> Chroniques et études

 

 

Blaise Pascal
A propos de sa béatification

   Rennes‑Le‑Château ou l'histoire d'un grand secret

 

 

 

Voici une annonce peu connue qui eut lieu en juillet 2017 :

Le Pape François s’est dit favorable à la béatification de
Blaise Pascal.

Eh oui, vous avez bien lu… C’est lors d’une conversation avec le grand journaliste italien Luigi Scalfari du quotidien La Repubblica que le souverain pontife évoqua le célèbre philosophe et mathématicien du XVIIe siècle

Pour quelle raison engager de tels honneurs chrétiens envers un génial scientifique, janséniste de surcroit ? 

Blaise Pascal (1623‑1662)

 


Le Pape François
« Je pense qu’il mériterait la béatification [...] J’envisage de demander la procédure nécessaire et l’avis des organes du Vatican chargés de ces questions, en faisant part de ma conviction personnelle positive… »
Extrait interview du Pape François en 2017

La Congrégation pour la cause des saints, l’organe au Vatican qui s’occupe de ces questions a donc ouvert un dossier « Blaise Pascal »

 

Voilà donc un curieux souhait venant de la haute autorité pontificale.

   Petit rappel… Blaise Pascal naquit en 1623. Enfant prodige, il était un philosophe et un savant exceptionnel. Son apport à la science est immense, et il est à l’origine de nombreuses inventions comme la machine à calculer ou la presse hydraulique. Auteur de plusieurs théorèmes conduisant aux fameuses géométries projectives de la 3D moderne, il est aujourd’hui une référence incontestée dans le monde scientifique et littéraire.

Le Pape François et ses conseillers

   Or, il faut aussi savoir que Blaise Pascal était une figure du jansénisme au XVIIème siècle et l’un des plus grands détracteurs de la compagnie de Jésus. Pourquoi alors un pontife jésuite, le Pape François, fait tout à coup le choix de béatifier Blaise Pascal ? Qu’a donc entrepris Pascal de si important envers l’Église chrétienne pour qu’un pape ouvre une telle démarche honorifique ?

   Bien sûr, pour justifier ce choix, le Pape insiste sur le rôle de fervent chrétien du théologien, ainsi que sur son rôle auprès des pauvres, mais il n’est certainement pas le seul personnage dans l’Histoire. Alors pourquoi ? Les spécialistes eux‑mêmes conviennent que cette décision est plutôt inattendue, voire surprenante.

   Quelle serait la vraie raison ? Pour aller plus loin, il faut sans doute chercher du côté de l’énigme des deux Rennes au XVIIe siècle. À paris, les jansénistes et les jésuites s’affrontent dans une guerre théologique sans fin. En 1655, Pascal se retire à l’abbaye de Port‑Royal et écrit 18 lettres « Les Provinciales » qu’il destine anonymement à l’un de ses amis, un janséniste résidant en province. Les lettres sont féroces envers les jésuites et ses Provinciales seront mises à l’index par la papauté. Blaise Pascal est même considéré comme un hérétique.

 


Le jansénisme foudroyé en 1653

 

   En 1653 et à la demande de la Sorbonne, les 5 propositions jansénistes sont déclarées officiellement hérétiques par une bulle papale (Bulle Cum occasione d'Innocent X). La gravure "Le jansénisme foudroyé" d'Albert Flamen est une allégorie représentant le climat du moment. En haut le Pape et à gauche le Roi foudroient une chimère à plusieurs têtes symbolisant le jansénisme.  

  Les Provinciales,
ou Lettres escrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites sur le sujet de la morale et de la politique
de ces Pères

 

 

   L'ouvrage se compose d'un ensemble de 18 lettres anonymes vendues à Paris clandestinement, puis publiées sous le pseudonyme de Louis de Montalte de janvier 1656 à mai 1657.

 

   Quel est donc ce mystérieux destinataire provincial, janséniste, suffisamment influent pour adhérer à ces écrits ? Il s’agit bien sûr de Nicolas Pavillon, le célèbre évêque d’Alet, près de Rennes‑le‑Château, adversaire virulent de Louis XIV. On le sait aujourd’hui, Nicolas Pavillon est largement impliqué dans le secret de Rennes, mais ce n’est pas tout. Pascal rencontra aussi à Port‑Royal le peintre Philippe de Champaigne, un ami intime de Nicolas Poussin.    

 

Philippe de CHAMPAIGNE
(1602 ‑ 1674)

 

Philippe de Champaigne fut, avec son contemporain Nicolas Poussin, un grand maître de la peinture française. Sa renommée dépassa les frontières de son vivant et son œuvre participa de façon très importante au développement du classicisme français au 17e siècle.

 

 

Mais surtout il était ami avec Nicolas Poussin. De Champaigne à Paris et Poussin à Rome, nul doute qu'ils se voyaient et s'appréciaient...

 

    Voilà, le lien est établi. Pascal, érudit dans les mathématiques et dans la géométrie projective ne manqua pas de poser les bases d’un tableau célèbre : « Les Bergers d’Arcadie II » que poussin débutera certainement vers 1656. Cette même année, une lettre mystérieuse envoyée de Rome et rédigée par Louis Fouquet pour son frère Nicolas Fouquet, évoque un projet avec Nicolas Poussin « … et que même les rois n’y pourront rien… ».

 

   L’épisode janséniste finira dans l’horreur puisque Louis XIV, jésuite et fou de rage contre les jansénistes, finira par raser Port‑Royal, détruire tous leurs symboles, et ce jusqu’à profaner les tombes et déterrer les dépouilles.

 


Au milieu des ruines de Port‑Royal, là où se dressait l'église,
un buste, celui de Blaise Pascal

 

   Pour de tels honneurs chrétiens, Blaise Pascal a donc participé à une œuvre unique et hors du commun… Cela ne fait aucun doute…


Pour plus de détails, lire les pages consacrées à l’abbaye de Port‑Royal et dans l'ouvrage « La Rennes d’Or …là où dort la Reine » Tome 1

 

Jean‑Pierre Garcia

 

 

 

 

   Copyright © ‑ Tous droits réservés ‑ Jean‑Pierre Garcia ‑ http://www.rennes‑le‑chateau‑archive.com