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L'église Marie-Madeleine     7/11
Le jardin et le calvaire

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 

 

   L'église Marie-Madeleine fut certainement l'œuvre centrale et la plus grande fierté de Bérenger Saunière. Elle concentre à elle seule un ensemble de symboles et de métaphores que Saunière, Boudet et sans aucun doute d'autres prêtres nous léguèrent à la postérité. Pour tous les curieux et les passionnés, elle témoigne de plusieurs passés tumultueux comme celui des Wisigoths et des Carolingiens, celui du XVIIe siècle avec Nicolas Pavillon et la baronnie des Hautpoul, ou celui du 19e siècle avec Bérenger Saunière, sa vie insolite et ses grands travaux inexpliqués.

 

   Comment un prêtre sans le sou a-t-il pu mener à bien un tel projet ? Comment a-t-il pu entreprendre de telles rénovations si couteuses ? Car le résultat ne peux laisser indifférent. Non seulement la paroisse démontre l'exécution d'un projet énorme et financièrement lourd, mais elle est aussi la preuve que l'objectif était d'étonner les fidèles en utilisant une décoration riche et voyante. Enfin, la paroisse cache des détails difficilement observables à l'œil nu, ce qui renforce l'idée d'un codage particulièrement étudié. Le plus bel exemple est celui donné par la fresque de la Montagne Fleurie.

 

    Surtout elle représente un réel défi pour tous les chercheurs qui depuis 50 ans tentent vainement de décoder son message...

 

 

L'étude de l'église Marie-Madeleine :

 

   Présentation de l'église - Le porche et le tympan

   Les anges du bénitier et Asmodée

   Le statuaire

   Le bas relief Marie-Madeleine sous l'autel

   Le chemin de croix

   Les autre aménagements

   Le jardin de la paroisse et le calvaire

 

 

Le plan du jardin et ses curiosités

   Courant janvier 1891, Bérenger Saunière demande l'autorisation au conseil municipal de Rennes-Le-Château de clôturer à ses frais la place publique devant son église.

 

    Le 21 juin de la même année, au cours d'une mission de dévotion envers Notre Dame de Lourdes, le petit jardin de la Vierge est inauguré et une statue commémoratrice est posée sur le pilier carolingien de l'ancien autel qui a été installé en ce lieu. Or un fait curieux va attiser la curiosité des chercheurs : le pilier placé à l'envers. Cette erreur semble pourtant volontaire. D'ailleurs, les cas d'inversion tout au long de l'énigme sont extrêmement nombreux, comme s'il fallait marteler ce procédé de codage...

 

   Comment un prêtre de la trempe de Bérenger Saunière qui a travaillé de nombreuses années à la restauration de son église, a-t-il pu commettre une telle erreur ?


ND de Lourdes

La statue commémoratrice sur l'un des piliers inversé de l'ancien autel

 


Le calvaire et la plaque commémorant la visite de Mgr Billard le 6 juin 1897

    La construction du jardin pris environ 6 ans et son inauguration eut lieu le 6 juin 1897 en présence de Mgr Billard à l'occasion d'une visite épiscopale.

 

   C'est aussi lors de cette journée très festive que l'évêque put constater les travaux de rénovation de l'église Marie-Madeleine. Or contrairement à un mécontentement qui aurait pu se comprendre compte-tenu de l'ampleur des sommes engagées et dépensées, Mgr Billard félicita le curé de la paroisse. Est-il venu vérifier la bonne utilisation de quelques fonds ? A t-il été invité pour officialiser ce que nous appellerions aujourd'hui une recette de fin de travaux ?

 

   Une plaque commémorative de l'événement existe toujours. Elle est visible au pied du calvaire. On peut y lire le nom de Mgr Arsène Billard mais aussi celui du R.P. Mercier Lazariste. Voici donc une des rares références écrites à un lazariste, ce qui relie Saunière à Notre Dame de Marceille et à la communauté lazariste présente à cette époque. le R.P. Jean Jourde n'est pas loin...

 

   Le jardin attenant à l'église ressemble à beaucoup de jardins de nos paroisses françaises et rien ne semble anormal lorsque l'on s'y promène. Mais pour apprécier toute la subtilité symbolique de ces prêtres codeurs il faut prendre un peu de hauteur et observer attentivement.

