> Les indices complémentaires

 

 

Le Méridien de Paris                   3/3
L'affaire des bornes méridiennes de Rennes

Rennes‑Le‑Château ou l'histoire d'un grand secret

 

 

 

Parmi toutes les études réalisées autour des méridiens, celle concernant

le Méridien de Paris est essentielle
à connaître.

 

Véritable colonne vertébrale qui permit de cartographier la France,
le Méridien 0 fascine pour de
multiples raisons.

Son histoire étalée sur plusieurs siècles, sa participation au rayonnement de la France, ses racines occultes, ses liens avec une topographie secrète et sacrée, sa célébration en l'an 2000, et ses ramifications dans l'affaire de Rennes
en font un sujet inépuisable
et passionnant...

 

D'autant qu'une étude débutée en 2010 dans le Haut‑Razès nous a permis de révéler une affaire inédite et intrigante,
celle des bornes méridiennes...
 


 

Le Méridien de Paris

  Nous l'avons vu dans les pages concernant les méridiens, le sujet est inépuisable. Ces études puisent dans des disciplines très riches, aussi bien historiques que techniques comme la géométrie, la géodésie, la cartographie, ou la topographie. Les méridiens drainent aussi son lot de mystère et de questions qui restent désespérément sans réponse. Pourtant, il est indéniable qu'une cohérence générale existe. Les méridiens, et plus généralement les axes et les cercles, s'articulent selon une logique sublimée par le terrain et par des monuments pérennes servant de repère. Un travail de recherche très important reste à faire, et devant un tel chantier, la seule analyse crédible doit être avant tout descriptive. Toute autre tentative de compréhension basée sur des hypothèses gratuites ou non est vouée à l'échec.

 

    Dans ce contexte, on pourrait penser qu'il suffit de construire ce descriptif à partir du Méridien de Paris, véritable colonne vertébrale du système. Seulement voilà, il existe dans l'affaire de ce méridien une autre affaire, une énigme dans l'énigme, des anomalies, des curiosités, et surtout une affaire... L'affaire des bornes méridiennes du Haut‑Razès... De quoi s'agit‑il ? Pour comprendre, revenons sur le Méridien de Paris et sur les bornes méridiennes...  

 

Je veux remercier ici Patrick Merle, chercheur spécialisé dans les structures
cartographiques, qui initialisa en 2010 l'étude des bornes méridiennes
autour des deux Rennes et qui permit d'ouvrir une nouvelle piste fructueuse.

Ce dossier inédit et dérangeant est le résultat d'une enquête effectuée sur plusieurs années
et que nous avons aujourd'hui amené à sa maturité. Son intérêt est doublement important puisque non seulement il s'appuie sur des indices aujourd'hui disparus, mais l'analyse qui en résulte démontre sans équivoque que des instances bien placées et très informées fournissent beaucoup d'effort pour rendre pérenne une certaine mémoire de l'énigme...

De nombreux éléments futurs viendront s'appuyer sur ces recherches,
véritable boîte de Pandore aux pistes multiples et étonnantes...

 

Copyright © RLC Archive ‑ Jean‑Pierre Garcia et Patrick Merle

 

 

Sommaire

 

      Le Méridien de Paris et ses curiosités dans la capitale

      Suivons la méridienne verte

      L'affaire des bornes méridiennes autour des deux Rennes 

 

 La genèse d'une affaire dans l'affaire
  
   C'est en 2010 que l'étude des bornes commença, et c'est Patrick Merle le premier qui initialisa un travail qui devait se révéler au fil des années extrêmement intrigant. L'objectif au départ était simple et a priori sans surprise : visiter les fameuses médailles disposées sur le Méridien de Paris dans le Haut‑Razès. Alors que nos préoccupations principales à cette époque étaient de commencer les travaux autour de la géométrie du Domaine de Saunière, l'étude des médailles se fit en parallèle. Très vite alerté par des anomalies récurrentes, la simple observation du Méridien dans le secteur des deux Rennes se transforma en un relevé à la Prévert qui dura plusieurs années...

