engage pas dans la Première croisade, mais se rend en Terre Sainte en 1100. Il parvient au duché de Bourgogne en 1078, se croise en 1098, et meurt à Tarse, en Sicile, en 1103.  Époque du roi Philippe Ier.


L'Empereur d'Orient Alexis Comnène reçoit à Constantinople Pierre l'Ermite en 1096
par Saint‑Èvre Gillot en 1839

   Pierre l'Ermite, dit Michaud, est admis à l'audience de Comnène et raconte sa mission et ses revers. En présence de toute sa cour, l'empereur vante le zèle du prédicateur de la croisade, et comme il n'a rien à craindre de l'ambition d'un ermite, il le comble de présents, fait distribuer à son armée de l'argent et des vivres, et lui conseille d'attendre, pour commencer la guerre, l'arrivée des princes et des illustres capitaines qui ont pris la croix.


Adoption de Godefroy de Bouillon par Comnène en 1097
par Alexandre Hesse

   En voyant le magnifique et honorable duc, dit Albert d'Aix, chroniqueur contemporain, ainsi que tous les siens dans tout l'éclat et la parure de leurs précieux vêtements de pourpre et d'or, recouverts d'hermine blanche comme la neige, de martre, de petit‑gris et de diverses autres fourrures, telles que les portent les seigneurs de France, l'empereur admire vivement leur pompe et leur splendeur. D'abord il admet le duc avec bonté à recevoir le baiser de paix ; puis, et sans aucun retard, il accorde le même honneur à tous les grands de sa suite et à ses parents. Il veut adopter Godefroy de Bouillon pour son fils, et à son tour le duc se déclare vassal de l'empereur.

Passage du Bosphore en 1097
par Émile Signol

 
 L'empereur Alexis Comnène n'est occupé que de soumettre à son empire les princes de la Croix et ne songe plus que les drapeaux musulmans flottent sur Nicée. Cependant, Godefroy de Bouillon et les plus sages d'entre les chefs ne perdent pas de vue la croisade; eux‑mêmes demandent qu'on leur fournisse des barques pour traverser le Bosphore et reprendre la route de Jérusalem.
   Godefroy donne l'exemple et s'embarque avec ses chevaliers dans le golfe de Buyuk‑Déré, accompagné du duc Baudouin, son frère, et de sa famille, qui venaient de servir d'otages au roi de Hongrie, qui n'avait laissé passer l'armée chrétienne qu'à ce prix. Deux ministres de l'empereur Alexis sont près de Godefroy de Bouillon et l'accompagnent, tandis que le héros ne quitte pas des yeux le rivage de l'Asie. Au milieu du tableau est le groupe des femmes de la famille de Baudouin, qui viennent de subir comme otages une captivité en Hongrie. L'espoir et l'enthousiasme brillent dans les yeux des chrétiens auxquels le ciel semble sourire.

Bataille sous les murs de Nicée en 1097
par Henri Serrur en 1839

 
  Le sultan Kilig‑Arslan s'était avancé à la tête d'une formidable armée de cavaliers pour délivrer Nicée que les Croisés assiégeaient. La bataille qui se livra sous les murs de la ville dura une journée entière. Les Turcs vaincus s'enfuirent dans les montagnes laissant dans la plaine 4000 morts.

Baudouin s'empare de la ville d'Édesse en 1097
par Joseph‑Nicolas Robert‑Fleury en 1839

 
 Baudouin, frère de Godefroy de Bouillon, étant arrivé sur le comté d'Édesse, métropole de la Mésopotamie, tout le peuple, à la vue de la bannière de la croix, se porte à sa rencontre, tenant à la main des branches d'olivier et chantant des cantiques.

Combat de Robert, duc de Normandie
et un guerrier sarrasin en 1098

par Jean‑Joseph Dassy

  
Les Croisés, vainqueurs à Nicée, avaient mis le siège devant Antioche. Pendant ce siège plusieurs chefs signalent leur bravoure dans des combats particuliers. Le duc de Normandie, dit Michaud, soutient seul un combat contre un chef des Infidèles qui s'avançait au milieu des siens ; d'un coup de sabre il lui fend la tête jusqu'à l'épaule et retend à ses pieds, en s'écriant : "
Je dévoue ton âme impure aux puissances de l'enfer".