 


Le jardin et son calvaire - Une géométrie curieuse et étonnante

 

     Le jardin est directement accolé à l'église et paraît respecter une curieuse géométrie. Chaque mobilier possède une place bien précise. Un triangle équilatéral inversé domine la structure. Une grille, aujourd'hui remplacée, ferme ce triangle comme pour bien montrer son importance. En son centre se trouve le calvaire. Mais nous verrons que toute cette mise en scène n'est pas dû aux fantaisies artistiques du jardinier Saunière. Ces plans, comme d'ailleurs ceux du Domaine, ont été réfléchis et travaillés pour passer un message bien précis et attirer la curiosité.

 


Le petit jardin devant l'église Marie Madeleine. Au centre le calvaire

 

   Le positionnement et l'inversion du pilier carolingien est un élément déconcertant, surtout lorsque l'on connaît les nombreuses autres inversions observées autour de l'affaire de Rennes. Un exemple qui montre cette symétrie subtile est celui de la Dalle des Chevaliers qui a été découverte par Saunière face gravée contre terre devant l'autel. Après l'avoir dégagée de la paroisse il l'a déposa à l'extérieur, sa face gravée vers le haut, au pied du calvaire.

 

   Et si on prend du recul sur l'ensemble du jardin, on peut remarquer un autre fait troublant : on retrouve la forme de l'église dans la construction géométrique du jardin en appliquant une simple translation de son plan.

 

   Ainsi, la fresque de la Montagne Fleurie devient à l'extérieur le mur où est adossé ND de Lourdes, le confessionnal devient le pilier inversé, l'allée centrale de l'église devient le chemin qui mène au calvaire, l'autel devient le calvaire. La Dalle des Chevaliers découverte par Saunière devant l'autel face contre terre  se retrouve donc par symétrie devant le calvaire face vers le ciel.

 


Rien n'est dû au hasard - Le contour exact de l'église Marie-Madeleine est retrouvé dans son jardin

 

   Tout ceci montre une rigueur et une logique implacable qui rejette toute idée de coïncidence ou de loi du hasard. Dans ce contexte, on peut facilement imaginer l'importance de cette grille posée par Saunière, élément à priori inutile, mais qui ferme d'un  trait ce triangle équilatéral. En fait, il faut encore prendre du recul et englober dans l'analyse le Domaine tout entier pour enfin comprendre sa géométrie.

 

   On est alors émerveillé par l'ampleur des travaux et surtout par la volonté d'y intégrer une symbolique précise que la géométrie sacrée viendra sublimer.

 

Les grottes reconstituées

 

      L'une des activités de Saunière vers 1891 a été d'édifier une grotte artificielle à partir de pierres récupérées dans la région. La rumeur populaire prétendit qu’il partait tous les matins avec Marie Dénarnaud, une hotte sur les épaules, chercher ces pierres sur le bord du ruisseau des Couleurs, près de "La grotte du Fournet", maintenant appelée "La grotte Marie-Madeleine".

 

   Pour beaucoup, Saunière aurait construit une seule grotte mais en réalité, il en construisit trois. La première et la plus connue est située sur le côté ouest du triangle. Elle abrite un étrange banc et une niche sacrée. La seconde plus petite mais qui n'existe plus aujourd'hui était à la pointe sud du triangle. La troisième n'est pas vraiment une grotte mais un passage en forme de voute. Le passage est fermée par une grille et offre une perspective sur la grotte principale au fond.

 

   Selon la légende, car malheureusement aucune photo ne le prouve, la grotte au banc aurait contenu une statue de Marie Madeleine mais le plus intéressant est son banc où une inscription en petits cailloux cimentés est encore lisible. Car si la grotte a été récemment entièrement reconstruite, le banc est d'origine.


La grotte reconstituée aujourd'hui

 


La grotte principale et son banc codé

 


L'originale ayant disparue elle a été reconstruite
à l'identique (excepté le banc)

 

   Il existe un détail dans la grotte de Saunière qui a été très peu étudié par les chercheurs. Au fond de celle-ci se trouve un banc cimenté sur lequel une inscription a été dessinée à l'aide de petits cailloux scellés dans le ciment. Simple décoration ou nouveau code à décrypter ? Que représente ce banc cimenté dans une grotte ? Serait-il la représentation d'un coffre, d'un tombeau ?