   Comment a‑t‑on pu créer autant d'erreurs dans une région réduite et précise ? Pourquoi tant de curiosités alors que l'installation d'une borne méridienne reste très facile pour une petite commune, même mal équipée ? Le travail consiste en effet à repérer le Méridien de Paris aux abords d'une route, à ériger un cylindre de béton sur la ligne historique légèrement en retrait, et y incruster sur un plan horizontal une médaille de bronze en prenant soin de l'orienter correctement selon un axe Nord‑Sud. De plus, ces anomalies variées s'étalent sur plusieurs communes réduisant la possibilité d'être face à un seul auteur...

   La simple étude devint peu à peu une véritable affaire dans l'année 2014. En prise avec les découvertes et les visites de terrain dans le secteur du Bézis, voici qu'un autre sujet, a priori sans rapport direct, naissait sous nos yeux. Les erreurs des bornes se transformaient lentement en un monumental jeu de piste dans lequel il nous manquait les règles. Un travail d'inventaire plus sérieux se mit en place : photos, relevés GPS, boussole et triangulation vinrent alimenter un dossier sans que l'on connaisse le but réel de ces étranges constatations. Coup de théâtre, la célèbre topographie des deux Rennes finit très vite par s'inviter dans nos analyses ouvrant une nouvelle boîte de Pandore...

   Il faudra attendre encore quelques années jusqu'en 2017 pour confirmer ces travaux, puis 2020 pour rassembler peu à peu les différentes données et monter un dossier destiné à une mise en ligne sur le site RLC Archive. Le dossier réel est en fait très technique, mais vous trouverez ici une présentation volontairement simplifiée permettant à chacun de s'y plonger et de juger...
    Je veux tout de même avertir ici les passionnés et les curieux. Il est inutile de se ruer vers ces bornes et leur médaille. Victimes de leur célébrité et de leur rareté, elles ont pratiquement toutes disparu. Des bornes ont aussi été saccagées, et il est aujourd'hui impossible de refaire ce travail à l'identique sur le terrain.
   C'est aussi ce qui rend cette étude précieuse, car elle a été élaborée avec des données vérifiées et aujourd'hui disparues.

   Il nous reste heureusement des relevés et des images, témoins de cette affaire étonnante... Une affaire de plus dans l'énigme des deux Rennes... L'affaire des bornes méridiennes...

L'une des bornes sur le Méridien de Paris au Pontils. Au fond, la vallée du Bézis et la Tête d'Indien...

 

Les bornes méridiennes en folie autour des deux Rennes...

    Nous avons vu précédemment que dans un principe de célébration, de communication et de pédagogie, des médailles ont été installées le long du Méridien de Paris. Celles‑ci permettent à la fois de rendre hommage au fantastique travail accompli par Delambre et Méchain, mais également de repérer de manière ludique et concrète la célèbre ligne virtuelle. Le principe édicté dans l'année 2000 était simple :

    " Les communes traversées par le Méridien de Paris devront poser une médaille méridienne aux abords des routes, à l’endroit exact où la méridienne coupe cette même chaussée, tout en respectant à la fois la sécurité et la visibilité ".

    Rappelons que les médailles doivent être posées autant que possible sur un plot de béton cylindrique afin de garantir leur identification et leur pérennité et qu'elles doivent être correctement orientées : la ligne méridienne gravée sur le disque de bronze et symbolisée par des points rejoignant Dunkerque à Barcelone doit être parfaitement alignée sur l'axe Nord‑Sud.

   Ce travail a été dans l'ensemble très bien respecté. Les médailles seront malheureusement victimes de leurs succès. Appréciées sans doute par des collectionneurs ou des randonneurs peu scrupuleux, elles disparaissent peu à peu, laissant à la place un plot de béton vide de sens. Il est donc inutile aujourd'hui de se diriger sur le terrain pour vérifier ces médailles, elles ont pratiquement toutes disparues... Il nous reste fort heureusement des photos qui témoignent et un relevé précis issu d'une enquête qui fut menée par chance peu avant les dégradations...

    Or, il faut savoir que si cette directive a été très bien suivie dans toutes les communes méridiennes de France, il en va tout autrement dans le secteur du Haut‑Razès. En effet, les rares curieux qui s'intéressèrent aux médailles posées dans la région de Rennes‑le‑Château ont dû y perdre leur latin... Voyez plutôt :

Au total, 11 médailles vous nous occuper dans ce secteur réparti entre Terrolles, les Pontils, Serres, Rennnes‑les‑Bains, Montferrand, Sougraigne, et Bugarach...

