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Le Prieure de SION
L'ère moyenâgeuse avant 1188

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 

   Qu'on le veuille ou non, la mythologie de Rennes-Le-Château est intimement liée au Prieuré de Sion. Nombreux sont ceux qui ont déjà entendu ce nom vulgarisé par Dan Brown dans son ouvrage "Le Da Vinci Code". Le roman décrit une société secrète très ancienne que le meurtre de Jacques Saunière (grand Maître et conservateur du Louvre) met en relief. Une quête est alors menée par les héros pour découvrir le grand secret du Prieuré. Mais l'Opus Dei, ennemi éternel, veille.

 

   Tous les lecteurs de ce roman ont été fascinés par l'histoire. Mais où est la réalité ? Où est la fiction ? Quelle signification peut-on donner à cet organisme mystérieux et quel est sa part de vérité historique ? Je n'ai pas la prétention de fournir ici la solution, je m'épargnerais ce ridicule. Qui, d'ailleurs, peut prétendre détenir la vérité dans ce domaine ?

 

   Mais avant de porter un jugement hâtif sur la véracité ou non de l'existence du Prieuré de Sion, il faut savoir qu'il existe dans son développement 2 périodes bien distinctes, l'une moyenâgeuse et l'autre moderne. Si Plantard a fortement laissé son empreinte dans la période moderne et à largement participé à sa naissance, beaucoup ont tendance à oublier qu'il existe aussi une trame historique beaucoup plus ancienne et qui mérite d'être explorée.

 

 

   Vous ne trouverez pas l'histoire moyenâgeuse du Prieuré de Sion dans un livre d'histoire officiel. Sa mise en lumière est bâtie  sur un ensemble d'hypothèses issues essentiellement de deux sources : Les Dossier Secrets que nous verrons plus loin et le best-seller international "L'Enigme sacrée" écrit par trois auteurs anglais Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln. Tous les chroniqueurs et les auteurs actuels ont puisé dans cet étonnant récit, y compris Dan Brown. Ceci lui a d'ailleurs valu un procès pour plagiat ...

 

   Mais le livre ne s'est pas fait tout seul. Pierre Plantard, alors Grand Maître de Sion, représenta une source d'information importante durant la rédaction de l'ouvrage. Le livre eut d'ailleurs un réel succès en Angleterre et aux États Unis dans l'année 1982.


Le best seller de Michael Baigent, Richard Leigh et
Henry Lincoln

 

   Sa constitution demanda aux auteurs des années de travail sur les généalogies, les textes cryptés et l'histoire des sociétés secrètes. Malheureusement ce travail n'a jamais pu vraiment permettre de découvrir le but réel du Prieuré de Sion, ni prouver son existence passée. Le livre est aujourd'hui contestable sur certains aspects et c'est normal. La recherche castel rennaise progresse. Mais il aura eu un mérite évident : ouvrir des pistes sérieuses d'investigation.

 

   La présentation qui suit à seulement pour objectif de fournir une synthèse et un ensemble de réflexions à partir d'éléments connus publiquement aujourd'hui et régulièrement repris par les différents auteurs. Elle ne prétend pas amener des certitudes, mais des pistes de réflexion.

 

A vous de juger...

 

Je remercie les auteurs M. BAIGENT, R. LEIGH, H LINCOLN et les éditions Pygmalion pour la publication de "L'énigme sacrée" qui auront essayé de nous ouvrir les yeux ...

 

Rennes-Le-Château et le Prieuré de SION

   De nombreux indices liés à Rennes-Le-Château suggèrent ce fameux Prieuré de Sion. Car il s'agit bien de suggestions. Dans aucune piste directement liée à Rennes-Le-Château et connue aujourd'hui figurent en clair les mots "Prieuré de SION". Nous retrouvons seulement des allusions comme PS, P-S ou SION... Ces traces sont-elles de pures spéculations ou des ajouts volontaires pour rallier les chercheurs à une cause particulière ? Il n'y a pas encore aujourd'hui de réponse. Mais quel sont ces indices ? En voici quelques uns :


La dalle de Blanchefort et le sigle P-S


Le grand parchemin et en bas à droite
la signature NOIS (SION à l'envers)

 


Le petit parchemin et le sigle P S en bas à droite


On retrouve le mot SION dans le petit parchemin

 

   Mais selon, les versions on trouve aussi le Prieuré de Sion dans l'ombre de Bérenger Saunière.

 

   Sa supposée visite à Paris lui aurait fait rencontrer Claude Debussy (Grand Maître de Sion) Émile Hoffet et Emma Calvé. Une autre version indique que c'est l'Ordre de Sion qui aurait financé les travaux de l'abbé pour des raisons inconnues.

 

   On trouve aussi une allusion au Prieuré de Sion dans le Serpent Rouge. L'utilisation des termes "le nautonier de l'arche impérissable" est sans ambiguïté. Les Grands Maîtres de Sion sont aussi appelés "Nautonier" (pilote d'un bateau) comme l'indique un extrait du Serpent Rouge :

     Cet Ami, comment vous le présenter ? Son nom demeura un mystère, mais son nombre est celui d'un sceau célèbre. Comment vous le décrire ? Peut-être comme le nautonier de l'arche impérissable, impassible comme une colonne sur son roc blanc, scrutant vers le midi, au-delà du roc noir.

 

Extrait du Serpent Rouge

 

Le dossier Lobineau

   Pour comprendre de quelle source de nombreux auteurs et chroniqueurs débutèrent leurs enquêtes sur le Prieuré de SION il faut commencer par présenter un mystérieux dossier : Le dossier Lobineau

   Le dossier Lobineau, qu'on appelle aussi "Les Dossiers secrets" ou "Les dossiers du Prieuré de Sion", est un ensemble de documents et de feuillets, dont certains sont datés de 1956, et déposés à partir de 1964 à la Bibliothèque nationale sous la cote 4° 1m 249.