 

   J'ai toujours été frappé par l'acharnement de certains auteurs à vouloir décrypter le fameux I.X:O.I.Σ. sur la tombe de Boudet qui est en fait I.X.Θ.Υ.Σ. alors que des codes bien plus mystérieux sont très simplement visibles et n'ont suscités jusqu'à présent aucune curiosité... 

 

   Au fond, sur un banc rudimentaire, une inscription matérialisée par des petits cailloux cimentés est lisible :  KXS  LX

A ce jour, aucun décryptage satisfaisant n'a put être apporté


Le banc au fond de la grotte et une inscription KXS LX

 

   La seconde grotte plus petite n'existe plus aujourd'hui est seules quelques pierres sont encore présentes témoins du passé. La pointe sud du triangle était habillée de cette seconde fausse caverne.


La seconde grotte plus petite n'existe plus. Elle était à la pointe sud du triangle du calvaire

 

   La troisième grotte n'en est pas vraiment une. Il s'agit malgré tout d'une construction qui a aussi sa symbolique. La grotte est en fait un passage vouté entre le chemin extérieur et le jardin. Une grille ferme l'accès et permet de souligner la continuité du triangle.


La troisième grotte est en réalité un passage avec une grille

 

   En 1999 la commune de Rennes-Le-Château prit la décision de restaurer ce jardin. Cette rénovation fut réalisée sous la direction d'Alain Féral. La grotte qui était totalement effondrée, fut reconstruite à l'identique et au même endroit.

   Une ancienne photo montre la grotte d'origine, la voute et la grille telle qu'on peut les voir aujourd'hui. On peut également observer le banc qui existait déjà.

Les trois grottes sont en définitives très proches les unes des autres et construites sur la pointe sud du triangle. Elles rappellent manifestement d'autres fausses grottes tout aussi symboliques comme celles de l'église d'Espéraza, celle d'Alet dans le jardin de la mairie ou celle de Campagne sur Aude. 

Les deux grottes et le banc
(ancienne carte postale)

 

Peut-on en déduire quelques pistes ?

 

   Une hypothèse sérieuse est que le jardin représente une réalité inversée intégrant le plan de l'église. On peut alors imaginer qu'il s'agisse d'une représentation de la paroisse telle que Saunière l'aurait découverte dans son sous-sol. Un fait peut confirmer cette hypothèse : la dalle des Chevaliers qui à l'origine était devant l'autel à l'intérieur de l'église et qui fut déplacée à l'extérieur devant le calvaire comme pour marquer l'inversion.

 

   Pour simplifier, on pourrait dire qu'il y a eu une volonté manifeste de conserver à la mémoire et de façon symbolique le plan de l'église tel qu'il fut découvert lors de la rénovation, tout comme le ferait un archéologue lors d'un relevé topographique !

 

  Mais ce n'est sans doute pas tout. Que signifieraient alors ces formes géométriques très bien agencées ? Le triangle équilatéral serait dans ces conditions porteur d'un message, d'une indication, d'une direction, ou tout simplement d'un plan. Nous aurions alors un sens de lecture qu'il faut démarrer dans l'église pour ensuite continuer à l'extérieur. N'oublions pas également que tout ceci s'inscrit dans un projet bien plus vaste puisque la construction du Domaine suivra pour finir vers 1904...  

 

   Bien sûr, ce sont des hypothèses mais une chose est certaine : Saunière ne fut pas l'auteur des plans des jardins ni du Domaine. Nous avons également la preuve que l'église est codée. Le hasard et la fantaisie artistique sont donc totalement exclus...

 

   Tout ce raisonnement déclenche évidemment plus de questions qu'il n'en résout. Si l'on admet que chaque élément symbolise un objet ou un lieu important, que représente le banc ? S'agit-il d'un tombeau ou d'un sarcophage ? Que représente la grotte ?

 

Le jardin veux nous parler, mais il reste à le comprendre...

 

 

 

    

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