 

Les deux bornes méridiennes de Terrolles

   La première borne est installée sur la D70 peu avant la commune de Terrolles en arrivant par l'Ouest. Son aspect est plutôt atypique. Le traditionnel plot cylindrique de béton a été remplacé par une pierre naturelle, et la médaille qui aurait dû être posée horizontalement est inclinée.

Coordonnées GPS : 42° 59' 13.48" N   2° 20' 12.31" E

La borne méridienne de Terrolles
au bord de la D70

La borne de Terrolles
et sa médaille artisanalement fixée

 

    Compte tenu de sa position inclinée, il a été difficile de mesurer exactement l'angle de l'axe de la médaille à l'aide d'une boussole. On peut toutefois estimer selon les relevés cartographiques qu'il fait un angle de 13° Nord‑Est avec l'axe Nord‑Sud du Méridien de Paris.

La borne méridienne de Terrolles et sa médaille

 

    Il existe une seconde borne méridienne plus au Nord de Terrolles. D'aspect très classique, elle borde un chemin et elle est censée notifier le passage du Méridien de Paris à cet endroit, or il s'avère que non...

La seconde borne méridienne au Nord de Terrolles n'est pas sur le Méridien 0

 


Au fond, le Bugarach domine la région du Languedoc

 

   La borne est en fait située anormalement à 140 m à l'Ouest du Méridien 0 et il faut encore ajouter environ 50 m si l'on veut être calé sur une longitude officielle ou IGN...

Coordonnées GPS : 42° 59' 41.93" N   2° 20' 4.89" E

La borne méridienne de Terrolles Nord
à 140 m du Méridien de Paris

 

    Si son apparence est classique, la borne possède une autre anomalie surprenante : la médaille est mal orientée. Posons une boussole. Celle‑ci montre naturellement le Méridien orienté Nord‑Sud, mais le tracé de la médaille de bronze n'est pas aligné et affiche un angle de 36° Nord‑Est

Le méridien de la médaille
n'est pas aligné sur l'axe Nord‑Sud

La boussole montre nettement
l'orientation erronée de la médaille

 

Les deux bornes méridiennes des Pontils

   La première anomalie sur le point méridien des Pontils est qu'il existe non pas une, mais deux bornes posées côte à côte au bord de la D613. L'une est classique, la médaille étant montée sur un plot cylindrique en béton. La seconde est au sol, incrustée dans un dallage de pierre. Une pierre verticale façon stèle repère la borne comme s'il fallait donner à l'ensemble un aspect de tombeau. Pourquoi disposer une seconde médaille au sol très près de la première, un repère a priori redondant ?

Les bornes sont par contre exactement posées sur le Méridien 0 :
Coordonnées GPS : 42° 57' 03" N    2° 20' 11" E

Les deux bornes des Pontils placées exactement sur le Méridien 0
au bord de la D613 près du hameau des Pontils

 


La borne sur béton des Pontils
en arrière-plan le Bézis

La borne au sol des Pontils
prenant l'allure d'une sépulture

 


Les deux bornes méridiennes posées côte à côte aux Pontils
En fond de scène, la Tête d'Indien surveille la porte du Bézis et les gorges...

 

Observons maintenant l'orientation des médailles à l'aide d'une boussole :

   Médaille sur béton : son méridien est orienté à 15° Nord‑Ouest
   Médaille au sol : son méridien est orienté à 87° Nord‑Ouest 

Orientation de la médaille sur béton
près du hameau des Pontils
La boussole montre 15° Nord‑Ouest

Orientation de la médaille au sol
et juste à côté
La boussole montre 87° Nord‑Ouest

 

    Ne cherchez plus ces médailles... Elles ont disparu et les bornes ont été saccagées. Elles auront tenu néanmoins quelques années avant que des personnes mal intentionnées ne s'aperçoivent de leur valeur pécuniaire ou historique... Il nous reste fort heureusement des images et des relevés qui témoignent...