Combat de Harenc le 1er février 1098
par J. M. Gué

  
Pendant le siège d'Antioche, de nombreuses troupes d'infidèles sorties d'Alep, de Césarée et de Damas, s'avancent pour délivrer la ville, et viennent camper aux environs d'un lieu nommé Harenc, à 14 000 d'Antioche. À l'entrée de la nuit, les Croisés, avertis de leur approche, sortent de leurs retranchements au nombre de 700, rencontrent l'ennemi et le chassent devant eux jusqu'au camp de Harenc. Les Infidèles perdent dans cette journée près de 2000 des leurs.

Prise d'Antioche le ar L. Gallait

  
Après un siège de 8 mois, une échelle est suspendue aux créneaux de l'une des tours. Chefs et soldats s'introduisent dans la ville et le cri "Dieu, le veut !" retentissant dans les rues au milieu de la nuit annonce aux musulmans leur dernière heure. 10 000 seront égorgés...

Bataille sous les murs d'Antioche en 1098
par Henri Frédéric Schopin

 
 Trois jours après la prise d'Antioche, les Croisés sont assiégés à leur tour par l'armée de Kerbogah, général du sultan de Perse. La découverte de la lance qui perça le flanc du Christ sur la croix exalte le courage des chrétiens. Ils sortent de la ville avec confiance, se jettent sur le camp de Kerbogah, et en une heure anéantissent sa superbe armée.

La Sainte Lance

   La tradition chrétienne veut que le soldat romain qui perça le flanc du Christ sur la Croix à l’aide de sa lance se nomme Longinus (en français Longin), d’où le nom latin de la relique : Lancea Longini ; un patronyme qui n'apparaît qu’avec l’Évangile de Nicodème. De plus, l'un des mythes prétend que cette lance ne cesse jamais de saigner à sa pointe, le détenteur étant le même que celui du Graal dans les légendes arthuriennes.
   Il existe de nombreux récits autour de la Sainte Lance et plusieurs traces de la relique censée être l'originale existent. On mentionne sa présence en l'an 570 à Jérusalem dans la basilique du mont Sion. Un autre document de la même époque mentionne sa présence dans la basilique de la Résurrection, le Saint‑Sépulcre. Selon une chronique byzantine (Chronicon Paschale), en 615, prise de Jérusalem par les Perses, la pointe de la Sainte Lance fut brisée et rapportée avec la Sainte Éponge à Constantinople dans l’église Sainte‑Sophie le . Une autre piste prétend que la Sainte Lance fut apportée à Constantinople en 629. Après avoir échappé au sac de Constantinople en 1204, cette pointe fut revendue en 1244 par Baudouin II, empereur latin de Constantinople, à Louis IX et transportée à Paris qui la déposa dans la Sainte‑Chapelle à côté de la Couronne d’Épines. Elle y serait restée jusqu’à la Révolution et aurait été brièvement déposée à la Bibliothèque nationale de Paris avant de disparaître.

   La Sainte Lance apparaît aussi à Rome et pour comprendre, il faut remonter en l'an 615. En effet, si les Perses avaient remis la pointe de la lance à Constantinople, ils avaient aussi emporté les principales reliques dont la Vraie Croix et la partie inférieure de la Lance en Iran, et c’est l’empereur Héraclius qui les récupéra lors d’une contre‑offensive victorieuse et les rapporta à Jérusalem. Plus tard, cette partie inférieure de la Sainte Lance dut être transférée à Constantinople. C’est ainsi qu’elle y est toujours signalée au XIVe siècle. Après la prise de la ville en 1453, elle tomba aux mains des Turcs. En 1489, le pape
Innocent VIII passa un accord avec le sultan Beyazid II : il garderait le frère (et rival) du sultan prisonnier, en échange d’une rançon annuelle et de la Sainte Lance. C’est ainsi que la relique parvint à Rome en 1492. Le fragment de la Lance est aujourd'hui dans le Pilier de saint Longin à Saint‑Pierre de Rome.


La Sainte Lance d’Antioche ‑ Un miracle en 1098 où Pierre-Raymond de Hautpoul apparaît...