 

   Ils sont accessibles aujourd'hui sous microfilm. Sa forme initiale était une chemise à couverture rigide rassemblant des documents hétérogènes.


La cote des dossiers secrets

 

   Ces documents sont composés de lettres, d'arbres généalogiques, de coupures de presse et d'extraits imprimés d'ouvrage. On y trouve même des notes et des corrections manuscrites. Mais le plus étrange est que ce dossier a été régulièrement mis à jour en enlevant certaines pièces ou en ajoutant de nouvelles.

 

   Les Dossiers secrets sont considérés comme une archive public du Prieuré de Sion mais ils arrivèrent au grand jour en 1967 par l'intermédiaire d'un don volontaire et anonyme d'une personne appartenant au Prieuré depuis 1956.

 

   Parmi les pièces les plus importantes figurent des arbres généalogiques mérovingiens, accompagnés d'un nom dans le titre, celui de Henri Lobineau.  Des notes dans le dossier indiquent qu'il s'agit d'un pseudonyme mais il faut savoir qu'il existe à Paris, près de l'église Saint-Sulpice une rue Lobineau. Les textes auraient été rassemblés par Philippe Toscan du Plantier.

 

Les documents ont été déposés entre 1964 et 1967 et peuvent être présentés en 3 lots:

 

  1964 - Généalogie des rois mérovingiens et origine de diverses familles françaises et étrangères de souche mérovingienne.

   1965 - Les descendants mérovingiens ou l'énigme du Razès wisigoth

   1967 - Dossiers secrets d'Henry Lobineau

Feuilletez le dossier Lobineau...

 

   Un autre nom accompagne ces généalogies, celui de Leo Schidlof, qui en serait l'auteur. Mais qui est ce personnage ? Pour répondre il est nécessaire de connaître une curieuse histoire relatée par la presse et dont certaines coupures se trouvent dans les dossiers secrets :

 

   Leo Schidlof présenté dans le dossier Lobineau comme historien et amateur d'antiquités était Autrichien. Il vécut en Suisse et mourut à Vienne en 1966. Sa fille retrouvée en 1978 en Angleterre permit de corriger quelques erreurs. Son père n'était ni historien, ni amateur d'antiquités, mais expert et négociant en miniatures. A partir de 1948 il vécut à Londres jusqu'à sa mort. Un autre fait étrange est que sa fille affirma qu'il ne s'était jamais intéressé aux mérovingiens ou aux mystères du Razès. Et pourtant, à partir de 1960 de nombreux inconnus voulurent rencontrer Leo Schidlof et à sa mort certains cherchèrent même à mettre la main sur des documents laissés par le défunt.
Son mystère aurait pu s'arrêter là mais ce n'est pas tout. En 1946, et donc 10 ans avant le dépôt du dossier Lobineau, Leo Schidlof demanda un visa pour les États Unis qui fut refusé pour raison d'espionnage. Il dut attendre quelques mois avant d'obtenir cette autorisation. Or on retrouve dans le dossier Lobineau des allusions sur le fait que Leo Schidlof serait lié à des activités d'espionnage international.

Une autre coupure de presse dans le dossier Lobineau est aussi très révélatrice. L'article fait allusion à une sacoche en cuir appartenant à Leo Schidlof et contenant des documents importants liés à l'affaire de Rennes-Le-Château entre 1600 et 1800. Cette sacoche aurait changée de propriétaire à la mort de Leo Schidlof  pour passer dans les mains d'un certain Fakhar ul Islam, sans doute un autre agent. Expulsé de RDA, ce dernier dut regagner Paris et, pour confier la sacoche à un agent de Genève, il emprunta en février 1967 un express Paris Genève. Or la presse française rapporta le 20 février 1967 un sinistre fait divers : le corps décapité d'un jeune pakistanais nommé Fakhar ul Islam fut retrouvé sur la voie ferrée de Melun, probablement éjecté du train Paris Genève. Aucune sacoche bien sûr ne fut retrouvée et l'enquête fut confiée à la DST.

 

(Ce récit est extrait d'une enquête menée par les auteurs Michael Baigent, Richard Leigh, et Henry Lincoln et décrite dans "L'énigme sacrée")

 

   Ce récit rocambolesque montre bien l'atmosphère qui régnait dans les années 1960 autour de l'affaire de Rennes-Le-Château. Le dossier Lobineau est soit monté de toute pièce, soit constitué d'un ensemble d'indices importants mis à la disposition du public et dans quel but ? Voulait-on inoculer quelques fausses idées ou préparer quelques révélations ?

 

   La véritable identité de Henri Lobineau reste aussi bien mystérieuse. Une information publiée à l'époque à Paris indiqua qu'il ne s'agissait pas de Leo Schidlof mais du comte de Lénoncourt. Ce dernier résidait à Paris mais on pouvait le rencontrer régulièrement à Rennes-Le-Château ou à Gisors.

 

   Les Dossiers secrets recèlent une multitude d'indices à propos du Prieuré de Sion comme ce détail particulier : sur la page intitulée « Planche Numéro 4 », qui récapitule l'histoire et la structure de l'ordre, 27 commanderies sont citées ainsi qu'une arche, appelée « Beth-Ania », que dirigeait les commanderies. Cette arche était localisée à Rennes-le-Château et les plus importantes commanderies étaient situées à Bourges, Gisors, Jarnac, au mont Saint-Michel, à Montrevel et à Paris.

 

   Les généalogies qui figurent dans les Dossiers secrets détaillent les lignages des familles censées appartenir à la « sainte lignée ». En d'autres termes, il s'agit des familles présentées comme les descendantes de l'union supposée entre Jésus et Marie-Madeleine, les Saint-Clair, les Blanchefort, les rois mérovingiens et la maison Plantard. On trouve aussi dans cet ensemble de documents les généalogies des rois de Jérusalem et de Godefroi de Bouillon, qui fonda l'ordre de Sion en terre sainte.