La borne des Pontils sur béton saccagée
La médaille n'est plus...
(photo 2017)

La seconde borne également saccagée
La médaille a disparu
(photo 2017)

 

Les deux bornes méridiennes de Serres  
La borne près du pont

   Elle est constituée d'un plot béton cylindrique édifié non loin de la D613, tout près du pont romain. Néanmoins, deux anomalies majeures sont associées à ce repère :

 L'orientation de la médaille est incorrecte. La boussole indique en effet une déviation de l'axe de la médaille de
13° Nord‑Est

  La borne n'est pas située sur le Méridien de Paris
, mais à environ 1 km à l'Ouest de la ligne théorique, ce qui constitue en soit une erreur de localisation que l'on peut considérer comme volontaire...

La borne sur plot béton de Serres très près du pont romain

Coordonnées GPS :  42° 56' 46.10" N    2° 19' 26.59" E


La borne méridienne sur plot béton de Serres, près du pont romain
La boussole indique une déviation de son axe de 13° Nord‑Est

 

La borne près de l'église
   
   Serait‑ce les seules anomalies à Serres ? Non, car il existe une seconde borne plutôt discrète... Elle est située en face de l'église, sur une bordure entourant un arbre, de l'autre côté de la D613 et légèrement décalée...

Coordonnées GPS :  42° 56' 47.65"   2° 19' 26.73" E

La seconde borne méridienne à Serres devant l'église
visible sur la bordure en pierre entourant un arbre

 


La seconde borne de Serres sertie dans une bordure en pierre

 

   Or, les mêmes problèmes existent sur cette borne. Non seulement elle est très loin du Méridien de Paris, mais son orientation est également erronée. La boussole indique en effet une déviation de :
26° Nord‑Est


  À ce stade, soit les médailles du Haut‑Razès ont été posées sans aucune précaution de localisation et d'orientation, soit nous sommes en présence d'erreurs volontaires impliquant une série de questions...

La seconde médaille de Serres près de l'église
est également mal orientée


Les deux bornes de Serres sont à environ 1 km du Méridien 0 

Localisation des deux bornes par rapport au Méridien 0 à droite (trait bleu) 

 

La borne méridienne de Rennes‑les‑Bains

   Autre anomalie et pas des moindres... Une borne méridienne est située à l'entrée de Rennes‑les‑Bains, au bord de la D14, tout près des anciens thermes romains. Problème : le Méridien de Paris ne croise pas la route à cet endroit puisqu'il est situé à environ 1,550 km à l'Est de cette borne...

   Serait‑ce une autre erreur grossière ? Un panneau juste à côté de la borne vient pourtant confirmer l'emplacement de la Méridienne Verte... Ce qui est faux

Coordonnées GPS : 42° 55' 18.95" N    2° 19' 2.82" E

La borne méridienne de Rennes‑les‑Bains à côté des thermes romains
alors que le Méridien de Paris est à environ 1,550 km à l'Est

 
La borne méridienne de Rennes‑les‑Bains est à 1,550 km du Méridien 0

 

Seconde anomalie : la médaille est également mal orientée comme le confirme la boussole.

Orientation de son axe : 45° Nord‑Est

Décidément, les médailles de bronze du Haut‑Razès présentent des erreurs qu'il est difficile d'attribuer à une imprécision de mise en place...

La borne méridienne de Rennes‑les‑Bains
et son orientation erronée

 

La borne méridienne près de Montferrand  

 


Panneau de randonnée indiquant
la direction de la borne de Montferrand

    La borne méridienne dite de Montferrand est particulière puisqu'elle a été installée en pleine nature aux abords d'un chemin  de randonnée, entre le Cardou et le Bézis. La médaille est absente et a été remplacée par un poteau carré vert repérant le passage de la ligne virtuelle.

Un poteau carré vert remplace
la borne méridienne

 

    Et si l'on place une boussole sur le poteau, on peut lire un angle de 45° par rapport aux bords du profil carré. Bien sûr, cette mesure peut paraître tout à fait empirique, mais nous allons voir plus loin que la mesure de cet angle trouve parfaitement sa justification...