    Une autre Sainte Lance aurait été découverte à Antioche, et le fait remarquable est que Pierre‑Raymond de Hautpoul est l'un des personnages cités à propos de cet évènement. La lance fut mise à jour par un moine provençal du nom de Pierre Barthélémy qui faisait partie de l’armée de Raymond de Saint‑Gilles, comte de Toulouse. En 1098, après que les Croisés se furent emparés de la ville d’Antioche, ils se retrouvèrent à leur tour assiégés par les Turcs. Durant le siège, alors que les troupes étaient épuisées, Pierre Barthélémy vint trouver le Comte de Toulouse, l'évêque de Puy et Pierre‑Raymond de Hautpoul et leur assura avoir eu une vision : la Sainte Lance serait enterrée dans la cathédrale Saint‑Pierre d’Antioche. Douze terrassiers creusèrent sous le dallage de la cathédrale pendant toute une journée et, au soir, Pierre descendit dans la fouille et découvrit la Sainte Lance. La découverte miraculeuse ne fit pourtant pas l’unanimité chez les Croisés. Plusieurs seigneurs et prélats avaient en effet déjà vu la Sainte Lance (celle de Jérusalem) à Constantinople et restaient pour le moins sceptiques. Toutefois, elle remit du baume au cœur des troupes dont le moral était au plus bas, alors même que les dissensions gagnaient les rangs de l’armée musulmane qui assiégeait la ville. Alors que Bohémond envoyait Pierre l'Ermite en pourparlers, les forces franques s’organisèrent et les croisés, avec Raymond d'Aguilers portant la Sainte Lance, réussirent après un combat difficile, à mettre en déroute l’armée musulmane et faire lever le siège d'Antioche. Cet épisode montre en tout cas l'incroyable motivation qu'avaient les Croisés a rechercher une relique sacrée même dans le désespoir.



La découverte de la Sainte Lance d'Antioche

Prise de la ville d'Al‑Bara le 25 septembre 1098
par Édouard Henri Théophile Pingret (1788‑1875)

 
 Prise de ville d'Al‑Bara dans la province d'Antioche par Raymond IV de Saint‑Gilles, comte de Toulouse (vers 1042‑1105), chef militaire de la Première Croisade et chef de l'armée provençale. Lorsque les Croisés prirent possession d'Antioche, ils se dispersèrent dans les terres et les villes voisines, assiégeant les places rebelles et les soumettant à leur autorité. La ville d'Al‑Bara est renommée par ses grandes richesses ; ils l'attaquent et passent au fil de l'épée les Turcs et les Sarrasins qui y sont trouvés.
Que devinrent toutes ces richesses ?

Prise de Marrah en 1098
par Decaisse en 1844

 
 Après s'être emparés d'Albare, les comtes de Toulouse, de Flandre et de Normandie, le duc Godefroy, son frère Eustache et Tancrède vont investir la ville de Marrah. Les assiégés réussissent à repousser les premiers assauts, mais Bohémond étant arrivé à la tête de nouvelles troupes, les Croisés s'emparent de plusieurs tours, puis occupent la ville.

Prise de Jérusalem le par Émile Signol en 1847

 
  Jérusalem est prise le Vendredi‑Saint, anniversaire de la mort du Christ. Les Croisés avaient tenté la veille un premier assaut et avaient été repoussés ; celui du lendemain n’est donné qu'après une nuit de larmes, de confession et de prières. À peine la ville vient‑elle d'être conquise qu'on voit accourir les chrétiens de Jérusalem au‑devant des vainqueurs ; ils partagent avec eux les vivres qu'ils ont pu dérober à la recherche des musulmans. Tous remercient ensemble le Dieu qui a fait triompher les armes des soldats de la croix. Pierre l'Ermite qui, cinq ans auparavant a promis d'armer l'Occident pour la délivrance des fidèles de Jérusalem peut jouir alors du spectacle de leur reconnaissance et de leur joie.

Godefroy de Bouillon
élu roi de Jérusalem le
ar Federico de Madrazo en 1839

 
  Dix jours après la prise de Jérusalem, le conseil des princes décerne la couronne à Godefroy de Bouillon comme au plus digne.  Par une pieuse humilité, Godefroy de Bouillon refuse le diadème et les marques de la royauté : "il ne veut pas, disent les Assises de Jérusalem,
estre sacré et corosné roi de Jérusalem, parce que il ne vult porter corosne d'or, là où le Roy des Roys, Jésus‑ Christ, le fils de Dieu, porte la corosne d'espines le jour de sa Passioni."
À l'église Saint‑Roch, un tableau très symbolique de Claude Vignon représente "Godefroy de Bouillon victorieux" et relate cet évènement.

 



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