 

   Quelques mois plus tard de cette année 1967 riche en évènement, était déposé à la bibliothèque nationale, le fameux Serpent Rouge , un petit fascicule bien curieux.

 

   Comme dans le cas du pakistanais Fakhar, mort atrocement sans explication claire, le parallèle avec les 3 auteurs du Serpent Rouge morts par pendaison est fortement troublant.  Ainsi, on ne peut pas s'empêcher de penser à une manipulation médiatique bien orchestrée, mais dans quel but et au profit de qui ou de quel organisme ?

 

Les assertions récurrentes

   Le dossier Lobineau permet de lister des assertions qui apparaissent par ailleurs tout au long de l'affaire de Rennes-Le-Château. Ces thèses, jugées par beaucoup comme une propagande médiatique et organisée à des fins plus ou moins obscures, sont néanmoins troublantes si on veut les regarder de manière objective et historique. Selon les dossiers secrets on peut dégager plusieurs affirmations :

 

  Le Prieuré de SION serait un Ordre secret qui se cacha derrière les Templiers et qui aurait permis de les assister dans ses prises de décisions administratives ou militaires.

 

  Le Prieuré de SION aurait créé l'Ordre du Temple qui deviendra par la suite les Templiers

 

  Le Prieuré de SION aurait été créé dans sa forme moyenâgeuse par Godefroi de Bouillon après la prise de Jérusalem en 1099.

 

  Après la dissolution des Templiers entre 1307 et 1314, le Prieuré de SION aurait continué son œuvre mystérieuse de siècle en siècle jusqu'à nos jours.

 

  Le Prieuré de SION existerait toujours de nos jours sous une forme active et toujours aussi discrète. Il répandrait le vrai ou le faux selon le contexte politique mais toujours dans le but de manipuler l'opinion ou les médias.

 

  Le Prieuré de SION aurait été dirigé par des "Grands Maîtres" qui se seraient succédés tous au long de l'histoire. Derrière ces Grands Maîtres appelés aussi "Nautoniers" se cacheraient des noms historiques très célèbres.

 

  L'objectif avoué du Prieuré de SION est de restaurer la dynastie mérovingienne sur le trône de France et sur d'autres nations européennes... Cet objectif est en tous cas ce que le Prieuré de SION, dans sa forme moderne, revendique de façon publique. Son objectif durant sa période moyenâgeuse reste plus obscure. Cette restauration mérovingienne est tout a fait justifiable historiquement si l'on considère que le Roi perdu Dagobert II eut une descendance en ligne directe par son fils Sigisbert IV . En effet, par le jeu des mariages et des alliances, cette lignée se serait propagée jusqu'à nos jours au travers de grands noms d'héritiers comme Gisors, Blanchefort, Saint-Clair, Montesquiou, Poher, Plantard, ...

 

Les Grands Maîtres avant 1188

   Souvent dénoncé comme un magnifique canular par manque de preuve, le Dossier Lobineau recèle pourtant énormément d'informations troublantes. Certaines indications ont pu être vérifiées historiquement, d'autres restent des hypothèses. Mais toutes ces informations sont magnifiquement homogènes s'insèrent parfaitement dans notre Histoire plus officielle. La liste des Grands Maîtres en est un bel exemple. Avant d'approfondir l'histoire du Prieuré il est important de connaître ces noms qui reviendront régulièrement dans le récit qui suit.

 

   Les dossiers secrets  révèlent 3 listes de noms. 2 d'entres-elles sont relativement connues par les historiens. Mais la troisième est surprenante car elle dresse la liste des Grands Maîtres qui se sont succédés après le schisme entre l'ordre de SION et celui des templiers en 1188. Cette liste est d'autant plus remarquable que des noms illustres y figurent.

 

Le dossier Lobineau comprend 3 listes :

 

  La liste de tous les abbés responsables des domaines de Sion en Palestine de 1152 à 1281. Cette liste a pu être vérifiée historiquement par recoupement avec d'autres ouvrages.

 

  La liste des Grands Maîtres de 1118 date de création du Prieuré de Sion, à 1188 date du schisme

 

   La liste des Grands Maîtres après 1188, date du schisme

 

 La liste des Grands Maîtres avant 1188

 

Nom des Grands Maîtres

 Période

 

Godefroi de Bouillon (Fondateur)

 1090 ou 1099

1

Hugues de Payen

1119 à 1136

2

Robert de Craon

1136 à 1147

3

Evrard de Barres

1147 à 1150

4

Hugues de Blanchefort

1150 à 1151

5

Bernard de Tremblay

1151 à 1153

6

Guillaume de Chamaleilles

1153 à 1154

7

Evrard de N ... 
(Le non est malheureusement devenu illisible sur les parchemins de Gisors copier par Mathieu de tremblay vers 1222)

1154 à 1154

8

André de Montbard

1155 à 1156

9

Bertrand de Blanchefort

1156 à 1169

10

Philippe de Milly

1169 à 1170

11

Heudes de Saint-Amand

1170 à 1180

12

Arnaud de Toroge

1181 à 1184

13

Gérard de Ridefort

1184 à 1188

 

Son histoire moyenâgeuse avant 1188

La création des ordres

 

   Selon les Dossiers secrets, l'ordre de Sion fut fondé en Terre sainte par Godefroi de Bouillon le 15 juillet 1099, date à laquelle Godefroi et les croisés prirent la ville de Jérusalem. Mais d'autres documents avancent la date de 1090.