Le poteau est posé exactement sur le Méridien de Paris.
Coordonnées GPS :  42° 56' 1.82" N     2° 20' 11.31" E

La boussole sur le poteau méridien de Montferrand
montre qu'il a été posé à 45° par rapport au Méridien de Paris

 

Les deux bornes méridiennes près de Sougraigne

   La traversée du Méridien de Paris dans le secteur de Sougraigne est repérée non pas par une, mais par deux bornes très proches. L'une est un plot béton légèrement en retrait de la route et difficilement discernable. Sa médaille a malheureusement disparu depuis longtemps. La seconde borne est installée légèrement en face sur un petit pilier en pierre. Curiosité supplémentaire : la médaille a été fixée verticalement empêchant toute mesure de son orientation. Pourquoi l'avoir posée verticalement alors que la borne parfaitement régulière permet d'incruster la médaille horizontalement ? Nous verrons aussi que ceci suit une logique précise. De plus, en face du plot en pierre, une peinture sur la route matérialise la ligne.

Coordonnées GPS : 42° 54' 10.55" N    2° 20' 12.00" E

 


Les deux bornes de Sougraigne de chaque côté de la route

 


La médaille de Sougraigne
fixée verticalement sur le pilier en pierre

Le plot béton en retrait
reste très discret derrière la végétation

 


Au premier plan, la borne en pierre
et en face la borne béton

Le Méridien de Paris
concrétisé par un tracé peint sur la route

 

 La borne méridienne près de Bugarach

La borne méridienne près de Bugarach... Presque classique...

 

   La borne située près de la commune de Bugarach au bord de la D14 est très visible et semble conforme...

Coordonnées GPS :
42° 52' 36.48" N
  2° 20' 11.50" E

  Mais lorsque l'on pose la boussole, il est très facile de voir que la médaille est mal orientée...

L'axe de la médaille par rapport au Méridien de Paris affiche :

80° Nord‑Ouest



La borne méridienne
près de Bugarach
 

 


La boussole indique un angle de 80° Nord‑Ouest
entre le méridien de la médaille et le Méridien de Paris 

 

    Au premier coup d'oeil, le méridien de la médaille semble regarder vers le Bézu et son château dit des Templiers...

Le méridien de la médaille vise le Bézu et son château 

 

La borne de Parahou... Un contre-exemple

   Les bornes méridiennes autour des deux Rennes et leurs anomalies représentent‑elles des cas isolés ? Ces défauts d'installation sont‑ils fréquents ? Plusieurs bornes ont été examinées autour du secteur qui nous intéresse, mais celles‑ci ne présentent aucune curiosité particulière. Prenons par exemple celle de Parahou.
   La borne est située au Sud de Bugarach, près de Saint Louis, et le repère est très classique. Le plot cylindrique de béton est installé au bord d'une route traversant le Méridien 0.

La borne méridienne de Parahou au sud de Bugarach

 

    D'autre part, la boussole montre un alignement précis Nord‑Sud de l'axe de la médaille. Nous avons ici une installation conforme qui montre que le procédé de mise en place d'une borne méridienne est parfaitement connu et appliqué lorsque nécessaire. Y aurait‑il donc un problème particulier autour de la région des deux Rennes et de ses bornes ?

La médaille de Parahou est parfaitement posée et orientée sur le Méridien de Paris 

 

Résumons...

   Dressons le tableau des bornes qui posent problème. Au total, les 11 bornes posées dans le secteur du Haut‑Razès possèdent des anomalies diverses et aucune n'est orientée sur le Méridien 0...
Bornes et localisation Axe de la médaille Borne sur le
Méridien de Paris
 ?
1 ‑ Terrolles nord ‑ Borne béton 36° Nord‑Est Non
2 ‑ Terrolles ‑ Borne pierre 13° Nord‑Est Oui
3 ‑ Les Pontils ‑ Borne béton 15° Nord‑Ouest Oui
4 ‑ Les Pontils ‑ Borne pierre 87° Nord‑Ouest Oui
5 ‑ Serres (pont) ‑ Borne béton 13° Nord‑Est Non
6 ‑ Serres (église) ‑ Borne bordure 26° Nord‑Est Non
7 ‑ Montferrand ‑ Plot carré 45° Oui
8 ‑ Rennes‑les‑Bains ‑ Thermes 45° Nord‑Est Non
9 ‑ Sougraigne ‑ Borne béton Médaille disparue  Oui
10 ‑ Sougraigne ‑ Borne pierre Médaille verticale Oui
11 ‑ Bugarach ‑ Borne béton 80° Nord‑Ouest Oui

 

Analysons les résultats...

  L'étude qui suit a nécessité un travail cartographique important qui a été réalisé et vérifié sur une carte IGN Quillan 1/2500. Les croquis qui suivent se veulent le plus exacts possible, mais ils ne prétendent en aucune manière remplacer les relevés et les tracés réalisés au 25000 ème sur une carte IGN.

N'hésitez pas à zoomer sur les cartes pour suivre l'analyse.

 

Relevé cartographique des bornes

    Selon l'inventaire précédent, il existe 11 bornes méridiennes dans le secteur des deux Rennes, toutes possédant des anomalies d'orientation ou de position. Dressons la carte...


Carte des 11 bornes méridiennes anormales autour des deux Rennes
(click gauche pour agrandir la carte)
 
1 ‑ Borne à Terrolles nord
2 ‑ Borne près de Terrolles
3 et 4 ‑ Bornes des Pontils
5 et 6 ‑ Bornes de Serres
7 ‑ Borne près de Montferrand
8 ‑ Borne à Rennes‑les‑Bains

9 et 10 ‑ Bornes près de Sougraigne 
11 ‑ Borne près de Bugarach

 

    Il est facile de constater au premier coup d'oeil que certaines bornes sont très éloignées du Méridien de Paris. S'agit‑il d'une erreur de mesure des techniciens de chaque commune concernée ? Les instruments GPS seraient‑ils tombés en panne sur plusieurs sites ? Évidemment non. Comment imaginer qu'une mairie ou que ses services ne soient pas informés de la topographie ? Qu'elle ne connaisse pas son plan d'occupation des sols ? Et donc qu'elle ignore sa position géographique par rapport au célèbre Méridien ? Serait‑il possible que certaines communes se soient octroyé une borne méridienne afin de pouvoir revendiquer le passage de la ligne historique, et donc d'ajouter ainsi un intérêt touristique à la ville. Nous allons voir que le problème est tout autre et bien plus subtil... 

 

 Ajoutons le relevé des boussoles... 

    Posons maintenant sur la carte les orientations des médailles fournies par les boussoles. Deux bornes manquent malheureusement à l'appel. Il s'agit des deux bornes près de Sougraigne, l'une des médailles étant posée verticalement, la seconde ayant disparu...


Carte des 11 bornes méridiennes anormales autour des deux Rennes
enrichie des orientations des médailles
(click gauche pour agrandir la carte)
 
1 ‑ Borne à Terrolles nord
2 ‑ Borne près de Terrolles
3 et 4 ‑ Bornes des Pontils
5 et 6 ‑ Bornes de Serres
7 ‑ Borne près de Montferrand
8 ‑ Borne de Rennes‑les‑Bains

9 et 10 ‑ Bornes près de Sougraigne 
11 ‑ Borne près de Bugarach

 

    Les directions notifiées par les boussoles et donc par les médailles semblent totalement aléatoires. Aucune logique ne paraît se dessiner d'autant que certaines médailles sont dupliquées avec des axes différents... Et pourtant...

 

 Traçons les axes des médailles

    Traçons maintenant un axe pour chaque borne méridienne. Ces axes représentent une prolongation des orientations de chaque médaille.


Carte des 11 bornes méridiennes anormales et une première logique topographique
(click gauche pour agrandir la carte)
 
1 ‑ Borne à Terrolles nord
2 ‑ Borne près de Terrolles
3 et 4 ‑ Bornes des Pontils
5 et 6 ‑ Bornes de Serres
7 ‑ Borne près de Montferrand
8 ‑ Borne de Rennes‑les‑Bains

9 et 10 ‑ Bornes près de Sougraigne 
11 ‑ Borne près de Bugarach

 

 Une première logique topographique commence à apparaître...