 

   Suite à cette victoire, Godefroi de Bouillon ordonna la construction de l'abbaye de Notre-Dame du Mont-de-Sion, sur les ruines d'une ancienne église byzantine datant du IVe siècle et située sur "la colline haute" du mont Sion, en dehors des murs de Jérusalem, au sud de la porte de Sion. Ainsi, cette ancienne église que l'on appelait aussi "la mère de toutes les églises" devint l'église du Saint Sépulcre. Par la suite, la nouvelle abbaye, particulièrement bien fortifiée, abrita des chanoines augustiniens que Godefroi de Bouillon utilisa comme conseillers. Godefroi était ambitieux et il se battit pour le culte de l'église de Jean qui prône l'ésotérisme initiatique et la Tradition Royale. De cette pensée naquît l'ordre de Sion, mais il mourut le 18 juillet 1100.


Le siège de Jérusalem par les croisés

 


Les funérailles de Godefroi de Bouillon (Édouard Cibot, 1799-1877, Versailles)

 

   Toujours selon les dossiers secrets, les conseillers prêtres de Godefroi furent aussi secrètement et fortement à l'origine de la création de l'ordre des chevaliers du Temple. C'est ainsi qu'en 1118, Hugues de Payen, Bisol de Saint-Omer et Hugues de Champagne créèrent l'ordre du Temple. Un an plus tard Hugues de Payen devint le premier grand maître du prieuré de Sion et de l'ordre du Temple.

 

  Dans une première étape cet ordre de chevalerie devint l'organisation administrative et militaire à l'ordre de Sion. A partir de cette date, tous les éléments furent en place pour que l'organisation de Sion deviennent très rapidement puissante et riche. 2 entités opposées et complémentaires devaient alors cohabiter : L'ordre de Sion chargé de la pérennité spirituelle et l'ordre du Temple chargé de l'exécutif. Le premier, secret, sera connu plus tard comme le Prieuré de Sion, le second, visible, mais tout aussi mystérieux, sera connu comme les Templiers. Le rêve de Godefroi de Bouillon était enfin réalisé : L'église de Jean devint puissante, armée par les chevaliers du Temple et portée par l'esprit de Sion.

 

   C'est ainsi que les chevaliers du Temple et le Prieuré de Sion vécurent en parallèle pendant 40 ans jusqu'à la séparation complète des 2 ordres en 1188. Cette séparation fut concrétisée selon la légende par la coupure de l'orme de Gisors en Normandie. 

 

Godefroi de Bouillon fut-il le réel fondateur de l'ordre de Sion ?

 

   Une fois de plus, voici une nouvelle "coïncidence" historique que seule l'affaire de Rennes-Le-Château sait nous offrir. Pour la comprendre, il faut remonter un peu avant l'an de grâce 1070, soit 29 ans avant la première croisade et la prise de Jérusalem.

 

   En 875 des moines bénédictins en provenance de la Calabre et menés par l'un d'eux Ursus, arrivèrent près de la forêt des Ardennes, non loin de Stenay. Ils furent immédiatement protégés par Mathilde de Toscane, duchesse de Lorraine, épouse de Godefroy le bossu, tante et mère adoptive de Godefroi de Bouillon. En effet, le célèbre Godefroi est issue de cette fameuse région de Stenay, rendue fameuse par la lignée mérovingienne et par Dagobert II assassiné en 679 ...

 

   Les moines construisirent alors une église dans le Comté de Chiny à Orval, sur une terre donnée par Mathilde de Toscane. Cette église deviendra plus tard l'abbaye d'Orval

 


L'abbaye d'Orval de nos jours


L'abbaye d'Orval - La partie primitive

 

   Les moines quittèrent Orval et disparurent sans laisser de traces en 1108. Mais c'est aussi vers cette époque que commencèrent à apparaître quelques personnages célèbres qui initialisèrent la première croisade. Ce fut notamment le cas de Pierre l'ermite, précepteur de Godefroi de Bouillon et du pape Urbain II, qui dès 1095 commencèrent à parcourir la France et l'Allemagne pour faire passer un message :
"Il faut rendre aux chrétiens le tombeau du Christ et arracher la terre Sainte aux mains des musulmans".

 

   En 1131 l'abbaye d'Orval reçut Saint Bernard de Clairvaux et devint cistercienne.


Pierre l'Ermite menant la croisade populaire

 

La légende d'Orval

 

   Orval est situé à 25 km de Stenay et la localité est célèbre pour son haut lieu de la spiritualité moyenâgeuse. L'abbaye fut fondée par Bernard de Clairvaux au XIIe siècle, qui fut aussi le célèbre protecteur des Templiers. L'abbaye fonctionna durant 900 ans et vit tout au long de son histoire des personnages illustres comme Saint Malachie ou Nostradamus.

 

    En 1076, Mathilde de Toscane, Marquise et mère adoptive de Godefroi de Bouillon, perdit son mari assassiné par des tueurs à gage. Plus tard, au cours d'une promenade, son fils glissa sur les eaux gelées de la Semois et se noya.

   Le Nom "Orval" vient d'une légende : Accablée par la douleur, Mathilde resta longtemps cloîtrée, mais au cours d'une rare sortie, elle découvrit une fontaine naturelle d'où coulait une eau froide et limpide. Alors qu'elle plongea sa main pour y puiser de l'eau elle vit avec effroi que son alliance nuptiale sertie de rubis avait quittée son doigt et était tombé au fond du bassin. La profondeur de la fontaine était telle que le précieux anneau d'or devint inaccessible.


La fontaine d'Orval

 

La marquise implora alors la Vierge de lui ramener le bijou et son vœu fut aussitôt exaucé puisqu'une truite bondit hors de l'eau et jeta l'anneau dans sa main. Elle s'exclama aussitôt : "Voici l'or que je cherchais, heureuse soit la vallée qui me l'a rendue, qu'elle s'appelle désormais le Val de l'Or".

 

C'est ainsi que, par reconnaissance, elle décida de fonder un monastère en ce lieu béni, qui devint Orval.

Curieusement cette légende se rapproche d'un autre mythe biblique:

 

Salomon, après avoir jeté un anneau dans la mer, il le retrouva dans le ventre d'un poisson, ce qui lui permit de prouver sa légitimité en tant que Roi de Jérusalem.