  L'axe à 36° de la borne de Terrolles Nord traverse l'église de Rennes‑le‑Château

  L'axe à 13° de la borne de Terrolles traverse les deux bornes de Serres, la borne de Rennes‑les‑Bains, et tombe exactement sur le Château du Bézu

   L'axe à 15° de l'une des bornes des Pontils vise la Pique Grosse, le second sommet du Bugarach qui est aussi représenté au centre sur le tableau des Bergers d'Arcadie de Poussin


   L'axe à 26° de la borne de Serres près de l'église traverse exactement la Pique de Lavaldieu, un site topographique important.

   Le plot carré vert à 45° près de Montferrand s'aligne avec la borne de Rennes‑les‑Bains également à 45° et tombe sur la Pique de Lavaldieu

  
L'axe de la borne près de Bugarach vise le Château du Bézu


  Le plus remarquable est certainement le plot carré de Montferrand qui se retrouve aligné avec l'église de Couiza, le château et l'église de Coustaussa, le château de Blanchefort, et les deux grottes du Bézis. Il n'a donc pas été planté au hasard sur le Méridien.
(lire "La Reine d'Or... Là où dort le divin" pour plus de détails sur ces grottes)

 

 Intégrons le cercle des églises d'Espéraza  

    Pour apprécier l'érudition et la complexité topographique de ces bornes, il faut agrandir la carte et intégrer un célèbre cercle topographique, celui qui a son centre sur l'église d'Espéraza et qui traverse les églises de Saint Ferriol, Granès, Coustaussa et les Sauzils. Pour information, ce cercle a un diamètre identique avec le Cercle des églises de Rennes.


Carte des 11 bornes méridiennes et le cercle des églises d'Espéraza
(click gauche pour agrandir la carte)
 
1 ‑ Borne à Terrolles nord
2 ‑ Borne près de Terrolles
3 et 4 ‑ Bornes des Pontils
5 et 6 ‑ Bornes de Serres
7 ‑ Borne près de Montferrand
8 ‑ Borne de Rennes‑les‑Bains

9 et 10 ‑ Bornes près de Sougraigne 
11 ‑ Borne près de Bugarach

 

 Deux axes trouvent alors d'autres justifications...

  L'axe à 87° de la borne en pierre des Pontils qui n'avait pas encore trouvé d'application peut maintenant être prolongé jusqu'à l'église d'Antugnac.

  L'axe à 80° de la borne près de Bugarach et qui traverse le Château du Bézu devient une tangente au cercle des églises d'Espéraza...

 

Poursuivons avec la célèbre topographie de Rennes  

    Il est important de comprendre la réelle portée de ces bornes méridiennes très spéciales, et pour cela, il est nécessaire d'intégrer encore deux topographies célèbres :

   Le cercle circonscrit du Pentacle des Montagnes (bleuté sur la carte). Ce cercle passe par 5 sommets remarquables : Rennes‑le‑Château et plus exactement l'église, Serre de Lauzet, le Château du Bézu, la Soulane, et le château de Blanchefort.

   Le pentacle régulier inscrit dans le cercle d'Espéraza. Ce pentacle (en rouge sur la carte) est verrouillé sur l'église de Granès et l'église de Coustaussa.


Les 11 bornes méridiennes autour des deux Rennes s'intègrent
dans une topographie globale du Haut‑Razès
En fond rouge le pentacle d'Epéraza, en fond bleu le cercle des Montagnes
(click gauche pour agrandir la carte)
 
1 ‑ Borne à Terrolles nord
2 ‑ Borne près de Terrolles
3 et 4 ‑ Bornes des Pontils
5 et 6 ‑ Bornes de Serres
7 ‑ Borne près de Montferrand
8 ‑ Borne de Rennes‑les‑Bains

9 et 10 ‑ Bornes près de Sougraigne 
11 ‑ Borne près de Bugarach

 

   Première constatation : l'axe comprenant le plot carré vert de Montferrand (borne méridienne) et qui se retrouve aligné avec l'église de Couiza, le château et l'église de Coustaussa, le château de Blanchefort, et les deux grottes du Bézis, se prolonge aussi jusqu'à un sommet du pentacle d'Espéraza.

  Seconde constatation : le cercle circonscrit du Pentacle des montagnes traverse exactement les deux bornes méridiennes de Sougraigne qui jusque là n'avaient pas trouvé de justification particulière avec le système topographique des deux Rennes.

Un exemple de codage subtil à Sougraigne...
 
   Curiosité supplémentaire et pas des moindres ; c'est en examinant la topographie générale que l'on découvre pourquoi l'une des deux médailles de Sougraigne a été posée verticalement. La symbolique s'affiche alors clairement puisque le fait d'installer la médaille à la verticale repère à la fois le Méridien 0 et le point tangent au cercle des Montagnes. De même, le tracé vert sur la route dessine de façon concrète non seulement le Méridien, mais aussi le passage du cercle à cet endroit...

La médaille de Sougraigne
fixée verticalement symbolise le point tangent au cercle des Montagnes

Le plot béton en retrait
reste très discret derrière la végétation
 

Au premier plan, la borne en pierre
et en face la borne béton

Le tracé du Méridien de Paris sur la route est aussi le passage du cercle des Montagnes

 

Comment conclure ?

   Autant l'affirmer immédiatement ; aucune conclusion n'est possible, mais une chose est sûre : nous sommes en présence d'un codage réalisé entre les années 2000 et 2010 et qui s'adresse à des érudits et à des curieux avertis.
   L'homogénéité du système topographique, la parfaite localisation des bornes sur un segment de méridien d'environ 14 km, la précision des orientations des médailles, et la grande connaissance des tracés castel‑rennais indiquent qu'un projet ambitieux a été créé et déployé autour des deux Rennes, un projet élaboré par une équipe d'initiés.

  
Qui ? Ce projet a‑t‑il été diligenté par une mairie ou une commune isolée ? Certainement pas. Il est impossible de construire un tel système topographique sans une vue d'ensemble, sans une stratégie commune, et surtout sans de solides réseaux influents. S'agit‑il d'un projet national, régional ou local ? Difficile de répondre, mais la présence d'autres anomalies et coïncidences comme la mystérieuse borne de Pont Vert située à 1,75 km du Méridien indique une volonté plus générale de laisser des indices en dehors du Haut‑Razès...

  
Comment ? Il est évident qu'un tel projet a nécessité en amont une étude topographique et l'écriture d'un cahier des charges suffisamment détaillé afin qu'il puisse être appliqué par les équipes communales. Il est tout de même étrange que personne n'ait réagi devant de telles erreurs grossières à moins qu'une certaine confidentialité ait été demandée aux personnes impliquées...

  
Pourquoi ? Tous les indices laissés au fil des siècles dans l'affaire des deux Rennes n'ont qu'un seul but : éviter qu'une certaine mémoire ne se perde dans le temps et l'espace. L'anniversaire du Méridien en l'an 2000 fut certainement une magnifique opportunité donnée aux érudits et aux élites pour élaborer et déposer cette mémoire autour du Méridien de Paris. Laisser des indices concrets et suffisamment astucieux pour ne pas attirer trop vite l'attention, voilà l'objectif qui a dû être fixé. Seul problème qui a été largement sous-estimé : la pérénnité du codage. Alors que les anciens savaient laisser des traces immuables sur plusieurs siècles en utilisant l'art, la nature, le Soleil, les montagnes, les masses rocheuses, les étoiles, ou les constellations, nos codeurs contemporains ont utilisé des médailles de bronze qui n'auront pas tenu une dizaine d'années face à la cupidité et les dégradations gratuites ou non propre à notre siècle... Un comble...  

 

Ce dossier montre et prouve clairement une volonté des érudits de repérer
et de conserver dans le Haut‑Razès une mémoire topographique...


Heureusement qu'un fait imprévisible vint au secours de ce codage éphémère : la curiosité de quelques chercheurs qui immortalisèrent l'information
avant qu'elle ne s'efface... Pour le plus grand plaisir des passionnés...

 
La France cache une géométrie secrète et sacrée et les méridiens historiques sont l'une des clés pour la découvrir. Repères indispensables, ils balisent le territoire en conservant dans leur mémoire et dans les structures associées
des lieux très importants chargés d'Histoire...

 

 

 

 

    

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