La comtesse Mathilde de Toscane
(Monument situé à St Pierre de Rome Vatican)

 

   La parabole est d'autant plus intéressante que Mathilde de Toscane fut la mère adoptive de Godefroy de Bouillon qui fut proposé comme Roi de Jérusalem.

 

   Mais ces 2 légendes sur l'anneau renvoient inévitablement à un autre symbole : celui de cette communauté mystérieuse de moines initiés, italiens, fondateurs de l'abbaye, et qui se présentaient sous le nom de "Cercle du Hiéron du Val d'Or". Ces moines menés par Ursus devaient s'éloigner de la ligne chrétienne officielle puisqu'ils suivaient en secret la pensée ésotérique de Saint Jean.

 

   L'abbaye est aussi connue pour des documents découvert dans ses archives en 1793 par un certain François de Metz . Ces documents sont des prophéties composé par Philippe Dieudonné, et Noël Olivarius, chirurgien et astrologue. Mais pour certains auteurs ces documents seraient le travail de Nostradamus.

 

   Que devinrent les mystérieux moines d'Orval ? Les dossiers secrets nous donnent quelques indices. En effet, ils donnent 2 dates pour la création de l'ordre de Sion : 1099 correspondant à la prise de Jérusalem, mais aussi 1090 soit 9 ans plus tôt.


   Si l'on suppose que ces moines étaient organisés et qu'ils apportèrent une pensée spirituelle, on peut imaginer qu'un seul fil conducteur unit les moines d'Orval, Godefroi de Bouillon, et son précepteur Pierre l'ermite, ardent défenseur de la première croisade. Il est aussi raisonnable de penser que Pierre l'ermite était l'un de ces moines.


Godefroi de Bouillon partant
pour la croisade

 

   Qu'était donc venu chercher ces moines calabrais  à Orval ? Il est maintenant clair que leur objectif étaient de former un moine suffisamment fort pour mener le peuple à la première croisade. Ce moine était Pierre l'ermite

 

   Les moines d'Orval ne serait-ils donc pas ceux que l'on retrouvera plus tard en compagnie de Godefroi dans l'abbaye de Notre-Dame du Mont-de-Sion ? Et si oui, serait-ils à l'origine de l'Ordre de Sion, Godefroi étant un simple exécutant qui permit la conquête de Jérusalem ? C'est fort probable ...

 

   Pierre l'Ermite, de son vrai nom Pierre d'Acheris est originaire d'Amiens. Il partit pour Jérusalem en 1093 où Il eut, durant une méditationdevant le Saint Sépulcre, une révélation : "Pierre lève-toi ! Cours annoncer à mon peuple la fin de l'oppression. Que mes serviteurs viennent, et que ma terre soit délivrée!"

De retour de Palestine, il se jeta aux pieds du pape Urbain II qui le missionna alors de mener le peuple à la guerre sainte. Pierre l'Ermite parcourut alors l'Europe sur une mule, pieds nus, un crucifix à la main. Orateur éloquent, le peuple devint fanatisé par ce prédicateur envoyé de dieu.

Pierre l'Ermite devint le principal prédicateur de la 1ère croisade. Il entraîna le peuple vers la Terre sainte en 1096 mais beaucoup mourront avant d'atteindre leur but. En 1099, il participe au siège de Jérusalem en organisant des processions autour de la ville et en haranguant les croisés.


Pierre l'Ermite menant le peuple

 

   Le pape Urbain II convoqua un concile le 14 novembre 1095 à Clermont et s'adressa aux hommes de guerre. Son discourt se termina par ces mots : "Dieu le veut ! Dieu le veut !" . Cette exclamation célèbre devint la devise des croisades.
   Au final ils furent 100000 cavaliers, 300000 fantassins plus femmes, enfants, vieillards, moines,... Au total 600000 personnes partirent pour délivrer Jérusalem. La première croisade pouvait commencer.

 

   En 1099, après la prise de Jérusalem, un conclave secret y fut organisé. Les participants n'ont jamais été identifiés de manière certaine mais Guillaume de Tyr dira plus tard qu'un évêque de Calabre était le plus reconnu parmi eux (était-ce Ursus ?)

 

   Mais qu'elle était l'objectif de cette réunion ? Tout simplement élire un roi : le Roi de Jérusalem

  

Tout naturellement, Godefroi fut proposé pour cette élection mais il refusa préférant se contenter de garder sa mission de défenseur du Saint Sépulcre. Selon les Dossiers secrets il fut aussi initié au secret de la descendance mérovingienne.


Le couronnement de
Baudoin 1er en 1100

 

   Ce fut donc son frère  Baudoin qui accepta le trône. On peut en tout cas remarquer la volonté du conclave de vouloir donner le titre à la famille de Godefroi.

Baudoin 1er, frère de Godefroi, fut donc couronné le jour de Noël 1100

 

La création de l'ordre des Chevaliers du Temple

 

   Les Dossiers secrets fournissent de nombreux détails sur cet épisode.
En mars 1117, Baudoin 1er, frère de Godefroi de Bouillon, s'apprêtait à mourir suite à une maladie. Mais malgré son état, il dut pour des raisons inconnues négocier la création de l'ordre du Temple à Saint-Léonard d'Acre. L'ordre de Sion était-il déjà suffisamment puissant pour imposer ses volontés au roi ? Il est vrai que Baudoin 1er fut choisit et couronné par l'Ordre de Sion.

 

   L'ordre du Temple fut ainsi créé en 1118 par les fondateurs Hugues de Payen, Bisol de Saint-Omer, Hugues de Champagne et quelques membres de l'ordre de Sion. Mais il semble que 1118 est une date de création officielle, les Chevaliers du temple devait déjà exister quelques années auparavant.

 


Croix templière

   Officiellement c'est en 1120 que Hugues de Payens, chevalier champenois, fonde avec  ses compagnons une milice destinée à protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem. En acceptant de rentrer dans l'ordre ils devaient combattre et mener une vie religieuse stricte en respectant les règles bénédictines et les usages des chanoines augustins. Baudouin II, roi de Jérusalem, les installa à Jérusalem, dans la mosquée al Aqsa, construite sur les fondations du temple de Salomon.

 

   Au départ, les templiers furent guidés par le patriarche de Jérusalem et les chanoines du Saint Sépulcre. Mais en 1129 ils devinrent plus autonomes. L'Ordre du Temple devint très vite puissant par les donations de terres et de droits qui se multiplièrent. Des commanderies furent crées dans toute l'Europe chrétienne et financèrent le Temple et ses campagnes militaires. Vers 1140, les princes d'Antioche confièrent aux Templiers la défense de leur frontière septentrionale avec le château de Baghras. Mais Philippe le Bel, inquiet par cette puissance vouée au Pape et non au Roi, ordonna leur arrestation. L'Ordre du Temple fut alors persécuté et disparu. Un procès s'en suivit et les chevaliers prisonniers passèrent à la question puis au bûcher. Enfin, le roi obtint de Clément V la dissolution officielle de l'ordre de Temple lors du concile de Vienne en 1312.

 

Après la seconde croisade, Louis VII ...

 

   En 1149, après la seconde croisade, le roi Louis VII, accompagné de 95 de ses membres, rentra en France depuis l'abbaye de Notre-Dame du Mont-de-Sion pour l'abbaye de Saint-Samson, à Orléans. Selon les Dossiers secrets, 26 membres de l'ordre furent choisis pour être affectés au petit prieuré du Mont-de-Sion, près d'Orléans à Saint-Jean-le-Blanc et 7 furent intégrés dans les chevaliers du temple.

Ce fut à partir de cet évènement que l'Ordre secret de Sion débuta officiellement en France à Orléans, pour devenir par la suite le Prieuré de Sion.
 

   Contrairement aux périodes antécédentes où aucun écrits n'attestent la présence de l'Ordre de Sion, une bulle papale d'Alexandre III de 1178, retrouvée dans les archives de la ville, confirme l'Ordre de Sion et ses richesses en France, Lombardie, Calabre et Espagne.

 

   En résumé on peut affirmer que le Prieuré de Sion commença son histoire française en 1152.

 

La coupure de l'orme de Gisors

Les auteurs relient souvent Rennes-Le-Château à Gisors, mais pourquoi ?

 

L'une des raisons les plus connues est que le château de Gisors a été le chef lieu des Templiers. Mais une autre raison plus complexe est celle du fameux épisode de la coupure de l'orme à Gisors relaté par les documents secrets du Prieuré.


Le château de Gisors

   Vers 1187 la ville sainte Jérusalem, alors aux mains des templiers et de Gérard de Ridefort (dernier Grand Maître de Sion avant 1188),  fut reprise par les Sarrasins.

 

Cet évènement vécu par les fidèles comme une terrible humiliation, obligea les chrétiens présents en terre sainte à rejoindre au plus vite d'autres terres chrétiennes.

Orléans fut certainement une destination privilégiée.

 

Cet épisode a d'ailleurs inspiré Ridley Scott dans son film "Kingdom of heaven" où le héros Balian est à rapprocher de Gérard de Rideford


Photo extraite du film "Kingdom of Heaven" de Ridley Scott

Le film : En perdant sa femme et son fils, Balian, un jeune forgeron, perd la foi. Un chevalier vient le trouver. C'est Godefroy d'Ibelin, croisé et baron du roi de Jérusalem qui a pour mission de préserver la paix en Terre sainte. Il révèle à Balian qu'il est son père et lui demande de l'accompagner à Jérusalem. Balian deviendra alors le plus valeureux et le plus héroïque des chevaliers puisqu'il devra protéger la sainte Jerusalem... La bataille se terminera par un accord entre chrétiens et sarazins : les chrétiens auront la vie sauve à condition de quitter Jérusalem.

 

   Or, en 1188, et selon les Dossiers secrets, un rituel appelé "La coupure de l'orme" marqua la rupture entre les 2 ordres, celui de SION et celui du Temple. Ce schisme, dont on ne connaît pas les réelles causes, semblerait avoir été provoqué par la perte de Jérusalem.

 

Le plus intéressant est que ce qui aurait pu rester une légende dans le Dossier Lobineau rejoint l'histoire. En effet il y eut un fait historique étrange à Gisors en 1188 rapporté par les historiens. A cette date une réunion importante eut lieu à Gisors pour la prédication (préparation) de la 3ème croisade. Plusieurs personnalités furent présentes pour cette occasion dont : Philippe II Auguste Roi de France, l'Archevêque Guillaume de Tyr, Henri II Plantagenêt Roi d'Angleterre, le Duc de Normandie et le comte de Flandres, et sans doute les chevaliers du Temple.

 

Mais que disent les légendes ?

 

La coupure de l'orme

 

Près du château de Gisors se trouvait une prairie appelée "Le champ sacré".  Cette étendue connaissait depuis très longtemps une attention particulière de la part des différents souverains et surtout durant le XIIe siècle, date à laquelle les rois de France et d'Angleterre se réunissaient régulièrement. Ce champs possédait au milieu un très vieil orme âgé d'au moins 800 ans. Cet arbre, dont le tronc nécessitait 9 hommes pour en faire le tour,  était le seul de la prairie et donc le seul à procurer une belle ombre.
En 1188, alors qu'une canicule s'était installée, les rois Philippe II Auguste de France et Henry II d'Angleterre se réunirent sous l'orme. Mais au bout de 3 jours de négociation sous un soleil de plomb, et pour des raisons inconnues, la réunion se transforma en une bataille sanglante. Les soldats français en surnombre s'élancèrent sur les anglais qui durent se réfugier dans la citadelle de Gisors. Philippe II, fou de rage coupa alors l'orme et rentra à Paris.

 

Mais une autre anecdote médiévale rapporte une histoire un peu différente :


Philippe II de France et Henry II d'Angleterre, en désaccord en 1188 sur un sujet resté obscur aujourd'hui, auraient concrétisé leur différent en pariant sur le sort de l'orme. Ainsi, Philippe II aurait fait part à son adversaire son souhait de couper l'orme, et Henry II aurait protégé l'arbre en entourant le tronc de lame de fer (d'où son nom d'ormeteau ferré). Un combat sanglant s'ensuivit le lendemain entre 5 escadrons français et un nombre important de soldats anglais dirigé par Richard Cœur de Lion, fils héritier de Henry II.  Richard Cœur de Lion bataillant la journée entière ne put empêcher la prise du champ sacré par les français, et le soir venu l'orme fut coupé.

 


Richard Cœur de Lion et Philippe II Auguste se querellant à Messine

 

Philippe II Auguste
(règne 1180 - 1223) :

 

Fils de Louis VII et d’Adèle de Champagne, Philippe II Auguste, roi de France, règne sur quelques terres comprenant l’Île-de-France, l’Orléanais et une partie du Berry. Le reste du royaume est partagé en une dizaine de fiefs sur lesquels le roi n’a qu’un droit théorique de suzeraineté. Les provinces de l’Ouest (Normandie) dépendent du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt.
Gisors marque la frontière entre les 2 souverains.

N'ayant pas d'armée solide, Philippe II Auguste décide de combattre l'Angleterre en exploitant les dissensions entre le tyrannique Henri II et ses 4 fils, dont Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Après s'être assuré l'amitié de Richard Cœur de Lion en désaccord avec son père Henry II,  Philippe II Auguste conquit aux anglais Issoudun, Gisors et le Maine. Il alla même jusqu'à exiger la destitution de Henri II roi d'Angleterre en faveur de son fils rebelle : Richard Cœur de Lion.


Philipe II Auguste en croisade

 

Richard Cœur de Lion (1157 - 1199) :

 

Richard né à Oxford le 8 septembre 1157. Son père Henry II, Roi d'Angleterre, Duc de Normandie, Comte d'Anjou, Duc d'Aquitaine, règne sur un empire qui s'étend des frontières écossaises aux Pyrénées. Sa mère est Aliénor d'Aquitaine, seconde épouse d'Henry II. La succession au trône est assurée par Henry le Jeune, frère aîné de 3 ans, et Richard. Elle aura 2 autres fils, Geoffroy et Jean (sans terre), né en 1167.

Le centre de l'empire de Henry II était l'Anjou.
De ce fait Richard
grandit en France et non en Angleterre en côtoyant les plus fins lettrés. Il écrit les langues d'oc et d'oil (le français et le limousin), et parle le Latin. Il s'initie aux disciplines de la chevalerie, et à l'art de la guerre.

 

A partir de 1173 les 3 frères, barons du Poitou et de l'Aquitaine, vont se rebeller contre leur père Henry II qui reste le plus fort. Mais Richard se démarque. Il va s'opposer à ses frères et devenir allié de son père pour les faire rentrer dans l'ordre Plantagenêt. C'est dans cette guerre qu'il démontre ses qualités de stratège et de meneur. En 1177, il écrase la révolte des Barons et il fait prisonniers 2500 routiers qui mettaient à sac le Limousin et les ramène à Aixe-sur-Vienne, près de Limoges. Là, il fait couper la tête à un tiers d'entre eux, le second tiers est noyé dans la Vienne et on perce les yeux du dernier tiers. Les malheureux sont ensuite dispersés sur les routes pour annoncer la grandeur de la sévère justice de Richard.


Richard Cœur de Lion

 


Henri d'Anjou, duc de Normandie, duc d'Aquitaine, and Henry II,
roi d'Angleterre


Le gisant de Henry II dans l'abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire)

 

 

   La mort de son frère Henri le Jeune puis la mort d'Henri II le 6 juillet 1189 à Chinon va mener naturellement Richard Cœur de Lion sur le trône d'Angleterre le 3 septembre 1189. Henry II est inhumé dans l'abbaye de Fontevrault. Son frère Jean devient "Jean sans terre".

 

   Richard Cœur de Lion participe alors à la 3ème Croisade avec Philippe II Auguste et Frédéric Barberousse. L'entente sera mouvementée entre les 2 souverains. Richard s'empare de l'île de Chypre en 1191, qu'il revend aux Templiers, puis de Saint-Jean-D'acre le 13 juillet 1191. Philippe Auguste, soi-disant malade, quitte la Terre Sainte pour la France. Richard, seul chef de la Croisade, remporte la victoire d'Arsuf sur Saladin le 7 septembre 1191. Il marche ensuite sur Jaffa et échoue en décembre 1191, aux portes de Jérusalem. Ceci l'oblige à signer une trêve de 3 ans avec les musulmans. Les chrétiens obtiennent alors le libre accès à la ville Sainte, qui restera sous administration arabe, même après une seconde tentative de prise de contrôle de Jérusalem en été 1192.

 

   Son retour devient nécessaire car les barons d'Aquitaine et du Poitou s'agite avec la complicité du Roi de France. Jean sans Terre s'attache au pouvoir (c'est dans de contexte que né la légende de Robin des bois). Lors de son retour en 1192, Richard débarque par erreur en terre ennemie et est fait prisonnier par le duc d'Autriche. C'est après 2 ans très durs d'incarcération qu'il est libéré en 1194 grâce à une rançon versée par sa mère Aliénor.

 

   Le 13 Mars 1194, Richard est en Angleterre et remet de l'ordre dans son royaume. Il conclut une trêve de 5 ans avec Philippe II Auguste pour conserver la Normandie et l'Aquitaine.
 

   Le 25 mars 1199, Richard part avec son chef de guerre Mercadier et une centaine d'hommes pour le château de Châlus près de Limoge.  Le but est de châtier le vicomte de Limoge qui montre des signes d'infidélité. Le lendemain, Richard et la garnison se réfugie dans le château, craignant pour leur vie, Richard ayant proclamé qu'il n'y aura pas de quartier pour les félons. L'un des chevaliers Pierre Basile, barricadé dans le donjon, armé d'une arbalète et angoissé par l'attente, aperçoit en bas un petit groupe de cavaliers. Pour les faire fuir et sans même viser, il décoche une flèche qui brise un carreau et vient se figer à la base du cou de l'un d'eux. Le cavalier se dresse sur son cheval pour complimenter le tireur mais il va s'asseoir sur un rocher pour faire examiner sa blessure . Ce cavalier est Richard Coeur de Lion. Le fer ne peut être retiré et l'infection cause sa mort. Mais avant, il pardonne à Pierre Basile à qui il lègue une somme d'argent.

 

   Ses dernières volontés seront "Que mon corps soit enterré à Fontevrault, mon cœur dans ma cathédrale de Rouen, quant à mes entrailles qu'elles restent à Châlus".
Ainsi mourut l'un des rois les plus remarqués du Moyen-âge, érudit, poète, brave, mais ne sachant pas parler un mot d'anglais. 

 


L'abbaye de Fontevraud
Les gisants Henry II, Aliénor d'Aquitaine,
Richard Cœur de Lion et Isabella d'Angoulême 


Gisant de Richard Cœur de Lion
dans l'abbaye de Fontevraud (Maine et Loire)

 

La coupure de l'orme, légende ou réalité historique ?

 

   Les 2 récits de la coupure de l'orme, bien qu'issus de légendes populaires, confirment un fait reconnu et historique qui est celui de l'abattage d'un orme. Il n'existe malheureusement aucune preuve de cette épisode, ni de trace de cette bataille liée à Richard Cœur de Lion. Néanmoins et comme d'habitude, des faits convergents renforcent certaines hypothèses. L'Histoire nous confirme malgré tout que :

 

   Gisors fut le quartier général des templiers durant 30 ans

 

   Les chevaliers du temple étaient souvent vus au côté de Richard Cœur de Lion

 

   Philippe II Auguste et Henry II étaient en réel conflit

 

   Une querelle eut bien lieu à Gisors en 1188 et elle donna lieu à l'abattage d'un orme. C et événement est d'ailleurs représenté dans l'église Saint Gervais - Saint Protais de Gisors.

 

   Il faut aussi souligner que la légende décrivant Richard Cœur de Lion bataillant pour l'orme en 1188 contre Philippe II Auguste est contradictoire avec la date de libération de Richard en 1194.

 

   En 1188, alors que le pape en place était Clément III, allié spirituel des français et porteur de la pensée de Pierre, les anglais opposèrent aux français la pensée de Jean et le mysticisme de leurs évêques. Gérard de Ridefort, alors Grand Maître de Sion, se rangea au côté de Henry II. C'est dans ce contexte que, d'après les dossiers secrets, 1188 marquerait la date du schisme entre l'ordre de Sion créé par Godefroi de Bouillon et l'ordre des templiers.

 

   Il reste aujourd'hui de cette anecdote historique une adresse à Gisors : "Avenue de l'ormeteau ferré"

 

L'orme, un arbre hautement symbolique

 

   L'orme est un arbre aujourd'hui mal connu et pourtant il fut vénéré pendant des siècles.

 

L'orme est un arbre majestueux à l'écorce brun foncé, marqué sur le tronc par de grandes fentes dans le sens de la longueur et aux feuilles d'un vert pâle finement dentelées. Sa graine "samare" est munie d'une large aile qui lui permet de s'envoler avec le vent. L'arbre pousse presque partout en Europe et il peut atteindre 40m de haut et vivre plusieurs siècles.

 

  Le bois de l'orme était utilisé pour faire des roues, des wagons, des machines agricoles et des bateaux, car il supporte très bien l'humidité. Le tronc de l'orme est très recherché par les ébénistes pour son placage et la fabrication de meubles.


L'orme - Celui de Gisors
a bien sûr disparu

 

   Contrairement à ce que l'on pense, l'orme fut au cours de l'histoire beaucoup plus vénéré que le chêne et on lui attribuait beaucoup de pouvoirs magiques.

 

   Selon la légende populaire, Saint Louis rendait la justice sous un chêne, dans son domaine de Vincennes à Paris. Mais il faut savoir qu'au moyen-âge il était coutume de planter un orme devant le château féodal. Les seigneurs rendaient ainsi la justice sous son ombrage. L'orme était d'ailleurs appelé "L'arbre de justice".

 

   On trouvait aussi un orme sur chaque place de village ou presque, et on croyait cet arbre capable de guérir bien des maladies comme la lèpre,  la calvitie, les dartres, l'eczéma, les dermatoses, et les plaies. Les sorciers druidiques utilisaient l'écorce pour préparer des remèdes puissants contre les rhumatismes et les sciatiques. Les feuilles appliquées sur les plaies étaient utilisées pour stopper les hémorragies.

 

   Dans la tradition celtique, l'orme est de polarité féminine (la première femme naquit de l'orme, l’homme naquit d’un frêne). Il représente aussi un aspect de la Déesse Mère relié à la Terre. On lui attribuait la Rune Gyfu et il symbolisait le don, les échanges et la marque sacrée.

 

   L'origine du mot « orme» vient du latin « ulmus», et de nombreux noms de famille selon les régions françaises y trouvent des racines comme "Delorme", "Delhorme", "Delhomme", "Hormoy", ou "Dormoy".  Dans le Languedoc méridional, cela donne des noms de famille tels que Oms, Homs, Homps, ou Homs. (Boudet aurait-il voulut faire un jeu de mot avec le Cap de l'hom dans son livre "La vraie langue celtique"?)

 

       

 

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